CRÈME DE TARTRE
' Crème de Tartre.
(Bitartrate de potasse, tartrate acide dépotasse, surtartrate de potasse.)
Le Bitrartrate de potasse est incolore, inodore, d'une saveur aigrelette; il est cristallisé, inaltérable à l'air, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool. La Crème de Tartre hous est fournie par le commerce presque pur, mais toujours mélangée à une petite quantité de tartrate de chaux qu'on ne peut lui enlever. Elle s'obtient en grand du Tartre des tonneaux, dont on enlève la
matière colorante rouge ou blanche à l'aide de l'argile qui se combine avec elle.
Tartrate neutre de potasse.
(Tartre tartarisé, tartre soluble, sel végétal.)
Le Tartrate neutre de potasse est blanc ; sa saveur est amère et désagréable, cristallisé en prismes rectangulaires; très-soluble dans l'eau, plus à chaud qu'à froid.
On l'obtient en saturant la Crème de Tartre par du carbonate de potasse jusqu'à neutralisation parfaite.
72tt MÉDICAMENTS ÉVACUANTS.
Crème de tartre soluble. Tartrate de potasse et de soude.
(Tartrate borico-patassique.) (Sel de Seignette, sel de la Rochelle.)
La Crème de Tartre est seulement solu- Ce sel est incolore , inodore, d'une sable dans 95 parties d'eau; mais si l'on y veur légèrement amère-, elllorescent à l'air, ajoute 1 partie d'acide borique sgr 4 de soluble dans l'eau plus à chaud qu'à Crème de Tartre, et que l'on fasse bouillir froid.
les deux suiistances pulvérisées dans huit On l'obtient de même que le Tartrate
fois leur volume d'eau, on obtient une so- neutre de Potasse, en saturant la Crème de
lution qui, évaporée, laisse un sel entière- Tartre par du carbonate de soude,
ment soluble dans l'eau, qui est la Crème de Le Sel de Seignette est un purgatif dont
Tartre soluble. Elle est fréquemment cm- on fait encore aujourd'hui souvent usage,
ployée en médecine. surtout dans la médecine des enfants.
THÉRAPEDTIQUE.
C'est à dessein que nous avons placé la Crème de Tartre à la fin de la série des agents dii règne végétal qui provoquent l'action purgative, parce que cette substance forme réellement l'anneau qui unit les purgatifs dii règne végétal à ceux du règne minéral.
La Crème de Tartre est un médicament purgatif peu énergique et peu sûr. On la donne dissoute dans les tisanes, dans une décoction de pulpe de tamarins ou de casse, dans le but d'entretenir la liberté du ventre. C'est à" ce titre qu'elle était jadis employée dans les affections bilieuses , dans les hydropisies, dans les maladies du foie, etc. Son acidité l'a fait ranger aussi parmi les médicaments tempérants et hémostatiques, et l'on ne peut nier que la Crème de Tartre ne rende quelques services spéciaux. Ainsi, tandis que tous les purgatifs augmentent les flux menstruel et hémorrhoïdal , celle-ci les tempère et les arrête même : si donc chez une femme, par exemple, atteinte d'une hémorrhagie utérine, l'mdication de purger se présentait, ce serait à la Crème de Tartre qu'il faudrait recourir, si l'on ne voulait risquer d'augmenter la métrorrhagie.
Pour produire un effet purgatif notable, il faudrait donner la Crème de Tartre à la dose de 60 grammes (2 onces) : 30 grammes (1 once) suffisent quand on veut seulement entretenir la liberté du ventre. Mais le peu de solubilité du bitartrate de potasse ne permet pas de le donner dans une tisane, il est nécessaire de l'incorporer à de la pulpe de pruneaux ou de tamarins.
Comme tempérant, elle se donne à la dose de 8 à 15 grammes (2 à 4 gros). Le Tartrate neutre de potasse n'est plus guère employé de nos jours. Il agit comme purgatif à la dose de 13 à 30 grammes (une demioncé à 1 once).
Le Tartrate de potasse et de soude se donne à la dose de 30 à 60 grammes (1 à 2 onces). Ce sel était jadis fort usité.
PROTÔCHLORURE DE MERCURE, 727
§ «. — Purgatifs tirés dw ffègne minéraL
PROTOCHLORURE DE MERCURE.
Le Protochlorure de Mercure, Protocklorureïum hydràrgyri (Uluriate de mercure, mercure doux , calomel , calomelas, aquila alba), est un des agents purgatifs les plus employés , un de ceux dont le médecin pourrait le moins se passer.
On distingue en pharmacie deux Protochlorures, et cette distinction est très-importante en thérapeutique. L'un , connu sous le nom de précipité blanc, s'obtient en mêlant deux dissolutions de protonitrate de mercure et de sel commun, aiguisées d'acide hydrochlorique, et lavant soigneusement le précipité ; l'autre, connu sous le nom de calomel préparé à la vapeur, consiste à faire passer les vapeurs de proto et de deutochlorure de mercure à travers la vapeur d'eau, où elles se condensent sans s'unir, le deutochlorure restant en dissolution et le Protochlorure sous forme de poudre impalpable qu'il faut laver avec soin.
