SENE
posé de : catJiartme, chlorophylle, huile vo- Café de Séné. latile, matière colorante jaune, matière muqueuse, albumine, acide malique, quelques Pr. : Café torréfié en poudre, 16 gram. sels. Feuilles de Séné, 16
M. Feileulle, qui a analysé le frliit du
Séné (follicules)., leur a trouvé une compo- On fait à part une infusion de café à la
sition analogue à celle des folioles. Mais il y manière ordinaire, puis une infusion ou lé-
a moins de cathartine et plus de mucilage, gère décoction de Séné; on mêle au café et
La résine deSéné'n'a pas été analysée ni on coupe avec du lait ; oriédulcore à volonté,
même isolée; on doit éviter de traiter le C'est un purgatif fort agréable pour les
Séné, ainsi que les follicules, par l'eau enfants,
bouillante, qui dissout plus de résine; et r ^ >•/.
celle-ci est très-altérable à l'ébuUition. Lavement purgatif.
Pr. : Feuilles de Séné, 1 6 gram.
Poudre de Séné. Sulfate de Soude, 16
Eau bouillante, 500 On doit pulvériser, d'après le Codex, le Séné sans laisser de résidu. Faites infuser le Séné pendant une à deux On donne souvent le Séné en infusion; heures; passezetajoutez lesulfatede soude, mais ordinairement, pour masquer son V extrait, le vin et la teinture de Séné odeur nauséeuse, on l'aromatise avec une sont des préparations presque inusitées, pincée d'anis, de fenouil, ou un peu de Le Séné forme la base des médecines citron. noires, avec la manne et que ques sels mi- Les /b^icM^es sont aussi employées en néraux purgatifs; il entre aussi dans la pluinfusion comme !e Séné. part des médicaments officinaux purgatifs.
THERAPEUTIQUE.
Le Séné est un des purgatifs les plus sûrs et le plus communément employés. Il provoque, quoi qu'en disent Mérat et de Lens, des coliques plus violentes que la plupart des autres médicaments de la même classe. Ces coliques sont d'autant plus vives que le malade auquel on administre le médicament est constipé. On remarque que le Séné ne donne pas lieu à des évacuations séreuses comme les purgatifs qui exercent une action irritante directe sur la membrane muqueuse du tube digestif; ces évacuations sont plus féculentes; il semble que, dans ce cas, le mouvement péristaltique seul ait été augmenté de manière à faire descendre rapidement toutes les matières contenues dans Tintestin grêle, sans que d'ailleurs les sucs biliaire, pancréatique et muqueux aient été versés plus abondamment à la surface de l'intestin.
Ce mode d'action du Séné explique la fréquence des coliques; et l'on comprend comment, lorsque le gros intestin est rempli de bols excrémentitiels durcis, la contraction du plan musculaire du colon occasionne des pressions plus ou moins douloureuses.
Les autres muscles de la vie organique contenus dans le bassin participent aussi à l'impulsion contractile communiquée à l'intestin par le Séné. Nous voyons, en effet, sous l'influence du même moyen, la vessie se contracter plus énergiquement ; et les accoucheurs réveillent par des lavements de Séné les contractions de l'utérus , qui deviennent trop faibles pendant ou après l'accouchement.
On administre les feuilles et les follicules de Séné : 1° en poudre. Cette forme est fort désagréable, à moins qu'on n'en fasse des bols avec du miel et quelques substances aromatiques; 2° en infusion, rarement en décoction
dans l'eau. Cette forme est la plus usitée ; 3 ° en extrait qui , fort peu actif, est en général abandonné.
La poudre se donne à la dose de 1 gr. 30 cent, à 2 gr. (1 scrupule à un demi-gros; l'infusion, de 8 à 1& gr. (2 à -4 gros) pour une demi-livre d'eau 5 l'extrait, à la dose de 2 gr. (un demi-gros).
Le Séné entre dans la compostion d'une multitude de préparations purgatives.
Pour les enfants nous le donnons ordinairement avec des pruneaux. On fait une compote de vingt ou trente pruneaux, suivant les règles culinaires, et l'on fait cuire en même temps, pendant la dernière demi-heure, 8 à 16 grammes (2 à 4 gros) de follicules de Séné, qu'on a soin d'enfermer dans un petit sachet de gros linge.
