ACÉTATE D'AMMONIAQUE
Ce que nous venons de dire du carbonate d'Ammoniaque pourrait s'appliquer aussi à l'acétate. Cependant, on ne peut passer sous silence ce
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qu'ont dit de l'esprit de Minderer, Boerhaave, Gullen, Selle et tant d'autres. Tous ces écrivains et ceux de notre époque s'accordent à reconnaître à l'acétate d'Ammoniaque la propriété de rendre plus active la circulation, les sécrétions, etc., etc., propriété qui lui est commune avec l'alcali volatil (Cullen, Mat. rnéd., t. 11, p. 366; Selle, Obs. de méd., p. 70). Quant à l'influence de ce médicament sur l'ivresse (Mazuyer, Gazette de Santé, novembre 1826), sur la migraine (Ihid ), sur les douleurs utérines qui accompagnent la fluxion menstruelle, elle n'a rien qui ne paraisse conforme à ce qui a déjà été dit de l'Ammoniaque. Cependant l'acétate d'Ammoniaque a été employé, dans ces derniers temps, d'une manière plus spéciale, comme sédatif de l'action de l'utérus. M. Patin a rapporté diverses observations qui tendent à prouver que ce médicament, administré dans le cas de menstruation excessive, trop fréquente, d'hémorrhagies utérines provenant même de cancer utérin, diminue l'abondance ou la fréquence de l'écoulement. On donne alors le médicament à la dose de 15 grammes dans les vingt-quatre heures en quatre prises. L'acétate d'Ammoniaque, suivant le même médecin, lui a réussi souvent dans le cas de menstruation difficile, douloureuse. L'administration du médicament fait cesser les douleurs et facilite par là l'écoulement. On peut donner 50 à 72 gouttes, divisées en deux doses et mêlées à une verrée de liquide sucré. Aussitôt que les douleurs, les malaises de l'époque menstruelle se font sentir, on fait prendre une première dose, et, une demi-heure après, on donne la seconde dose, s'il en est besoin, dose qu'on pourrait augmenter suivant l'intensité des symptômes.
Il rapporte encore un cas de nymphomanie très-avantageusement traité par le même moyen. Puis, passant à quelques inductions analogiques, il pense que l'acétate d'Ammoniaque pourrait encore être très-utile aux femmes disposées à l'avortement par suite de l'afflux du sang vers l'utérus, dans les inflammations de la matrice et des ovaires, dans les lésions organiques de ces parties {Arch. gén. de Mèd., t. XVIII, p. 217).
Le chlorhydrate d'Ammoniaque ne diffère non plus des composés précédents par aucune propriété spéciale, comme on peut s'en convaincre par-ce qu'ont dit Frédéric Hoffmann et Arnold de son influence sur la sécrétion pulmonaire (Journal complémentaire, t. XXVI, p. 3001, Kortunn, Kuntzmann, des avantages qu'il présente dans le traitement du rhumatisme, etc. Aussi n'insisterons-nous pas davantage sur ce médicament; seulement, nous devons dire qu'il était jadis souvent employé dans le traitement des fièvres intermittentes (Stoll) ; mais, le plus souvent, on l'associait, dans ce cas, au quinquina ou a quelque amer.
Toutefois, nous ne passerons pas sous silence l'emploi qui a été fait de ce sel dans la dysphagie spasmodique, parle docteur Fischer. Il le donne dans ce cas à la dose de 125 centigrammes toutes les deux heures, et dans le fait qu'il rapporte le moyen fut continué pendant onze semaines (Arch. gén. de M éd., t. II, p. 118).
Le chlorhydrate d'Ammoniaque jouit d'une très-grande réputation
parmi les médecins allemands, comme résolutif dans les bronchites chroniques.
M. le docteur Delvaux, de Bruxelles, dit en avoir retiré de très-bons résultats à la dose de 1 gramme à 3 grammes dans les vingt-quatre heures. Ce sel provoque ordinairement une forte transpiration, des urines abondantes. Sous l'influence de ce moyen, la dyspnée diminue, la toux devient moins fatigante, l'expectoration plus facile et moins abondante, et l'appétit ne. tarde pas à renaître {Journal de Bruxelles, 1854).
M. Ruete, de Gœttingen, préconise le sel ammoniac (chlorhydrate d'Ammoniaque) comme puissant préservatif contre la suppression de la sueur des pieds. Il en a, dit-il, éprouvé l'infaillibilité par des expériences nombreuses dans les cas même les plus opiniâtres.
