‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 36 sur 185 · SC · texte numérisé non relu

SC

Ce lavement est très-efficace dans le traitement de certaines diarrhées atoniques.

Injection astringente au Kino :

Pr. : Kino vrai 50 gram.

Eau 200

Mêlez et filtrez.

Deux ou trois injections par jour, dans la blennorrliée et la leucorrhée chroniques.

Nous décrirons à la suite de la Gomme Kino le Sang-Dragon (résina sanguis draronis), suc concret, rouge, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, a cassure résinoïde, brillante. Il est fourni par différents arbres,ce qui forme autant d'espèces : 1° le Sang Dragon en roseaux, provenant du ralamus draco (var. du C. Rotang), palmier des Indes occidentales; 2° le Sang- Dragon en baguettes, fourni par le pterorarpns sanlalinus, L. ; 3° le Sang-Dragon en masse, qui arrive par morceaux de 12 a 15 kilogrammes' (24 à 50 livres), et qui provient, a ce que l'on assure, du pterocarpus draco. L. ; c'est l'espèce dont on vend le plus. Enfin, d'après la plupart des auteurs, c'est le dragonnier, drarœna draco, arbre de la famille des asparaginées, qui fournit une grande partie du Sang-Dragon du commerce.

Toutes les espèces sont à peu près identiques; elles sont poreuses, parfois trouées, d'une cassure résineuse, a points brillants avec une efflorescence rouge mat; on y observe des corps étrangers qui paraissent des débris d'écorce, de feuilles et même de semences. Il n'y a pas beaucoup de préférence a donner à une variété sur une autre, tant elles se ressemblent pour leur composition; elles brûlent avec une

IM-t MÉDICAMENTS ASTRINGENTS.

odeur un peu résineuse et légèrement Thompspn avait signalé la présence de

aromatique. l'acide benzoïque dans le Sang-Dragon :

Le Sang-Dragon est maintenant peu ce fait a été constaté par MM. Gleniîrd et

usité comme médicament. On lui préfère Boudault, dans le travail qu'ils ont publié

en général les autres astringents. sur la distillation sèche du Sang-Dragon

H entre dans la composition de quelques [Comptes rendus, tome IX, page 505). formules anciennes, autrefois très-usitées,

telles que Yempldtre oporletdncli, les pi- Pilules a Helvélms.

Iules asti ingénies, Valun teint ou les pilules Alun en poudre 20 gram.

d'Helvélius, dans quelques électuaires Sang-Dragon pulvérisé! 10

pour les dents; enfin, dans la poudre ar- ]yjje[ rosat, , , \Q senicale de Rousselot, etc.

Une grande partie du Sang-Dragon du Mêlez et faites des pilules de 0sr,20,

commerce est faite de toutes pièces, avec que vous roulerez dans la poudre de Sang-

des résines colorées en rouge, soit par de Dragon.

beau Sang-Dragon, soit par du santal Nous dirons aussi quelques mots du suc

rouge, du bol d'Arménie et du colcotar. d'acacia, qui était jadis employé comme

Ainsi préparé, le Sang-Dragon n'a pas astringent. C'est des gousses de l'acacia

la cassure rouge et un peu brillante natu- vera qu'on retire ce médicament, lequel

relie, sa poudre est d'un rouge terne; il entre dans la thériaque, le milhridate, etc.

répand en brûlant une odeur désagréable; Il a été remplacé dans le commerce par

enfin, la solution alcoolique laisserait dé- l'extrait du prunus spinosa ou acacia nus-

poser abondamment les matières inso- Iras, qui lui-même n'est presque plus

lubies. usité.

Le Kino, comme on le voit, fort variable dans son origine, et, par conséquent, dans sa composition, contient, entre autres principes, une grande quantité de tannin, sans acide gallique. C'est au tannin qu'il doit toutes ses propriétés.

Fothergill, qui l'a introduit dans la matière médicale au milieu du siècle dernier, l'a conseillé dans la diarrhée et la dysenterie chroniques, dans les flux menstruels immodérés, dans les pertes séminales involontaires, dans le diabète, et, en général, dans les flux chroniques.

Il s'emploie, en un mot, dans le cas où le tan, le tannin, la ratania, etc. , sont indiqués ; mais il est beaucoup moins actif que ces deux dernières substances.

A côté de la Gomme Kino, il faut placer le Sang-Dragon.

Le Sang-Dragon contient beaucoup moins de principes astringents que la Gomme Kino; il a d'ailleurs les mêmes usages que cette dernière.

A l'intérieur, la Gomme Kino se donne à la dose de I gramme et demi à & grammes, le Sang-Dragon à une dose double.

On ne les emploie que rarement pour l'usage externe.

RATANIA (i).

La Ratania est une racine horizontale, dra, genre de la famille des polygalées, souterraine, fournie par le krameria Irian- dédié à Kramer, botaniste allemand, par

(1) Le mot Ratania est espagnol. La Ratania a été pour la première fois indiquée par Ruiz, botaniste espagnol. Les Espagnols ont écrit Ratania, et non Ratanhia-, ils

IîATWIA.

ISS

Ruiz, qui, le premier, en 1779, découvrit au Pérou ce sous-arbrisseau.

