ASPERGE
La racine d" Asperge, radix Asparagi. et quelques sels. Q'iant au suc des f u-
que l'on emploie en médecine, provient rions, il contient, d'après M. Robiquet :
de ['Asparagus officinalis, Linné, plante asparagine, C.'*l\'\\z^'i, clilorophylle, al-
vivace de la famille des Asparaginées, ;i bumine, résine visqueuse, acre, extractif,
laquelle elle a donné son nom. Cette matière colorante; sels de potasse et de
plante est cultivée dans toute l'Europe. chaux.
Caractères génériques. Calice coloré, L'asparagine a été trouvée aussi dans
relevé, à six divisions profondes, dont d'autres végétaux. C'est une substance
trois internes réfléchies au sommet ; baie très-azotée ; cristallisée en prismes droits,
triloculaire, bisperme. rhomboïdaux, incolore, inodore, peu so-
Caractères spécifiques. Tige^ herbacée, lubie dans l'eau, insoluble dans l'alcool,
droite, cylindrique ; feuilles sétacées, sti- Sous l'influence d'un alcali fixe, ou
pules égaux. même abandonnée à l'état de dissolution
Outre la racine, les turions ou jeunes aqueuse, elle se transforme en ammo
pousses sont également usitées en méde- niaque et en acide asparagique.
cine; ils fournissent aussi un aliment fort L'asparagine a une saveur fraîche et
estimé qui donne à l'urine une odeur fé- nauséabonde ; elle n'est ni acide ni alca-
tide caractéristique. Une.
La l'acine d'Asperge , analysée par Extrait de pointes d'Aspergi's. M. Dulong d'Alfort, a donné de la résine, pj. . ^^^^ d'Asperges clarifié h chaud, q v. de la matière pxfractive amere, de la matière sucrée, de l'albumine, de la gomme Evaporez à une douce chaleur. Le suc
d'Asperges fournit 4 îi 5 pour 100 de son les racines coupées et dépoudrées ; laissez
poids d'extrait. infuser pendant douze heures, remuez
de temps en temps. Passez sans expres-
Sirop de pointes d'Asperges. sien ; fdtrez la liqueur au papier dans
un lieu frais. Faites une seconde infusion
Pr. : Pointes d'Asperges. . q. v. de racines dans le reste de l'eau; passez
Sucre blanc s. q. gt, exprimez. Faites avec le produit de
On enlève et on rejette toute la partie f "« f ^"^.'^ opération un sirop par coc-
Manclie des Asperges; on pile la .artie tio'i et clarification,
verte et on en exprfme'le suc ; on chauiïe ^ ^^^'^'i''f '« «"'"P rnarqu'^^a 30 degrés
ceiui-oi pour coaguler l'albumine et la cla- ^aume evaporez-le d une quantité égale
rifior, on passe à la chausse ; on ajoute «" ^o^d^ i»%'^ première mlusion et ra-
à ce suc le double de son poids de sucre menez-le a 30 degrés en y mélangeant
et l'on fait un sirop par simple solution cc'ie-ci. 1 assez.
(Soubeiran). r- • -i j • j. <
T ■ j>A i 1 ' Exlratl de racines a Asperqes.
La racine d Asperge est employée en ' -^
tisane comme diurétique (32 grammes pr. ; Griffes d'Asperges fraîches. . q.v.
pour 1,000 grammes). Elle fait partie des q„ ^^^^jJ^ j^g ' -^^^.^ d'Asperges et on
cinq racines aperitives. j^g ,^,.ç ^^.^^ g^j^^ Qn les pile dans un
. . mortier, puis on ajoute assez d'eau
Sirop des cinq racines, pour les bien immerger; on exprime, on
Sirop diurétique. passe à la chausse et on fait évaporer à
{^irupusde quinque radicibus composilus.) l'i^'tuve sur des assiettes. 5 000 grammes
de griffes ont fourni a INI. Souboiran
Racine d'Ache N 400 grammes d'extrait de consistance pi-
— disporge I lulaire.
— de fenouil. . . . > âà 100 gram. L'asparagine, qui existe dans beaucoup de persil 1 " d'autres plantes et en particulier dans la
— de petit houx. .] racine de guimauve, a été considérée par Eau bouillante S. 000 le docteur Allen fJedrick, de la Nouvelle- Sucre blanc 2 000 Orléans, comme un puissant sédatif de la
circulation ; mais d'après M. Jacobi, cette
Versez la moitié de l'eau bouillante sur action serait très-faible.
PARIETAIRE.
