‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 26 sur 147 · LIQUEUR DES HOLLANDAIS · texte numérisé non relu

LIQUEUR DES HOLLANDAIS

Liqueur des Hollandais, Huile dui gaz oléfiant, Hydrobicarbure de chlore, Étlier bichloré, Clilorure élaylique, Chlorhydrate de chlorure d'acétyle.

Ce composé a été découvert par quatre chimistes hollandais qui travaillaient en commun. On l'obtient en traitant le gaz oléfiant par le chlore humide;' le produit ainsi obtenu est distillé au bain-marie avec de l'eau, et une seconde fois avec de l'acide sulfurique concentré pour le déshydrater; on le lave ensuite avec de l'eau et on l'abandonne sur du chlorure de calcium fondu.

La Liqueur des Hollandais est un liquide huileux , incolore , d'un goût douceâtre, d'une odeur éthérée. Respirée, cetie substance détermine une violente irritation de la gorge, et il faut un grand courage pour continuer l'inhalation jusqu'à production de l'anesthésie; il est vrai que l'insensibilité n'est accompagnée d'aucun phénomène d'excitation ou de céphalalgie.

Dans ces derniers temps, M. le docteur Aran ayant étudié les différents anesthési-

ques ,'sous le rapport de la médication locale, a reconnu que le plus sûr dans son action et le moins irritant à la fois est la liqueur des Hollandais, ayant perdu une certaine quantité d'hydiogène et.

ayant acquis une proportion équivalente de chlore. Mais le prix de cette Liqueur des Hollandais chlorée étant trop élevé pour en permettre l'emploi usuel en thérapeutique, M. Mialhe, se fondant sur les travaux de M. V. Regnault, qui a démontré que le Chlore, en agissant sur l'éther chlorhydrique, lui enlève de l'hydrogène, forme de l'acide chlorhydrique, se substitue à l'hydrogène enlevé pouirdonner naissance à une sériede composés de plus en plus riches en chlore, qui sont tous isomères des termes correspondants de îa série de l'hydrogène bicarboné, a pensé que ces deux séries éihériformes devaient être douées des mêmes propriétés thérapeutiques,, et pourtant que la Liqueur des Hollandais chlorée pourrait être remplacée dans la pratique médicale par l'éther chlorhydrique chloré correspondant.

ÉTHER CHLORHYDRIQUE CHLORÉ.

Ce composé est incolore , très-fluide, ayant une odeur aromatique éthérée analogue à celle du chloroforme, ou mieux encore, à celle de la liqueur des Hollandais, une saveur sucrée et poivrée à la fois ; il est complètement sans action sur le papier de tournesol bien sec, mais il le fait sensiblement virer au rouge quand il est humide ; il est peu soluble dans l'eau, se dissout parfaitement dans l'alcool, dans l'éther sulfurique et la plupart des huiles fixes et volatiles ; il n'est pas directement inflammable, ce qui le distingue de la liqueur des Hollandais et des éthers officinaux, et ce qui le rapproche au contraire du chloroforme; il présente une densité variable et un point d'ébullition également variable, oscillant entr ellO et 130 degrés centigrades : ce qui indique évidemment que ce corps n'est pas constitué par une substance unique, mais bien par la réunion de plusieurs éthers, de densité et de tension élastique différentes. Comme ces divers Éthers chlorydriques chlorésjouissent toutes des mêmes propriétés anesthésiques, et que, d'ailleurs, il serait impossible de ?onger à les séparer exactement les uns des

autres, M. Mialhe a proposé de désigner le liquide qu'Us constituent sous le nom générique d'Éther chlorhydrique chloré.

Telles sont les principales propriétés de ce nouveau liquide anesthésique, qui, d'après les résultats obtenus par M. le docteur Àran, parait être appelé à jouer au rôle important parmi les sédatifs locaux.

L'Éther chlorhydrique chloré s'emploie à la dose de 15 à 30 gouttes versées sur la partie douloureuse, ou sur un linge humide que ion applique immédiatement sur elle, et que l'on maintient en contact avec un morceau de toile cirée et un tour de bandes. Il calme d'ordinaire très-rapidement la douleur et détermine l'anesthésie en quelques minutes.

