‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 5 sur 132 · LIBRAIRIE J. B. BAILLIÈRE ET FILS · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE J. B. BAILLIÈRE ET FILS

lu, liUE IIAl TE lE LILLE.

PRÉFACE

A mesure que l'observation recueille les faits, le travail scientifique les étudie. Il les compare entre eux, les réunit selon leurs groupes naturels, élabore la synthèse qui les résume et les applications qui les fécondent.

C'est du côté des applications pratiques, que se tourne de préférence la science contemporaine. On cherche moins à pénétrer la nature des agents physiques, qu'à multiplier les services qu'ils peuvent nous rendre.

En médecine, cette tendance nous pousse naturellement vers les études thérapeutiques. Les sciences dites accessoires ont d'ailleurs à peu près abandonné la prétention, souvent manifestée par elles, de nous donner, à elles seules, la clef des principaux problèmes de la physiologie et de la médecine. Le domaine plus modeste des applications pratiques leur convenait mieux ; elles tendent à s'y restreindre.

Toutefois, sans changer d'horizon, on peut varier ses pomts de vue : c'est ce que la thérapeutique n'a pas assez pratiqué.

De tous les traités que nous possédons sur cette

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PRÉFACE

matière, soit en France, soit à l'étranger, il n'en est pas un qui n'ait pris pour base l'agent médicateur.

Tous font plus ou moins l'histoire naturelle du médicament, en décrivent successivement les propriétés physiques, chimiques, physiologiques et thérapeutiques. C'est une suite de petites monographies, du détail desquelles ne se dégage que péniblement, soit l'idée synthétique à laquelle répondent les médications; soit l'application qu'elles comportent.

La thérapeutique est encore étudiée dans les traités dogmatiques.de pathologie; mais on sait combien le chapitre qui lui est consacré dans ces livres, sauf peutêtre dans celui de Yalleix, est sacrifié à ceux qui ont pour objet l'anatomie pathologique et le diagnostic de la maladie. — Et cela devait être : les cadres de ces études, toujours plus ou moins artificiels, s'obscurcissent ou disparaissent en présence des faits particuliers ; et au chapitre du traitement, l'auteur, eût-il réuni quantité de détails et môme de répétitions, ne pourrait se llatter encore d'avoir tout prévu.

Or, entre le médicament d'un côté, et la maladie de l'autre, il y a l'indication. Ce moyen terme constitue un troisième point de vue d'où, à son tour, il faut envisager la thérapeutique. C'est celui qui est tout à la fois le plus vrai et le plus fécond, et cependant c'est celui qu'on néglige habituellement. — Il faut avouer qu'il n'est pas sans difficulté de s'y fixer. — C'est ce que j'ai entrepris de faire : ce n'est pas l'histoire des maladies, ce n'est pas non plus l'histoire des médicaments ; c'est celle des indications.

Pour cela, après un résumé historique succinct, je me suis appliqué à poser les bases de ce qui doit constituer une indication thérapeutique; c'est-à-dire, à pré-

PRÉFACE

ciser les éléments qui entrent dans la constitution de la maladie.

Ici, adoptant un éclectisme que justifie la nature des choses et que sanctionnent les nécessités de la pratique, j'ai montré que ces éléments divers appartiennent à la nature de la maladie {élément nosologique), à ses formes {élément physiologique), et à ses déterminations locales {élément anatomique) : ce qui constitue autant de genres différents d'indication. Suit un chapitre relatif au médicament, instrument de V indication, et à tout ce qui se rapporte aux relations que le médicament peut affecter avec l'organisme.

Après cette introduction, j'aborde l'étude des indications par les indications de la santé, les plus physiolo ■ giques de toutes, bien que leurs caractères puissent atteindre la portée de véritables imminences morbides.

J'étudie ensuite, une à une, chacune des indications thérapeutiques, en suivant une gradation déterminée par l'échelle des troubles morbides qui leur correspondent, depuis les plus élémentaires jusqu'aux plus complexes : les troubles nerveux d'abord, encéphaliques spinaux et sympathiques, puis successivement les troubles vasculaires, les troubles sécrétoires, les troubles nutritifs, les altérations du sang, les inflammations, les fièvres, les maladies infectieuses, les maladies constitutionnelles, les intoxications et le parasitisme.