Bien que l'analyse chimique ne découvre aucune différence entre le précipité blanc bien lavé et le calomel préparé à la vapeur, il y a cependant une grande différence entre leur action thérapeutique. Le précipité blanc, pris comme purgatif, cause de vives coliques et agit avec une grande violence; le calomel, au contraire, est, toutes choses égales d'ailleurs, beaucoup moins actif, et cause en général peu de coliques. Aussi a-t-on banni de la thérapeutique interne le précipité blanc, pour le réserver aux emplois chirurgicaux, et le calomel, au contraire, se doit donner à l'intérieur.
Nous n'avons ici à traiter que des effets purgatifs du calomel : déjà , en parlant du mercure, nous nous sommes occupés de son action thérapeutique en tant que préparation mercurielle.
Le calomel est un purgatif commode en ce sens qu'il est parfaitement insipide ; aussi est-ce celui qu'on prescrit le plus souvent aux enfants. Les doses nécessaires pour produire des évacuations sont extrêmement variables. On peut dire, sans crainte de se tromper, que les mêmes effets peuvent être produits par des doses dont la différence est comme un est à dix. Ainsi 5 centigr. (1 grain) de calomel purgent une personne, tandis qu'une autre personne du même âge, du même sexe , et en apparence dans les mêmes conditions, obtiendra le même nombre d'évacuations avec 50 centigrammes (iO grains).
Mais si le calomel donné en en seule fois purge très-inégalement, il n'en est plus de même lorsqu'il est administré à doses fractionnées. — On peut affirmer que 5 centigrammes de calomel mêlés de sucre, divisés en 40 parties, que l'on fait prendre d'heure en heure, purgent presque invariablement. Ce mode d'administration a ce grand avantage que jamais la quantité de calomel n'est telle qu'elle puisse produire d'accidents; tan-
ns MÉDICAMEINTS ÉVACUANTS.
dis que des doses de 50 centigrammes , d'un gramme, sans produire un effet laxatif à beaucoup près aussi certain, ont Tinconvénient de produire souvent des salivations très-graves.
L'action purgative du calomel se soutient assez longtemps : elle dure ordinairement vingt à trente heures ; chez les enfants elle se prolonge quelquefois davantage.
La- couleur des selles après l'emploi du calomel est fort remarquable. Les premières évacuations sollicitées par le médicament ne diffèrent en rien , quant à la couleur, des selles que provoquent les autres agents purgatifs ; mais quand le calomel a traversé tout le canal alimentaire, les fèces prennent une couleur verte analogue à celle des épinards. Cette couleur quelquefois ne s'observe pas le jour même de l'administration du calomel, et cela arrive quand l'effet purgatif a été peu prononcé; et alors, le lendemain, et même le surlendemain, on voit des évacuations vertes qui conservent ce caractère particulier pendant deux ou trois jours.
A quoi peut tenir une pareille coloration ? Est-ce à l'influence spéciale du calomel sur le foie et indirectement sur la sécrétion de cet organe? Cela est peu probable; mais enfin cette opinion peut se soutenir; et ainsi on expliquerait jusqu'à un certain point l'heureuse influence du calomel sur les affections du foie, influence tant de fois constatée par les médecins qui exercent dans les contrées inter tropicales.
Mode d'administration et doses.
Ordinairement on incorpore le calomel à du miel, à du sirop ou à des confitures. C'est le moyen, non d'en masquer le goût, puisqu'il est insipide, mais d'en faciliter l'ingestion.
Pour les adultes, on l'associe ordinairement à d'autres substances purgatives, telles que de la rhubarbe, de l'aloès, de la résine de jalap, dans le double but d'aider à l'action purgative , et d'empêcher l'absorption du sel mercuriel, absorption qui, dans quelques circonstances, peut avoir d'assez graves inconvénients.
On voit en effet quelquefois une dose très-minime de calomel, donnée comme purgatif, amener la salivation mercurielle, lors surtout qu'elle n'a pas agi comme purgatif; et l'on conçoit en effet comment l'absorption est d'autant moindre que la sécrétion intestinale est plus abondante.
MAGNESIE.
Magnésie est une poudre blanche, légère, insipide, in-
fnsible, très-peu soUible dans l'eau et ver- (Magnésic décarbonatée. Magnésie calcinée, dissant le sirop de violettes. La Magnésie oxyde magnésique, Magnésie pure.) pure n'existe pas dans la nature : on la re-
tire du carbonate basique do Magnésie, en La Magnésie, ou oxyde de magnésium, (^hauiïant celui-ci dans uncreuset en terre,