ZINC MÉTALLIQUE
lange, car il y a boursouflement considérable, et faites cuire en remuant sans <:esse jusqu'à ce que la préparalion ait pris une belle couleur rouge de cuivre et acquis une consistance onguentacée.
2° Onguent Égyptiac de Scitaack.
Vert-de-gris pulvérisé 4 granmies.
Vinaigre 1 yiaiume.
Miel 1 —
Mélangez intimement les trois substances et laissez fermenter.
3° Pommade Rodier.
Sous-acétate de cuivre 1 gramme,
Axonge 4 grammes.
Miel Q. S.
Incorporez à froid. Contre les crevasses, les eaux aux jambes, etc.
4° Onguent vert.
Vert-de-gri.s 1 partie.
Onguent basilicum 4 parties .
Mélangez exactement à froid.
5° Pdte caustique de Gasparin.
A''ert-de-gris 100 grammes .
Vinaigre Q. S.
Faites une pâte épaisse.
0° Solution dessiccative.
Acétate neutre de cuivre 10 grammes
Eau ordinaire Q. S.
Indications. — Les acétates de cuivre ou les préparations cidessus conviennent, à l'extérieur, toutes les fois qu'il faut produire un effet astring-ent et antisécrétoire énergique (vieilles plaies, «rêvasses, crapaud, piétin, limace, etc.). L'onguent égyptiac est recommandé dans le traitement des plaies articulaires.
Composés de zinc et d'aluminium.
Zinc métallique.
Zn.
On emploie en médecine le zinc métallique en poudre. 11 se présente sous forme d'une poussière très fine, inodore, de couleur d'acier, gris foncé, adhérant très bien aux surfaces et ne les irritant pas .
En médecine humaine, on l'emploie avantag-eusement contre les ulcérations, surtout contrôle chancre mou. Après avoir lavé soigneusement et asséché le fond de l'ulcération au moyen d'ouate,, on dépose la poudre sur la surface ulcérée, de telle sorte qu'elle recouvre bien toutes les anfractuosités et les inég-alités du fond. On applique ensuite de l'ouate, et l'on renouvelle ce pansement tous les jours (Kopitowski).
Oxyde de zinc.
ZnO.
L'oxyde de zinc, encore appelé fleur de zinc, ou blanc de zinc, est une poudre blanche, soluble dans un million de fois son poids d eau.
Il n'est employé que pour l'usag'e externe contre l'eczéma, la" dermatite, l'intertrigo, etc.
Il agit alors comme astringent absort)ant et sédatif local. On s'en sert en jioudre à l'état de pureté, ou mélangé à l'amidon ou au sous-nitrate de bismuth.
âii 1
Oxvfl c de zinc )
Sous nitrate de bismuth S
Poudre d'amidon 2
Mélangez par trituration.
On emploie aussi avantag^eusement la pommade à 1 p. 10 à l'axong-e ou à la lanoline.
• Chlorure de zinc.
ZnCr-i.
Ce sel pur est solide, amorphe, demi-transparent, peu consistant, incolore, inodore, d'une saveur caustique. Il est très déliquescent à l'air, très soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther.
Effets. — Appliqué sur la peau intacte, ce sel ou sa solution attaque rapidement l'épiderme et ensuite le derme. L'action destructive résulte de sa grande affinité pour l'albumine et de la mise en liberté d'une certaine quantité de chlore et d'acide chlorhydrique, qui, à l'état naissant, constituent des caustiques énerg-iques. Sur les plaies et les muqueuses, l'action destructive est encore plus rapide et plus intense : après douze heures, on a une escarre épaisse de 6à 8 millimètres, et après vingt-quatre heures
de 10 à 12 millimètres. Ce sel se diffuse surtout en profondeur ; il réduit le tissu musculaire en une masse molle g-risàtre : il coagule le sang-, détruit les fibres nerveuses, mais laisse intacts les tissus fibreux, élastique et osseux. Pendant que l'escarre se forme, ce caustique produit une vive douleur. L'inflammation périphérique est intense. L'escarre grise, solide, devient dure et se détache après sept à neuf heures ; elle laisse une plaie de bon aspect qui se cicatrise rapidement. Le chlorure de zinc constitue pour la chirurgie vétérinaire un caustique précieux ; il ag-it rapidement ; son action se localise parfaitement ; il est peu coûteux et laisse toujours une surface aseptique à cicatrisation rapide ; il n'occasionne jamais d'empoisonnement.