Quand la sueur des pieds est supprimée, particulièrement chez des goutteux ou chez les malades affectés de rhumatismes, qui d'ordinaire ne supportent pas les bains de pieds, et ont besoin que la transpiration soit promptement rétablie. M. Ruete a constamment obtenu en peu de jours, au moyen du procédé suivant, les plus heureux résultats. On saupoudre un bas avec une petite cuillerée de sel ammoniac et deux fois autant de chaux vive; le malade met ce bas le soir avant de se coucher, et le conserve toute la nuit. Dans les cas les moins graves, il suffit de réitérer quelquefois ce procédé; dans les cas opiniâtres, il est nécessaire aussi de préparer le bas le matin pour le porter dans la journée.
Dans ce mélange, l'acide salin s'allie à la chaux, et l'Ammoniaque dégagée doit être regardée ici comme le principe le plus efficace. Les pieds éprouvent une chaleur agréable, une légère cuisson, de la démangeaison, et une abondante sueur ne tarde pas à paraître (Encycl. des Se. médic, Extrait des journaux allemands. 3e cahier, juillet 1839).
Phosphate d'Ammoniaque. — Ce sel a été conseillé par Buckler (de Baltimore), qui le considère comme très-efficace contre la goutte, le rhumatisme, et contre toutes les maladies aiguës ou chroniques qui dépendent de la diathèse urique. MM. Edwards et Mattei (de Bastia) ont appuyé cette opinion. M. Delioux de Savignac (Dict. encyclopédique, art. Ammoniaque) dit que ses expériences lui ont montré que, dans le rhumatisme articulaire aigu traité par ce moyen, les urines devenaient limpides et ne déposaient plus d'acide urique. Ce sel a été donné à la dose de 2 à 16 grammes et jusqu'à 20 grammes dans le diabète sucré (Boucha rdat).
Valérianate d'Ammoniaque. — Conseillé par Pierlot, ce médicament, selon MM. Moreau (de Tours) et Mesnel, serait appelé à jouir d'une certaine vogue dans les névroses. Dose, à grammes par jour dans une potion.
JJA'llÈRE MÉDICALE.
Le Chlore est un corps simple découvert en 1771 par Scheele, qui lui donna le nom d'acide marin iléphlogistiqué (il était alors regardé comme un corps composé); plus tard, Bertholletle désigna sous celui d'acitle murialique oxygéné; enfin le nom de Chlore, du grec x^p°«, vert) '"i ^ donné par Ampère.
Le Chlore est en effet de couleur jaune verdàtre ; il est gazeux; mais il peut être obtenu liquide : son odeur est vive, pénétrante, presque suffoquante, caractéristique. L'eau en dissout deux fois son volume. Son affinité pour l'hydrogène est telle, qu'il l'enlève à un très-grand nombre de matières organiques qui ne peuvent exister sans cet élément : c'est ainsi que toutes les matières colorantes sontdécomposées par lui, et laissent à leur place une matière plus ou moins brune qu'on pourrait croire identique dans tous les cas. Son action délétère s'explique de la mêm • façon.
Sa densité est de 2,421.
Préparation. On obtient le Chlore par la réaction de l'acide chlorhydrique sur le peroxyde de manganèse. Il se fait de l'eau, du protochlorure de manganèse et du Chlore. (Voir les détails de l'extraction dans les traités de chimie.)
Chlore liquide.
(Eau chlorée, hydrochlore.)
Il offre tous les caractères et la plupart des propriétés du Chlore gazeux. Il contient ordinairement, avons-nous dit, deux fois son volume de Chlore (près de 3 grammes 1/2 par 500 grammes). Comme le Chlore gazeux, il possède aussi la faculté de décolorer et de désinfecter les matières végétales ou animales; enfin, il est fort employé comme réactif en chimie, et dans les recherches médico-légales.
Pour obtenir le Chlore liquide, on fait passer dans l'eau distillée le Chlore qui s'est produit en faisant réagir l'acide chlorhydrique sur le bioxyde du manganèse.
Mentionnons les principaux détails de l'opération. On met dans un matras ou dans une cornue de grès 125 parties de manganèse et 500 parties d'acide chlorhydrique; on adapte l'appareil de Woulf, et on chauffe graduellement. Le premier flacon doit contenir peu d'eau, destinée a laver le Chlore. La quantité de matière indiquée donne assez de Chlore pour saturer 1500 parties d'eau distillée. Le Chlore liquide marque 200 degrés chlorométriques; il doit être conservé dansdes flacons en verre jaune foncé ou revêtus de papier noir, pour le soustraire % la lumière.