Chaque indication répondant à l'un de ces troubles élémentaires, est étudiée successivement, — dans les signes qui la caractérisent, — dans les degrés qu'elle peut offrir, — dans les conséquences qu'elle peut entraîner, — dans sa palhogénie (ca?-ac/ères de Vindication), — dans ses moyens, autrement dit, dans les médications diverses qui peuvent y répondre {indication thérapeutique proprement dite), — dans les indications qui s'en rapprochent {indications médiates), — enfin, dans les maladies où

PRÉFACE

cette indication se rencontre le plus souvent et joue un rôle essentiel {applications).

Ce plan a été méthodiquement suivi pour chacune des indications. On voit qu'il comporte, tout à la fois, une étude de diagnostic clinique, relative aux caractères de chaque indication, une élude de physiologie pathologique, relative à sa pathogénie, une élude de thérapeutique abstraite et scientifique, àaxis l'article relatif aux moyens de l'indication, et une étude de thérapeutique appliquée, dans le dernier article.

Pour se servir utilement de ce livre, il faut, un malade étant donné, établir autant que possible parle diagnostic, le siège, la forme et la nature de son mal. Puis, prenant chaque indication élémentaire, déterminée par ces éléments, on cherchera le chapitre dans lequel elle est traitée. Après l'avoir étudiée dans l'article application, au paragraphe qui lui est spécialement consacré, il faudra, si l'on veut avoir sur elle de plus amples renseignements , remonter aux articles précédents, où l'on trouvera les caractères qui lui appartiennent et les moyens de la remplir.

Un travail de cette nature impliquait fatalement des appréciations qui relèvent de la pathologie générale. Je n'ai pas hésité à en faire, à l'occasion, l'exposé catégorique, mais succinct, et seulement, dans la mesure que réclame l'intelligence des applications thérapeuliques. On se demandera peut-cire quelle doctrine en a inspiré les formules. On y reconnaîtra, en tous cas, l'horreur des théories préconçues et des pratiques hasardées.

PRÉFACE

Quelque original que fût ce plan, je n'ai pas cm, en l'adoptant, inventer la thérapeutique. Tout en cherchant à découvrir de nouveaux aspects et de nouvelles applications, je me suis appliqué à tenir compte de tout ce qui a été publié jusqu'ici, aussi bien dans Tordre scientifique que dans l'ordre pratique. Je ne pouvais mieux faire, que de m'inspirer des travaux du maître éminent, qui a vraiment restauré la thérapeutique à l'École de Paris, et de la brillante phalange d'élèves devenus maîtres, qu'il a laissés après lui. Je le devais d'autant mieux, que plusieurs ont été mes maîtres h moi, et qu'ils m'ont encouragé dans l'accomplissement de ce travail, avec une bienveillance dont je leur garde une profonde gratitude.

J'ai donc réuni dans ce livre des points de vue divers, qui, loin de s'exclure, ne peuvent que se féconder et se parfaire mutuellement. — J'ai bien entendu dire d'une part : la thérapeutique deviendra rationnelle, scientifique et expérimentale,ou elle ne sera pas; tandis que, d'autre part, on répétait : la thérapeutique restera empirique, traditionnelle et pratique, ou elle ne sera pas.

Plus frappé des rapports qui unissent les choses que des différences qui les séparent, plus sensible aux harmonies qu'aux antagonismes, je formulerai à mon tour cet autre aphorisme : la thérapeutique sera tout à la fois scientifique et pratique, ou elle ne sera pas.— ISovi veteribus non opponendï.

A. Ferrand. .

Paris, 27 septembre 1874.

TABLE DES CHAPITRES

Préface

Introduction

Art. I. — Historique

Art. il — De l'indication

§ 1. Constitution de la maladie, 7. — § 2. Indication d'après le siège de la maladie, 10. — § 3. Indication tirée de l'élément nosologique ou de la nature de la maladie, 11. — §4. L'Indication tirée de l'élément physiologique, 14. — § 5. L'Indication symptom: tique et la Méthode naturelle, 16. — § G. La spécificité, 19. — § 7 . Résumé, 23.

Art. III. — Du médicament

§ 1. — Absorption du médicament, 25. — § 2. Le médicament dans la circulation, 30. — § 3. Assimilation du médicament, 32. — § 4 . Élimination du médicament, 43. — § 5. Action du médicament, 30. — § C. Unité de la médication, 38. — § 7. Variabilité de l'action du médicament, 41. — § 8. Le moment et la Mesure en thérapeutique, 42.

Art. IV. — Division de l'ouvrage

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