En solutions faibles (2 à 10 p. 100), le chlorure de zinc ag-it sur les plaies comme astringent et comme antiseptique. Il dessèche les surfaces et tarit la sécrétion purulente.
En tant (\\i antiseptique et désinfectant, le chlorure de zinc n'ag-it que faiblement. Ainsi Koch a constaté que des solutions à o p. 100 n'ont pas empêché le développement du Bacillusanthra- ^is après un mois de contact. Les mêmes résultats ont été obtenus par beaucoup d'autres microbiologistes, et cela sur les microorg-anismes les plus variés. C'est donc un désinfectant infidèle.
Indications thérapeutiques. — La chlorure de zinc est indiqué :
1° Gomme caustique, pour détruire les tumeurs de nature squirrheuse ou cancéreuse, les tumeurs lardacées qui se montrent •assez souvent au pli du g-enou chez les ânes et à l'encolure chez les chevaux, les hygromas, les caries, etc.
Pour détruire les tumeurs ou des tissus pathologiques, on se sert ordinairement de la pâte de Canquoin composée de :
Chlorure de zinc 1
Farine -
Eau, q. s. pour ïiùvc une pâte.
L'addition d'un peu de glycérine donne plus de souplesse à cette pâte et retarde sa dessiccation.
Une couche de cette préparation est étendue à la surface des tissus qu'on veut détruire. Au bout de quelques heures, l'escarrification est complète sur une profondeur à peu près égale à l'épaisseur de la couche de pâte appliquée, et il n'y a plus qu'à réséquer les parties mortifiées. S'il reste encore des tissus patho-
logiques, on fait de nouvelles applications jusqu'à leur destruction complète.
On peut aussi se servir d'une solution concentrée de chlorure de zinc, par exemple du dùsinfectant de Saint-Luc, qui n'est autre chose qu'une solution de chlorure de zinc impur à 77 p. 100 et marquant environ 100° au densimètre Baume à -|- 1G°.
Ce liquide étendu de son volume d'eau convient particulièrement pour faire des injections dans les fistules où existent des tissus cariés.
2° Gomme astringent, dessiccatif et lég-er antiseptique, le chlorure de zinc en solution étendue, de 2 à 10 p. 100, convient contre les vieilles plaies suppurantes, les fistules de toute nature. Dans ces cas, il est supérieur à tous les autres agents, et il est très apprécié en chirurg-ie humaine. En médecine vétérinaire, M. Cag'ny a obtenu également avec cet agent des guérisons rapides de plaies ou de fistules diverses. 11 le considère comme le plus pratique des désinfectants chirurgicaux, à cause de son prix peu élevé et de sa grande efficacité. Pour opérer le lavage desplaies ou des fistules, on se sert de la seringue ou de l'irrigateur en caoutchouc, ou plus simplement de tampons d'étoupe imprégnée de la solution. Les pulvérisations de la solution sous forme d'un brouillard sont aussi très efficaces sur les plaies largement ouvertes.
3° Comme désinfectant, le chlorure de zinc a eu autrefois une grande réputation ; mais les travaux des microbiologistes ont montré que son action désinfectante n'est qu'insignifiante. Il faut réserver ce corps pour l'emploi chirurgical et n'en jamais user pour la désinfection (Nocard).
4° On emploie aussi un mélange de chlorure de zinc et d'oxyde de zinc pour confectionner une pâte antiseptique qui peut remplacer les bandag-es. Cette pâte, préconisée par le professeur Socin (de Bâle), adhère solidement à la peau et rend superflu l'emploi de bandes. Elle se compose de :
Oxyde de zinc 50 parties.
Eau 50 —
Chlorure de zinc 5 à (i —
Mêlez intimement.
