BILE DE BOEUF
La Bile de bœuf est le liquide contenu En médecine, on n'emploie la Bile que
dans la vésicule du fiel du bœuf. C'est un sous forme d'extrait, véi'itable savon dont la base est la soude,
et l'acide est l'acide clioléique; elle con- Extrait de fiel de bœuf. tient encore du margarate de soude, une
résine amère et quelques traces de mu- „ t>-i j u e
«us, sans compter la cholestérine, les P"-- • ^'^^ ^e bœuf.. ... q. s. sels, etc.
L'acide choléique est jaune, d'nne sa- Passez à travers un linge et faites éva-
veur acre et amère; il est soluble dans porer à une douce chaleur jusqu'à con-
l'eau et dans l'alcool. sistance d'extrait.
L'extrait de fiel de bœuf nous a paru utile dans quelques circonstances ; 1° chez les hommes habituellement constipés, sujets à des flatulences, à des éructations acides, à des douleurs d'estomac pendant l'acte de la digestion ; 2° chez ceux dont l'estomac faisait mal ses fonctions à la suite de l'usage longtemps continué des boissons alcooliques. Peut-être chez ces malades l'extrait du fiel agit-il en rendant, à la digestion, des sucs biliaires qui ne sont pas sécrétés en grande abondance, ou qui le sont d'une manière vicieuse.
De toutes façons, ce médicament nous paraît mériter de nouvelles expériences.
MÉDICATION TONIQUE NÉVROSTHÉNIQUE
Le mode d'action des Toniques névrosthéniques consiste, avons-nous dit dans le premier volume de ce Traité, à imprimer immédiatement a l'économie de la résistance vitale, et à y rétablir les synergies.
Il s'agit actuellement de développer cette proposition.
Dans la section précédente , nous avons beaucoup parlé de la force d'assimilation. C'est sur la force de résistance vitale que doit maintenant porter notre attention.
Dumas, de Montpellier, a, selon nous, fait preuve d'un bon esprit, quand, malgré les attaques et les critiques injustes de Barthez, il a reconnu dans l'organisme une force de résistance vitale distincte de la force d'assimilation. Lorsque nous aurons exposé ce qui concerne spécialement la Médication tonique névrosthénique, nous signalerons sommairement les différences qui la séparent de la Médication tonique analeptique. Néanmoins, avant d'aller plus loin, il est fort à propos que nous expliquions en quoi la force de résistance vitale diffère de la force d'assimilation.
Le physiologiste que nous venons de nommer, après avoir établi les deux forces en question, définit mal, à notre avis, sa force de résistance vitale, et ne choisit pas, pour en motiver l'admission, les faits et les exemples frappants qui s'offraient à lui de toutes parts. C'est pourquoi nous nous voyons obligés de rectifier et d'éclaircir cette notion, et de la fonder sur l'observation de faits plus nets et plus caractéristiques.
La force d'assimilation est cette propriété dont jouissent tous les êtres organisés de convertir en leur propre substance, de s'assimiler des matières alibiles dont la composition, variable suivant la constitution de ces êtres, est déterminée par des lois constantes et primordiales.
La force de résistance vitale est cette autre propriété dont jouissent les mêmes êtres de persévérer dans leur existence jusqu'à son terme naturel, à travers toutes les causes d'altération et de destruction auxquelles ils sont exposés.
Chez les plus inférieurs des animaux, cette force semble se confondre avec la force d'assimilation en laquelle leur vie se résume presque entièrement. Mais chez l'homme, objet de notre science, elle a des phénomènes et des lois qui exigent qu'on la considère séparément.