La racine de Kalania est ligneuse et divisée en radicules oylindriques longues, ayant depuis la grosseur d'une plume jusqu'à celle du pouce; elle est composée d une écorce rouge brun, un peu fibreuse, ayant une saveur très-astringente non amère, et d'un cœur entièrement ligneux, très-dur, d'un rouge pale et jaunâtre.

Comme ce cœur a moins de saveur et de propriétés médicinales que l'écorce, il convient de choisir les racines les plus petites, ou au moins les moyennes, parce qu'elles contiennent proportionnellement plus de cette écorce que les grandes. (Guibout.)

Il résulte de l'analyse de M. Vogel que la racine de Ratania est composée de : tannin, extractif. gomme, fécule, matière muqueuse ; plus quelques sels et un acide mal déterminé.

Les formes principales sous lesquelles ou administre la Ratania sont les suivantes :

1° La poudre ; mais c'est une mauvaise préparation, parce que la racine contient une grande proportion de parties inertes.

2° Extrait de Ratania.

Racine de Ratania. .

Eau distillée froide. ,

1000 gram.

Réduisez la racine en poudre grossière que vous humecterez avec la moitié de son poids d'eau. Après douze heures de contact, introduisez le mélange dans un appareil à déplacement; lessivez avec l'eau distillée froide, et arrêtez l'écoulement de la liqueur aussitôt qu'elle passera peu concentrée. Chauffez celle-ci au baiumarie, et passez pour séparer le coagulum qui s'est formé. Evaporez jusqu'en consistance d'extrait mou.

3° Sirop de Ratania.

Extrait de Ratania.

Sirop de sucre. . .

Faites dissoudre à chaud L'extrait de Ratania dans le double de son poids d'eau, et ajoutez la solution au sirop bouillant. Laissez le sirop sur le feu, jusqu'à ce qu'il

soit ramené au poids de 1000 grammes, et passez.

•20 grammes de ce sirop contiennent Os',50 d'extrait.

4° Suppositoires d'extrait de Ratania (Suppusiluria cum extracto rataniœ).

Extrait de Ratania. . . 10 gram.

Beurre de cacao. ... 40 Pour dix suppositoires préparés de la façon suivante : faire fondre le beurre de cacao a une douce chaleur, et lorsque la masse est suffisamment refroidie, y mélanger avec soin l'extrait de Ratania fiuemeut pulvérisé.

S» Teinture de Ratania.

Ratania en poudre demi-fine. 100 gram. Alcool à G0" q. s.

Introduisez la poudre de Ratania dans un appareil à déplacement; versez à sa surface, peu à peu et avec précaution, assez d'alcool pour l'imbiber complètement. Ajoutez alors doucement le nouvel alcool pour déplacer celui qui mouille la poudre. Continuez ainsi jusqu'à ce que vous ayez obtenu cinq parties en poids de liquide pour une de substance employée.

Filtrez.

6° Tisane de Ratania.

Racine de Ratania ... 20 gram.

Eau bouillante 1000

Faites infuser deux heures et passez.

C'est à Ruiz, savant botaniste espagnol, que l'on doit la connaissance de la Ratania. 11 en découvrit les propriétés astringentes dès 1784, mais il ne publia le résultat de ses expériences qu'en 1796, et son travail, inséré dans les Mémoires de l'Académie royale de Madrid, fut traduit en français par Bourdois de la Motte, en 1808, peu après que Pagez avait publié, dans le Journal général de médecine (t. XXX, 1807), son mémoire sur les propriétés médicales de cette substance.

Depuis cette époque, et surtout depuis la fin des guerres de Napoléon (1815), la racine de Ralania est devenue un remède vulgaire, et il est peu de médecins qui ne l'aient souvent employée. M. Bretonncau et nous,

ont dit la Ratania, et non le Ratania. Il convient donc de laisser à ce mot et l'orthographe et le genre que les Espagnols lui ont donnés.

nous avons fait sur ce médicament d'assez nombreuses recherches dont nous consignerons ici les résultats.

Action physiologique de la Ratania. — Pris à doses même modérées, 30, 75 centigrammes à 1 gramme, l'extrait de Ratania produit dans la région de l'estomac un sentiment de pesanteur très-pénible, et souvent des pincements douloureux; les digestions sont plus difficiles, la constipation se montre presque toujours immédiatement.

Mais, peu d'heures après l'emploi du remède, le malade éprouve des malaises généraux, peu prononcés quand la Ratania a été donnée à un homme en santé, très-prononcés au contraire quand on l'a administrée pour arrêter une hémorrhagie et que le but thérapeutique a été atteint. Ces malaises se traduisent surtout par des bâillements, par de grands efforts de respiration, et par une espèce de serrement de poitrine fort pénible. Ces effets sont propres au tannin, au sang-dragon, à la gomme kino, au cachou, en un mot, à toutes les substances qui contiennent une grande quantité de tannin.

