ACIDE SULFURIQUE. V
Ducamp à appliquer le môme moyen aux engorgements de la membrane muqueuse du canal de l'urètre, et l'on sait aujourd'hui tout ce qu'on peut attendre de cet utile moyen. Nous avons nous-mêmes, plus tard, eu recours à la morne médication pour résoudre l'engorgement chronique des amygdales, et nous avons vu assez souvent se guérir cette affection, contre laquelle on n'entrevoyait déjà plus d'autre ressource que l'extirpation.
Enfin, les rétrécissements du canal nasal, du conduit auditif interne et externe, des fosses nasales, et même de la partie inférieure du rectum, ont été traités et guéris par cette méthode, qu'on applique en ayant égard àla disposition des parties, à la gravité et à la longue durée de la maladie.
Nous aurions encore à parler de l'efficacité de l'application topique du .Nitrate d'Argent dans le traitement des ulcérations superficielles de la cornée transparente, de la membrane muqueuse buccale, du gland, du prépuce, etc., etc.
Il serait vraiment impossible aujourd'hui de citer les cas innombrables dans lesquels presque tous les médecins ont employé le Nitrate d'Argent; qu'il nous suffise de répéter ici qu'il n'est en médecine aucun agent thérapeutique qui trouve plus souvent son application.
Mais toutefois, pour nous résumer, nous dirons que le Nitrate d'Argent a une efficacité toute spéciale dans un grand nombre de phlegmasies aiguës ou chroniques de la peau et des membranes muqueuses ; et son efficacité contre ces affections est si bien établie, qu'elle lui a mérité le nom de caustique antiphloqistique.
Outre cette action antiphlogistique, le Nitrate d'Argent possède encore une vertu sédative qui peut le rendre utile dans un certain nombre de névroses ayant leur point de départ soit dans l'axe cérébro-spinal, soit dans les voies aériennes ou les voies gastriques.
Dans le chapitre où nous traiterons de la Médication irritante, nous essayerons de faire ressortir toutes les indications, et de tracer les règles suivant lesquelles ce moyen puissant devra être mis en œuvre.
ACIDE SULFUR1QUE.
L'Acide sulfarique, SO3 (huile de vi- dernier esl presque exclusivement emtriol), esprit de soufre, lorsqu'il est pur, ployé; il doit marquer 6(5 degrés au pèseest un liquide visqueux, sans odeur, d'une acide, causlicité extrême, rougissant fortement
la teinture de tournesol, pesant plus d'une Préparation. L'Acide sulfurique s'obtient
fois et demie autant que l'eau (1,S5). Il en grand dans les arts par la réaction de
bout il 300°, et est décomposé par une l'air et de l'eau sur les produits de la
forte chaleur en oxygène et en acide sul- combustion d'un mélange d'azotate de po-
fureux. En contact avec des matières vé- tasse et de soufre. Nous renvoyons, pour
gélales et animales, il les corrode et les les détails, aux ouvrages de chimie,
charhonne; il a une très-grande affinité L'Acide sulfurique du commerce con-
pour l'eau. tienl souvent de l'acide nitrique; on recon-
On distingue l'Acide sulfurique anhydre naît facilement sa présence en projetant
et l'Acide sulfurique monohydraté. Ce dans l'Acide un peu de protosulfate de
fer pulvérisé : la liqueur prend a'ors une belle couleur poupre ou lie de vin foncée (Desbassins de Richemond).
Cet Acide contient aussi presque toujours du sulfate de plomb; on doit le purifier à la distillation.
L'Acide sulfurique concentré est un caustique des plus violents; il faisait autrefois la base de pommades ou d'onguenls fort énergiques et vantés; convenablement étendu d'eau, cet acide devient simplement astringent.
On l'administre souvent à l'intérieur.
Acide sulfurique dilue' (Acidum sulfuricum dilutum).
Pr. : Acide sulfurique .... 100 gram. Eau distillée 900
Il faut avoir soin de verser l'eau en premier.
Limonade minérale ou sulfurique.
Pr. : Sirop de sucre 100 gram.
Eau commune 900
Acide sulfurique. ... 2 Mêlez.
On préparc avec l'Acide sulfurique des élixirs-acides, qui sont de simples mélanges faits a froid dans des proportions variées d'alcool et d'Acide sulfurique. Les principaux sont : les élixirs de S hnltz, de Oippel, de Mynsicht, de Huiler, enfin l'eau de habei, dont nous donnerons la formule et la préparation, comme étant le plus employé de ces élixirs-acides.
Eau de Rabel.