RHUBARBE
La racine de Rhuharie, radix Rhei, a *été successiA^ement attribuée à plusieurs espèces du genre Rheum {undulatum, R.
palmatum, R. compactum, australe, etc.); plante de la famille des Polygonées, ennéandrie trigynie de Linné. Les dill'érentes sortes de Rhubarbe du commerce sont :
1° La Rhubarbe de Moscovie, racine que M. Guibourt croit provenir du Rheum palmatum. Elle est en morceaux irréguliers d'un jaune foncé, à cassure marbrée de blanc, de rouge et de jaune; son odeur est nauséabonde , sa saveur araère, astringente; elle colore fortement la salive en jaune safrané et croque sous la dent.
Cette sorte de Rhubarbe, la plus estimée, est originaire de la Tartarie chinoise ; mais on la transporte en Sibérie , et là des commissaires sont chargés par le gouvernement russe de visiter avec soin ces Rhubarbes : pour cela, ils agrandissent le petit trou qui existe déjà, et le gouvernement n'achète que celle qui est tout à fait belle ; les trous grands et nets suffisent pour caractériser cette espèce.
2° La Rhubarbe de Chine, qui est en morceaux arrondis, d'un jaune sale à l'extérieur, d'une texture plus compacte que la précédente , d'une saveur amère qui lui est particulière, croquant très-fort sous la dent. La couleur de la poudre est d'un jaune fauve orangé, moins pur que celui de la Rhubarbe de Moscovie. Elle oil're en outre assez souvent un petit trou à l'une de ses extrémités et renfermant des débris de corde.
3° La Rhubarbe de Perse , connue plus particulièrement sous le nom de Rhubarbe plate. Elle est de couleur terne, à texture serrée, percée d'un trou comme celle de la Chine. Elle nous vient du Thibet par la voie
de la Russie ou de l'Inde , en morceaux allongés, plats d'un côté, convexes de l'autre. Cette rhubarbe est fort estimée.
4° La Rhubarbe de France, qui est en morceaux rougeàtres, piquetés à l'extérieur, colorant à peine la salive en jaune et croquant peu sous la dent; elle est beaucoup moins recherchée que les précédentes.
La racine de rhapontic {Rheum rhaponticum ,, Rhabarbarum) se rapproche des Rhubarbes par quelques caractères physiques et chimiques, et passait chez les anciens pour notre Rhubarbe actuelle.
Cette plante exotique est maintenant assez commune dans les jardins. D'après les dernières recherches des botanistes, la vraie Rhubarbe serait attribuée au Rheum australe, de Colebroke, Rheum emodi de Wallich ; quelques-uns pensent plutôt qu'elle est fournie par le Rheum palmatum.
Le docteur Royle, dans ses illustrations botaniques des montagnes de l'Himalaya, signale 4 Rheum propres à ces contrées. Ce sont les Rheum emodi ou australe de Webbianum, spiciforme et Moorcroftianumy qui fournissent l'espèce connue depuis quelque temps sur les marchés de Londres sous le nom de Rhubarbe de l'Himalaya.
Très-souvent la Rhubarbe est piquée des vers. On masque les trous au moyen d'une pâte faite de poudre de Rhubarbe et d'eau. Il est donc prudent de casser les morceaux lorsqu'on achète de la Rhubarbe.
Analyse des Rhubarbes. On s'accorde généralement pour reconnaître dans ces racines l'existence de r un principe amer, Rhabarbarine; 2" une matière colorante, Rhéine ou Rhabarbarin ; 3" de la chaux , de la potasse; 4° acides oxalique, nialique et sulfurique ; 5° de la gomme et de l'ami-
RHUBARBE
don; 6° du tannin; 7° de la cellulose, du ligneux ; 8° enfin de l'eau.
La Rhaponticine, découverte par Hornemann, appartient en propre au Rheum rhaponticum. L'acide oxalique existe dans la Rhubarbe à l'état de quadroxalate de chaux, dont les cristaux se brisent sous la dent en produisant un croquement particulier. Les Rhubarbes de Chine et de Perse contiennent le tiers de leur poids de ce sel , celle de Moscovie en contient moins. La Rhubarbe cultivée en Bretagne (ce sont les Rheum compactum, undidatum Rhaponticum) en contient environ 10 pour 100. Les matières colorante et amylacée y sont plus abondantes que dans les autres espèces commerciales.
La Rhubarbe perd, dit-on, ses propriétés purgatives par l'action d'une chaleur prolongée; on faisait usage autrefois, sous le nom de Rhubarbe torréfiée, de la poudre chauffée dans une bassine d'argent jusqu'à ce qu'elle eût pris une couleur brune. Elle était employée comme tonique.