‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 3)Chapitre 88 sur 125 · NERPRUN · texte numérisé non relu

NERPRUN

Le Nerprun ou Noirprun [Rhamnus ca~ tharticus), Bourguépine, est un arbrisseau indigène de la famille des Rhamnées, polyandrie monogynie de Linné. Ses baies sont noires, petites, d'un vert obscur, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère, acre, nauséeuse. Elles sont activement purgatives à la dose de vingt à trente, Vogel y a trouvé une matière colorante qui cristallise en paillettes pourpres, hygrométriques, une matière azotée, de l'acide acétique et du sucre. En outre, Hubert croit qu'il y a de la cathartine.

Le SMC de ces baies, que l'on conserve dans les pharmacies, sert à préparer un sirop connu sous le nom de siirop de Nerprun, qui, à la dose de 50 grammes (2 onces), purge assez violemment. Toutefois ce sirop

est rarement employé pur; il sert comme adjuvant dans les potions purgatives.

Le suc et le sirop de Nerprun ne se recommandentpar aucune propriété spéciale.

Pris à la dose de 1 5 à 30 grammes (une demi-once ou une once), le suc passe pour hydragogue, et partant était regardé comme fort utile dans les hydropisies; mais il n'a en réalité aucune vertu que ne possèdent également les autres drastiques.

Le principe purgatif du Nerprun paraît exister dans la pellicule du fruit seulement (épicarpe); aussi est-il indispensable, lorsqu'on prépare le suc, de le faire fermenter au contact de ces pellicules.

Le Rob de Nerprun , autrefois employé , était le suc évaporé en consistance d'extrait.

SUREAU, HÎEBLE.

Le Sureau {Samhucus nigra, est un arbre de la famille aes Caprifoliées. Ses fleurs sont employées en médecine dans le but de provoquer la sueur. Nous avons eu déjà occasion d'en parler. Ses feuilles et sa seconde écorce jouissent de propriétés purgatives assez énergiques.

Les feuilles de Sureau sont employées comme purgatif depuis un temps immémorial, comme en fait foi Dioscoride (lib. IV, cap. IG"). Hippocrate les conseillait dans les

hydropisies, dansla suppression des lochies. On les fait bouillir dans de l'eau ou bien encore dans du lait, à la dose de 30 à 45 gram. (une once à une once et demie) ; cette décoction est purgative. Willemet dit qu'en Lorraine les paysans mangent ses feuilles en salade pour se purger.

Mais la seconde écorce du Sureau a beau- Coup plus d'énergie. Elle a, comme les feuilles, une odeur nauséeuse et un goût fort désagréable quand elle est fraîche. Se- /|6

che, elle est inodore et presque insipide ; mais aussi elle perd presque toutes ses propriétés.

Sjdenham regardait la décoction de la seconde écorce de Sureau comme un purgatif liydragogue, auquel il accordait une certaine utilité. Boerliaave partageait à cet égard l'opinion de Sydenham. Toutefois, l'usage de ce médicament était en quelque sorte resté dans le domaine des empiriques, lorsque Martin Solon, en 18ù1, essaya de le rehabiliter. 11 employa, comtne purgatif hydra^ogue dans les hydropisies ascites, le suc de la racine de Sureau, à la dose de 15 grammes (demi-once) et même de 60 grammes (2 onces) par jour. Ce suc procure des selles liquides, faciles, et sou action ne dure guère que huit ou dix heures.

La seconde écorce de Sureau s'emploie en décoction à la dose de 15 à 30 grammes (demi-once à une once) pour 250 grammes

(une demi-livre) d'eau. Desbois (de Rochefort) la pilait dans du vin blanc, l'y laissait macérer, et la donnait à la dose de CD à 1 00 gram. (2 à 3 onces).

Malgré les éloges donnés à l'écorce de Sureau par Sydenham et par Martin Solon, nous lui préférons en général des purgatifs d'un emploi plus facile et d'une eflicacité mieux constatée.

L'Uièble [Sambucus ehulus) , Caprifoliacée fort commune, est une espèce de Sureau à tige herbacée, qui croit le long de» fossés un peu frais, au bord des chemins, dans presque toute la France. Ses feuilles, sa tige et ses racines jouissent des mêmes propriétés purgatives que celles du Sureau.

Les feuilles de l'Hièble sont encore employées en décoction commes toniques, pour raviver les vieux ulcères et en hâter la cicatrisation.

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