CHLOROFORME
l'amertume aux produits amers; il détruit de l'odeur Tassa foctida. On doit le conserver à l'abri de l'air et de la lumière, non en vidange et bien bouché.
Le Chloroforme renferme souvent des substances étrangères, telles que l'alcool, le chlore, l'acide chlorhydrique, l'éther chlorhydrique, l'éther hydrique (sulfurique), des composés de méthyle, l'eau, l'aldéhyde, des substances fixes. Ces divers corps proviennent d'additions, de décompositions spontanées, ou d'un défaut de soin dans la préparation. Il serait trop long d'indiquer tous les moyens à employer pour reconnaître la présence de toutes ces substances : nous nous bornerons aux plus importantes.
Le Chloroforme doit être volatil sans résidu : s'il y en avait, ce serait une preuve qu'il renferme des subtances fixes; le Chloroforme renfermant de l'alcool ou de l'éther est facileiuent inflammable.
D'après M. Mialhe, il doit traverser l'eau sans la troubler lorsqu'il est pur; dans cette expérience, il devient laiteux s'il est impur. D'après M. Soubeiran, le Chloroforme pur gagne le fond d'un vase dans lequel on a placé un mélange à parties égales d'eau distillée et d'acide sulfurique à 66 degrés, tandis qu'il flotte à la surface lorsqu'il est alcoolique. D'après M. Léthéby, le Chloroforme alcooliqtie coagule l'albumine.
M. Rou^-«in, agrégé au Val-de-Grâce, a fait connaître un procédé fort simple pour constater dans le Chloroforme la présence de l'éther ou de l'acool : il suffit de verser dans le Chloroforme quelques cristaux de nitrosulfure de fer, qui ne se dissout pas dans le Chloroforme pur, tandis que le sel colore en jaune le Chloroforme qui renferme des traces d'alcool ou d'éther.
La présence du chlore libre ou de l'acide hypochloreux dans le Chloroforme amènerait de graves accidents. On les reconnaîtrait par l'azotate d'argent qui donne un précipité blanc, précipité qui ne se produit pas dans le Chloroforme pur.
L'acide chlorhydrique est reconnu dans le chloroforme par le tournesol, qui est rougi, et au moyen du nitrate d'argent.
La présence de l'aldéhyde dans le Chloroforme serait sans grand inconvénient; cependant on la reconnaîtrait à la propriété qu'elle possède de réduire à l'état métallique les sels d'argent.
M. Léthéby a signalé les inconvénients que présentait le Chloroforme renfermant des composés métalliques; mais il n'a indiqué, comme moyen de reconnaître leur présence, que les accidents qu'ils peuvent déterminer, comme la céphalalgie et une prostraLion générale et rapide.
Mais de toutes les substances étrangères au Chloroforme qui se produisent pendant sa préparation, la plus funeste à l'économie est une sorte d'huile pyrogène chlorurée plus dense, moins volatile que l'eau, d'une odeur sui gêner is acre et pénétrante, dont la présence a été signalée nar
MM. Soubeiran et Mialhe : il est donc absolument indispensable de débarrasser le Chloroforme de cette huile chlorurée en ne poussant par trop loin la rectification.
Préparation. Le Chloroforme se produit dans un très-grand nombre de circonstances : 1° par la réaction des alcalis sur le chloral ; 2» dans l'action du chlore sur l'hydrogène protocarboné; 3° par l'action des alcalis hydratés sur l'acide chloracétique ; 4° par la réaction de l'acide chlorhydrique sur le bioxyde de manganèse en présence du sucre ou de l'amidon (Réveil). Nous avons signalé tous ces cas de production, parce que la consommation considérable de Chloroforme qui est faite pour les machines à vapeur comme agent moteur fait désirer qu'on trouve un procédé qui donne un produit à bon compte. Jusqu'à présent, voici le procédé le plus convenable.
MM. Larocque et Huraud conseillent de mettre dans le bain-marie d'un alambie 35 à 40 litres d'eau à 40 degrés environ, puis on y délaye 5 kilogrammes de chaux délitée et 10 kilogrammes de chlorure de chaux du commerce: puis on y verse 1 litre et demi d'alcool à 85 degrés; puis on chauffe au bain-marie jusqu'à î'ébuUition. Quand la chaleur a gagné l'extrémité du col du chapiteau, on ralentit le feu ; l'opération se finit toute seule. Le récipient renferme du Chloroforme impur et une couche d'eau surnageante; on sépare celle-ci par décantation poar la faire servir à une opération suivante; et le Chloroforme est purifié en l'agitant avec de l'eau, qui lui enlève l'alcool, et ensuite avec du carbonate de soude, qui lui enlève le chlore libre, puis enfin on le distille sur le chlorure de calcium sec.
M. le docteur Gigon, d'Angoulême, a proposé le Chloroforme comme le réactif le plus sensible pour déceler la moindre trace d'albumine dans les urines. Mais M. Becquerel considère ce réactif comme infidèle. Adhuc subjudice lis est.
Eau chloroformée.
Pr. : Chloroforme 1 gram.
Eau distillée 100 —
Faites dissoudre par une forte et longue agitation ; en ajoutant aux proportions suivantes 25 grammes de sirop d'écorces d'oranges, on obtient une potion qu'on a employée par cuillerées contre les névralgies, l'asthme, etc.
Sirop chloroformé.
Pr. : Chloroforme pur ... 19 gram.
Sirop simple 1,000 —
Agitez. Ce sirop contient 1 centième de Chloroforme et la cuillerée 0,2.
Pommade au Chloroforme (Cazenave).
Pr. : Chloroforme 2,0
Axonge 20,0
contre Ae prurit dartreux.
MÉDICAMENTS ANESTHÊSIQUES.
Liniment chloroformé.
Pr. : Chloroforme 10 gram.
Huile d'amandes douces . 90 — Faites dissoudre.
Potion chloroformée.
Pf. : Chloroforme .... 5 à 40 gouttes.
Jaune d'œuf n» 1
Sirop de sucre 30 gram.
Eau 120 —
comme antispasmodique par cuillerée à bouche. On peut remplacer le jaune d'œuf par un mucilage de gomme.
Selon M. le docteur Bouchut, ralcool est le meilleur dissolvant du (chloroforme. Avec un mélange de 1 partie de Chloroforme pour 8 parties d'alcool, on a une solution titrée, soluble en toute proportion dans l'eau. A l'aide de ce moyen, on peut donner par la bouche ou en lavement 2, 3, 4 grammes de Chloroforme en complète dissolution.
BIGHLORURE DE MÉTHYLÈNE.
Le Bichlorure de méthylène, anesthésique de la même famille que le chlorof(jrme, dont il se distingue par une moindre proportion de chlore, a été découvert par M. Richardson. Son odeur est légèrement éthérée, sa densité est de 1,45, il bout à 50 degrés.
Voici la série chimique dont il dérive : 1" C^Il^H, gaz des marais: en remplaçant la molécule d'hydrogène par une molécule de chlore ;
On a : 2o C^IPCI, chlorure de méthyle ;
30 C-2H3C12, Bichlorure de méthylène j
4° C«HC12, chloroforme ;
5» C-CLl*, Tetra chlorure de carbone.
Le Bichlorure de méthylène brûle avec une tlanime vive en iiroduisant un mélange d'acide carbonique et chlorhydrique. Il se mélange très-bien à l'ether et au chloroforme.