‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 38 sur 147 · SUCCIN. PÉTROLE · texte numérisé non relu

SUCCIN. PÉTROLE

Le Succin (Electrum, Ambre jaune) paraît C'est un corps dur, semi-transparent,- lé-

ëtre de nature végétale, et devoir être con- ger, cassant, jaunâtre, d'une saveur acre

sidéré comme une résine fossile : on le et désagréable, s'électrisant par le frotte-

trouve enfoui dans la terre, presque tou- ment, et attirant alors les corps légers :

jours au voisinage de la mer, recouvert de d'où lui est venu le nom d'Electrum, qui,

couches ligneuses appelées bois minéral, et chez les Grecs, signifiait tire-paille.

qui sont regardées comme la matrice de Le succin est composé de deux résines,

cette substance. Avant de s'arrêter à cette d'un peu d'huile volatile et d'acide succi-

opinion, qui n'est peut-être pas la dernière, nique. Cet acide volatil s'administre uni à

on a épuisé sur son origne les conjectures l'ammoniaque dans ce qu'on nomme Li-

les plus diverses. queur de corne de cerf succinée.

Le Succin brûle à une haute température, se boursoufle sans se liquéfier, et donne une flamme jaune et verte, avec une odeur très-forte. Employé autrefois sous forme d'huile et de teinture, il est maintenant entièrement banni de la Matière médicale, et ne saurait remplacer les castoréum, le musc et l'ambre. On en a retiré un acide (succinique) qui, combiné avec l'ammoniaque, donne un sel dont nous parlerons plus tard. ,

Un préjugé fortement enraciné dans le peuple fait considérer les colliers et les hochets d'ambre jaune comme un excellent moyen de préserver les enfants des convulsions. Nos confrères n'attendent pas de nous que nous discutions la valeur d'une pareille idée; pourtant nous ne pouvons passer sous silence quelques faits fort bizarres qui sont parfaitement authentiques, mais dont l'explication nous échappe et échappe probablement à tous les médecins. Nous fûmes consultés, en 1840, par un ancien militaire qui habitait la Bretagne : il éprouvait les plus singuliers phénomènes.

Le moindre bruit inopiné qu'il entendait, la vue d'un objet qui l'émouvait un peu vivement, excitait chez lui une perturbation nerveuse, qui se traduisait par des spasmes effrayants, une oppression extrême, des palpitations, des paralysies partielles et momentanées. Nous lui conseillâmes de porter autour du tronc, des membres, du col , des colliers d'ambre, et il en résulta un amendement tel que, deux mois après le début du traitement, nous reçûmes du malade une lettre par laquelle il nous annonçait sa guérison.

Cette médication singulière nous avait été suggérée par la lecture d'une observation du même genre, rapportée par M. le docteur Gérard dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales*

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