(Acide sulfurique alcoolisé ou dulcifié.)
Pr. : Alcool a 90 degrés . . . 300 gram. Acide sulfurique à 66 degrés, pur 100
On met l'alcool dans un matras et l'on verse dessus l'Acide sulfurique, en facilitant le mélange par l'agitation ; il se développe de la chaleur. On colore ordinairement l'eau de Rabel en rose avec de
l'orcanette ou à l'aide de quelques pétales de coquelicot.
Cette préparation ne doit pas être considérée seulement comme un simple mélange d'alcool et d'Acide sulfurique : ellr renferme une très-grando quantité d'acide sulfo-vinique (bisulfate d'éther) résultant de l'action de l'Acide sulfurique sur l'alcool.
L'Acide sulfurique fait encore partie de Veau d'arquebusade :
) de chaque I 780 gram.
Pr.: Alcool rectifié. . . .
Vinaigre d'Orléans.
Acide sulfurique faible. 160 Sucre blanc 192
Mêlez et conservez.
On applique des compresses imprégnées de cette liqueur sur les parties nouvellement contuses.
Cette eau est mieux nommée eau vulnéraire de Thédm pour ne pas la confondre avec l'alcoolat vulnéraire qui porte le vrai nom d'eau d'arqnebnsude, dont on trouvera la formule à l'article Mélisse. Un pharmacien auquel on prescrirait de l'eau d'arquebusade sans autre désignation ne donnerait que l'alcoolat vulnéraire.
Il entre dans la composition de l'eau antiputride de Heauforl 32 grammes d'Acide sulfurique à 66 degrés, mélangés à 500 grammes d'eau.
Caustique safrano-sulfurique (Velpeau).
Pr. : Poudre de safran 10 part.
Acide sulfurique concentré. 20
L'Acide carbonise la matière organique et constitue une matière noire homogène ayant la consistance du miel. Ce caustique énergique triomphe de tumeurs encéphaloldes que le bistouri n'oserait attaquer : il les racornit et en diminue singulièrement le volume en les brûlant. L'absorption n'est pas à redouter comme pour l'Acide arsénieux.
Au lieu du safran, on emploie encore l'amiante pour former une pite caustique.
C'est un des poisons irritants les plus énergiques.
En médecine, il n'est jamais employé pur, si ce n'est pour cautériser des verrues ; encore doit-on l'appliquer avec une grande circonspection, parce qu'il détruit profondément les tissus.
Ordinairement, on l'étend d'une quantité d'eau plus ou moins grande, ou bien on le mêle à l'alcool, ou bien encore on l'incorpore avec de l'huile, de l'axonge, etc.
zixn. 49:;
A l'intérieur, l'Acide sulfurique n'est jamais employé que comme tempérant ou comme hémostatique-, (Voyez Sédatifs, Astringents.)
A l'extérieur, et comme moyen topique, on peut en faire usage dans quelques circonstances d'ailleurs assez bornées.
Ainsi, étendu de deux fois son poids d'eau, il peut remplacer l'aride hydrochlorique dans le traitement des maladies couennciises de la Louche et de la gorge; à la dose de 2 grammes, pour 500 grammes d'eau, il sert à composer des gargarismes détersifs, des lotions propres à réveiller la vitalité à la surface des vieux ulcères, ou à empêcher qu'ils ne se recouvrent de sécrétions pultacées.
L'eau de Rahel (Acide sulfurique alcoolisé) est encore employée ou pure, ou étendue d'une grande quantité d'eau, suivant qu'on veut obtenir un effet plus ou moins énergique.
Dans les vieilles pharmacopées, on trouve un grand nombre de savons, de pommades, d'onguents préparés avec l'Acide sulfurique. Toutes ces préparations sont inusitées aujourd'hui.
Disons encore que, pour l'usage externe et interne, l'Acide sulfurique ne doit être employé comme caustique ou comme irritant local qu'à défaut des nombreux agents du même ordre que nous avons passés en revue.
Nous ne pouvons toutefois nous dispenser de dire que M. Legroux, à l'exemple de Mayor et de M. Robert, a substitué depuis longtemps la Cautérisation sulfurique à la cautérisation au fer rouge dans le traitement des arthrites chroniques et des névralgies, et qu'il paraît avoir retiré de ce moyen des avantages assez marqués (Bull, de T/iér., sept, et oct. 1852).
Plus récemment, le docteur Henri Gintrac, de Bordeaux, et le docteur Dubourg, de Marmande, ont publié de nouvelles observations qui conlirmcnt pleinement l'efficacité de ce caustique dans le traitement de la névralgie sciatique.
