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GAROU

par la naissance de poils de même couleur et ne laissant aucune trace de la vésication.

Ramollie dans l'eau ou le vinaig-re, l'écorce de g-arou insinuée sous la peau y détermine lentement un eng'org-ement considérable et une exsudation séreuse très abondante. Elle ag-it surtout très bien chez les ruminants, où elle est d'un usag-e fréquent; chez le cheval, elle produit des effets exag-érés, et il convient de retirer le trochisque aussitôt que Tengorg-ement s'est développé, autrement la peau s'ulcère et se perfore.

Donné à l'intérieur sous forme de décoction, le g-arou est assez facilement supporté par les solipèdes jusqu'à 50 grammes. A la dose de 15 à 30 g-rammes, il excite le tube dig-estif et aug-mente l'appétit ; mais, quand la dose s'élève à 40 ou 50 g-rammes, il détermine des coliques, produit un mouvement fébrile assez intense, cause de l'agitation, des mouvements désordonnés et des contractions spasmodiques des muscles de la face.

Les expériences d'Orfiia font voir que le garou, donné en poudre à des chiens, cause de la salivation, des vomissements, des cri& plaintifs, et amène la mort à la dose de 12 grammes. La poudre, déposée sur une plaie de la cuisse d'un chien, a déterminé la mort de l'animal au bout de vingt-six heures.

Indications thérapeutiques. — A Vintéineur, l'écorce de garou a été employée à très faible dose pour augmenter l'appétit et améliorer la nutrition dans les maladies lymphatiques anciennes, les tumeurs osseuses, le rhumatisme chronique, les hydropisies, etc.

A l'extérieur, on l'emploie à titre de véaicant QiA^antipsorique, seule ou combinée à l'action des cantharides, de l'euphorbe, etc. Les ti'ochisques de cette écorce sont d'un usage fréquent dans la médecine du bœuf. Ils conviennent surtout sur les jeunes ruminants, parce qu'ils développent leurs effets peu à peu et sans occasionner beaucoup de douleur. Par contre, il faut éviter d'en faire usage chez les solipèdes, parce que leur action est toujours trop énergique, à moins de prendre la précaution de retirer le trochisque aussitôt que l'engorgement s'est développé.

Préparations :

1° Teinture de garou.

Poudre de garou ^

Alcool ordinaire 5

TIIAPSIÂ. 397

2° Huile de garou.

Écorce de garou divisée 1

Huile grasse "^ 8

Faites macérer à une douce chaleur et passez avec expression.

3° Pommade de gavou.

Poudi-e de garou 1

Axonge 4

Incorporez.

Thapsia.

Thapsia garganic.\ L.

(Faux fenouil. Faux turbiih, Bou-nefa, Brize.)

Cette plante de la famille des Ombellifères, croît abondamment s ur les terrains secs et arides du Tell algérien. On la trouve aussi dans les parties méridionales de l'Espagne, de l'Italie et en Grèce.

La racine est la partie la plus usitée et la plus active. Elle doit son activité à une résine qui semble constituée par de l'acide caprylique C»H»«0% de l'acide thapsique C^H^oQ* et des matières neutres. Cette résine sert à préparer le Sparadrap de thapsia.

Effets physiologiques. — Les elTets du thapsia sur la peau du cheval ont été bien étudiés par Souvig-ny et Viardot (1). La décoction de cette racine, appliquée en frictions sur une région, détermine d'abord la rubéfaction de la peau, qui se tuméfie et devient chaude, douloureuse. Au bout de ving-t-quatre heures, la tuméfaction s'étend au tissu cellulaire sous-cutané, et le tégument se recouvre d'un g'rand nombre de petites vésicules pleines d'une sérosité citrine ; bientôt ces petites phlyctènes crèvent, et le liquide qu'elles contiennent se concrète à la surface de la peau, en formant une croûte d'un brun jaunâtre. Enfin la tuméfaction du derme et des tissus sous-jacents se dissipe peu à peu, et, au bout de quinze jours, tout est réparé. Viardot, qui s'est servi surtout de l'huile de thapsia mélang-ée au g-oudron de bois, a obtenu de forts eng-orgements. Quand on y associe l'essence de térébenthine, l'action est très prompte et très énergique.

