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S04CU + 5H

Ce sel, encore appelé vitriol bleu, couperose bleue, est cristaliisé en gros prismes obliques d'une belle couleur bleue. Il n'a pas d'odeur; sa saveur est styptique et désagréable. Exposés à l'air,^^j)r^^ ses cristaux se recouvrent d'une poudre d'un blanc verdâtre ; chauffés, ils fondent et se dissolvent dans leur eau de cristallisation, puis se transforment par dessiccation en une poudre blanche anhydre, très avide d'eau. L'eau rend au sulfate sa belle couleur bleue. 11 est insoluble dans l'alcool, soluble dans l'eau, et sa solubilité croît rapidement avec la température. Ainsi, à 19°, une partie de sel se dissout dans environ 3 parties d'eau et à 100° la même quantité se dissout dans environ une demi-partie d'eau. Il se combine à l'albumine.

Effets physiologiques. — Localement, le sulfate de cuivre agit à la façon des caustiques, des astringents, des a?itiseptiqiies et des antiparasitaires.

Il n'attaque que difficilement la peau intacte, mais il cautérise assez énerg-iquement la surface des plaies et des muqueuses. L'escarre qui se forme est sèche, brunâtre, bien circonscrite, généralement superficielle, ne se détachant que lentement et presque sans suppuration.

La cautérisation par le sulfate de cuivre est accompagnée d'une . ,Adouleur très vive et suivie d'un assez fort eng-orgement inflamma-,^,,i^Lc^-'^'^^ toire. Après la chute de l'escarre, il reste une plaie aseptique de \ bonne nature qui se cicatrise rapidement.

Introduit sous la peau sous forme de trochisque, le vitriol bleu détermine l'apparition d'un fort eng-orgement œdémateux et provoque une suppuration abondante. Pour éviter la mortification des tissus sur une trop grande surface, ainsi que l'absorption du poison, il faut retirer le trochisque après ving-t-quatre heures.

En solutions étendues, le sulfate de cuivre perd ses propriétés caustiques, devient fortement astringent et antiseptique. Il resserre vivement les petits vaisseaux, anémie les surfaces, arrête les sécrétions pathologiques, désinfecte et tonifie les plaies.

Il a des propriétés antiseptiques et antiparasitaires très

développées. En solution à 1, 2, 3, 4 p. 100, il tue la plupart des microbes pathog-ènes, les ferments figurés, les animalcules de la g'ale et les vers intestinaux.

Introduit dans l'estomac, le sulfate de cuivre provoque le vomissement chez les carnivores, même à faible dose. Ces animaux sont rarement empoisonnés par ce sel, quand il est ing-éré, caries vomissements qui surviennent produisent bientôt son expulsion.

A très faible dose, il est assez facilement supporté par les herbivores; il provoque une certaine constipation. A doses fortes^ il produit chez ces animaux la perte de l'appétit, des nausées, des coliques, de la diarrhée et une gastro-entérite mortelle. Ces accidents surviennent surtout avec le sulfate de cuivre administré en bol ou en électuaire.

Dans l'estomac, le sulfate de cuivre se combine avec l'albumine et forme un composé soluble dans un excès de liquide albumineux. L'absorption peut donc se faire assez vite. Arrivé dans le sang-, il est fixé par les hématies qui le transportent dans tous les tissus et le déposent dans les éléments cellulaires des parenchymes, surtout du foie, du poumon et du rein, où il peut séjourner plusieurs mois.

Son élimination est toujours très lente et se fait par labile, l'urine, la sueur et exceptionnellement par le lait.

Quand le cuivre a été absorbé en trop grande quantité, il détermine M empoisonnement . Les animaux tombent alors dans un grand état d'abattement et de faiblesse; ils maigrissent énormément, présentent de la diarrhée et meurent sans présenter de convulsions.

D'après les expériences d'Ellenberger et Hofmeister, les faibles

\ doses peuvent être supportées pendant longtemps; mais elles

^ J"^ finissent néanmoins par produire un empoisonnement chronique

^ auquel les animaux succombent. Ayant administré journellement

à trois moutons la dosede0s'',5 à 3 grammes de sulfate de cuivre,

ils ont vu succomber l'un après 52 jours, l'autre après ili jours

etlç troisième après 50 jours. Les symptômes observés consistaient

dans un «mrtï<7/*<5.çemen^ progressif, de la faiblesse générale, de

yjjJ^ V albuminurie, de V ictère, de Vhémoglobinurie et de V hématurie.

