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ASA FOETIDA. 3G

drique, striée, haute de 1 à 2 mètres ; gent, afin de dissimuler uu peu du goût

feuilles radicales, pétiolées, triternées, et de l'odeur du médicament.

Heur d'un jaune pâle, formant de grandes Emulsion. En triturant l'Asa fœtida

ombelles composées de douze à vingt avec l'eau, on peut obtenir une emulsion

rayons ; involucre caduc, involucelle po- permanente, que l'on mêlera à des po-

lyphylle; fruits d'un brun rongeàtre et tions, à des tisanes. Lorsque l'émulsion

velus au moment de la maturité. se fait seule, il sufQra d'ajouter à l'eau

Mode d'extraction de l'Asa fœtida. Lors- du jaune d'œuf oude la gomme arabique. que l'on pratique des incisions au collet

du ferula Asa fœtida, il s'écoule un li- Lait d'Asa fœtida. quide lactescent, jaunâtre, qui ne tarde

pas à se concréter. Dans le commerce, Asa fœtida 10 gram.

l'Asa fœtida se présente en masses solides. Eau 500 —

d'un brun rougeàtre à l'extérieur, offrant Jaune d'œuf. no 1/2

intérieurement des lames grisâtres et

comme opalines, au milieu d'une masse Teinture d'Asa fœtida. La résine, qui

plus foncée. Ùdeur forte, fétide, alliacée; constitue la partie active do l'Asa fœtida,

saveur acre et un peu amère. est soluble dans l'alcool; aussi la teinture

On fait une Asa fœtida artificielle, à alcoolique est-elle une excellente prépa-

Marseille principalement, en pistant en- ration.

semble de l'Asa fœtida et diverses gom- Asa fœtida, 1 partie; alcool à. 80 de-

mes-résines d'une plus petite valeur grés, 5 parties; faites macérer pendant

commerciale, comme le galbanum, le quelques jours et flitrez.

sagapenum, etc. Cette teinture s'emploie dans des po-

L'Asa fœtida artificielle se reconnaît à tions; elle précipite toujours et donne au

sa teinte gris foncé et à l'absence de ces véhicule une teinte laiteuse. Quand elle

larmes qui rougissent au contact de l'air, est prescrite en petite quantité, il suffira

L'analyse de Brandes a démontré dans de la mêler d'abord au sirop qui entre

l'Asa fœtida : de la résine, de la gomme, dans la potion et d'y ajouter graduelle-

de rhuile volatile, une substance rési- ment le véhicule aqueux; mais si la quan-

noïde, de l'adragantiue, des sels divers, tité est plus considérable, il faudra l'émul-

de l'extractif. L'huile volatile renferme sionner avec un jaune d'œuf.

du soufre. La teinture éthérée se prépare do la

L'Asa fœtida se donne en poudre, en même manière, mais elle laisse sans la

emulsion, en teinture. dissoudre une partie de la résine de l'Asa

Pvudre L'Asa fœtida se peut donner en fœtida.

poudre, mais le plus souvent la poudre Pilules. En enrobant k's pilules avec

est incorporée à des poudres inertes et une d ssolution de baume de Tolu dans

médicamenteuses et façonnée en pilules le chloroforme, on peut arriver à masquer

que l'on revêt d'une feuille d'or ou d'ar- leur odeur.

ACTION PHYSIOLOGIQUE

Les Perses accusent l'insuffisance de leui- idiome en décorant celte substance du nom de mets des Dieux, tant elle flatte leur palais ! Sont-ils plus ou moins ridicules que les Allemands, qui ont essayé d'en faire sentir rétonnaate puanteur par l'expression énergique de sttrcus diaboli que chez nous le peuple lui maintient ? Il ne peut y avoir de ridicule là où il n'y a d'autre mesure qu'une impression organique.