La pâte doit être employée aussi fraîche que possible; il faudra donc la préparer au moment de s'en servii-. Elle sera employée
ZINC (sulfate de). 311
dans toutes les circonstances où le chirurg-ien désire, pour une raison ou l'autre, éviter l'emploi de bandes pour maintenir les substances antiseptiques en contact avec une plaie suturée. Après l'opération, aussitôt les sutures achevées et après un dernier lavage antiseptique du champ opératoire qu'on dessèche ensuite exactement, on étend avec un pinceau ou avec une spatule la quantité nécessaire de pâte de Socin sur la plaie suturée et son voisinage immédiat. La pâte se sèche au bout de quelques minutes, pendant lesquelles on lui incorpore quelques minces flocons d'otiatepouraug-menter sa résistance; finalement on obtient une croûte solide, fortement adhésive, im{)erméable à l'air et aux liquides, qui assure une antisepsie parfaite de la plaie et, par suite, la réunion par première intention. Après cinq ou six jours, on décolle avec ménagement le petit emplâtre pour découvrir la plaie et enlever les sutures. Cette opération terminée, on fait un no.uvelle application de pâte, qu'on laisse en place jusqu'à ce qu'elle tombe d'elle-même.
Zinc 'Sulfate de)
S0^Zn.7H-^0.
{Couperose blanche, vitriol blanc.)
Le sulfate de zinc forme des cristaux blancs. 11 est insoluble dans l'alcool et l'éther. soluble dans 6 parties d'eau froide et beaucoup plus soluble encore dans l'eau chaude. Il coag-ule l'albumine comme l'alun, et le coag'ulum formé ne se redissout pas.
Effets physiologiques. — Les effets locaux sontdes effets «.s7/*/;igents analogues à ceux produits par le sulfate de cuivre, mais ils sont plus faibles.
D'après les expériences de Tabouriu sur le chccah les effets du sulfate de zinc sur le tube dig-estif sont essentiellement dilférents suivant les doses. Ainsi donné à petites doses, c'est-à-dire de 4 à 5 grammes, dissous dans i litre d'eau, ce sel se comporte purement et simplement comme un astring-ent fort ; il décolore et dessèche la bouche, augmente la soif, produit la constipation et durcit les excréments. Mais, administré à doses moyennes de 10 à 20 grammes, ses effets sont entièrement différents : la dég-lutition du breuvagre est laborieuse, la bouche devient sèche et pâteuse, l'appétit est diminué et la soif augmentée, la
312 ZINC (sulfate DE).
défécation est rare, difficile, et les excréments sont liénéralement durs et coillés ; on remarque souvent des coliques; le ventre diminue de volume et se relève ; il y a parfois des bâillements suivis de nausées et de violents efforts de vomissement ; alors il y a de la salivation, de l'abattement, du hoq^iiej^ des éructations et quelquefois rejet par les naseaux de matières venant de l'estomac. Enfin, à doses élevées et toxiques, comprises entre 30 et 40 grammes, les effets, quoique étant de même nature, sont plus intenses et plus rapides.
Chez le chien, des doses de 08^'',50 à 2 g-rammes déterminent le vomissemefit sans aucun accident consécutif.
Après l'absorption, le sulfate de zinc à faible dose ralentit la circulation et la respiration et augmente la sécrétion urinaire. A forte dose, il produit des nausées, un ralentissement et un affaiblissement des mouvements du cœur, un affaissement profond du système nerveux et enfin la paralysie et la mort.
A l'autopsie d'un animal qui a succombé à une dose trop forte de sulfate de zinc, on trouve les lésions suivantes ; ecchymoses disséminées sur la muqueuse de l'intestin grêle et plus encore sur le g^ros intestin ; réduction du calibre de tout le tube digestif ; cœur petit et ecchymose sur l'endocarde; consistance plus grande qu'à l'ordinaire des organes parenchymateux et glandulaires.
Indications thérapeutiques. — Le sulfate de zinc est indiqué :
1° Gomme astringent ùi désinfectant iég-er conli-e les inflammations catarrhales de la plupart des muqueuses apparentes. On l'emploie confi-e la conjonctivite en solution de i à 5 p. 100 ; contre la vaginite, le catarrhe préputial, l'otorrhée, l'urétrite et chez l'homme contre la blennorrag-ie;
2° Gomme vomitif chez le chien. Le vomissement est rapide, abondant et ne fatigue généralement pas trop les animaux. Son action vomitive est due à l'irritation qu'il développe à la surface de la muqueuse stomacale. Il no faudrait donc pas l'employer quand l'estomac est enflammé.
3° Gomme antidiarrhéi(pic et anticatarrhal. Dansées cas. il convient de n'employer que des doses très faibles.
