‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale (volume 4)Chapitre 99 sur 147 · BOURGEONS DE SAPIN. GENIÈVRE · texte numérisé non relu

BOURGEONS DE SAPIN. GENIÈVRE

Tisane diurétique.

Pr. : Bourgeons de sapin, 8 gram.

Faites infuser dans :

Eau. 1000

Passez et ajoutez :

Vin blanc, 250

Nitrate de potasse, 1

Les Bourgeons de sapin entrent aussi dans la composition de la bière antiscorbutique ou satinette.

On nomme improprement baies de Genièvre, baccee juniperi (ce sont les seules parties usitées), les fruits du Genévrier, juniperus communis, L., arbrisseau de la famille des Conifères, croissant abondamment dans le nord de la France et dans les Pays- Bas.

Ce fruit est globuleux, pisiforme, d'un brun noirâtre à l'état mûr, et contienttrois petites semences osseuses qui sont environnées d'une pulpe aromatique, résineuse, un peu sucrée. On retire de cette pulpe une eau-de-vie par la fermentation, une huile volatile par la distillation, et un esprit par l'infusion ou la décoction.

Tisane de Genièvre.

Pr. : BaiesdeGenièvrebrisées, 8gram.

Eau bouillante, 1000

Faites infuser pendant deux heures.

Extrait de Genièvre compose'.

Pr. : Baies de Genièvre, 1 90 gram.

Semences de fenouil, 1 <-- e - decarvi, ) aa 8

Faites macérer pendant deux ou trois jours dans :

Alcool,

1690 gram.

puis distillez au bàin-marie.

Cette formule est empruntée à la pharmacopée d'Edimbourg.

Extrait de Genièvre.

Pr. : Baies de Genièvre concassées, Eau à 25°,

1 part.

On laisse l'eau et les baies de Genièvre en contact pendant vingt-quatre heures, on passe avec expression et l'on évapore en consistance d'extrait.

L'extrait de Genièvre est un très-bon excipient, et que l'on emploie souvent lorsqu'il s'agit d'administrer des préparations toniques énergiques.

On emploie aussi les baies de Genièvre en fumigations excitantes. On les met (250 gr. environ) dans une bassinoire garnie de charbons ardents, et Ton bassine le lit des malades.

L'infusion des premiers s'emploie absolument dans les mêmes circonstances que l'eau de goudron ; et il est certain qu'elle jouit d'une action antiscorbutique justement célèbre. Ses propriétés diurétiques ne sont pas moins fondées. La bière sapinette ou antiscorbutique dans la composition de laquelle entrent ces bourgeons fait suffisamment foi de cette qualité précieuse. L'infusion des baies de Genièvre et leur extrait sont plus spécialement appropriés à faciliter la sécrétion de l'urine dans les hydropisies et à fortifier l'estomac. Nous aurons occasion de rappeler cette double action dans les sections du chapitre de la Médication excitante où sera exposé ce qui, dans cette médication, est relatif au scorbut et à l'indication d'activer les fonctions uropoiétiques. Les fumigations faites avec les baies de Genièvre jetées sur les charbons ardents, les frictions pratiquées avec des liqueurs dont ces baies balsamiques et térébenthinées forment la base, sont éminemment utiles dans les douleurs de rhumatisme musculaire, le lumbago, la courbature, et dans les anasarques ou les œdèmes partiels.

En distillant le bois du Genévrier, on obtient unfe huile pyrogénée nommée huile de Cade, dont l'odeur est forte, résineuse, analogue à celle du goudron ou mieux de la viande fumée. M. Serre, d'Alais, a récemment préconisé l'emploi de cette huile en topique dans les maladies sécrétantes

de la peau etdansles ophthalmies scrofuleuses. On l'applique à l'aide d'un pinceau sur les parties de peau affectées. M. Devergie a répété à l'hôpital Saint-Louis les essais de M. Serre, et sans partager l'enthousiasme de ce praticien, il a cru pouvoir affirmer que l'huile de Cade était une bonne ressource de plus dans le traitement des dartres sécrétantes et dans les ophthalmies scrofuleuses. Il arrive même quelquefois que ces applications topiques suppriment trop brusquement la sécrétion morbide des surfaces enflammées. On applique l'huile de Cade à l'aide d'un pinceau sur la conjonctive ulcérée.

Les formes sous lesquelles s'emploient les résines à l'extérieur sont : la térébenthine de Venise pure et son essence, telles que nous les avons décrites; la résine ou poix-résine et la poix, surtout celle dite de Bourgogne. Appliquée sur la peau, la térébenthine agit à la manière des épispastiques, c'est-à-dire qu'elle y détermine de la rougeur, de la douleur, puis le soulèvement de l'épiderme par une abondante exhalation de sérosité. L'huile essentielle agit bien aussi de cette manière, mais, chose remarquable, moins énergiquement. Ces deux substances s'emploient pourtant rarement seules dans un but épispastique. La térébenthine est le plus souvent utitisée sous forme d'onguents et de divers mélanges, de digestifs animés pour aviver les plaies atoniques, diminuer les suppurations trop abondantes, favoriser les cicatrisations difficiles à s'achever, panser les solutions de continuité, les surfaces amputées et affectées de pourriture d'hôpital. Percy recommande même de plonger ces parties dans l'huile essentielle bouillante. On sait qu'Ambroise Paré s'opposa très-bien à l'aide de topiques de térébenthine aux accidents locaux d'une saignée qui menaçaient dangereusement le roi Charles IX. C'est cette propriété cicatrisante bien constatée de la térébenthine qui a conduit les anciens praticiens à la prescrire dans tous les cas d'ulcères internes ; nous avons vu que l'analogie les avait heureusement servis pour les maladies de ce genre qui affectent la vessie; mais ils l'avaient étendue jusqu'au traitement des ulcérations ou plutôt des cavernes que produit dans le parenchyme pulmonaire la fonte des tubercules dans la phthisie. Nous nous occuperons de ce point de thérapeutique lorsque nous ferons l'histoire des baumes proprements dits.

Nous avons déjà vu les frictions pratiquées avec l'essence de térébenthine être utiles loco dolenti dans toutes les névralgies, spécialement la sciatique et le tic douloureux de la face; elle mérite aussi d'être employée de cette manière dans les rhumatismes musculaires, quelquefois sur les tumeurs blanches, sur les abcès froids, autour des articulations restées gonflées et immobiles à la suite de rhumatismes articulaires aigus, etc. Il serait peut-être permis de trouver une analogie entre la vertu anlinévralgique de la térébenthine et la grande confiance que lui accordaient les anciens chirurgiens dans les plaies des nerfs. Ils manquaient rarement, dans ces plaies si douloureuses et si fécondes en graves accidents des centres nerveux, le tétanos, par exemple, de se servir d'onguents préparés avec la térébenthine qu'ils regardaient comme très-propres à apaiser les

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