Quant aux autres usages assez nombreux de cet Acide, nous en traiterons dans le deuxième volume (chap. Des Sédatifs).
ZINC
Le Zinc (Zincum) est un métal d'un Oxyde de Zinc (Orydum Zinci cum igni
blanc bleuâtre, lamelleux, assez ductile, jiaralum ) , Codex. (Noms anciens :
peu dur, d'une saveur métallique peu pro- fleurs de Zinc, pomp'nulix, nilalttllium,
noncéë, mais distincte. Il est fusibie k lana pliilosophica, luthie préparée.) 3G0 degrés et devient volatil au rouge
blanc. Sa densité est de 7,1. Il ne doit II est très-blanc, insipide, inodore, fort contenir ni fer ni arsenic. doux au toucher, se convertissant facile- Dans la nature, on rencontre toujours mi'iit a l'air en sous-carbonate. 11 est le Zinc à l'état de combinaison, soit com- soluble dans la potasse, la soude et l'ambiné au soufre (blende ou fausse galène), moniaque : il doit se dissoudre sans effersoit îi l'oxygène 'tutliie), soit à l'oxygène vescence clans l'acide chlorhydrique. et à la silice (calamine), soit enfin à l'état On obtient l'oxyde de Zinc en cliauffanr de carbonate ou de sulfate. le Zinc au contact de l'air.
Le Zinc métallique u'est pas employé C'est le plus souvent un oxyde imput
en médecine. connu sous le nom de tullde ou decadmie
des fourneaux, que l'on emploie pour les Pilules contre l'épilepsie (Dupuylrcn).
diverses préparations pharmaceutiques. ■
M. Soubeiran conseille de renoncer à "''■ : Oxyde de Zinc Isr.
l'usage de cet oxyde, parce qu'il contient Poudre de valériane .... 1 ,50
souvent de l'arsenic. Castor, um pulvérise ... . 0,10
Sirop simple q. s.
Oxyde de Zinc par précipita lion.
„ , , „. .... Faites douze pilules, à prendre dans la
Oxyde de Zinc par voie humide. journée.
(Oxydum Zincicum
aqud medianle paratum.) L'oxyde de Zinc entre dans la composition des pilules de Méglin.
Cet oxyde est exempt d'arsenic.
„, , . .... Pilules de ftléqlin. Pr. : Sullate de Zinc purifie et
cristallisé 300 gr. Pr. : Extrait de jusquiame. . . 2 gram.
Carbonate de soude cris- — de valériane. ... 2
tallisé 350 Oxyde de Zinc 2
Eau distillée 2000 pour qllarante pilules.
Faites dissoudre les deux sels dans la mfale dg zi S03ZnO,7IIO. moitié de 1 eau prescrite. Introduisez la
solution de carbonate de soude dans une (Sulfate zincique, vitriol blanc, couperose grande capsule de porcelaine, chauffez-la blanche.) graduellement, et, lorsqu'elle sera parve- , ,, nue à l'ébullition, versez-y peu à peu, et Ce sel est blanc sans odeur, dune saen agitant sans cesse, la solution de sul- veur styptique très - prononcée, soluble late de Zinc ; en même temps qu'il se dé- dans deux parties et demie d eau froide et gagera de l'acide carbonique, il se for- dans une moindre quantité d eau chaude, mera un dépôt blanc d'hydrocarbonate H est compose de 50,10 d oxyde de Zinc de Zinc. Entretenez l'ébullition pendant et de 49.90 d acide sulfunque. un quart d'heure environ pour détruire J 0n .obtient par la dissolution du Zinc l'état gélatineux du précipité: laissez dé- dans • aclde sulfunque. Celui du composer, décantez la liqueur surnageante; merce Contenant toujours du sulfate de lavez le dépôt à plusieurs reprises à l'eau [eI\?n >,e Plmfie Pou,r 1 usage medica , en distillée, jusqu'à ce que l'eau de lavage le dissolvant et en le faisant cristalliser ne précipite plus par le chlorure de ba- av^° soln; , , . , , , ryum : recueillez le précipité ainsi lavé sur Le sulfate de Zinc est le plus souvent une toile. Quand il sera bien égoutté, employé a 1 ex erieur comme astringent, faites-le sécher à l'étuve, puis, après en rarement al intérieur. Il fait la base d un avoir rempli un creuset de terre, soumet- Srand nombre de collyres, dmjectwns, de tez-le à l'action d'une température som- gargarismes, etc. . bre, jusqu'à ce qu'une petite quantité de Ç,e sf' coagule albumine; mais, lorspoudre, puisée au centre de la masse, ne <1» ■' ?st e|) e\ce%û redissout le coagulum donne plus d'effervescence dans l'acide forme d abord. G est pourquoi M. Mialhe sulfurique étendu. Laissez refroidir le rejette son emploi à haute dose clans les creuset, et conservez l'oxyde obtenu dans cas de blennorrhagie, par exemple, un flacon bien fermé. 3 Pour les injections, il ne va pas au delà
de 60 centigrammes dans 200 grammes
Pommade ou onguent tulhie. d'eau distillée, et, pour les collyres astrin-
. , gents, la plus forte proportion de sul-
Pr. : Tuthie porphynsee ... 10 gram. fate de zinc est 30 centigrammes pour
Onguent rosat 20 100 grammes d-cau.