Aîitidotes. — On combat les effets irritants exagérés que le sulfate de zinc peut provoquer dans le tube digestif par l'administration de lait, de blanc d'œuf, d'eaux sulfureuses, d'eau mucilat'ineuse.
Doses.
Doses vomitives de sulf'ale de zinc.
Porc 0?^5
Chien O^M
Chat og^o:i
Alun.
Sulfate d'alumine et de potasse.
SO^K^ + A12(80i)3 + 24H20.
Les cristaux d'alun renferment 45 p. 100 d'eau de cristallisation. Quand ils sont soumis à une température élevée, ils se boursouflent considérablement, perdent leur eau, deviennent anhydres et donnent Valun calciné. L'alun cristalisé est soluble dans 10,5 parties d'eau froide, dans 5 parties d'eau chaude et dans
I partie d'eau bouillante; il est insoluble dans l'alcool. Il est inodore ■et a une saveur styptique.
Certaines substances le décomposent; les principales sont : la potasse, la soude, l'ammoniaque, les carbonates de ces bases, la <ihaux, la mag-nésie, les sels de plomb, les substances tannantes.
II est important de tenir compte de ces incompatibilités dans les préparations pharmaceutiques.
Effets physiologiques. — Sur la peau intacte, les effets sont à peine marqués : ce n'est qu'à la longue que la peau est irritée et crispée. Sur la peau dénudée et sur les muqueuses, l'alun produit une légère irritation ; puis il resserre et condense vivement ies tissus, et en même temps il arrête leurs sécrétions, les dessèche et exerce une action désinfectante manifeste. Les surfaces sont alors comme tannées et résistent à la putréfaction. Cet elfet astrinçient et antiputride est dû à la combinaison de l'alun avec l'albumine des tissus, qui est précipitée à l'état insoluble. D'après Mialhe, le précipité que forme l'alun avec l'albumine est soluble dans un excès de ce sel; il en résulte qu'à une certaine dose il cesse d'être astringent pour devenir détersif. L'alun a un pouvoir bactéricide et antiseptique évident.
L'alun calciné, beaucoup plus actif, non seulement resserre les surfaces, les désinfecte et arrête leurs sécrétions, mais encore il détruit les tissus en les escarrifiant lég-èrement, si l'application est un peu prolong-ée ; cet effet est surtout très évident sur les solutions de continuité anciennes avec bourg-eonnement mollasse
et exagéré. Orfila dit que l'alun calciné, introduit sous la peau, détermine la morlitication conaplète des tissus qu'il touche.
Administré à petites doses souvent répétées, lalun n a d"abord aucun ell'et apparent sur la digestion, si ce n'est la j)roduclioif d'une léf/èi't' consfipation : mais, après un certain temps, il resserre le canal dig-estif, arrête les sécrétions, produit même de l'irritation et une g-astro-entérite à doses, élevées. D'après Orfila, 30à60 gM'ammos d'alun administré en une fois au chien produisent des déjections alvines hâtives et des vomissements si les voies sont restées libres. Dans le cas, au contraire, où l'on a lié l'œsophage, la mort s'ensuit, et l'on trouve à l'autopsie la muqueuse gastrointestinale enflammée, le mucus coag-ulé, les tuniques racornies et dures, etc.
Dans l'estomac, l'alun se combine avec des matières albuminoïdes et forme des composés solubles et absorbables. Il passe dans le sang- et, après douze heures, on peut le retrouver dans les urines. L'alun absorbé ralentit les sécrétions, notamment celle de la sueur, de l'urine et du lait. L'abus de cette substance amène un appauvrissement du sang- et un trouble considérable dans la nutrition générale, d'où maigreur, puis marasme. L'élimination se fait surtout par les urines.
Indications. — L'action astringente énergique de l'alun indique son emploi sur les plaies bourr/eoiinantes, les fistules artirulai?y's, les catar)'hes des muqueases, les lujjiersécrétions de toute nature, les renversements du rectum, du vagin et de l'utérus. En solution de 1 à 2 p. 100, il convient très bien dans la métrite chronique sous forme d'injections. Ces mêmes injections sont aussi très utiles dans les cas de non-délivrance pour exciter les contractions de l'utéius et pour empêcher la putréfaction du délivre.
La poudre d'alun calciné réprime les bourgeons molasses et détruit les excroissances, désinfecte les plaies et hâte la cicatrisation.