Action thérapeutique de la Ratania. — L'extrait de Ratania a surtout été conseillé dans le traitement des hémorrhagies graves, et c'est avec raison ; il est, en effet, un des plus puissants hémostatiques que nous possédions. Ce n'est pas à dire pour cela qu'il faille le préférer aux autres hémostatiques qui ne sont pas de l'ordre des astringents. Dans le chapitre général qui traitera de la médication astringente, nous essayerons d'indiquer les graves inconvénients des astringents, et nous ferons comprendre à nos lecteurs qu'ils ne doivent, en général, être employés qu'avec mesure et lorsque les autres moyens sont impuissants. Ils agissent avec rapidité, sans doute, par la modification rapide qu'ils exercent sur la crase du sang; mais cette rapidité même et cette modification du sang ne sont pas toujours à désirer.

La Ratania s'emploie d'ailleurs dans les mêmes circonstances que le tannin : diarrhées chroniques, catarrhes chroniques pulmonaires, utérins, vaginaux, urétraux, etc., etc.; topiquement, dans les ulcères atoniques, sur les parties relâchées, telles que l'anneau inguinal dans la hernie, dans les nœvi materni, dans les œdèmes chroniques.

Mais il est une maladie dans laquelle la Ratania a rendu les services les plus signalés : nous voulons parler de la fissure de l'anus, et nous croyons utile d'insister un instantsurcepoint important de thérapeutique.

Boyer, qui, le premier, avait bien décrit la fissure à l'anus, la faisait consister principalement dans une constriction spasmodique du sphincter, accompagnée de crevasses plus ou moins profondes, plus ou moins étendues. Les crevasses n'étaient qu'une complication, qu'un accessoire dans la maladie, et il suffisait de relâcher le sphincter par la section de ses libres circulaires pour faire cesser immédiatement la constriction spasmodique et amener la guérison.

Aujourd'hui, un petit nombre de chirurgiens partagent l'idée de Boyer sur le peu d'importance de la fissure en elle-même et sur la prépondé-

RATANIA. 1.7

rance pathologique de la constriction; et, à ce! égard, il se forma, en quelque manière, deux camps opposés : dans l'un, on ne voulut s'occuper que de la constriction, en négligeant la fissure ; dans l'autre, on ne s'inqoiéta que de la Gssure, et l'on pensa que la constriction, qui en était la conséquence, cesserait d'elle-même dès que la cause aurait disparu.

C'est ainsi que se formèrent deux modes de traitement principaux. Les uns Grent la section des fibres de l'anus même en dehors de la fissure, ou bien employi reut des pommades relâchantes dans lesquelles les extraits desolanées vireuses occupaient le premier rang; les autres, s'attaquant à la fissure elle-même, l'incisèrent pour en l'aire une plaie simple (ce qui ne se comprend guère), y portèrent des caustiques, des cathérétiques, des pommades diverses, analogues à celles que l'on emploie dans le traitement des plaies rebelles siégeant sur d'autres points.

Toutefois l'incision prévalut, en quelque point d'ailleurs et dans quelque intention qu'on la pratiquât.

Certes, quand on voit tous les chirurgiens préoccupés, les uns presque exclusivement, les autres beaucoup trop encore, de la constriction spasmodique du sphincter, on ne peut pas être rationnellement conduit à injecter dans le rectum des médicaments propres à exagérer cette constriction, la Ratania par exemple.

C'est pourtant ce qu'a fait M. Bretonneau, se fondant sur les considérations suivantes.

Si la constipation et l'effort que faisait le bol excrémentitiel contre le sphincter qu'il distendait et qu'il déchirait souvent, étaient évidemment, dans un grand nombre de cas, la cause de la fissure; d'autre part, la constipation constituait encore le plus grand obstacle à la guérison.

Or, la constipation s'accompagne souvent d'un changement fort remarquable dans la dernière portion du rectum : immédiatement au-dessus du sphincter, le rectum se dilate en ventre d'amphore, puis se rétrécit de nouveau à la hauteur de l'angle sacro-vertébral. Dans ce ventre d'amphore, les matières s'accumulent et forment un bol d'une grosseur énorme, de telle façon que, chaque fois que le malade va à la garde-robe, l'excrétion est vraiment assimilable à une sorte d'enfantement.

Bretonneau pensa que, pour vaincre ces constipations accompagnées ou non de fissures, il était convenable de rendre à la dernière portion de l'intestin le ressort qui lui manquait, et la Ratania lui parut parfaitement appropriée à cet usage. 11 donnait donc, dans le cas de constipation simple, coïncidant avec la dilatation du rectum, des lavements avec l'extrait ds Ratania dissous dans l'eau avec addition de teinture alcoolique de Ratania.

Une dame traitée par lui avait, en même temps que la constipation dont nous parlons ici, une fissure à l'anus qui lui causait d'atroces douleurs et qui avait gravement compromis sa santé. Il lui faisait prendre chaque jour un quart de lavement de Ratania, et bientôt constipation et fissure se trouvèrent guéries.

Vinrent d'autres malades constipées également et atteintes de constriction spasmodique de l'anus avec fissure. La môme médication mit fin à tout. Ce fut alors que, n'ayant plus égard à la constipation, qui manque dans certaines fissures, il crut néanmoins devoir essayer la Ratania, et le même succès couronna cette tentative.