Beurre lave a 1 eau de ^ Il donne, au contraire, la formule d'un
rose 20 collyre détersif qui renferme jusqu'à 1 gr.
Mêlez sur un porphyre. de sulfate zincique pour 10 grammes seulement d'eau distillée.
Cérat de Hufeland.
Collyre au sulfate de Zinc.
Pr. : Cérat simple 18 gram.
Oxyde de Zine L Pr. : Sulfate de Zinc 1 gram.
Lycopode 1 Eau de roses 250
Mêlez sur un porphyre. Faites dissoudre.
On emploie souvent l'oxyde de Zinc sous Injections de sulfate de Zinc. forme de culture sec associé à parties égales au sucre candi, à l'iris de Florence, etc. Pr. : Sulfate de Zinc 4 gram.
11 fait la base des onguents ophthalmi- Eau de roses 500
gués rowie et vert de Sloane et de Keiser, Laudanum de Syden-
de Vemi<ldlre appelé Main-de-Dieu, etc., bain *
inusité aujourd'hui. p. s. A.
A l'intérieur, l'oxyde de Zinc (notamment les fleurs) a été employé avec succès. Le sulfate de Zine en liait dans une foule
ZINC
l'tT
do médicaments maintenant tombés dans l'oubli, tels que [Vau d'Alibuw, le cdlyrt de saint Jvnurun, Veau o;</i//ialm(7/i<e d'Odhélius, etc.
Acétate de Zinc.
Il est blanc, sans odeur, d'une saveur très-amère et très-styptiquej il est extra memiMit soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid. Sa composition est de 13,9 d'oxyde de Zinc, et de oti, 1 d'acide acétique.
Ou le prépare en dissolvant l'hydrocarbonate de Zinc par l'acide acétique, faisant évaporer et cristalliser Soiihciruu,.
A l'intérieur, l'acétate de Zinc n'est jamais employé.
A l'extérieur, il a été recommandé, surtout en Angleterre, sous forme de collyres et d'injections astringentes.
Chlorure de Zinc, Zn,Cl.
(Beurre de Zinc, chlorhydrate, hydrochlorate de Zinc) (Cltloruretuin Zmcicum).
Il est blanc, cristallisé, très-sol uble dans l'eau, fusible un peu au-dessous de 100 degrés, volatil a la chaleur rouge. Sa composition est de 47,67 de Zinc, et de 52,33 de chlore.
Préparation.
Pr. : Zinc laminé q. v.
Acide chlorhydriqiie à 1,17 . q. s.
Transformez le Zinc en chlorure, en faisant réagir a froid sur ce métal l'acide chlorhydrique étendu de deux fois son poids d'eau. Lorsque tout dégagement de gaz aura cessé, il devra rester une petite quantité de métal non dissous. Décantez le liquide après repos et introduisez-le dans un vase de forme allongée.
Faites passer à travers cette dissolution un courant de chlore, en ayant soin d'agiter de temps à antre le liquide. En peu de temps le chlorure ferreux est transformé en sel ferrique; versez alors la solution dans des capsules, et chauffez de façon à dégager tout l'excès de chlore.
Dans cette dissolution portée à l'éhullition, ajoutez par fractions de l'oxyde de Zinc, 1 pour 100 environ du poids du Zinc; le chlorure ferrique est transformé en chlorure de Zinc, et l'oxyde ferrique, mis en liberté se dépose complètement. Les liqueurs, séparées du précipité par décantation, et soumises, s'il est besoin, à la filtralion sur l'amiante, sont évaporées, jusqu'à ce qu'on puisse les couler en plaques.