Dans les cas d'hémorragies capillaires (métrorragies, épistaxis), les solutions d'alun employées en injections arrêtent bientôt l'écoulementdu sang.
La propriété que possède l'alun de précipiter l'albumine le fait employer pour confectionner des bandages contentifs pour les fractures et les luxations. Pour les entorses et la luxation du boulet chez les solipèdes, on prend six blancs d'œufs et
32 grammes d"alun calciné réduit en poudre ; onbat le mélange et on imprègne des plumasseaux et des compresses qu'on dispose en long' tout autour de l'articulation malade ; puis, à l'aide d'une bande de toile ou de flanelle de 2 mètres de longueur et de 6 centimètres de larg-eur, on exerce une compression bien ég-ale autour du boulet. L'appareil doitrester en place huit jours et le sujet être tenu tout ce temps dans un repos complet (Delorme). On peut aussi employer l'alun de la manière suivante pour les appareils contentifs des fractures. On fait bouillir i litre d'alcool faible avec 500 grammes d'alun cristallisé, jusqu'à ce que le mélang-e ait acquis une consistance sirupeuse ; puis on trempe dans cette préparation des étoupes dont on entoure le point fracturé; on place ensuite les attelles comme à l'ordinaire, et on termine le pansement, en recouvrant le tout avec une bande imprégnée d'un mélange chaud de résine et de poix noire. Cet appareil est d'une extrême solidité et mérite de passer dans la pratique (Lafontaine) .
 r intérieur, l'action astringente et antisécrétoire de l'alun fait employer cette substance pour combattre la diarrhée et le relâchement du tube dig-estif. Les effets généraux ne sont guère utilisés que pour combattre le pissement de sang, V albuminurie. On pourrait aussi l'employer à l'intérieur pour tarir certaines sécrétions morbides des voies génito-urinaires, puisque ce sel est éliminé par les urines.
Doses. — A l'intérieur, l'alun cristallisé se donne aux doses suivantes :
Grands ruminants 10 à lo graimiies.
Solipèiles 10 à la —
Petits ruminants et ])or<" 3 à
Chien 0,.50 à
Préparations et administration. — Pour les plaies, les muqueuses enflammées et suppurantes, on emploie des solutions aqueuses à 1-2 p. 100, soit seul, soit associé à l'acétate de plomb. Pour arrêter les hémorrag-ies superficielles, on emploie un mélange à parties ég-ales de poudre d'alun calciné et décorée de chêne.
Pour l'usage interne, comme antidiarrhéique, on l'associe à la poudre de g-uimauve, à l'écorce de chêne, à la gomme arabique, à l'opium, et on l'administre sous forme d'électuaire, de breuvage ou de poudre.
316 TANIN OFFICINAL.
Astringents végétaux.
Tanin officinal.
Acide laimiquc.
Le tanin officinal se présente sous la forme d'une poudre amorphe, blanche ou lég-èrement jaunâtre, inodore, d'une saveur amère et styptique, soluble dans son poids d'eau, dans 6 parties de g-lycérine, dans 2 parties d'alcool, insoluble dans l'éther.
Exposée à l'air, la solution d'acide tannique se couvre de moisissures, se colore en brun, dég'age de l'acide carbonique et se transforme en acide g-allique et en sucre. L'acide tannique précipite tous les liquides de nature albumineuse ou muqueuse : il précipite aussi un g-rand nombre de sels métalliques et d'alcaloïdes. Avec les persels de fer, il donne de l'encre, dont la coloration est noire, bleuâtre, verte ou grise;
Le précipité que l'on obtient en versant une solution d'acide tannique dans une solution albumineuse est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'acide acétique, dans un excès de solution albumineuse, dans l'acide lactique et l'acide chlorhydrique étendus et enfin dans les carbonates alcalins et les alcalis.
Lorsque l'acide tannique est complètement saturé par les alcalis et que saréaolion est devenue alcaline, il ne précipite plus les solutions albumineuses. Les tannâtes alcalins n'ont plus aucune action visible sur l'albumine, mais ils possèdent encore la saveur astringente et les propriétés resserrantes de l'acide tannique.