Une induction très-légitime lui fit faire le premier pas ; ensuite des faits qu'il n'appelait pas éveillèrent son attention ; il n'eut qu'à les constater, et une expérimentation réfléchie, le mena jusqu'à une médication qui, présentée comme médication générale, n'était peut-être pas rationnelle, mais qui est bonne en fait, et c'est le principal.

En effet, cette médication serait vraiment rationnelle si la constipation était toujours cause ou complication de la fissure ; mais nous voyons assez fréquemment des malades atteints de fissures avoir de la diarrhée, ou tout au moins des garde-robes molles, ou bien encore prendre des lavements matin et soir, de manière à empêcher tout effort contre le sphincter, et cependant la fissure persiste.

Depuis que nous avons fait connaître les résultats de nos propres expériences sur l'emploi de la Ratania dans le traitement de la fissure, beaucoup de praticiens, en France, à l'étranger, ont employé cet utile médicament, et, parmi les chirurgiens de Paris, Lisfranc et Marjolin sont ceux qui ont obtenu les plus grands succès; ce qu'il faut attribuer, d'une part, au bon esprit qui dirigeait ces habiles praticiens, car ils savaient accepter volontiers les moyens thérapeutiques qui peuvent épargner aux malades des opérations sanglantes ; d'autre part, aux modifications heureuses qu'ils apportaient à l'emploi du remède, suivant les cas, suivant l'opiniâtreté du mal, suivant la susceptibilité des malades.

Ils différaient beaucoup à cet égard d'autres chirurgiens qui, trop enclins peut-être à user de l'instrument tranchant, n'apprennent pas à manier les médicaments dont l'action est moins expéditive que le bistouri, jugent avec une sévérité injuste des moyens qu'ils ne veulent pas connaître ou qu'ils ont essayés sans persévérance, et ne craignent pas même de regarder comme controuvés des faits qu'il leur eût été si facile de constater, s'ils l'avaient voulu comme il convient de vouloir.

Il nous resterait à demander comment et par quel mécanisme agit la Ratania dans la curation de la fissure à l'anus.

A cette question on répondra : « Cela guérit, que vous importe le comment? » et, tout en confessant qu'en thérapeutique, c'est souvent ainsi que l'on est autorisé à répondre, l'esprit cependant inquiet et curieux voudra se rendre compte, et cherchera une explication qui puisse le satisfaire. ■ &

Le tannin et l'acide gallique, si abondants dans l'extrait de Ratania. rj dont l'action astrictive est si puissante, chassent-ils le sang qui s'est accumulé vers la partie irritée et ulcérée, et, la fluxion inflammatoire dissipée, la cicatrice se fait-elle avec rapidité ?

Ou bien le surcroît de tonicité que le médicament donne aux muscles

RATANIA. i:;o

(lu sphincter, à la membrane muqueuse et au réseau cellulaire sousjacent, permet-il aux tissus de résister plus efficacement à la distension causée par le passage du bol excrémentitiel, et la plaie qui, chaque jour,

n'est plusdéchirée, tend-elle tout naturellement à la cicatrisation? Toutes questions que nous posons, mais sans avoir la prétention de les résoudre.

Est-ce à dire maintenant que la Ratania guérisse la fissure par quelque vertu spéciale, comme le quinquina guérit la Gèvre, comme le mercure et l'iode guérissent la syphilis? Nous nous garderons bien de l'affirmer; et il est probable que toute substance végétale qui se rapprochera beaucoup de la Ratania par sa composition chimique donnera les mômes résultats thérapeutiques.

Ce qui nous le l'ait croire, c'est que MM. Payen et Mancc ont traité avec succès quelques malades atteints de fissures à l'anus au moyen delà monésia appliquée topiquement, qui, entre autres principes, contient une notable quantité de tannin, et surtout que le tannin, employé en substance, a donné les plus heureux résultats.

Comment convient-il d'employer la Ratania!? Le mode d'administration qui nous a paru le plus simple est le suivant. Nous faisons prendre chaque matin au malade un lavement à l'eau de son ou de guimauve, afin de vider l'intestin; une demi-heure après que le lavement a été rendu, nous administrons un quart de lavement composé de 150 grammes d'eau, et extrait de Ratania,' de 4 à 10 grammes; nous y ajoutons 4 grammes de teinture de Ratania. Le malade ne doit conserver qu'un instant ce lavement, et il en prend un semblable le soir.

Dans beaucoup de cas, la maladie résiste, et il semble qu'il ne reste plus d'autre ressource que l'opération. Cependant, avec quelques modifications dans l'emploi du remède, avec quelques moyens accessoires, on obtient le plus souvent une guérison sur laquelle on croyait n'avoir plus droit de compter.

L'expérience démontre d'abord que la Ratania agit sur la fissure d'une manière tout à fait topique. Ainsi, nous avons pu guérir par de simples lotions chargées d'extrait des fissures fort douloureuses, qui devenaient tout à fait extérieures lorsque le malade faisait des efforts comme pour aller h la garde-robe.