Quand on a pris le parti de faire entrer de gré ou de force les antispasmodiques dans la classe des excitants, il y a une formule banale qui s'ajuste à tous : stimule les tissus suivants, augmente V activité des orgayies, accélère le pouls, pousse la chaleur et la sueur à la périphérie cutanée; agitation, inquiétudes, vertiges, mal de tête. Comme si après cette servile énumération on était plus avancé pour expliquer les effets thérapeutiques de l'Asa fœtida ! Nous avons pris en une seule fois une demi-once de bonne Asa fœtida. Il n'y a eu de changé en nous que l'odeur de toutes nos excrétions qui pendant deux jours nous a tenu au sein d'une atmosphère infecte et rappelant, mais à un degré plus pénétrant encore,

370 médica:ments antispasmodiques.

l'horrible fétidité de cette drogue. En traitant de la médication antispasmodique, nous nous réservons d'apprécier à leur juste valeur tout ce qu'ont dit les auteurs sur la manière d'agir de ces diverses substances.

Le nom de Laser, Laserpidurn, sous lequel l'Asa fœtida est désigné dans les ouvrages d'Hippocrate, de Dioscoride, de Celse et de Galien, etc.. s'appliquait, selon quelques auteurs, à des préparations particulières de cette substance. En admettant cette opinion controversée, mais soutenue avec avantage par des auteurs plus nombreux et d'une autorité plus imposante que ceux qui l'ont combattue, le père de la médecine en faisait un fréquent usage, surtout chez les femmes malades à la suite de fausses couches, à qui il l'administrait extérieurement en topiques, en même temps qu'cà l'intérieur, le recommandant en outre comme devant faire partie du régime ordinaire. Il en discute les indications et les contreindications et s'étend longuement sur son histoire naturelle. Nous ferons remarquer que le cas particulier dans lequel Hippocrate vante l'Asa fœtida ne contredit en rien la nature des propriétés qui de tout temps lui ont été attribuées ; et s'il nous est permis d'interpréter les règles du sage empirisme qui le guidait alors, nous dirons, comme chose trèsprobable, qu'à l'aide de ce remède, il calmait les accidents nerveux, les coliques, la tympanite, qui accompagnent et suivent si souvent les fausses couches.

Dioscoride, chose bien remarquable, pourrait nous fournir le texte de ce que nous avons à dire sur les propriétés thérapeutiques les plus avérées de l'Asa fœtida. Selon lui, il guérit la toux, les désordres de la trachée-artère, les altérations de la voix et les maladies hystériques. Celse assigne aussi à ce médicament une de ses actions les mieux constatées : item laseris quam optimi paulum devorare opus est, etc., dit-il dans son chapitre De Tussi, et plus loin : Lac cum allia coctum, sorbitiones quitus laser sit adjectum, etc. Galien semble en redouter l'usage et prétend q\)!\\ échauffe et affecte les conduits de l'urine. Mais il faut dire que de son temps l'Asa fœtida était devenu très-rare, que le peu qu'on en avait était falsifié. A cette époque, le hasard en ayant fait découvrir une tige, on l'envoya en présent à Néron. Tout cela peut expliquer l'opinion de Galien. Les Arabes, entre autres Khazès et Averroès, en ont fait usage ; c'est d'eux que ce médicament a été transmis aux moines de l'école de Salerne, qui lui ont donné le nom d'^sa (et non assa) fœtida.

Cette gomme-résine, que chez nous son extrême fétidité empêche d'administrer aussi souvent qu'il le faudrait, est, dans l'Inde et en Perse, le condiment obligé de tous les mets. A l'impression agréable qui le leur fait rechercher comme objet de friandise, ces peuples trouvent joint un bon moyen de favoriser leurs digestions naturellement pénibles

ASA FœUDA. STI

et de dissiper les flatulences incommodes et quelquefois dangereuses produites par le régime végétal et l'abus de l'opium que leur imposent et le climat et les lois religieuses. Les Brahmes en font une consommation énorme.