A^ ;< • A l'autopsie, ils ont trouvé une néphrite hémorragique et

parenchymateuse , une dégénérescence graisseuse et ictérique du

foie, une dégénérescence graisseuse des muscles locomoteurs et

du cœur, une couleur ictérique de tous les tissus et enfin une

inflammation gastro-intestinale et de l'œdème du poumon. Indications thérapeutiques. — A l'intérieur, le sulfate cuivrique est indiqué :

1° Comme vomitif chez les carnivores. Son action est rapide et toujours plus sûre que celle de l'émétique et de Tipécacuanha ; de plus, il n'affaiblit pas les animaux autant que ces dernières substances. C'est le meilleur vomitif après l'apomorphine; il agit surtout en irritant les extrémités gastriques du nerf pneumog-astrique ; le vomissement est donc réflexe comme avec l'ipécacuanha ; 2» Comme astringent et anticatarrhal, dans les diarrhées chroniques, les vieux catarrhes bronchiques, l'hématurie, l'albuminurie ;

3° Comme antidote dans l'empoisonnement par le phosphore. Ce corps se combine avec le cuivre et forme un composé insoluble.

C'est surtout àl'extérieur qu'on peut l'utihseravantag-eusement : lo Pour exciter, tonifier et désinfecter les plaies et les ulcères atoniques à bour^.oi;iiement molasse ou à sécrétion purulente fétide ; . t\ •.

2" Pour détruire les caries osseuses, cartilagineuses ou ligamenteuses et faciUter leur élimination. Il convient très bien contre toutes les maladiesdupiedrécentes ou chroniques, contre le mal de garrot, le clou de rue, la limace du bœuf, le piétin, le crapaud, etc. ;

3° Pour modifier r//î/7ff;«/n«?fon des paupières, de la conjonc- i \ tive ou du globe oculaire. C'est un des meilleurs médicaments à ^^^\^ opposer aux diverses ophtalmies ; il est souvent préférable au nitrate d'argent ;

4° Pour combattre les maladies cutanées sécrétantes, telles que crevasses, eaux aux jambes, fourchette pourrie, crapaud, dartres humides, gale, etc. ;

5° Pour tarir les sécrétions inuco-piwulenfes des muqueuses enflammées, exemples : gonorrhée, otorrhée, ozone, etc. ; et pour arrêter les hémorragies en nappe.

6" Pour désinfecter les ustensiles, les vases, les habitations, les peaux et autres objets contaminés par des virus.

Préparations. — Les préparations de sulfate de cuivre varient suivant le but à atteindre.

Pour cautériser et désinfecter rapidement une surface enflammée, on se sert des cristaux en nature ou du bâton; on touche plus ou moins longtemps les parties. Dans les ophtalmies aiguës ou

chroniques, on passe le cristal sous les paupières. On renouvelle cette cautérisation tous les trois ou quatre jours jusqu'à g-uérison complète. On saupoudre les plaies de mauvaise nature, les ulcères, la fourchette pourrie, etc., avec de la poudre de ce sel.

Pour les cas moins graves, on se sert de solutions aqueuses à 10 p. 100, à 5 p. 100, à 2 p. 100, etc.

Le sel en nature convient aussi pour désinfecter les matières fécales, les urines.

1" Liqueur de Villate.

Sulfate de cuivre 64 grammes.

Sulfate de zinc 64 —

Extrait de Saturne 125 —

Vinaigre J 000 —

Dissolvez les sels dans le vinaigre, ajoutez l'acétate de plomb et agitez vivement. L'acide acétique transforme l'extrait de Saturne en acétate neutre de plomb, que les sulfates de cuivre et de zinc décomposent entièrement; il se précipite du sulfate de plomb, et il reste en solution des sulfates et acétates cupriques et zinciques.

Cette préparation est surtout employée en injection dans les fistules diverses.

2° Liqueur de Villale laudanisée.

Sulfate de cuivre J

Sulfate de zinc [âa 4 grammes.

Laudanum i

Sous-acétate de plomb liquide 8 —

Vinaigre 32 —

Eau distillée 1 250 —

En injection sur les muqueuses qui sont le siège d'écoulements.

3° Liqueur de Veyret.

Sulfate de cuivre 10 grammes.

Vinaigre 80 —

Acide sulfurique 12 —

Dissolvez le sel dans le vinaigre, ajoutez l'acide sulfurique g-outte à goutte et remuez.

4° Pâte caustique de Payan.

Sulfate de cuivre, jaune d'œufs, q. s. pour faire une pâte épaisse.

Pour l'usage interne, on emploie des solutions aqueuses à 1 p. 100, ou bien on administre une poudre composée de 1 partie

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