Si la fissure est plus profonde et si elle est rebelle, on fait, dans le rectum, des injections de solution astringente, à l'aide d'une seringue à jet continu, et, en même temps, le malade fait effort contre l'injection, qu'il rejette dans la cuvette, et qui, reprise par la pompe, peut ainsi servir à une ablution qui se continuerait presque indéfiniment, et qu'il convient de faire donner trois ou quatre minutes de suite, et même davantage.

Mais bien souvent la constipation est un obstacle invincible. Chaque jour le bol excrémentitiel volumineux et dur vient déchirer la plaie et détruire le commencement de cicatrisation obtenu par la Ratania. Il convient alors, pendant tout le cours du traitement, et même quelque temps encore après la guérison, de faire prendre au malade un léger laxatif

IGO MÉDICAMENTS ASTRINGENTS.

chaque jour, qui entretienne la liberté du ventre, et surtout qui rende les matières moins dures. Le laxatif que nous préférons, dans ce cas, c'est la poudre de racine de belladone prise le soir, à la dose de 1 à 5 centigrammes. Nous renvoyons d'ailleurs le lecteur à l'article relatif à la belladone, dans lequel nous avons particulièrement insisté sur le mode d'emploi de ce médicament dans la constipation.

Avant de terminer, nous devons prévenir les praticiens que, souvent, pendant les premiers jours du traitement, les douleurs sont singulièrement aggravées, ce qui décourage, le malade et le médecin : les causes de cette aggravation sont faciles à comprendre. Des malades qui, depuis le début de leur fissure, s'étaient habitués à ne plus aller à la garde-robe qu'une ou deux fois par semaine, afin de s'épargner des souffrances horribles, y vont maintenant plusieurs fois dans la journée : il en résulte une douleur qui peut quelquefois durer, presque sans relâche, plusieurs jours de suite. Ces cas, heureusement fort rares, se rencontrent pourtant, et imposent au médecin le devoir de ne donner, les premiers jours, qu'un lavement de Ratania au lieu de deux, et de s'abstenir de purgatifs, jusqu'à ce que la susceptibilité de l'intestin soit diminuée.

Quand les douleurs sont tout à fait calmées, on ne prend plus qu'un lavement de Ratania, et enfin, lorsque nous avons tout lieu de supposer que la guérison est complète, nous en faisons prendre un tous les deux jours pendant un, deux et trois mois.

Nous avons essayé, sans avantage, dans le traitement de la fissure, des suppositoires composés de beurre de cacao 5 grammes, et Ratania 1 à 2 grammes.

Les mèches enduites d'une pommade composée de 1 partie d'extrait de Ratania pour 6 ou 8 d'axonge, de blanc d'œuf ou de cérat, nous semblent encore devoir être conseillées dans quelques cas rares.

Au reste, le remède étant indiqué, c'est à chaque praticien de le modifier à sa guise, et suivant les cas spéciaux qu'il rencontrera.

Nous devons ajouter que nous avons vu un certain nombre de femmes affectées de fissures anciennes et profondes, qui se refusaient à l'opération sanglante, guérir, contre toute espérance, après avoir employé la Ratania pendant près d'une année.

Fissures du mamelon. — 11 était tout naturel d'appliquer au traitement des fissures du mamelon celui qui réussissait si bien dans les fissures du podex ; c'est ce que nous avons fait, M. Rlache et nous, avec avantage. — Chaque fois que la femme vient de donner à teter, nous faisons laver le bout du sein avec unii mixture de Ratania très-chargée, soit 5 grammes d'extrait et 10 grammes de teinture pour 100 grammes d'eau. — De plus, nous laissons dans la profondeur de la fissure un peu d'une sorte de pâte molle, composée de blanc d'œuf et d'extrait de Ratania. Au moment où l'enfant doit teter de nouveau, on lave le sein. Les lotions chargées de Ratania sont encore fort utiles dans le traitement des simples excoriations du mamelon.

ÈCORCES D'INGA. 101

Stomatite. — Dans les stomatites nicrcurirllcs, dans certaines formes ulcéreuses des inflammations des gencives, le malade obtient un grand soulagement en tenant souvent dans sa Louche un collutoire composé avec 10 grammes d'extrait, 30 grammes de teinture de Ratania, et 200 grammes d'eau.

En un mot, on peut dire, en thèse générale, que la Ratania a des propriétés précieuses pour modérer et éteindre les douleurs des maladies ulcéreuses des membranes muqueuses; et si des membranes muqueuses nous passons à la peau, nous voyons que, pour les brûlures, pour les ulcères, et surtout pour les vésicatoires, qui s'enflamment quelquefois si douloureusement en se recouvrant de productions pultacées, l'application de la Ratania fait cesser les douleurs avec une rapidité merveilleuse.

Ténesme. — Nous avons eu encore à nous louer de son emploi dans le ténesme hémorrhoïdal et dysentérique; dans ce cas, après chaque évacuation, le malade doit se lever du siège et résister aux efforts d'expulsion, et faire immédiatement soit une lotion, soit une injection peu abondante avec la décoction de 8 grammes de racine de Ratania, pour deux litres d'eau.

L'extrait de la Ratania se donnera à l'intérieur à la dose de 50 centigrammes à 4 grammes par jour et même davantage. La racine, pour une décoction, se prescrit à la dose de 8 à 30 grammes.