La Pariétaire, Pariefaria officinalis, Linné (herbe de Noire-Dame, percemuraille, casse-pierre, est une plante vivace de la famille des Urticées. Elle est très-commune dans les fentes des vieux murs et le long des haies.
Caractères f)ênfriques. Calice court, évasé, à quatre divisions; quatre étamines à filaments tubulés, recourbés avant la fécondation, se redressant alors avec élasticité et devenant plus longs que le calice; ovaire supère, ovoïde; style filiforme; stigmate en pinceau; une seule graine luisante, ovoïde, au fond d'un calice persistant.
La tige de la Pariétaire est rameuse,
cassante ; les feuilles alternes, pétiolées, ovoïdes, sont pubescenles et rudes au toucher; les fleurs sont petites verdàtres, agglomérées dans les aisselles des feuilles; dans chaque groupe, on observe plusieurs fleurs hermaphrodites et une seule fleur femelle.
On emploie toute la plante, qui paraît devoir ses propriétés diurétiques à la grande quantité d'azotate de potasse qu'elle contient.
On donne la Pariétaire en tisane fdeux à quatre pincées par livre d'eau). On l'administre aussi assez souvent en lavement. Son eau distillée entre dans plusieurs potions diurétiques.
CAINÇA.
T>e Caïnça (kainça, kaïnça, cainça) est la racine du Ciuccoca angttifuga, Martins ; Chainça racewjoia, Linné; arbrisseau appartenant à la famille des Rubiacées, pen-
tandrie monogynie de I^inné, et qui croît au Brésil et aux Antilles.
La racine de Caïnça est rameuse, composée de radicules cylindriques, longues
CAÏNCA.
d'un pied environ ; son écorce est bruiiùtro; peu épaisse, offrant des fissures transversales ; elle entoure le corps ligneux qui est blanchâtre, à cassure, criblé de trous lorqu'on l'examine h la loupe; il se sépare facilement de l'écorce.
Ce qui carctérlse surtout l'écorce de Caïnça, ce sont des nervures très-apparentes qui parcourent longitudinalement ses gros rameaux. Respiré en masse, il a à peu près l'odeur du jalap; sa saveur est très-àcre et très-amère, et fort désagréable, surtout celle de l'écorce dans laquelle paraissent résider les propriétés de cette racine.
Analyse. D'après MM. Pelletier et Cavcntou, la racine de Caïnça contient :
Matière grasse verte, d'odeur vireuso ; acide caïncique, matière jaune extractive et amère, matière colorante visqueuse.
Cet acide caïncique a été considéré comme le principe actif; il est formé d'oxygène et de carbone.
Décoction de Caïnça.
Pr. : Écorce de racine dt
Caïnça 8 gram.
Eau froide 250 —
On fait macérer pendant quarante-huit heures, puis on fait bouillir dix minutes et l'on passe. On administre cette dose on deux fois (D^ François).
Extrait de Caïnça.
Pr. : Racine de Caïnça. . . 1,000 Alcool à 50 degrés
centigrades 0,000
Opérez comme pour l'extrait alcoolique do digitale.
Vin de Caïnça.
Pr. : Caïnça 1 part.
"Vin de Malaga. . . 16
Faifes macérer pendant huit jours et
fi lirez.
Sirop de Cninça.
Pr. : Sirop de sucre. . 50U?f,00 Extrait alcoolique de Caïnça. ... 3 ,50
On dissout l'extrait dans un peu d'eau, on filtre; on ajoute au sirop bouillant et on laisse évaporer. Ce sirop contient 20 centigrammes d'extrait de Caïnça pour 32 grammes. M. Béral a préparé aussi un sirop au vin, ainsi qu'un saccharolé de Caïnça, lequel contient 1 gramme et demi d'extrait par once, et correspond à 3 grammes de racine.
Parmi les diurétiques végétaux, nous citerons encore, en indiquant seulement : la Chimophylle à ombelle, la Diosmée crénelée ou Buchu, la BusscroUe (déjà citée à l'article des astringents), la racine du Paroira brava, la Bugrane ou arrétebœuf, le Câprier, la Turquette, le Ceterach, l'Alkekenge, etc.
Alkekenge ou Coqueret des vignes, Physalis Alkekengi. Cette plante, qui est employée depuis longtemps comme diurétique, et que M. le docteur Gendron vient de préconiser comme fébrifuge, est très-voisine de la Morelle : elle présente une corolle rutacée à cinq divisions, cinq étaminesconni ventes par les anthères, calice gamo-sépale, accrescent et entouré complètement; le fruit, qui est une baie rouge, lisse, succulente, de la grosseur d'une cerise, entre dans la composition du sirop de chicorée composé.
C'est le calice réduit en poudre que M. Gendron emploie comme fébrifuge.
