FLEURS ET FEUILLES D'ORANGER
Tout le monde connaît les fleurs et les feuilles de l'Oranger (Citrus aurantium). L'eau distillée des premières est d'un usage si banal, qu'il est superflu de nous y arrêter. Nous dirons que cette eau est plus antispasmodique que celle de fleurs de tilleul, et bien moins que la valériane. (Voyez ce que nous en avons dit au chapitre Médication antispasmodique.)
L'essence de fleur d'Oranger porte dans le commerce le nom de Néroly;y elle sert à préparer une eau distillée artificielle qui doit être rejetée ; on la reconnaît en la mélangeant avec quelques gouttes d'acide sulfurique : la liqueur reste incolore, tandis que le même acide colore en rose vif l'eau distillée obtenue avec les fleurs d'Oranger.
La poudre et la décoction des feuilles du même arbre ont eu une célébrité moins ancienne, mais presque égale à celle de la valériane sauvage dans le traitement de l'épilepsie et de la danse de Saint-Guy. Dehaen en raconte de merveilleux effets : de son temps, il y eut pour ce remède un enthousiasme dont ont commencé à revenir Tissot, Home, et d'autres praticiens étrangers. Dans la toux convulsive, nous l'avons vu réussir; on en a parlé aussi comme très-utile dans les tics douloureux. Les épileptiques peuvent sans doute en prendre jusqu'à un demi-gros, puisque denos jours encore on entend dire que cela n'est pas sans quelque influence sur la fréquence et l'intensité des attaques.