Pour l'usage externe, les doses sont en quelque sorte illimitées.

Le sirop s'emploie également à des doses aussi élevées qu'on le désire pour édulcorer des tisanes.

ÉCORCES D'INGA.

Sous le nom d'écorces de Barbatimao d'Inga du Brésil, on désigne des écorces très-astringentes produites par les genres acacia, inga ou mi?7iosa de la famille des légumineuses; elles jouissent en Amérique d'une grande réputation. On les utilise dans tous les cas qui réclament l'usage des toniques et des astringents, tels que diarrhée, gonorrhée, hémoptysie, relâchement des tissus, etc., etc. A l'extérieur, leur poudre est préconisée comme antiseptique.

On en obtient par déplacement avec l'alcool faible 25 pour 100 d'un extrait en entier soluble dans l'eau légèrement alcoolisée, et qui paraît •ne le céder en rien à l'extrait de Ratania, dont il pourra être un succédané' avantageux jusqu'à ce qu'on ait déterminé ses propriétés spéciales. Ses doses devront, du reste, être les mêmes à peu près.

MONESIA.

Cette écorce exotique a été successivement rapportée à un i hrysophyUum, au mohica de Martins, ou rhizophora gimrw— rhiza de Linné, à l'acacia cochleocarpa de Martins, à Yacacia virginalis Sa véritable origine n'est pas encore connue. Toutefois nous nous appuierons sur l'autorité du savant Virey, et nous l'attribuerons avec lui au chrysophylhim glycyphyllum, de la famille des sapotilliers.

L'arbre qui la fournit est de hauteur moyenne; son bois est employé en menuiserie; il croît â Rio-Janeiro; ses fleurs à cinq étamines, monogynes ; corolle monopétale, à cinq divisions; le fruit est une baie oblongue, lisse, contenant quatre semences aplaties. L'amande huileuse passe pour vermifuge.

L'écorce, dont nous avons eu quelques échantillons à notre disposition, est d'une couleur rouge brun foncé, et présente une cassure nette. L'extrait, tel qu'il est préparé dans le pays, est en plaques d'environ 500 grammes, ayant une épaisseur de 2 centimètres; sa couleur est d'un brun foncé presque noir; la cassure n'offre ni l'aspect terne du cachou ni le brillant du kino; il est entièrement soluble dans l'eau, et sa saveur, qui est d'abord sucrée, devient bientôt astringente, et laisse à la suite une àcreté très-prononcée et trèspersistante.

MM. Bernard Derosne, 0. Henry et Payen ont démontré, par l'analyse chimique, l'existence des principes suivants dans l'extrait de Monésia : 1° des traces impondérables d'un principe aromatique ;

2° une matière grasse cristallisable (stéarine) ; 3° de la chlorophylle ; 4° de la cire ; 5° de la glycyrrhizine ; G0 de la Monésine, matière acre, analogue à la saponine ; 79 du tannin ; 8° une matière colorante rouge, assez semblable à celle du quinquina ou du cachou; 9° une petite quantité dégomme; 10° de l'acide malique; 11° du malaté de chaux; 12° du malate de potasse; 13° du phosphate de chaux; 14° du phosphate de magnésie; 15° du sulfate de potasse ; 10° du chlorure de potassium ; 17° de l'oxyde de fer; 1S° de l'oxyde de manganèse; 19° de la silice; 20° de l'acide pectique; 21° du ligneux.

L'examen chimique de l'extrait importé et de celui qui a été préparé en France a démontré leur parfaite identité.

Ce médicament se traite pharmaceutiquement comme la ratania.

Les préparations pharmaceutiques qui ont été faites avec cette substance sont : 1° un extrait aqueux; 23 un sirop contenant 30 centigrammes d'extrait par 30 grammes de sirop simple ; 3° une teinture hydro-alcoolique contenant 1 gramme 1/2 d'extrait par 30 grammes ; 4° du chocolat contenant 30 centigrammes d'extrait par tablette de 30 grammes; 5° une pommade contenant un huitième de son poids d'extrait; 6° la matière acre indiquée dans l'analyse.

En général, l'extrait a été employé isolément dans le plus grand nombre des cas où le médicament a été donné à l'intérieur, et c'est la forme pilulaire qui a été préférée.

La Monésia a été expérimentée avec soin par Alquié, Bérard jeune, Baron, Manec, Martin Saint-Ange, Payen, Monod, Adrien, etc., etc. Ces praticiens l'ont trouvée douée de propriétés astringentes non équivoques, et c'est surtout dans les catarrhes chroniques, l'hémoptysie, la diarrhée chronique, la leucorrhée, la métrorrhagie, la hlennorrhagie, certains ulcères cutanés que ces praticiens ont eu à se louer de la Monésia ; de plus, Payen et Manec (Gazette médicale, janvier et avril 1840) ont publié des faits qui démontrent que l'application topique de pommade de Monésia, d'extrait dissous dans l'eau et donné en lavement, ont rapidement guéri des tissures à l'anus. Si le lecteur se rappelle ce que nous avons dit plus haut, la Monésia se rapprocherait donc, par ses propriétés, de la ratania, que nous venons d'étudier, et il semblerait que l'une pût toujours

PAULLIXIA OU GUARAXA.

remplacer l'autre; toutefois il n'en esl pqjnt ainsi; la ratania, par exemple, nous semble préférable àlaMonésia dans le traitement des fissures à l'anus; mais dans celui des fissures du sein, dans les diarrhées chroniques, surtout chez les enfants, nous avons eu à nous louer de la Monésia plus que de la ratania.

