VÉGÉTAUX QUI CONTIENNENT DU CYANOGÈNE
de Paris, et dont l'expérience a une grande valeur, pensaient que le Cyanure de Mercure est un agent infidèle et peu actif.
En résumé, lorsque, parmi les préparations mercurielles, il en est tant sur lesquelles nous pouvons compter comme antisyphilitiques, pourquoi recourir à un moyen qui peut être si dangereux ?
Thompson, que noas avons vu préconiser l'acide cyanhydrique en lotions dans le traitement des maladies cutanées, conseille aussi, dans les mêmes circonstances, une solution de Cyanure de Mercure.
MODE d'administration ET DOSES.
On le donne soit en solution dans un véhicule gommeux, soit en poudre ou en pilules. La formule du docteur Mendoza était la suivante : Cyanure de Mercure, de 40 à 60 centigrammes; laudanum de Sydenham, de 4 à 8 grammes; eau distillée, oOO grammes. En prendre matin et soir une cuillerée à bouche dans un verre de tisane.
CYANURE DE ZINC (cyanuretum zyncicum), Z?2 Cy.
Enfin, nous dirons deux mots du Cyanure de Zinc, qui est blanc, insoluble, et qui se prépare en versant une solution d'hydrocyanate de potasse dans une solution de sulfate de zinc, exempt de fer, car il se formerait du bleu de Prusse, puis en en recueillant et séchant le précipité.
Ce Cyanure est fort délétère, d'après les expériences de M. Coullon.
Hufeland le regarde comme un des plus puissants antispasmodiques ; il l'a donné dans des cas d'épilepsie, de gastralgie, d'hystérie, à la dose de 5 à 20 centigrammes deux fois par jour. Cette dose nous paraît considérable.
Il y a peu d'années, le docteur Henning a pensé qu'il devait être conseillé dans tous les cas plutôt que l'acide cyanhydrique, dont il a toutes les propriétés. Il le croit surtout vermicide, et pour détruire les vers intestinaux, il le prescrit aux enfants à la dose de S centigrammes, mêlé avec de la racine de jalap.
Le Cyanure de Zinc se donne en poudre, mêlé à du sucre ou à d'autres substances; ou bien en pilules, ou dans quelque électuaire.
VÉGÉTAUX QUI CONTIENNENT DU CYANOGÈNTÎi
ou DANS LESQUELS IL s'eN FORME.
Un certain nombre de végétaux fournissent de l'acide cyanhydrique, soit qu'ils le contiennent tout formé, soit qu'ils renferment seulement les principes dont la réaction réciproque doit lui donner naissance.
L'acide cyanhydi'ique, dans ces circonstances, accompagne une huile volatile qui offre l'odeur exaltée des feuilles de laurier-cerise ou des fleurs d'aubépine, par exemple. C'est, en effet, dans la famille des rosacées qu'on rencontre surtout les produits qui nous occupent.
L'eau de noyau et le kirschenwasser leur doivent l'arôme qui les fait recherchep. Mais outre les amandes des abricots et des merises, celles des divers cerisiers, des pruniers, du pêcher, etc., donneraient également de l'acide prussique, et cette essence particulière est connue sous le nom (ïhuile essentielle d'amandes amères, parce qu'on la retire des fruits de Yamygdalus amara.
Dans tous les cns, une fermentation préalable est nécessaire ; ailleurs ces principes préexistent. Les feuilles du laurier-cerise, du merisier à grappes, les feuilles et les fleurs de pêcher présentent déjà sur l'arbre l'odeur caractéristique qui ne se développe que dans certaines conditions pour les amandes des divers fruits déjà cités plus haut.
Il est probable que les fleurs de beaucoup d'autres rosacées et même de quelques espèces appartenant à d'autres familles, comme le laurierrose, doivent également leur odeur à l'acide cyanhydrique et à l'essence dite ôHamandes amères qu'elles recèlent.
Comme type d'action des amandes, nous prendrons les fruits de Yamygdalus amara.
Comme type d'action des feuilles, nous choisirons celles du prunus lam^o-cerasus (laurier-cerise).
AMANDES AMÈRES
Les Amandes amères sont le fruit de Eau, 3,3 j pellicule, 3; huile, 34; albu-
Yarnygdalus commimis ( L. ) , variété mine, 25; sucre liquide, 9; gomme, 3;
nmara. Famille naturelle des rosacées, tissu végétal, 4 ; perte et acide, 0,5.
section des amygdalées. Les Amandes amères contiennent les
Coracléres génériques. Les mêmes que mêmes principes que les Amandes douces,
ceux des drupacées, à cela près que les et en outre une matière jaunâtre appelée
fruits sont recouverts d'une pellicule to- amtjgdaline, et une résine jaune acre,
menteuse ayant la chair peu épaisse et Les préparations diverses d'Amandes
presque sèche , et le noyau creusé d'un amères contiennent de l'acide cyanhy-
grand nombre de sillons irréguliers. drique ou une huile volatile; mais ces deux
Caracléres spécifiques. Arbres de 8 à derniers principes n'existent pas naturel- 10 mètres de hauteur, rameaux dressés, ^ lement dans la graine; ils ne se dévelopd'un vert clair, et très-lisses; feuilles al- peut qu'au contact de l'eau, ternes, lancéolées, dentées en scie. Fleurs Ils résultent de la réaction de l'albutrès-grandes, extra-axillaires, au nombre mine des Amandes (nommée aussi Emulde deux ou trois au-dessus de chaque sine, ou mieux Synaptase), sur la matière faisceau de feuilles ; calice tubuleux, rou- cristalline contenue dans celle-ci, et qui geàtreà l'extérieur; limbe à cinq divisions a reçu le nom d'amyç/daline. Cette réacétalées ; corolle pentapétale. Pistils au tion,' ainsi que nous l'avons dit, ne peut nombre de deux dans chaque fleur; s'opérer qu'avec l'intermédiaire de l'eau, ovaire globuleux, un peu comprimé d'à- Il se forme non-seulement de l'essence, vaut en arrière. Le fruit est une drupe mais encore de l'acid.' prussique, de l'averte, ovoïde, allongée, comprimée, ter- cide formique et du sucre, minée en pointe à son sommet. L'huile volatile d'Amandes amères est.