Ce composé, étant très-déliquescent, devra être conservé dans des flacons k larg ■ ouverture el bien fermés ,ï l'émeri.
La solution de chlorure de Zinc qui e.-,: employée pour les injections oadavéri ques se prépare de la manière suivante :
Pr. : Chlorure de Zinc fondu. 100 gram. Eau distillée 200
Faites dissoudre en ajoutant à l'eau distillée la quant ilé strictemenl nécessair ■ d'acide ohlorhydrique concentré (environ :S grammes: pour dissoudre l'oxyde du Zinc que contient toujours le chlorure anhydre fou. lu ; conservez dans un flacon bouché. Ce liquide marque 1,33 au densimètre (36» B.).
Le chlorure de Zinc est employé en médecine principalement comme caustique.
C'esl le professeur Hanke, de Breslaw, qui l'a expérimenté le premier et avec de grands succès. Le docteur Canquoin, dans ces derniers temps, le remit en vogue et voulut l'exploiter comme remède secret ; l'analyse chimique eu ht bientôt justice.
Pâte escharoliqup de chlorure de Zinc.
(Pâte du docteur Canquoin.)
(No 1). Pr. : Chlorure de Zinc. .
Farine de froment .
32 gr.
On mêle le chlorure réduit en poudre avec de la farine, et l'on y ajoute de l'eau pour obtenir une pâte solide; il en faut très-peu. On étend sur un marbre avec un rouleau, en couches variant de 1/2 lign" à 6 lignes, suivant l'épaisseur de l'eschare qu'on veut produire.
On connaît sous le nom de : pâte n° 2, celle où l'on met 3 parties de farine ; n° 3, celle où l'on met4 parties de farine; n° 'i, celle où l'on met 5 parties de farine pour, 1 partie de chlorure. C'est le n° 1 qui est presque exclusivement employé. On coupe la pâte de la forme de l'eschare qu'on veut obtenir, et on l'applique sur la partie qui est à retrancher de l'économie.
En ajoutant un peu de chlorure d'antimoine, dit M. Soubeiran, la pâte prend une consistance molle et se moule aisément sur les parties. On l'emploie alors de préférence pour agir sur les tumeurs cancéreuses épaisses et inégales.
Pr. : Chlorure d'antimoine ... I part.
— de Zinc 2
Farine 3
Le chlorure de Zinc a été aussi employé à i'infei-ietir comme antispasmodique.
Nous nous occuperons plus tard de l'oxyde de Zinc, que tîous avons rangé parmi les antispasmodiques, suivant un usage admis par la plupart de nos devanciers, sans que, à cet égard, nous puissions rien affirmer de
positif, les expériences faites jusqu'ici ne nous semblant pas suffisamment probantes.
Nous passerons rapidement en revue, d'abord les préparations solubles, le chlorure, le sulfate, l'acétate de Zinc; nous examinerons ensuite les préparations insolubles de Zinc, l'oxyde et le carbonate.
A l'intérieur, le chlorure de Zinc a été employé comme antispasmodique ; mais il est dangereux et moins utile que les autres préparations de Zinc.
C'est surtout de son usage extérieur que nous devons nous occuper ici. Cechlorure est caustique, mais à un moindre degré que ceux que nous venons de passer en revue. Lorsqu'on l'applique pur et en poudre sur la peau revêtue de son épiderme, il l'enflamme, et au bout de six ou sept heures, il produit une eschare grisâtre qui se détache un peu plus vite que celle qui est produite par les alcalis caustiques. Cette propriété caustique a été utilisée par quelques médecins modernes. Hanke, de Breslau, l'employait pour détruire les naevi materni, les fongus hématodes, les pustules malignes, les ulcères syphilitiques d'apparence carcinomateuse {Bulletin des Sciences méd. de Férussac, t. X, p. 74 ; Journ. de Pharmacie, t. XVI, p. 549). Plus récemment, M. Canquoin, qui prétendait posséder un remède contre le cancer, se vit forcé de rendre public le moyen qu'il tenait secret, et qui déjà ne l'était plus pour personne; et dès lors ce fameux remède cessa de faire des prodiges, et fut oublié aussitôt que connu. La pâte caustique de Canquoin n'a que peu d'action sur la peau revêtue de son épiderme ; il faut préalablement mettre le derme à nu à l'aide de la pommade ammoniacale, puis la tenir appliquée pendant un ou deux jours, suivant que l'on veut cautériser plus ou moins profondément. Ce mode de cautérisation est fort lent, et cause de si atroces douleurs, que les malades les plus courageux ne peuvent souvent se résoudre à une seconde application.