Dans letubedig-estif, le thapsia a des elTets éméto-cathartiques très prononcés. C'est un purg-atif drastique très dangereux; aussi

(1) Recueil de mém. et d'obsev. de méd. et d'hyg. vétér. milit., t. XIX, p. 514.

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détermine-t-il souvent la superpurgation et la mort des animaux qui en mangent accidentellement.

Après l'absorption du principe actif, le thapsia produit, à petite dose, une diurèse très marquée. Les autres efîets g-énéraux sont inconnus.

Indications thérapeutiques. — Comme révulsifs vésicant, le thapsia est connu depuis les Romains et les Grecs. Il a ensuite pénétré dans la médecine des Arabes. Depuis, il était tombé dans un oubli profond, en Europe, jusqu'à l'année 1857, où leD'Reboullaud, médecin en chef des établissements hospitaliers de Constantine, essaya et réussit à faire revivre le thapsia comme révulsif pour l'homme; il lui donna la forme de sparadrap ou d'emplâtre. En 1865, il proposa pour la médecine des animaux une teinture irritante qui est beaucoup employée aujourd'hui.

Cette teinture a toutes les qualités de la teinture de cantharide et l'avantag-e d'être exempte des inconvénients de celle-ci, notamment des accidents d'absorption causés par la cantharidine (Saint-Cyr).

Cojitre les eaux aux jambes, la teinture de thapsia jouit d'une véritable efficacité ; elle est aussi employée avec succès contre les crevasses du paturon et plusieurs affections cutanées de nature herpétique.

Pour produire des effets révulsifs, on se sert spécialement de l'huile de thapsia préparée par décoction.

Préparations.

1° Teinture de thapsia.

Résine de thapsia 1

Alcool à 80° 10

Faites dissoudre à froid et, filtrez.

En frictions irritantes, dans les mêmes cas que la teinture de cantharide.

2° Emplâtre de thapsia.

Cire jaune 180 grammes.

Colophane 150 —

Résine élémi 12o —

Térébenlhine 50 —

Résine de thapsia 85 —

Faites fondre la cire, la colophane et l'élémi, et ajoutez successivement la térébenthine et la résine de thapsia. Cette préparation doit s'étendre sur une pièce de toile ou un fort papier pour être appliquée sur les petits ani-

maux; chez les grands herbivores, on peut l'employer à titre de charge irritante.

Ellébore noir.

[Uelleborus nigev.)

Cette plante, de la famille des Renonculacées, encore appelée Rose de Noël, Herbe de feu, croît en Suisse, en Italie et en France. On emploie sa racine. Celle-ci a une odeur très prononcée et irritante quand elle vient d'être récoltée, et presque nulle quand elle est sèche.

La racine d'ellébore noir renferme les principes suivants: elléhorine et elléboréine, essence, huile grasse, acide volatil, matière résineuse, cire, principe amer, muqueux, (jallate de potasse et de chaux et sels à base d'ammoniaque.

Velle'borine et Yelléboréine sont deux g-lycosides cristallisables qui forment les principes actifs de la racine d'ellébore noir. L'elléborine a pour formule G^'^H^-0'' ; elle a une saveur amère très désagréable ; elle est soluble dans l'eau, l'éther et surtout l'alcool. L'elléboréine a pour formule G-^H^^O''^; elle est cristallisée en aiguilles microscopiques, trèshygroscopiques, solublesdans l'eau, moins solubles dans l'alcool et insolubles dans l'éther.

Effets physiologiques. — Sur la peau intacte, les diverses préparations d'ellébore noir déterminent d'abord la rubéfaction, puis la vésication. Ce dernier effet est généralement peu marqué sur la peau épaisse de nos animaux domestiques ; ainsi, sur le cheval, on n'obtient qu'une vésication légère et insuffisante. Quand la peau est entamée, le principe peut passer à l'absorption et faire apparaître des effets généraux. Sur les muqueuses et les tissus dénudés, l'action irritante est toujours plus forte et s'accompagne à peu près constamment de l'absorption des principes actifs de l'elléhore, qui déterminent alors le vomissement et la purgation chez les animaux, tels que le porc et le chien (Tabourin).