Le Chlore gazeux a été et est encore fort employé à l'intérieur en fumigalions.Woiai de quel appareil MM. Cottereau et G-annal se sont servis pour faire aspirer du Chlore, mêlé à la vapeur d'eau. Leur appareil, de la plus grande simplicité, se réduit à un flacon à trois tubulures. La tubulure moyenne est fermée par un bouchon percé par son centre, dans lequel est ajusté un tube qui de l'extérieur plonge jusqu'au fond du flacon. L'une des tubu- I ures latérales sert pour remplir le flacon ; on le bouche hermétiquement lorsqu'on a jeté dans l'appareil ce qu'on veut y mettre ; l'autre est fermé d'un bouchon percé qui est traversé par un tube qui s'enfonce de quelques lignes seulement au delà de la partie interne du bouchon, et qui ressort en se coudant et en affectant une forme qui le rende facile à placer dans la bouche.
On met dans le flacon de l'eau à 33 degrés Cart., qui le remplisse à moitié seulement, puis on jette depuis 2 jusqu'à 10 et 15 gouttes de Chlore liquide.
Quand maintenant le malade aspire, l'air entre par la tubulure médiane, traverse l'eau qu'il agite, et se charge de vapeur contenant une quantité plus ou moins considérable de Chlore.
Le Chlore gazeux a été surtout employé comme moyen de désinfection. Guyton de Morveau, le premier, en a préconisé les avantages hygiéniques. Voici comme on le prépare (Codex) :
Fumigations désinfectantes.
(Fumigations guytoniennes.)
Pr. : Chlorure de sodium. ... 30 part.
Bioxyde de manganèse. . 10
Acide sulfurique 20
Eau commune 20
Mêlez le Chlorure de sodium, l'oxyde de manganèse et l'eau dans une capsule de verre ou de terre, et ajoutez ensuite l'acide sulfurique. Il se dégagera bientôt des vapeurs d'un jaune vcrdàtre qui deviendront plus abondantes.
Si l'on agite ce mélange, il convient d'employer à cet usage un tube de verre ou une baguette de porcelaine.
La pièce dans laquelle se fait la fumigation doit être tenue parfaitement close au moins pendant une demi-heure.
L'b ydrochlore ou Chlore liquide est employé en potions.
La formule la plus usitée est la suivante :
Pr. : Chlore liquide ... 15 à 20 goutt.
Eau 125 gram.
Sirop simple 32
Mêlez.
ciiLOiii:.
if>7
On le prescrit aussi sous forme de pomnade faite avec 1 partie de Chlore liquide el i parties d'axonge.
Acide chlorhydrique.
(Acide hydrochlorique, muriatique, esprit de sel fumant, aride marin, acidum chlorhydricum, HCI.)
L'acide chlorhydrique existe naturellement en forte proportion dans les vapeurs acides qui s'échappent des volcans, et qui, se condensant, se dissolvent dans les eaui du voisinage auxquelles elles communiquer! îles propriétés acides Irès-prononcées parfois, comme dans le Rio- Vinagre.
Cet acide est le résultat de la combinaison, a volumes égaux, de gaz hydrogène et de gaz Chlore. Il est gazeux, d'une odeur très-piquante, d'une saveur acre et caustique; il se liquéfie sous une pression de 40 atmosphères; sa densité est de 1,86.
Le gaz chlorhydrique a une très-grande affinité pour l'eau; en contact avec la vapeur aqueuse de l'atmosphère, il s'en empare et produit des vapeurs blanches.
L'eau en dissout 480 fois son volume ou environ les trois quarts de son poids, et constitue ainsi ['acide chlorhydrique liquide lacidum chlorhydricum aqud soluium).
Pour l'obtenir, on décompose le chlorure de sodium par l'acide sulfurique à 66 degrés, et l'on fait passer le gaz îi travers de l'eau. On se sert pour cette préparation de l'appareil de Woulf. Dans cette opération, l'eau de l'acide sulfurique est décomposée, l'oxygène se porte sur la base du sel marin, et forme de la soude qui s'unit a l'acide sulfurique; l'hydrogène de l'eau se combine au Chlore, et l'acide chlorhydrique est ainsi formé.
Cet acide est fumant, incolore, et marque ordinairement22 degrés Baume. Dans cet élat de concentration, il est caustique ; sa densité est de 1.17.
L'acide chlorhydrique est usité a l'intérieur et a l'extérieur. A l'état de pureté, il ne doit décolorer ni le sulfate d'indigo ni le permanganate de potasse. L'acide chlorhydrique mêlé à l'alcool prend le nom d'acide chlorhydrique alcoolisé ou esprilde-scl dulcifié. Pour l'obtenir, on prend 1 partie d'acide et 2 parties d'alcool à 90 degrés.
Limonade muriatique
(ou chlorhydrique).