La pepsine et les peptones se comportent comme l'albumine lorsqu'elles sont mises en contact avec l'acide tannique. Quand on ajoute cet acide à une solution de pepsine, on obtient un précipité qui est soluble dans la solution d'acide chlorhydrique à 1 p. 1000; en ajoutant de l'acide tannique à une solution de peptone, il se forme un précipité insoluble dans un excès de tanin, mais soluble dans 1 p. 100 d'acide chlorhydrique. Ni les solutions de pepsine ni celles de peptones ne précipitent lorsqu'elles sont acidifiées préalablement par l'acide chlorhydrique, comme cela a lieu dans l'estomac. Les expériences du D*^ Lewin, à l'institut pharmacologique de Berlin, le prouvent suffisamment. Cet auteur a fait voir que, dans les dig-estions artificielles, la pré-
TANIN OFFICINAL. 317
sence de Facide tannique n'empêche pas la transformation des matières albiiminoïdes en peptones. lia vu aussi que les tannâtes d'albumine, obtenus en précipitant l'albumine par le tanin, sont transformés en peptones dans les dig-estions artificielles. L'acide tannique ne subit aucune altération pendant les dig-estions artificielles; il n'est pas transformé en acide g-allique et g-lycose, comme on l'a cru pendant long-temps.
Il est utile de connaître l'action directe qu'exerce l'acide tannique- sur le sang- et la lymphe. Ces connaissances serviront pour expliquer ses effets physiolog-iques.
Quand on ajoute à du sang- quelques gouttes d'acide tannique en solution, il se forme au point de contact des deux liquides une coagulation qui disparait par l'ag-itation, aussi long-temps que le sang- conserve sa réaction alcaline. Quand on ajoute au sangassez d'acide pour lui faire perdre sa réaction alcaline, le coagulum formé ne se redissout plus par l'ag-itation. La lymphe se comporte exactement comme le sang- vis-à-vis de l'acide tannique.
Ces effets sur le sang- et la lymphe se comprennent très bien, puisque nous avons dit plus haut que les tannâtes d'albumine sont solubles dans les carbonates alcalins. Aussi longtemps que le sangou la lymphe renferme des carbonates alcalins libres, le coa^-ulum formé par l'acide tannique se redissout ; mais, aussitôt que les carbonates alcahns sont saturés, le coagulum persiste. Ce coag-ulum disparait seulement, si on ajoute au sang- des carbonates alcalins, ou une nouvelle quantité de sang- jusqu'à réapparition de la réaction alcaline.
L'acide tannique a aussi une action sur la matière colorante des g-lobules rouges du sang-. Après l'addition de tanin, le sanoprend une coloration rouge écarlate, d'autant plus prononcée que la quantité d'acide tannique ajoutée est plus considérable. Ce sang- très rouge, abandonné pendant quelque temps, devient ensuite peu à peu brunâtre, puis noir. Au spectroscope, il donne alors la raie de l'hématine acide entre 32 et 34.
L'acide tannique ne s'altère pas dans le sang- et la lymphe, même après un contact très prolongé. On peut, en effet, avec des dissolvants appropriés, retirer du sang- le tanin pur.
Propriétés physiologiques du tanin. — L'acide tannique est antiseptique, aiUipulride. Il empêche les fermentations produites par des ferments figurés. Cette propriété n'a pas été admise pourtant par tous les pharmacologues ; il en est qui ont enlevé à
318 TANIN OFFICINAL.
l'acide tannique la propriété antiseptique, la propriétr d'arrêter les fermentations. Ces auteurs se basent principalement sur ce fait que les moisissures se développent dans les solutions d'acide tannique exposées à l'air.
Cet arg-ument est dénué de toute valeur, car les moisissures se développent dans un grand nombre de solutions de substances toxiques reconnues universellement comme jouissant de propriétés antiputrides énerg-iques. C'est ainsi qu'on voit les solutions d'acide arsénieux, d'acide oxalique, de strychnine, de dig-italine, etc., se couvrir de moisissures. D'ailleurs, les moisissures diffèrent considérablement des ferments de dédoublement qui engendrent les fermentations. Il n'y a aucune relation entre le développement des moisissures et celui des ferments. On remarque même une espèce d'antag'onisme; en elTet, les moisissures ne se développent qu'avec difficulté dans les substances en décomposition putride. Les g-ermes de la putréfaction rendent le -^^^ terrain moins propre au développement des moisissures. •■ l >'^'
D'ailleurs, il est facile de démontrer directement que l'acide tannique est antiputride et antiseptique. Il suffit d'ajouter à du sang- putréfié une certaine quantité d'une solution d'acide tannique pour voir l'odeur fétide disparaître. Le sang- acquiert la propriété de se conserver longtemps sans se putréfier. Les bactéries, très mobiles dans le sang- putréfié, sont immobilisées immédiatement par l'acide tannique. On a pu conserver, pendant des mois, des tannâtes d'albumine obtenus en précipitant une solution d'albumine pure par cet acide. Une culture de vibrion cholérique peut être stérilisée ou du moins arrêtée dans son développement par une solution de tanin à 2 p. 100 (Cantini).
