ACÉTATE TRIBASIQUE DE PLOMB
nistralion d'iodure de potassium rend plus rapide réiimination de ce métal.
Pendant V empoisonnement chronique^ on voit apparaître des modifications fonctionnelles importantes. Il se produit d'abord une g-rande faiblesse musculaire, de la tristesse, de l'inappétence, des tremblements et des convulsions choréiformes, des coliques persistantes et très douloureuses, de la constipation alternant avec la diarrhée, une certaine difficulté dans la respiration, le cornag-e chez le cheval, l'abaissement de la température rectale, l'affaiblissement du pouls, le ralentissement des battements du cœur, la diminution de la sensibihté g-énérale, des douleurs rhumatismales et enfin l'amaigrissement progressif, qui aboutit au marasme, à la paralysie et à la mort.
Lorsque l'empoisonnement plombique se produit avec une grande lenteur, on voit apparaître la sclérose progressive du rein, du foie, des centres nerveux, de l'intestin. Ces différents organes se trouvent alors envahis par une formation exagérée de tissu conjonctif ; ils se rapetissent et deviennent très durs, surtout les reins. A l'analyse chimique, on peut y déceler du plomb.
Dans V empoisonnement aigu, les organes précédents subissent une dégénérescence graisseuse. Les symptômes consistent dans des phénomènes de gastro-entérite; il y a des vomissements, de la diarrhée, puis de la constipation, des coliques, ensuite des convulsions épileptiformes, enfin la paralysie et la mort.
Indications thérapeutiques. — A Vextérieur, les sels de plomb sont indiqués :
1° Gommé astringents analgésiques contre les inflammations cutanées, les brûlures, les plaies, les ulcérations, l'eczéma, le crapaud, etc. ;
2° Comme astringents et dessiccatifs contre les inflammations catarrhales des muqueuses apparentes; dans la conjonctivite, la métrite, la vaginite, la stomatite, etc.;
3° Contre les ulcérations de la cornée, les sels de plomb doivent être proscrits, car les particules de plomb qui se précipitent à la surface de l'ulcération s'enkystent et amènent des taches blanchefe qui persistent après la cicatrisation. Ils peuvent être employés par contre très avantageusement dans les conjonctivites ordinaires, non accompagnées d'ulcération cornéenne.
A l'intérieur^ l'acétate neutre est indiqué :
1° Pour combattre des diarrhées épuisantes et rebelles;
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2" Pour arrêter des hémorragies g-astro-intestinales ;
3" On l'a administré quelquefois pour combattre des iiémorragies rénales, pulmonaires, etc. ; mais ce moyen est dang-ereux et doit être abandonné.
Administration et doses. — Le sucre de Saturne s'administre en bols, pilules, électuaires, en poudre ou en solutions très étendues. L'extrait de Saturne sert à faire Veau blanche (1 à 2 p. 100), qu'on emploie pour laver les plaies, les contusions, pour faire des injections dans les fistules sur les muqueuses enflammées.
Doses thérapeutiques (sucre de Saturne).
Cheval o à 10 grammes .
Bœuf 1 à 5 —
Mouton, porc Ob',30 à 1 gramme .
Chien 0",02à OsMO
Toxicité. — Les g-rands ruminants et les volailles sont les animaux les plus sensibles au plomb.
Doses toxiques de sucre de Saturtie.
Bœuf 50 grammes .
Cheval 300 —
Mouton 50 —
Porc 8 —
Chien. 10 grammes.
Volailles Sont très sensibles au plomb.
Avec les doses précédentes, on détermine l'empoisonnement aig-u. Des doses beaucoup plus faibles administrées rég-ulièrement pendant long-temps déterminent la mort par intoxication chronique. Ainsi, Ellenberger et Hofmeister ont vu mourir deux moutons après trois mois, en leur donnant tous les jours de Os'', 5 à 3 grammes de sucre de Saturne.
Sels de fer.
Perchloruke de fer.
Fe^Cls + nH^O.
Le perchlorure de fer anhydre est solide, en écailles violacées, très hygroscopiques ; il est très soluble dans l'eau, l'alcool et Téther. Ce corps est rarement usité sous cet état : il s'emploie surtout sous la forme hydratée. Il constitue alors un liquide sirupeux marquant 20° au pèse-sel de Baume, d'une couleur roug-e brun,
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d'une odeur chlorée et d'une saveur acre et astring-ente. Il peut être acide, basique ou neutre ; c'est ce dernier qui doit être préféré. Ce liquide contient environ le tiers de son poids de perchlorure solide.