Pr. : Sirop de sucre 125 gram.
Eau S75
Acide chlorhydrique. . 4 a 6
Sirop chlorhydrique.
Pr. : Acide chlorhydrique . . G gram. Sirop de sucre 500
Mêlez.
Gargarisme chlorhydrique.
Pp. : Décoction d'orge. . . . 500 gram.
Acide chlorhydrique. . 2 Miel rosat ou sirop de
mûres 64
Mêlez.
Collutoire.
Miel rosat.
Acide chlorhydrique.
j a"â parties égales.
Pédiluvc chlorhydrique
Pr. : Acide chlorhydrique
du commerce . . . 60 à 125 gr.
Eau G îi 8 lit.
Sous celte forme, l'acide chlorhydrique était regardé comme spécialement utile pour rappeler aux pieds la goutte; c'est ce que l'on nommait eau de Gondran (Merat et de Lens).
Chlorures d'oxydes alcalins.
Ils décolorent les couleurs végétales, ils changent l'acide sulfureux en acide sulfurique et. les protoxydes métalliques en peroxydes.
Le chlorure de potasse (hypochloris polassicus), connu sous le nom d'<a i de Javelle, est un liquide ordinairement presque incolore, quelquefois plus ou moins violacé, ce qu'il doit alors a un peu d'oxyde de manganèse. Il a l'odeur du C dore affaibli ; sa saveur est alcaline et chlorée. Il est presque inclusivement employé dans les arts.
Le ch'orure de chaur, hypochloris calcicus (chlorite, hypochlorite de chaux) se trouve dans le commerce sous forme de poudre d'un blanc légèrement jaunâtre, d'une odeur forte de Chlore, et d'une saveur très-désagréable.
On en connaît deux espèces : le chlorure de chaux sec et le chlorure de chaux liquide
Le premier s'obtient en faisant arriver du Chlore gazeux sur l'hydrate de chaux en poudre fine, jusqu'à ce que celui-ci refuse d'en prendre davantage.
Le second [hypochloris calcicus aqud solutus) est incolore et possède les mêmes caractères que le chlorure sec. il est dccomposable par presque tous les acides, qui en dégagent le Chlore.
On le prépare d'après le procédé suivant :
Hypochlorite de rhatix liquide.
Chlorure de chaux liquide.
(Hypochloris calcicus aqud so'ulus.)
Pr. : Chlorure de chaux sec. 100 gram. Eau commune 4500
Triturez le chlorure de chaux dans uu mortier de porcelaine avec une partie de
l'eau; quand il sera bien divisé, séparez Voici sa préparation d'après le nouveau
avec décantation les parties les plus té- Codex :
nues; triturez le dépôt, délayez-le dans
une nouvelle portion d'eau; décantez en- pP- . Chlorure de chaux sec. 100 gram.
core, ainsi de suite, jusqu a ce que vous Carbonate de sonde
ayez parlaitement divise le chlorure et em- cristallisé 200
ployé toute l'eau prescrite ; mélangez les Eau eomnrane; \ \ \ \ 4500
liqueurs, nltrpz-les et conservez-les dans
des vases bien bouchés, que vous tiendrez
dans un lieu frais. Délayez le chlorure de chaux dans les
Le chlorure de chaux liquide doit cou- deux tiers de la quantité d'eau prescrite, tenir deux fois son volume de Chlore; on en opérant comme il a été dit pour le dit alors qu'il a 200 degrés chlorométri- chlorure de chaux. D'autre part, faites ques. Chaque degré chlorométrique re- dissoudre le carbonate de soude dans le présente, dans la liqueur, un centième de tiers d'eau restant; mélangez les deux dis- Chlore en volume. solutions; laissez déposer et filtrez.
Le chlorure de chaux liquide s'emploie Le chlorure de soude liquide doit,
fréquemment pour le pansement des comme le chlorure de chaux, contenir
plaies; mais on doit le couper avec de deux fois son volume de Chlore, ou avoir
l'eau pour le ramener a un état plus faible 200 degrés chlorométriques. On y laisse
de concentration (22 a 120 degrés). un petit excès de carbonate alcalin, qui
Le chlorure de toude (chlorite, hypo- rend sa conservation plus certaine; il faut chlorite de soude, liqueur de Labarraque, le conserver dans des vases bien bouchés hyporhloris solicus aqud solulits) est H- et dans un lieu frais, quide, incolore ou jaune verdltre, d'une Le chlorure de soude est souvent présaveur alcaline et chlorée; il est formé de féré au chlorure de chaux. La force cltlo- 1 proportion de soude et 1 proportion de rométrique doit être également réglée par Chlore. le médecin suivant le besoin.