MODE d' ADMINISTRATION ET DOSES.

En général, la Monésia a été donnée en pilules, sous forme d'extrait à la dose de 60 centigrammes à 1 gramme et demi par jour, en deux ou trois fois ; M. Martin Saint-Ange l'a donnée jusqu'à 2 grammes et demi par jour.

Le sirop a été donné plus rarement; il est moins actif que l'extrait pur, et ne doit guère être préféré que pour les enfants. En injection, la teinture hydro-alcoolique a été employée le plus souvent à la dose, de 2 à 3 grammes pour 100 grammes d'eau ; on peut l'employer plus concentrée sans inconvénient : M. Payen Fa donnée plusieurs fois coupée avec six ou sept fois son poids d'eau. On a donné cette teinture à l'intérieur à la dose de 4 à 8 grammes par jour dans une infusion amère. Pour les ulcères, on a employé la pommade ; le plus souvent l'extrait en poudre étendu sur l'ulcération est préférable, et peut-être la matière acre de la Monésia serait-elle encore plus avantageuse d'après l'expérience de M. Martin Saint-Ange.

PAULLINIA ou GUARANA.

Le Paullinia est un produit américain provenant de l'arbuste du même nom. indigène du nord du Brésil, près la rivière des Amazones. Le nom botanique de cette plante est Paullinia sorbilis, de la famille des sapindaeves. Le fruit qu'elle produit offre de la ressemblance, quant a la couleur, avec le cacao. Le fruit mûrit en oclobre et novembre, et est récolté par les indigènes pour la composition du médicament que nous allons faire connaître.

On '« prépare de la manière suivante : On sépare les graines des capsules; on les expose au soleil jusqu'à ce que le tégument propre se sépare de la graine a l'aide de la seule pression entre les doigts. Ainsi mondé, on le place dans une sorte de mortier de pierre préalablement chauffé, on le triture, et on le réduit en poudre fine. Cetle poudre est réduite en pâte à l'aide d'une certaine quantité d'eau, ou bien par son exposition à la rosée de la nuit. On la pélrit. on la malaxe pendant longtemps, on y incorpore quelques se-

mences entières ou grossièrement concassées. De ce même fruit, on fait alors des petits pains, des cylindres ou cônes du poids d'un demi-kilogramme environ, qu'on fait sécher et durcir dans des cheminées; puis on les enveloppe de feuilles de cocotier, et on les verse ainsi dans le commerce brésilien.

Caractères physiques. — Le Paullinia, préparé par les naturels du Brésil, offre extérieurement une couleur noire analogue à celle du chocolat ; sa masse semble enveloppée d'une croûte imnce, ce qui est dû à son exposition dans les cheminées; sa cassure présente intérieurement des espèces de petites cavités produites par le reirait de la masse, et çà et là des graines encore entières et enveloppées de leur tégument mince et brillant. Son odeur est sut generis, sa saveur est amère, un peu astringente, et rappelle celle de la ratania. Il est difficile à réduire en poudre fine; mais dans l'eau il se ramollit cousidérablement.

lGi MÉDICAMENTS ASTRINGENTS.

Analyse chimique. — M. Dechastelus, Le genre Paullinia, dédié à Siraoa

qui a analysé le Paullinia, a trouvé dans Pauli, renferme une trentaine d'e«|»

cette plante les substances suivantes : les principales sont :

1° De la gomme; Paullinia a/'ricana (R. Brown, est em-

2° De l'amidon ; ployée en décoction dans la Sénégambie

3° Une matière résineuse d'un brun pour arrêter le flux de sang,

rougeâtre; Paullinia a^iaiica (L.) usitée à Bour-

4° Une huile grasse colorée en vert par bon comme fébrifuge; son écorce esl

la chlorophylle ; amère, acre, poivrée, aromatique.

5° Le tannin, qui colore en vert la so- Paullinia pinnala (L.), semences stupé-

lution de fer; fiantes, employées, au Brésil et aux An-

6° Une substance cristallisable jouissant tilles, pour enivrer le poisson,

des propriétés chimiques de la caféine. Paullinia sorbilis (Martins). C'est celle

Nous ne faisons qu'indiquer ici les ré- qui sert à préparer au Brésil le Guarana ;

sultats d'un travail beaucoup plus long. on râpe celui-ci avec l'os lingual d'un

que M. Dechastelus a bien voulu coninui- poisson d'eau douce (le vastres condami-

niquer à M. Gavarelle. nea) qui fait l'olfice de râpe.

Le Paullinia se prescrit en poudre, en extrait, en sirop que l'on prépare comme pour la ratania.