Avec les matières tannantes, ce sel de fer forme de l'encre; avec les cyanures et les ferrocyanures, il donne naissance à du bleu de Prusse. Il précipite les gommes, le mucilag-e, l'albumine et forme avec ces corps des combinaisons spéciales.
Effets physiologiques. — Le perchlorure de fer appliqué sur la peau intacte condense l'épiderme, le resserre, le tanne en quelque sorte et le rend imperméable. Lorsqu'il est appliqué sur une plaie ou une muqueuse suppurante, il y détermine immédiatement une action coagulante si énerg-ique que le coag-ulum formé ressemble à une fausse membrane ou à une escarre, ce qui fait croire à une action caustique qui n'existe pas. Il ne devient escarrotique sur les muqueuses et les surfaces nues que lorsqu'il est concentré. Il ne produit pas immédiatement de la douleur lorsqu'on l'applique, parce que le perchlorure de fer n'est pas une substance irritante ; mais, au bout de quelques heures et par suite de l'action désorganisatrice par coag-ulation qu'il exerce sur les tissus et les sérosités et de la mise en liberté d'une certaine quantité de chlore, il provoque une douleur assez vive, quoique peu persistante.
Le perchlorure de fer mis en contact avec le sang-, la lymphe, les sécrétions diverses contenant des substances albuminoïdes, exerce sur ces divers liquides une action coag-ulante des plus ènerg-iques. Quand on verse une quantité de perchlorure égale à X gouttes à 45° B. par centilitre de sang, en ayant soin d'agiter le mélange avec une baguette de verre, on obtient un magma solide, qui a la forme d'une pâte noirâtre, granuleuse, mais ferme. Abandonné à lui-même à l'air, ce magma complètement imputrescible durcit encore, se dessèche assez rapidement et se réduit facilement en une poudre brune, qui peut se garder indéfiniment. Un excès de perchlorure de fer ajouté au coagulum encore humide le rend d'abord moins solide, et une nouvelle quantité tend à le redissoudre.
C'est en 1852 que celte propriété coagulante a été découverte par le D"" Pravaz, de Lyon; elle a été immédiatement appliquée pour arrêter les hémorragies et guérir les varices.
Le perchlorure de fer est aussi un agent antiseptique et antiputride dune assez grande énergie. Les microcoques du pus
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sont tués en quinze secondes par une solution à 1 p. 100 (Martens) et le virus rabique perd en deux minutes ses propriétés dans une solution à 2 p. 100 (de Blasi et Russo-Travoli). Il est également antivenimeux, car il précipite le venin des serpents et lui fait perdre sa toxicité.
Administré à petites doses à l'intérieur, en solution étendue, il resserre légèrement l'estomac et l'intestin, colore les excréments en noir verdâtre et ne tarde pas à déterminer la constipation. A la dose de 30 grammes, il cause du dégoût chez le cheval et rend la déglutition difficile.
- Après son absorption, il comunique au sang une plasticité plus grande en augmentant le nombre des globules rouges. C'est un tonique puissant . Pendant longtemps on a considéré le perchlorure de fer comme hémostatique capillaire après son absorption et comme pouvant agir sur tous les organes parenchymateux. Cette action hémostatique générale n'existe pas; le perchlorure n'exerce plus aucune action coagulante sur le sang après son absorption.
h^action hémostatique ne peut donc être que locale, c'est-à-dire se borner aux points touchés directement par la solution.
Indications thérapeutiques. — Son action coagulante en fait un hémostatique local des plus puissants. Cependant l'efficacité peut dépendre beaucoup du mode d'application.
L'action coagulante du perchlorure de fer est tellement instantanée que, si l'on en verse sur les lèvres sanguinolentes d'une plaie, toute la superficie sera à l'instant coagulée; mais le liquide ne pouvant pénétrer jusqu'à l'orifice du vaisseau ouvert, l'hémorragie continuera ; il y a donc certaines précautions préliminaires qui sont indispensables à la réussite de l'opération :
1° 11 faut, autant que faire se peut, exercer, à une certaine distance de la plaie, une compression momentanée pour suspendre l'hémorragie; 2° éponger rapidement et aussi complètement que possible; 3° porter alors promptement unbourdonnet de charpie ou d'étoupe imprégné de liquide à l'orifice du vaisseau ou sur la surface sanguinolente dans les hémorragies en nappe, en pressant légèrement et en le maintenant un instant; 4° enfin ajouter un autre plumasseau et maintenir encore quelques minutes la compression, afin de donner au caillot le temps d'offrir assez d'adhérence pour ne pas être expulsé par l'écoulement sanguin.
Pour faire des injections hémostatiques dans l'épistaxis, la métrorragie, on emploie des solutions à 10 p. 100.
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