Des ombellifères aromatiques que nous avons déjà étudiées, plusieurs sont également diurétiques, telles que l'Ache, le Persil, le Cerfeuil, etc. On retrouvera dans les purgatifs le Colchique d'Automne, dont l'action se porte aussi sur l'appareil urinaire pour en stimuler la sécrétion, et parmi les excitants ba'samiques, les baies de Genièvre, décrites plus loin, qui jouissent aussi de cettepropriété.
Depuis peu de temps seulement, la racine de Caïnça, déjà employée comme diurétique dans le Brésil, est usitée chez nous. MM. Caventou et François l'ont introduite dans notre Matière médicale, et lui ont reconnu des propriétés toniques indépendamment d'une action diurétique fort prononcée. Ses elTets s'étendent aussi au tube digestif, dont elles sollicitent les excrétions à la manière d'un minoralif.
MODES d'administration ET DOSES.
On prescrit la racine de Caïnça en poudre à la dose de 1 gramme et demi à 2 grammes par jour ; 8 grammes pour un kilogramme d'eau font une infusion diurétique assez constante dans son action. 11 y a un
extrait de Caïnça qu'on administre à la même close que la poudre. La teinture se donne à la dose de 4 à 8 grammes, et l'acide caïncique à celle de 'l»'',2o à S^^To sous forme pilulaire.
C'est principalement dans les hydropisies dites essentielles, celles qui ne sont pas entretenues par une cause organique locale, que l'usage de cette écorce présente les plus beaux résultats. Dans les hydropisies symptomatiques elles-mêmes, son intervention n'est pas inutile ; car elle évacue presque toujours les collections séreuses ; et quoique ces collections se reproduisent tant qu'on ne parvient pas à détruire les causes, l'usage de la racine de Caïnça n'en est pas moins utile contre les effets souvent dangereux et toujours pénibles de la pression mécanique ou de la distention des tissus occasionnées par ces collections.
Le Caïnça n'agit pas aussi efficacement dans le cas de catarrhe vésical.
M. le professeur Fouquier a donné avec succès la racine de Caïnça dans plusieurs cas d'hydropisie ; il a employé la formule suivante :
Poudre de Caïnça 4 grammes,
Gomme en poudre 1 gramme et demi.
Sirop de miel q. s. pour un électuaire.
Le malade consommait une ou deux fois par jour cette dose d'électuaire. Sous l'influence de cette médication, les hydropisies ont diminué, et laguérison a suivi.
11 y a contre-indication de l'emploi de cette racine : 1° dans les hydropisies aiguës qui succèdent quelquefois brusquement aux fièvres éruptives, notamment à la scarlatine ; 2° lorsqu'il y a inflammation de l'estomac et des intestins; il importe, dans ces cas, avant d'administrer le'Caïnça, de recourir aux délayants et aux antiphlogistiques.
On peut ordonner cette racine en décoction, à la dose de 4 cà 8 grammes par pinte de véhicule ; ou bien en poudre depuis 2 grammes à 2 grammes et demi jusqu'à 8 grammes ; elle s'administre également sous forme d'extrait aqueux de 60 centigrammes à is"',20 {Bull, de Ihérap., t. XIII, p. 9.)
BALLOTA LANATA.
Ln lîallote cotonneuse, Jlallola lanula, succès dans l'hydropisie scarlatineuse.
Lfomrus lanatns, de la famille des La- Cette plante est d'un usage très-répandu
Liées, est originaire de la Sibérie et cul- en Allemagne et en Russie,
tivée en Allemagne; les médecins aile- D'ailleurs la Ballote noire (Ballota ni-
mands et russes ont vanté la déco;-tion gra), si commune sur les bords des che-
de cette plante contre la goutte, elle est mins et dans les fossés, a été préconisée
îi la fois sudorifique el diurétique. On la par Tournefort contre l'hystérie et l'hypo-
recommande contre le rhumatisme et la chondrie.
pleurésie. A Saint-Domingue, on faitusage comnrie
On l'mploie en tisane à la dose de emménagogue antihystérique et vermi-
15 grammes pour 300 grammes d'eau. Le fnge du Ballota suaveolcnn. professeur Heyfelder l'a employée avec
BENZOATE D'AMMONIAQUE.
ULMAIRE ou REINE DES PRÉS.
L'Ulmaire, Spirea «taana,* Rosacées, Spiracées, grande et belle plante, abondante dans les prairies, les endroits humides, sur les bords des ruisseaux; ses Heurs et son essence ont été utilisées comme diurétiques, toutes les parties de la plante sont douées des mêmes propriétés.