Cette propriété antiseptique doit être attribuée à la grande affinité du tanin pour les matières protéiques et pour l'eau. L'albumine, en se précipitant, entraîne les germes de la putréfaction, les eng-lobe et empêche leur multiplication. Des solutions tanniques concentrées enlèvent au ferment de la levure la propriété de transformer le sucre en alcool. Le tannag-e des peaux est basé sur la propriété que possède l'acide tannique de rendre le cuir imputrescible.
Les effets locaux produits par l'acide tannique sur l'organisme vivant varient suivant la concentration des solutions employées et la durée et le mode d'application.
Après l'application de l'acide tannique sur les muqueuses et les
TANIN OFFICINAL. 319
plaies, on voit se produire une action ai>tringente énergique. Le tissu se resserre, les liquides qui l'imprrg-nent se coag-ulent. Les solutions concentrées agissent moins profon(iément que les solutions étendues ; car il y a, avec les premières, formation immédiate d'une couche de tannate d'albumine très dense qui s'oppose à la pénétration du reste du liquide. Mitscherlich, après une injection de 15 grammes de tanin dans 45 centimètres cubes d'eau dans l'estomac d'un lapin, mort, a vu qu'après vingt heures le tanin avait à peine pénétré jusqu'à la musculeuse de la paroi stomacale. Des solutions à 10 p. 100 pénètrent au contraire jusqu'à la séreuse péritonéale dans l'espace d'une heure. L'acide tannique, administré aux animaux, ag-it d'abord localement sur la muqueuse buccale, l'estomac et l'intestin ; il manifeste ses propî'ie'fe's astringentes en condensant la muqueuse, en arrêtant les sécrétions et en resserrant les voies dig-estives. Il provoque en g'énéral une coJistipation |)lus ou moins opiniâtre. A dose élevée, il arrête même la digestion et détermine des coliques.
Pendant son séjour dans le tube digestif, l'acide tannique est absorbé et passe dans le sang-. Il est intéressant de savoir sous ■quelle forme il est absorbé. Il y a deux opinions principales sur le mode d'absorption de cet acide. Certains auteurs pensent qu'il forme des composés solubles dans le tube dig-estif, en se combinant aux matières albuminoïdes, et qu'il est ainsi absorbé sans subir aucune altération ; d'autres prétendent qu'il est décomposé en acide g-allique et g-lycose, et que ce sont ses produits de décomposition seulement qui passent à l'absorption. L'expérience parle en faveur de la première opinion. Une solution de tanin introduite dans l'estomac n'altère en rien les peptones déjà formées, parce que ces peptones sont en dissolution dans un liquide qui renferme de l'acide chlorhydrique. Les matières albuminoïdes non encore transformées en peptones se précipitent et forment des tannâtes d'albumine. S'il y a un excès d'albumine, les tannâtes d'albumine formés se redissolvent. S'il n'y a pas d'excès d'albumine, les tannâtes formés sont transformés par l'effet de la digestion en peptones non précipitables.
De toute façon, on voit que l'acide tannique est susceptible de devenir absorbable. Dans l'intestin, il rencontre des liquides alcalins et forme alors des tannâtes alcalins solubles et absorbables. L'acide tannique est donc absorbé par les voies dig-estives à l'état
320 TANIN OFFICINAL.
de tannâtes cralbuminoïdes solubles ou à l'état de tannâtes alcalins. Il ne se décompose pas dans le tube digestif en acide gallique et sucre (Lewin).
Après l'absorption, l'acide tannique se retrouve dans le sangsous forme de tannâtes albumineux et alcalins. Le sang- devient plus roug-e, plus consistant et se coag-ule rapidement lorsqu'il est tiré des vaisseaux.