En général, aujourd'hui tous les praticiens préfèrent à ce caustique la poudre de Vienne, dont l'action est immédiate, rapide et peu douloureuse, dont les effets s'accomplissent en présence du médecin qui les surveille et les dirige; et il est reconnu que le chlorure de Zinc ne peut remplir aucune indication spéciale que le caustique de Vienne ne remplisse avec plus de certitude et de facilité.
Suivant Stanelli, le chlorure de Zinc, tombé en déliquium par suite de son exposition à l'air, compte au nombre de ses propriétés médicinales celle de calmer la douleur des dents.
Son mode d'application est des plus simples. A l'aide d'un petit pinceau, on en porte une petite quantité dans la cavité delà dent douloureuse, et, dans l'espace de quelques minutes, il en apaise les souffrances les plus aiguës, sans d'ailleurs en irriter aucunement les nerfs.
Avant de procéder à l'application, il est indispensable d'entourer soigneusement la dent avec du coton cardé, et puis, lorsque le chlorure a été appliqué, de bien remplir la cavité avec cette même sorte de
ZINC. 400
colon. Enfin, on termine pur laver la bouche avec un peu d'eau tiède.
L'auteur affirme qu'il a obtenu un succès constant de ce moyen dans plus de cinquante cas, et que jamais il n'a observé que la marche de la carie en ait été rendue plus active. (Annali universali di medicina.)
V oxyde de Zinc et le carbonate de Zinc ont été considérés comme antispasmodiques, ainsi que nous l'avons dit plus haut. A l'intérieur, on les a prescrits clans les convulsions des enfants, dans celles des femmes en couches ; on les a encore conseillés dans la chorée, dans le tremblement métallique, dans la coqueluche, en un mot dans les affections nerveuses, et même dans les maladies inflammatoires auxquelles se joignent des accidents spasmodiques.
Les doses, dans ce cas, ont été, chez les enfants, de 23 à 50 centigrammes par jour ; chez les adultes, de I à 4 grammes.
On sait que, dans ces derniers temps, l'oxyde de Zinc, donné progressivement à très-hautes doses, a été préconisé par M. le docteur Herpin, de Genève, comme un des moyens les plus efficaces dans le traitement de. l'épilepsie. Ces expériences ont été répétées en France par un certain nombre de médecins qui s'occupent spécialement des maladies nerveuses et mentales, entre autres par M. Moreau, de Tours; mais malheureusement elles n'ont nullement confirmé les résultats presque merveilleux qui avaient été annoncés par le médecin de Genève.
Toutefois, nous croyons devoir ajouter que les nouvelles observations publiées par cet observateur, sans être toujours aussi décisives qu'il le pense, suffisent au moins pour attester que ce médicament peut exercer une influence heureuse sur certaines épilepsies de nature curable : nous voulons parler surtout des épilepsies accidentelles et de date encore assez récente.
A l'extérieur, l'oxyde et le carbonate de Zinc ont été prescrits en pommade, en poudre, dans les ulcères chancreux, félidés, etc., etc., dans les gerçures du sein, des lèvres; dans l'intertrigo des enfants; dans les ophthalmies chroniques, le coryza : suspendus dans de l'eau mucilagineuse, ils sont employés dans la leucorrhée, la blennorrhagie, etc., etc.
A l'extérieur, les doses sont en quelque sorte illimitées.
Sulfate de Zinc. — Le sulfate de Zinc, comme le carbonate, l'oxyde et l'acétate de Zinc, a été employé à l'intérieur comme antispasmodique. Mais toutes ces préparations ont été surtout conseillées comme topiques, et toutes remplissent à peu près les mêmes indications, en observant toutefois que les préparations solubles de Zinc sont, en général, fort irritantes, cl ne doivent être prescrites qu'à doses très-faibles, tandis que le carbonate et l'oxyde veulent être employés à des doses beaucoup plus considérables.
Le sulfate de Zinc, à l'intérieur, ne s'emploie que comme vomitif; ce vomitif, suivant les expériences de M. Toulmouche, de Rennes, est plus sûr que le tartre stibié, et doit être assimilé au sulfate de cuivre pour ses propriétés émétiques. 11 se donne, dans ce cas, à la dose de 40 à 75 cen-
TiOO MÉDICAMENTS IRRITANTS.
t.igrammes, dissous dans 100 à 125 grammes d'eau. Ce vomitif, trèssouvent employé par nos voisins d'outre-mer, n'est pas en usage chez nous, et c'est peut-être à tort; il doit être conseillé d'une manière spéciale dan", le cas d'empoisonnement, parce qu'il produit le vomissement plus promptement et beaucoup plus sûrement que le tartre stibié : dans ce cas, il se donne à une dose un peu plus élevée que celle que nous avons indiquée tout à l'heure ; la dose doit être doublée et triplée s'il a été ingéré un poison stupéfiant.
