‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 2)Chapitre 40 sur 185 · ACIDE PHÉNIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE PHÉNIQUE

Depuis notre dernière édition, il a été beaucoup question de l'acide Phénique, cela tient à ce que les procédés d'extraction employés par M. Bobœuf en ont fait baisser le prix de 100 francs à 6 francs pour 1 kilogramme. Les solutions d'acide Phénique ou de Phénate de soude ont été employées dans trois conditions : 1° comme hémostatiques; 2° comme topiques désinfectants; 3° comme moyen de conservation des cadavres.

Sur la demande du ministre de la guerre, M. Laveran a fait, dans son service du Val-de-Gràce, des expériences d'où il résulte que le Phénate de soude aurait agi avec autant d'action que le percblorure ou le Phénate de fer pour arrêter des hémorrhagies provenant de piqûres de sangsues, de plaies phagédéniques et d'un cancer encéphaloïde. Il aurait agi comme un bon désinfectant, sans irriter les plaies. Enfin, sous le point de vue delà conservation des cadavres, M. Laveran l'aurait trouvé aussi actif que le biborate d'ammoniaque. Nous savons en outre que MM. Maisonneuve et Desormeaux, abandonnant à peu près complètement les corps gras pour le pansement des plaies, ont employé l'acide Phénique dilué à 0,1 ou 0,2 pour 100. C'est là un nouveau procédé de pansement des plaies qui, avec l'alcool et les sulfites ou hyposulfites, commence à se répandre de plus en plus.

Déjections infectieuses Au mois d'octobre 1863, pendant l'épidémie cholérique, nous avions fait, à titre d'essai, désinfecter les lieux d'aisances, les conduites d'eaux ménagères et les ruisseaux avec une solution d'acide Phénique au millième, dans un orphelinat. Cette année, la même tentative vient d'être faite à Amiens, pendant l'épidémie meur-

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trière que le choléra a fait subir à la ville. Sur les conseils de M. le professeur Tardieu, certains quartiers de la ville ont été arrosés avec une eau contenant en petite proportion l'acide Phénique.

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