Au Brésil, clans les pays voisins, le Paullinia, suivant M. Gavarelle, est souvent employé par les indigènes sous forme de poudre mêlée au cacao, qu'on réduit en tisane. On s'en sert avec un succès remarquable contre les diarrhées et les dysenteries, qui sont si fréquentes et si graves dans ces pays, et, dans les convalescences, comme moyen de fortifier l'estomac, de faire naître l'appétit et de faciliter les digestions. L'amertume de la tisane de Paullinia est plutôt agréable pour la généralité des goûts; on peut, du reste, la corriger aisément à l'aide du sucre ou d'un sirop quelconque.

M. Gavarelle a fait venir du Brésil du Paullinia, et il a constaté que les propriétés de cette substance la plaçaient à côté de la ratania, mais que son amertume lui donnait quelque avantage sur cette dernière dans les cas de dyspepsie et de débilité des organes de la digestion.

Il l'a d'ailleurs administrée avec avantage dans les llux divers, où les médicaments astringents réussissent si bien : telles sont les diarrhées, les blennorrhagies, les hémorrhagies, les leucorrhées, etc., etc.

Dans ces derniers temps, nous avons eu occasion d'administrer souvent la poudre de Paullinia dans les diarrhées et même la dysenterie aiguë ou subaiguë, et nous avons été à même de constater dans ces cas son efficacité. Nous la donnons à la dose de 1 à 2 grammes par jour en prises fractionnées.

La Paullinia a, depuis quelques années, conquis, à Paris, une certaine popularité dans le traitement des migraines. Assez longtemps incrédules sur ce point, nous avons dû céder devant des faits que nous avons pu observer chez plusieurs personnes de notre clientèle qui avaient pris le Paullinia sans notre autorisation. Nous ignorons si le pharmacien qui débite plus spécialement ce médicament à Paris donne très-exactement la poudre ou l'extrait de Paullinia, ou s'il n'y joint pas du sulfate de

quinine; mais nous devons à la vérité de déclarer ici que, de tous les m tyens que nous avons vu employer contre la migraine, la poudre que l'on dit être exclusivemenl composée de Paullinia nous a semblé le

moins inefficace.

Voici le mode d'emploi prescrit aux malades atteints de migraine dans l'instruction que l'on débite avec le médicament. Si les accès sont fréquents [plusieurs dans le mois), on doit prendre tous les matins une pilule de 10 centigrammes d'extrait de Paullinia, une demi-heure avant le premier repas, afin d'éloigner les accès, d'en diminuer le nombre par conséquent, et dans l'espoir d'une guérison entière. De plus, on avalera au début de la migraine, si on est prévenu à temps, ou pendant l'accès, dans le cas d'une, surprise, -50 centigrammes de poudre de Paullinia délayée dans de l'eau sucrée. On attendra un quart d'heure, après quoi on eu prendra autant si le mal ne s'est point amendé. La migraine la plus violente disparaît quelquefois au bout de cinq à dix minutes et ne revient assez souvent qu'après un temps très-long.

La poudre seule suffira, prise comme nous l'avons indiqué plus haut, quand les accès seront rares (un mois par exemple), et qu'ils ne seront point compliqués d'une autre affection contre laquelle il faudrait absolument employer les pilules.

Tout en confessant que nous avons vu le Paullinia réussir dans le traitement de la migraine, nous devons ajouter que son efficacité, d'abord assez évidente, diminue peu à peu, et que la plupart des malades finissent par s'en dégoûter, parce que leurs accès de migraine, moins douloureux, il est vrai, deviennent ordinairement plus longs et plus incommodes.

Les préparations diverses du Paullinia sont les mêmes que celles de la monésia et de la ratania, et se donnent delà même manière et aux mêmes doses.

La Crfiosote ou Créosote 'de KsÉa;, chair, cide acétique. Elle se mêle facilement a

et <"■>'<■>, je conserve), G;8HI6ÔV. est un l'ammoniaque et a l'axonge. Elle dissout

produit pyrogéné découvert par Reichen- parfaitement les résines, a peine le caout-

bach, et dont la composition est : 76,2 de chouc; elle coagule immédiatement l'al-

carbone; 7,S d'hydrogène; 10,0 d'oxy- bumine.

gène. Sa densité est de 1,037. Cette espèce Préparation. Le Codex indique le pro-

d'huile essentielle, que l'on retire du gou- cédé suivant : on distille le goudron de

dron, a une odeur désagréable et extrè- bois (pix liquida) dans de grandes cornues

mement pénétrante, qui rappelle celle de de terre ou de fer, jusqu'à ce qu'il se

la suie et de la fumée de bois vert. Inco- dégage des vapeurs blanches ; le produit

lore quand elle est pure, elle prend, en distillé se sépare en trois couches ; on

vieillissant, une teinte de bistre rougeâtre prend la couche inférieure, qui est hui-

très-caractéristique. Sa saveur est acre, leuse et pesante, on la lave avec de l'eau

astringente, caustique. Elle est soluble légèrement acidulée par de l'acide sulfu-

dans l'eau, dans la proportion de 1/SO de rique, et on la distille, ayant soin de sé-

son poids; très-facilement soluble dans parer les premiers produits. Mêlez les

l'alcool, dans l'éther, et surtout dans l'a- derniers produits avec un soluté de potasse

Page 1