En circulant dans le sang-, l'acide tannique n'est pas décomposé ; il conserve ses propriétés astring-entes et les manifeste sur tousles tissus.
C'est le tissu musculaire qui subit les plus grandes modifications sous son influence. Le muscle perd de son extensibilité, mais son élasticité devient plus parfaite. Les petits vaisseaux, dontles parois renferment beaucoup de fibres musculaires, se rétrécissent, et la pression artérielle devientplus forte. La rate diminue de volume, et son tissu se densifie comme sous l'inlluence de la quinine. Le& nerfs deviennent moins excitables, et toutes les sécrétions sont diminuées.
Pendant longtemps, on a admis que l'acide tannique est éliminé sous forme d'acide gallique par les urines ; mais les observations de Gohier et les expériences de Lewin démontrent qu'une grande partie s'élimine en nature. Il est expulsé avec l'urine sous forme de tannâtes alcalins et d'acide tannique libre. On n'a pas pu le retrouver dans la salive, la sueur, le mucus bronchique, le suc pancréatique. Dans certaines circonstances, et surtout chez le chien, une assez grande quantité de l'acide tannique administié se retrouve dans les urines à l'état d'acide g-allique.
Emploi thérapeutique . — Localement l'acide tannique répond à toutes les indications des astringents. Il resserre etdensiiie, sans les irriter, les tissus mous et atones; il tarit les sécrétions morbides et dessèche les surfaces qui sont le siège d'une sécrétion anormale, les plaies et les muqueuses enflammées . Il agit efficacement contre Valonie du tube digestif, les diarrhées épuisantes. Ses propriétés coagulantes le rendent également précieux comme hémostatique local, surtout contre les hémorragies en nappe. C'est un bon antidote contre rcm})oisonnement parles alcaloïdes végétaux, les sels métalliques et l'émétique.
Les eiïets astring-ents que ce médicament produit sur tout l'organisme, après son absorption, le rendent précieux pour combattre Vatonie des org-anes, les lujpersécrétions des muqueuses
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éloignées, les hémoi'vagies dans les organes parenchymateux. 11 ne faut pas, en ellet, oublier que ce corps, après sa pénétration dans le sang- et la lymphe, conserve ses vertus astring-entes et qu'il les développe dans tout l'organisme, surtout dans les org-anes où Télément musculaire domine. Au moment de son élimination par l'urine, il exerce son action astringente et antisécrétoire sur les reins, la vessie et le canal de l'urètre.
Administration. — L'acide tannique, administré en grande quantité, sous la forme de poudre, détermine rapidement une perte d'appétit, une certaine difficulté dans la digestion et même quelquefois une véritable irritation gastro-intestinale. Pour éviter ces effets irritants locaux sur le tube digestif, il est utile de ne jamais administrer de tanin sous forme de poudre ni de solutions concentrées. Il faut le donner en solutions diluées ou sous forme de tannate d'albumine ou de tannate alcalin,
La solution de tannate d'albumine est facile à préparer; il suffit deprécipiter un liquide albumineux parle tanin et de redissoudre le coag-ulum par l'addition d'une nouvelle quantité d'albumine. Ces solutions ont l'avantag-e de pouvoir se conserver longtemps sans altération, et leur saveur astringente est moins prononcée que celle des solutions tanniques pures. On trouve dans le commerce une préparation de tanin et d'albumine connue sous le nom de taniialbine qui a été employée parfois avec succès.
On peut aussi transformer l'acide tannique en tannâtes alcalins, en y ajoutant du carbonate de soude. Cette solution doit se préparer au moment de s'en servir.
On peut encore précipiter une solution albumineuse par l'acide tannique et redissoudre le coag'ulum par le carbonate de soude.
En employant cet acide sous l'une des formes que je viens d'indiquer, il est supporté facilement par le tube dig-estif, et ses effets généraux se développent rapidement.
A Vextéineur^ on emploie la poudre, les solutions aqueuses ou glycérinées, les pommades, le collodion tannique.
Doses thérapeutiques.
Grands herbivores 5 à 15 grammes.
Pelits ruminants 2 à S
Chien et chat Os'-.O.^ià 08^,23
Volailles Qs'-.Ol à 0sr,05
Kaufmann. 21