L'Asa fœtida s'applique à tous les cas où nous avons dit qu'était utile l'emploi de la valériane ; seulement, dans ces circonstances, celle-ci devra lui être préférée à cause de son odeur moins repoussante et plus fugace, et aussi parce qu'il n'est pas rare que l'Asa fœtida ait une action purgative qu'il est quelquefois important d'éviter. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit en parlant de la valériane. Nous devons pourtant ajouter que l'Asa fœtida réussira mieux qu'elle dans les accès d'hystérie violents et complets, lorsque la maladie aura plutôt le caractère convulsif que vaporeux, lorsqu'elle s'accompagnera surtout de la prod uction incessante de gaz abdominaux et de cette constipation opiniâtre avec coliques propre aux hystériques. Whytt signale chez ces malades un accident qui consiste dans l'évacuation excessive et débilitante d'urines crues et pâles, accident qu'il a guéri par l'Asa fœtida, ainsi que la démoralisation, si cruelle pour le médecin, dans laquelle l'hystérie fait tomber les femmes. Le même Whytt, qui a si bien connu les maladies nerveuses, recommande encore ce médicament dans les syncopes ou pâmoisons hystériques. Boerhaave afdrme positivement qu'il ne connaît pas de meilleur antihystérique. Forestus, tout en partageant sur la cause de l'hystérie les idées singulières d'Arétée, n'en assure pas moins avoir donné avec grand avantage l'Asa fœtidaau fort de l'accès. Quœdam, dit-il, ^ulo odoratu Asa fœtidœ per nos exciiatœ sunt. C'est aux praticiens h. discerner,, d'après ce que nous venons de dire, les cas oii l'Asa fœtida devra remplacer ou suppléer la valériane dans l'hystérie, sans oublier toutefois que, par suite de conditions vitales inexplicables, l'un peut produire des effets qu'on aurait attendus de l'autre, vérité générale en thérapeutique, mais surtout applicable aux médicaments qui, comme les antispasmodiques, ont une action superficielle et non altérante.

Il est un autre ordre de phénomènes morbides, dans le traitement desijuels nous avons pu plusieurs fois sanctionner de notre expérience l'expérience passée : nous voulons parler des maladies nerveuses des organes respiratoires. Et d'abord dans l'asthme essentiel, c'est-à-dire celui qui ne reconnaît pas pour cause une lésion organique appréciable du cœur ou des poumons, l'Asa fœtida a souvent sous nos yeux produit de bons €t incontestables effets. Si c'était ici le lieu, nous pourrions étayer notre assertion d'observations péremptoires.

Chez les hommes irritables, et chez lesquels un commencement de lésion organique du cœur détermine des étouffements, des palpitations et un état spasmodique général disproportionné avec le degré de l'altération matérielle, les lavements d'Asa fœtida ne sont pas sans avantage. L'expérience clinique nous permet d'avancer que dans les affections ca-

tarrhales où les symptômes nerveux, comme cela est assez fréquent, jouent le principal rôle, on n'en obtient pas de moins bons effets. S'il n'est pas permis d'espérer de ce moyen la guérison entière de ces catarrhes suffocants qui, l'hiver, par le seul fait d'un abaissement soudain de la température, font périr de la veille au lendemain les vieillards affectés d'anciennes bronchorrhées, on peut certainement en r.ffitiblir le danger et rendre ainsi possibles et eflîcaces les ressources ultérieures de l'art ou de la nature.

Millar ne tarit pas en éloges sur les vertus de l'Asa fœtida dans la maladie qu'il a appelée asthme aigu (angine striduleuse, enchiffi;ènement de la glotte, de M. Bretonneauj; il l'administre toujours alors, à moins de vomissements trop violents et de diarrhée. Voici la formule :

Asa fœtida, 8 grammes ; esprit de Mindererus, 30 grammes ; eau de PoulioL, iOO grammes.

