‹ Traité de thérapeutique et de matière médicaleChapitre 191 sur 312 · ANTHELMIXTIQUES · texte numérisé non relu

ANTHELMIXTIQUES

Abyssinie comme le remède par excellence pour tuer et chasser le ténia.

Le cousso, dont les Abyssins font grand usage, n'est regardé par eux que comme un palliatif. Ils en avalent périodiquement chaque mois une certaine dose pour empêcher le ver, dont beaucoup d'entre eux sont attaqués, de prendre un trop grand développement, et pour se conserver dans un état qui, à leurs yeux, est le type de la santé. Le ténia, maintenu ainsi dans certaines limites de développement, est regardé par eux comme une sorte d'éinonctoire salutaire. Quand, par suite d'incommodités ou d'accidents plus graves, ils veulent se débarrasser tout à fait du ténia, ce qui se fait alors dans le plus grand secret, ils prennent 3 ou 4 onces d'écorce de Moucenna bien pulvérisée et mêlée à une certaine quantité de miel, ayant soin, la veille du jour oii ils prennent ce médicament, de garder la diète. Au bout de quelques heures le ténia est rendu, non, comme cela a lieu avec les autres ténifuges, en fragments rubanés plus ou moins longs, mais sous forme de bouillie caillebottée.

L'écorce de Moucenna est connue et appréciée depuis longtemps en Egypte; mais, jusqu'à ces derniers temps, les voyageurs venant de l'Abyssinie n'en apportaient que rarement et en très-petite quantité. On peut aujourd'hui s'en procurer assez facilement. « J'ai eu plusieurs fois l'occasion^ dit M. Burguières, de constater son efficacité et son mode d'action, soit chez des Abyssins habitant le Caire, soit chez des Égyptiens indigènes, soit même chez des Européens. Je citerai en particulier le cas d'une dame anglaise résidant au Caire, et chez laquelle le ténia avait produit des accidents très-graves, notamment un commencement d'ascite. Deux doses de Moucenna, administrées sous forme d'extrait, l'ont rapidement et radicalement guérie. »

M. Courbon, chirurgien de marine, a publié un travail très-intéressant sur les ténicides abyssiniens; M. Fournier a soutenu une thèse fort remarquable sur l'étude botanique des mêmes plantes. Dans ce travail, le Moucenna est attribué à VAlôizzia anthAminticd, de la famille des légumineuses.

Le Moucenna forme avec le miel un magma difficile à avaler, qai proroque du dégoût et souvent des vomissements; mais c'est le seul accident produit par ce médicament, qui ne donne jamais de coliques. Ainsi que nous le disions tout à l'heure, on peut le donner sous forme d'extrait; mais il faudrait étudier le meilleur mode de préparation de cet extrait.

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