Aran, à l'exemple de Baly, recommande le sulfate de Zinc comme un moyen assez efficace pour combattre la constipation chez les personnes nerveuses. Sulfate de Zinc, 25 centigrammes ; mie de pain, q. s. ; pour 12 pilules argentées. Une pilule immédiatement après le repas (de 3à5 par jour et même plus).
A l'extérieur, le sulfate de Zinc est très-souvent administré. Dans les catarrhes aigus et chroniques des membranes muqueuses, il est avec avantage mis en contact avec la surface malade. Ainsi, dans l'inflammation de la conjonctive, de la membrane olfactive, du canal de l'urètre, on le prescrit à la dose de 1 centigramme, et même de 10 à 20 centigrammes par 30 grammes d'eau distillée ; dans la leucorrhée, en injections à la dose de 2 à 8 grammes pour 500 grammes d'eau ; à la même dose en gargarisme dans les maladies chroniques de la gorge.
Enfin, on l'a employé en lotions contre la gale (Gmelin, App. méd., 1. 1, p. 128), et Haies (Journ. univ. des Sciences méd., t. VII, p. 254) l'a conseillé, non-seulement dans cette affection, mais encore dans la plupart des maladies chroniques de la peau.
En bains, on l'administre encore à la dose de 60 à 120 grammes pour guérir les démangeaisons causées par le prurigo, par l'eczéma chronique, et, en général, par toutes les affections herpétiques.
Le sulfate de Zinc, intimement uni avec l'alun, au moyen de la fusion de ces deux substances dans une capsule de porcelaine, a été présenté dans ces dernières années, par le docteur Richard, de Soissons, comme un des moyens le plus promptement et le plus sûrement efficaces à opposer au prurit des organes génitaux.
Comme ces deux substances, employées séparément, sont incontestablement utiles dans cette circonstance, il est permis de croire que, réunies et combinées, elles acquièrent encore un plus haut degré d'efficacité. C'esô donc un moyen nouveau à ne pas négliger lorsqu'il s'agira de combattre une affection aussi incommode et aussi souvent rebelle.
L'ncétate de Zinc n'est jamais employé à l'intérieur.
A l'extérieur, il a exactement les mêmes usages que le sulfate. M. le docteur Pujet, qui traite avec un grand succès les maladies de la peau, emploie principalement comme topique la solution d'acétate de Zinc, qu'il donne en bains, ou qu'il laisse appliquée sur la partie pendant une ou plusieurs heures.
Le Zinc, exposé à l'air libre et employé comme toiture ou comme goût-
CUIVRE
Ml
libres, ne cède à l'eau de pluie qu'une quantité insignifiante de sel insoluble de Zinc ; il en est de môme des caisses de tôle zinguée qu'emploie la marine. L'eau qui séjourne dans ces caisses s'y conserve trbslimpido, et celle qui passe sur les couvertures de Zinc est aussi tressalubre (Bouchardat et Fonssagrives, Bull, de Thér., 1864, t. LXVII, p. 70). (Pour le valérianate de Zinc, voir à l'article Valériane.)
CUIVRE
MAT1È11E .MÉDICALE
Le Cuivre, Cuprum ( Vénus des alchimistes), est ud mêlai d'une couleur rouge, très-malléable et très-ductile. Il fond a 788 degrés environ : sa densité est de 8,39.
Le Cuivre a une saveur styptique, une odeur désagréable; il est moins tenace que le fer. A une haute température, il absorbe l'oxygène et se transforme successivement en protoxyde et en deutoxyde.
Le protoxyde de Cuivre est rouge à l'état sec, jaune a l'état d'hydrate ; le deutoxyde est noir, et d'uu bleu clair Icsqu'il est hydraté.
Sulfate de Cuivre, SO3, CuO + SAq.
(Sous-deutosulfate, sulfate cuivrique, vitriol bleu, vitriol de Chypre.)
Ce sel est bleu, d'une saveur styptique ; il est soluble dans 4 parties d'eau froide et dans 2 parties d'eau bouillante.
Le sulfate de Cuivre du commerce contient presque toujours du sulfate de fer; il est nécessaire de le purifier.
Lorsqu'il est pur, il sert à composer des injections, des lotions, des collyres, etc.