Bien que cet Éther soit moins irritant que le chloroforme, il n'est cependant pas dépourvu de toute action locale. Par un contact prolongé avec une peau fine, il donne au contraire assez souvent lieu à une rougeur érythémateuse non équivoque. Employé en onctions sous la forme de pommade (6 grammes pour 30 grammes d'axonge)', il offre rarement ce léger inconvénient.

MÉDICAMENTS AÏSESTHESIQUES.

SÈSQUÏGHLORURE DE CARBONF,

Sesquichlorure de carbone, trichlorure de carbone, chloride carboneuit. Le Sesquichlorure de carbone a été découvert par Faraday. Ce corps est le produit final de l'action du chlore sur la liqueur des Hollandais ou sur l'éther chlorhydriquc. Il est formé, en lOO parties, de 10,17 parties de carbone et de 89,83 parties de chlore, ce qui correspond à 2 équivalents de carbone et 3 équivalents de chlore. Sa composition est doncanalogue à celle del'acide oxalique.

Le Sesquichlorure de carbone est sans couleur et presque sans saveur, mais il a une odeur aromatique analogue à celle du camphre. Sa densité est presque double de celle de l'eau. Il entre on fusion à -f- 1G0" et en ébullion à-f- 180°. A la chaleur rouge, il absorbe l'oxygène et se convertit en gaz chlore et acide' carbonique. Il est à peine soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles fines et volatiles.

D'après les recherches cliniques de M. le docteur Aran, le Sesquichlore de carbone, jouit des mêmes propriétés anesthésiques locales que les liquides ethérés dont il dérive; seulement son action est beaucoup plus lente à se manifester. La meilleure manière de l'employer est la suivante.

Pommade au Sesquichlorure de carbone (Mialhe).

Sesquichlorure de carbone, î gram.

Ether sulfurique, 8 gram.

Axonge, 20 gram.

On dissout le Sesquichlorure dans l'éther et on l'ajoute à l'axonge préalablement fondue dans un flacon bouché à l'émeri. Cette pommade s'emploie en frictions ou simplement en onctions sur les parties malades.

BENZINE ou BENZOLE.

La Benzine ou Bcnzole, Benzène, Phène, etc., est un liquide incolore et transparent, d'une saveur sucrée. ; son odeur est agréable et éthérée, sa densité e-t de 0,85, cellede sa vapeur est de 3,78; elleboutà86°, àO" elle cristallise; elle est insoluble dans l'eau et se dissout dans l'alcool et dans l'éther.

La Benzine détermine l'anesthésie, mais en produisant un bruit dans la tète qui précède et suit l'inhalation. D'après M. Snoxv, elle détermine aussi des tremblements convulsifs.

Préparation. La Benzine prend naissance dans un grand nombre de cas dans la distillation des substances organiques et surtout celle de la houille et dos huiles grasses; Faraday l'a ohtenue le. premier en comprimant le gaz oléfiant. M. Péligot la prépareen distillant le benzoate de chaux, mais, avant lui, M. Mitscherlich l'avait obtenue en chauffant l partie d'acide benzoïque et 3 parties d'hjdrate de chaux. La formule de la Benzine est C12Hfi.

BISULFURE DE CARBONE.

Le Bisulfure de carbone, alcool de soufre, liqueur de Lampadius (CS2) correspond par sa composition à l'acide carbonique; c'est un liquide incolore, transparent, volatil, inflammable, plus pesant que l'eau, d'une odeur forte, fétide, alliacée; sa saveur est acre et brûlante; insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool et dans l'é-

ther; c'est le meilleur dissolvant du soufre,, du phosphore , de l'iode , et celui-ci en petite quantité lui donne une belle coloration rouge pourpre.

Ce produit s'obtient en faisant passer de la vapeur de soufre sur du charbon chauffé au rouge et placé dans un tube en porcelaine; le produit est reçu dans un réfri-

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