Les enfants, prétend-il, finissent par le prendre sans répugnance, et même avec plaisir. En même temps il le donne en lavement de la manière suivante :

Asa fœtida, 8 grammes ; décoction de graine de lin, 100 grammes ; huile d'olive, 30 grammes.

Nous ne nions pas les succès de Millar, pourvu qu'on ne nous empêche pas d'ajouter que l'asthme aigu des enf;mts cède le plus souvent à tous les remèdes, ce qui revient à dire qu'il guérit sans eux. Mais quand Millar publie de semblables résultats dans des cas de croup, quand il affirme que dans une épidémie de croup aucun enfant ayant pris de l'Asa fœtida n'a succombé, nous ajournons notre assentiment jusqu'au jour où les observations de l'auteur anglais seront revêtues de leur seul cachet authentique, nous voulons dire la mention des fausses membranes, sans laquelle le mot croup n'a aucune valeur.

Beaucoup d'auteurs, et Kopp en particulier, ont vanté l'Asa fœtida dans la coqueluche : ses avantages, en pareil cas, sont incontestables, quand ils ne sont pas détruits par la difficulté de le faire prendre aux enfants, qui y répugnent trop en potion et ne peuvent le conserver en lavements. Nous en conseillons beaucoup l'usage dans la toux férine des femmes nerveuses, où les praticiens auront certes plus à s'en louer que des sangsues sur le trajet de la trachée, traitement qui, sans parler des traces indélébiles qu'il laisse aux femmes, augmente presque toujours leurs accidents.

Les flatuosités des vieillards, des hypochondriaques, la constipation invincible des premiers, réclament très-souvent les lavements d'Asa fœtida. Une longue expérience en a irrévocablement fixé l'utilité dans ces circonstances, ainsi que dans les palpitations des chlorotiques.

C'est un des moyens qui ont le mieux réussi à Hildenbrand dans le traitement de la période extrême des troubles nerveux du typhus irrégulier. Quant à ses propriétés emménagogues, nous les lui accordons au même titre qu'à la valériane.

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En lisant la Matière médicale de Cullen, nous voyons tout ce que nous avons dit d'important sur l'Asa fœtida confirmé de la manière la plus formelle par l'opinion de cet illustre médecin.

Nous passons sous silence les avantages qu'on dit avoir retiré de l'Asa fœtida à l'extérieur contre les caries, les tumeurs indolentes, etc., parce qu'à cet égard nous ne pourrions être qu'historiens. Il en est de môme de son action anthelmin tique préconisée par plusieurs auteurs et en particulier par Fréd. Hoffmann. On se figure aisément que nous ne saurions ni ratifier ni contredire les vertus fébrifuges que Bergius a reconnues à cette gomme-résine dans des cas où avait échoué l'écorce du Pérou. Quel médicament n'est pas quelquefois infidèle ?

Le même défaut d'expôrienee personnelle nous commande la même réserve sur ses propriétés antigoutteuscs et antisyphilitiques. Quand les praticiens, guidés dans l'emploi de l'Asa fœtida d'après les indications que nous venons de leur fournir, se seront convaincus des services qu'il peut leur rendre, ils apprécieront à leur juste valeur les assertions au moins insignifiantes émises par certains auteurs sur les antispasmodiques et sur l'Asa fœtida en particulier.

Nous nous résumons ainsi :

Médicament antihystérique, possédant les propriétés de la valériane, plus utile qu'elle dans les coliques venteuses avec constipation et spécialement dans les affections nerveuses des organes respiratoires et de l'appareil digestif, que ces névroses soient essentielles ou associées à d'autres états morbides. Il importe d'ajouter que l'Asa fœtida est assez lourd, c'est-à-dire d'une digestion difficile. Certains malades Vont encore sur l'esfomacle lendemain de son administration. Cette observation, faite par nous bien souvent, privera plus d'une fois, le praticien des services que l'Asa fœtida pourrait lui rendre chez les personnes nerveuses qui sont fréquemment dyspepsiques. On devra dans ce cas l'employer sous forme de lavement.

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