L'essence de Reine des prés (Ci^I-PO^ = C'*H'OSII) est nommée acide salicyleux, ou salicylique, hydrure de salicyle acide spiroïleiix.
C'est un liquide incolore qui répand une odeur d'amandes amères ; sa saveur est acre et brûlante ; sa densité à + 13 degrés est ég-aie à 1,173; elle bout à. 169 degrés ; elle colore en violet les sels de fer au maximum ; elle est peu soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool et l'éther.
Eau distillée de Spirée Ulmaire.
Pr.
Sommités fleuries et sèches bien conservées 1,000 gram.
Eau froide q. s.
Pour baigner la plante.
Laissez macérer pendant quelques heures et distil ez pour obtenir 2,000 grammes de produit.
Sirop salicylique.
Pr. : Teinture salicylique. . 45 gouttes. Sirop simple 30 gram.
Mêlez et agitez jusqu'à mélange complet.
Sirop d' Ulmaire.
Pr. : Ulmaire (feuilles, tiges
et fleurs) 900 gram.
Eau froide q. s.
Laissez macérer quelques heures et distillez pour obtenir 1,000 grammes d'iiydrolat.
D'autre part :
Évaporez au bain-marie la décoction de l'alambicjusqu'à ce qu'elle soit réduite à GOO grammes. Filtrez-la pendant qu'elle est chaude :■ ajoutez-la ensuite à l'eau aromatique et faites dissoudre en va-e clos à la chaleur du bain-marie dans le;j deux liqueurs réunies.
Sucre 2k,900
Sirop de salicylite de potasse.
Pr. : Salicylite dépotasse. . O?^,^.^ Sirop simple. . . - . . 30 ,00
Dissolvez et mêlez. Ce sirop s'altère rapidement; il se forme du formiate et du mélanate de potasse.
WINTERGREEN ou GAULTHERIA (ERIGACÉES).
Plante de la Nouvelle-Jersey. L'esî^ence est employée comme diurétique.
Voici sa formule : C'^il^O'» elle peut être
regardée comme un salicylate de métliy- 'ène.
BENZOATE DE SOUDE (N«0,Gi'H'0\HO).
On obtient ce sel en saturant de l'acide obtient des cristaux aiguillés qui s'effleubenzoïque par du carbonate de soude; on rissent un peu. Ils sont solubles dans l'ait ensuite concentrer et cristalliser; on l'eau, peu solubles dans l'alcool.
BENZOATE D'AMMONIAQUE {kzW, HO, G'^H^O^ HO).
Sel employé comme diurétique et sudorifique préconisé dans le traitement de l'hydropisie.
CHIMAPHILA UMBELLATA.
Cette plante appartient h la famill'î des Pyrolac-ées. Les feuilles fraîclies exhalent une odeur particulière. Leur saveur est, astringente et amère, assez ag^réable ; les racines et les tiges ont un goût piquant, les feuilles hachées et appliquées sur la peau sont rubéfiantes; la décoction de teuilles est employée comme diurétique et tonique.
Décoction de Chimaphile.
Pr. : Feuilles de Chimaphile 30 gram.
Eau 800 —
Faites bouillir jusqu'à réduction à 500 grammes. Dose: 30 à 90 grammes trois ou quatre fois par jour.
EXCITANTS EMMÉNAGOGUES
ou DONT l'action EST PLUS SPÉCL4LEMENT UTILISÉE POUR PROVOQUER LE FLUX MENSTRUEL.
Tous les excitants généraux peuvent êti^e emménagogues, puisque le système utérin n'échappe pas à la stimulation que ces agents produisent dans tous les appareils organiques. L'aménorrhée est liée à tant de causes diverses et souvent opposées, que même on trouve des emménagogues dans toutes les classes de moyens dont peut disposer le thérapeutiste dans le domaine de la Matière médicale et hors d'elle. Il s'agit seulement ici, comme pour tous les excitants spéciaux, de remèdes consacrés à ce but et qui ne rencontrent pas leurs indications ailleurs ; de remèdes qui, sans atteindre aussi sûrement ce but, d'exciter les règles, qu'un purgatif, par exemple, atteint son eflfet physiologique, savoir, la supersécrétion de la membrane muqueuse intestinale et des parenchymes glanduleux qui versent leurs produits à sa surface, sont pourtant suivis assez souvent de leur résultat spécial, pour qu'on soit autorisé à les préférer à tout autre excitant, lorsque l'indication se présente de provoquer les menstrues. Voilà tout.
Ces excitants, qui méritent une distinction sous le titre à'emmênaQogués, et que vraiment nous ne pouvions pas placer ailleurs, sont :