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PREMIÈRE PARTIE NOTIONS GÉNÉRALES

La thérapeutique traite des ag-ents modificateurs de l'org-anisme susceptibles d'être utilisés dans le traitement des maladies. Ces ag-ents sont nombreuxetpeuvent être groupés, d'après leur nature, en hygiéniques, chirurgicaux, physiques, mécaniques et pharmaceutiques. Cet ouvrage est consacré exclusivement à l'étude de ces derniers, c'est-à-dire des médicaments.

L'étude des médicaments comprend la matière médicale et la pharmacodgnamie.

Matière médicale. — La matière médicale s'occupe spécialement de l'histoire naturelle des médicaments, c'est-à-dire de leur provenance, de leurs caractères morphologiques, physiques, chimiques et organoleptiques ; elle permet de reconnaître les drogues et d'apprécier leur pureté, leur qualité, et pour cela est encore appelée pharmacognosie.

Pharmacodynamie. — La pharmacodynamie étudie les modifications fonctionnelles et organiques que les médicaments produisent sur les êtres vivants, notamment sur l'homme et les animaux domestiques.

Kalfmann. 1

Les connaissances retirées de l'étude pharmacodynamique sont utilisables par le physiologiste pour analyser jusque dans leurs détails les fonctions des cellules, des tissus et des org-anes dont se compose l'organisme vivant; elles sont absolument indispensables au clinicien, au thérapeutiste, pour lui permettre de remplir certaines des indications que réclame l'état du malade. L'étude des médicaments au point de vue de leur emploi dans le traitement des maladies constitue \a pharmacothérapie.

LxDicATiONs ET TRAITEMENT. — • La première indication que doit chercher à remplir le clinicien consiste à supprimer le plus rapidement possible la cause morbide. Quand ce résultat est atteint dès le début de la maladie, celle-ci est arrêtée dans son évolution et s'amende rapidement. iMais le j»lus souvent la cause ])athûgène, ne [touvant pas êti^e atteinte immédiatement, continue son action sur l'organisme et ne tarde [tas à provoquer des lésions qui s'étendent de plus en j)lus et qui, à leur tour, éveillent dans l'économie malade des l'éactions fonctionnelles de plus en plus nombreuses et compliquées.

Ces lésions organiques et ces troubles fonctionnels doivent faire l'objet d'une étude approfondie et minutieuse de la part du clinicien. C'est à l'aide des éléments ainsi recueillis que celui-ci pose les indications à remplir et qu'il institue un traitement.

A côté du traitement patliogéniqne^ qui est dirigé contre la cause morbide, doit être institué le plus souvent un traitement des symptômes, traitement ayant pour but de combattre les symptômesd'uneintensité excessive, afin de maintenir les troubles fonctionnels dans une limite compatible avec la vie, d'accroître les forces du malade et d'augmenter ses moyens de défense et de lutte. Tout en combattant autant que possible la cause pathog-ène, on remédiera donc à la douleur, à la dyspnée, à la fièvre, à l'abattement général, aux convulsions, aux paralysies, à l'autointoxication, à la dénutrition, etc., lorsque ces symptômes sont exagérés et menacent l'existence.

Remède. — Le remède, c'eslloutce qui sert à guérir, quelle que soit la nature de l'ag-ent employé. Tous les agents thérapeutiques sont des remèdes, qu'ils soient hygiéniques, chirurgicaux, physiques, mécaniques ou pharmaceutiques. Les médicaments sont donc des remèdes, mais les remèdes ne sont pas nécessairement des médicaments. L'électricité, la chaleur, les rayons X, les radiations du radium, le massage sont des remèdes quand on

les emploie dans le traitement de maladies, mais ce ne sont pas des médicaments.

Médicaments. — Les métlicoments sont, d'après Vulpian, « des substances qui sont administrées pour ramener à l'état normal les fonctions troublées par la maladie ou pour guérir des lésions dont peuvent être atteints les tissus elles organes ». Pour Rabuteau. le médicament est « toute substance pouvant ramener à l'état normal les fonctions, en ag-issant sur les éléments anatomiquesou sur les bumeurs, ou en éliminant les corps qui sont nuisibles ou étrang-ers à l'org-anisme ». Ces définitions sont excellentes, mais elles peuvent être remplacées par la suivante, qui est plus générale et plus simple : le médicament est toute substance qu'on administre dans le but de guérir.

Aliment. — h'ali/nent est toute substance qui est utilisée par Torganisme soit pour réparer l'usure des organes, soit pour fournir l'énergie nécessaire à la production de la cbaleur et du travail. L'aliment peut devenir un médicament lorsqu'il est spécialement ordonné dans le but de guérir : ainsi le jaune d'oeuf, la lécithine, les phosphates, les ferrugineux, etc., tout en étant des principes alimentaires, peuvent, dans certaines circonstances, jouer le rôle de médicaments.

Poison. — On donne le nom de poison à toute substance qui, prise en quantité relativement faible, détermine des troubles fonctionnels importants pouvant parfois aboutir à la mort. La plupart des médicaments sont des poisons quand on les donne à doses trop fortes. D'un autre côté, les poisons les plus violents peuvent devenir d'excellents médicaments quandon sait les administrer à doses suffisamment faibles dans le but de guérir une maladie. La connaissance des doses ou la posologie est donc très importante, surtout pour l'emploi de substances très actives, comme les alcaloïdes, les glycosides, etc.

Médication. — Le terme de médication comprend un ensemble de médicaments ou de moyens ayant entre eux certaines relations dans leur origine, leur action ou le but qu'ils remplissent.

L'ensemble des médicaments qui ont un principe commun, comme le mercure, le fer. J'iode, etc., forme la médication mercurielle, ferrugineuse ou iodique, etc. ; ceux qui ont une action analogue comme les divers toniques, les divers calmants, etc., forment la base de la médication tonique ou de la médication calmante, etc.

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