L'analyse des Amandes douces adonné comme celle du laurier-cerise, incolore,
à M. Boullay : d'une saveur amère et brûlante, d'une
AMANDES AMÈRES
odftur qui rappelle celle de l'acide cyanhydrique.
Pour la préparer, on prend les tourteaux d'Amandes amères récemment exprimés; on les pulvérise et on en fait une pâte liquide avec de l'eau froide.
On laisse macérer pendant vingt-quatre heures dans la cucdrbite d'un alambic; puis, pour procéder à la distillation, on l'ait arriver au fond de la cucurbite un jet de vapeur d'eau, et l'on continue tant que le produit de la distdlation conserve une odeur très - pénétrante d'acide cyanliydrique.
Veau distillée d'Amandes amères s'obtient de la manière suivante : On pulvérise et on mêle il l'eau froide un tourteau d'Amandes amères récemment fourni; ou laisse macérer pendant vingt-quatre heures, et l'on distille comme pour obtenir l'huile essentielle, si ce n'est que vous retirez d'eau distillée un poids égal à celui du tourteau employé.
Cette eau contient une grande proportion d'huile essentielle en excès que l'on sépare par la fdtralion. Cette précaution est indispensable , autrement l'usage de l'eau distillée, ainsi chargée d'huile essentielle, pourrait faire courir aux malades les plus grands dangers.
L'eau distillée d'Amandes amères, comme celle du laurier-cerise , s'altère avec facilité, quelque précaution que l'on prenne d'ailleurs pour la conserver; l'essence se transforme en acide benzoïque ; aussi convient-il de la renouveler souvent, ou bien de lui substituer la mixture de Liebig et Wœhler. Cette mixture est ainsi composée :
Amandes douces 8 grammes.
Eau q. s.
Amygdaline 1 —
Faites avec les Amandes et l'eau une émulsion dans laquelle vous ferez dissoudre l'amygdaline. Cette mixture contiendra o centigrammes d'acide cyanhydrique anhydre, et 45 à 50 centigrammes d'huile essentielle d'Amandes amères.
L'amygdalinf est une matière blanche, cristalline, dont la saveur, d'abord sucrée, rappelle bientôt celle des Amandes amères. Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool chaud. Elle cristallise par le refroidissement. Pour la préparer, on traite îi deux reprises le tourteau d'Amandes amères par l'alcool à 94 degrés centigrades. On passe à travers un linge et on presse le résidu. On chauffe le liquide exprimé, et l'on filtre. Au bout de quelques jours.
l'amygdaline est cristallisée. On distille l'eau mère au sixième de son volume, et on la mélange avec de l'éther, qui précipite l'amygdaline ; on la recueille et on la comprime entre deux papiers sans colle, pour la débarrasser d'une grande partie de l'huile grasse ; on la lave h l'éther. et on la fait redissoudre dans l'alcool bouillant, d'oii elle se dépose, cristallisée par le refroidissement. (Soubeiran.) On comprend maintenant qu'en se servant de l'amygdaline, suivant l'indication donnée plus haut par Liebig et Wœhler, on aura toujours une préparation identique; on pourra calculer les quantités d'acide cyanhydrique et d'huile essentielle d'Amandes amères qui se forment par la réaction de l'émulsine et de l'eau sur l'amygdaline ,■ tandis que les eaux distillées de laurier-cerise et d'Amandes amères s'altèrent toujours, ainsi que nous le disions plus haut, malgré les précautions que l'on prend pour les conserver.
Lait d'Amandes amères.
Amandes douces. Amandes amères; de
chaque 4 à 6 grammes.
Eau de rivière 500 —
Sucre GO —
Faites une émulsion à prendre dans les vingt-quatre heures, par quart de verre. '
Cette émulsion est la plus simple, la moins coûteuse et la plus sûre de toutes les préparations d'Amandes amères.
L'huile essentielle et l'acide cyanhydrique qui se lorment au contact de l'eau n'ont pas le temps de s'altérer et jouissent de toute leur énergie; aussi avonsnous l'habitude de prescrire cette préparation au lieu d'eau distillée de laurier-cerise ou d'Amandes am.ères.
Cataplasmes d'Amandes amères.
Pr. : Poudre de tourteau d'Amandes
amères q. v.
Eau tiède (35 degrés environ), q. v.
Délayez le tourteau dans l'eau, de manière à en faire une pâte molle que l'on placera entre deux linges fins ou de la mousseline.
On applique le cataplasme sur le front contre les céphalalgies, la migraine, sur les points douloureux dans les névralgies, sur les points engorgés dans les adénites douloureuses. (D'' Réveil.)