Collyre dit Pierre divine.
Pr. : Sulfate de cuivre 2Î part.
Alun 2i
Azotate de potasse .... 24 Camphre en poudre. ... I
Faites fondre les sels, incorporez le camphre en poudre quand ils commencent à se refroidir.
On dissout 4 grammes de pierre divine dans un litre d'eau pour avoir un collyre liquide.
Collyre résolutif (Récamier) .
Pr. : Eau distillée 48 gr.
Eau-de-vie 32
Sucre candi, iris} de Florence I de pulvérisé. ■ • • l chaque 0,40 Pierre divine. . . j F. S. A.
Sulfate de Cuivre ammoniacal, (CuO, S03-r-2AzH3-f-HO.) Ce sel est d'une belle couleur bleue.
d'une saveur métallique désagréable, comme celle de tous les sels de Cuivre. Sa composition est de 32,22 de bioxyde de Cuivre, 27,S9 d'ammoniaque, 32,58 d'acide sulfurique et 7,31 d'eau.
Le sulfate de Cuivre ammoniacal est regardé comme un excitant très-actif. Ce même sel, a l'état liquide et contenant un excès d'ammoniaque, constitue \'Eau céleste, dont nous indiquons la préparation :
Pr. : Sulfate de Cuivre cristallisé Oe',05
Ammoniaque liquide ... q. s.
Eau distillée 32
On dissout le sulfate de Cuivre dans l'eau distillée; on fdtre la dissolution, et l'on y ajoute peu à peu de l'ammoniaque, jusqu'à ce que le précipité de sous-sulfate de Cuivre qui se forme d'abord soit redissous; elle est d'un bleu magnifique.
L'eau céleste est employée comme collyre excitant et résolutif, mais on l'étend préalablement d'eau distillée.
L'ammoniaque de Cuivre, ammoniure de Cuivre, Cuprum ammoniacum, lequel est une dissolution de bioxyde de Cuivre hydraté dans l'ammoniaque, sert également àcomposerdes collyres, des injeciions,etc.
Acétate de Cuivre.
Deux espèces sont employées en médecine :
1° Acétate neutre de Cuivre (deuto-acétate de Cuivre, verdet cristallisé, cristaux de Vénus).
11 est d'un vert foncé, en cristaux rhomboïdaux; sa saveur est sucrée et styptique. Il est soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool.
A l'état neutre, il est peu usité ; il peut s'employer dans les mêmes cas que le sulfate.
2° Sous-acétate de Cuivre, acétate basique. (Noms anciens : verdet ou vert-degris du commerce, ces, viride, œrugo rasilis.)
Ce sel est d'un vert clair; 11 partage toutes les propriétés irritantes du précédent.
Disons que le bioxyde de Cuivre forme,
avec l'acide acétique, quatre combinai- thine, et l'on incorpore le sous-acétate île
sons basiques. Le verdet bleu ou verdet Cuivre.
de Montpellier (acétate de Cuivre bibasi-
que) est le seul usité eu médecine; il est Onguent de Cuivre ou onguent vert.
décomposable à 60 degrés^ traité par pr . yer(]et j Dart
l'eau, il se transforme en acétate sesqui- ' " Onguent' b'as'ili'cùm '.'.'.'. 15
basique. ,,.,
Préparation On l'obtient, dans le Midi, Mêlez.
en faisant agir a l'air pendant un temps Onguent égyptiac (Miel escharotique).
assez long, du marc de raisin sur les la- .-.. .... ,, ... , . '
mes de Cuivre. (Melhte d acétate de Cuivre.)
Pour l'emploi médical, ce sel est sous pr . j^iel. . 280 gram
forme de poudre ou en dissolution dans ' ' vinaigré." '. 140
l'huile. Il forme la base de plusieurs mé- Verdel pulvérisé.'. . '. '. 120
dicaments autrefois fort usités.
Mêlez et faites cuire dans une bassine Cire verte. de cuivre jusqu'à solution de l'acétate,
(Emplâtre d'acétate de Cuivre.) coloration du miel en rouge brique (colo-
ration due au Cuivre métallique et au
Pr. : Poix blanche 2 part, protoxyde de Cuivre réduits de bioxyde
Cire jaune 4 sous l'influence du sucre de miel et con-
Térébenthine 1 sistance du miel (Soubeiran).
Verdet porphyrisé 1 Le sous-acétate de cuivre fait aussi la
base des pilules anticancéreuses de Ger- On fait liquéfier la cire et la térében- bier.