Introduite sous la peau, la racine d'ellébore noir y détermine des effets prompts et énergiques. Comme elle est surtout employée chez les ruminants pour animer des sétons et provoquer l'apparition d'une forte révulsion, il est important de les décrire.

D'après Drouard (1), les eng-org-ements produits par cette racine

(1) Recueil de méd. vétér., 1837, note des pages 550, 551, 552.

attachée à un séton deviennent énormes au bout de deux ou trois jours ; ordinairement ils suppurent peu et se terminent par résolution au bout de quinze à ving-t jours. Le tissu cellulaire qui était en contact avec la racine d'ellébore noir est frappé de mort; il se détache et sort de lui-même par une des ouvertures du séton, quand l'engorgement inflammatoire a presque entièrement disparu; il forme une masse noirâtre de la grosseur d'un œuf de poule ou de dinde et ressemble assez exactement au bourbillon d'un javart.

Quand on veut obtenir une suppuration abondante, on doit scarifier profondément la tumeur; celle-ci laisse écouler alors une grande quantité de sang. Chez les moutons, les effets sont les mêmes. Sur les solipèdes et surtout les carnassiers, on a à craindre l'empoisonnement pendant le développement des elfets locaux.

Administré à l'intérieur, l'ellébore noir détermine le vomissement et la pirrcjation. Chez les herbivores, le vomissement ne peut pas se produire, mais il y a toujours des nausées et des coliques intenses. Chez les autres animaux, il y a le plus souvent vomissement abondant. La purg-ation n'a rien de régulier; souvent elle manque entièrement, quoique les animaux présentent des coliques vives ; lorsqu'elle se manifeste, c'est presque toujours avec une intensité exagérée; il y a alors salivation, agitation, coliques violentes, diarrhée sanguinolente, fétide, amaigrissement rapide, etc.

Après leur absorption, les principes actifs de l'ellébore noir agissent très énergiquement sur l'économie animale. Ils déterminent la mort, même à doses relativement faibles. A la dose de 30 grammes chez le cheval, la racine d'ellébore provoque, deux à quatre heures après l'administration, une inquiétude se traduisant par le regard anxieux et par une certaine agitation ; puis survient une irrégularité de la respiration, dont les mouvements sont tantôt ralentis, tantôt accélérés ; le pouls s'accélère et devient petit; puis apparaît la purg-ation, qui cependant n'est pas constante. Lors(|ue la purgation se produit, elle est très violente, les matières excrémentitielles se ramollissent, deviennent liquides, sanguinolentes et prennent une odeur infecte ; plus tard, il y a simplement rejet de sérosité et de mucus. En même temps que les troubles précédents se déroulent, on voit apparaître des contractions (secousses) dans les muscles abdominaux et dans les muscles du cou, des tremblements de la queue et une grande faiblesse. Les animaux perdent l'appétit, sont de plus en plus agités, se

jettent sur le sol et se débattent; les muqueuses deviennent cyanosées, froides, le pouls imperceptible, et la mort arrive g-énéralement après quarante ou cinquante heures.

Avec des doses variant de 60 à 90 grammes, la racine d'ellébore noir entraîne toujours la mort du cheval; les troubles fonctionnels sont alors plus intenses ; les excréments sont toujours sanguinolents; les animaux salivent beaucoup; l'encolure est raccourcie par des secousses musculaires ; il y a des nausées et des efforts de vomissement, une expulsion copieuse d'urine, et enfin survient la mort.

Les mêmes doses produisent chez les g-rands ruminants des elfets semblables.

Les lésions que Ton trouve à l'autopsie consistent toujours dans une inflammation plus ou moins vive du tube dig-estif, dans l'engorg-ement sanguin des parenchymes et du cœur, dans la coloration noire et l'état fluide du sang-.

Emploi thérapeutique. — A Vextérieur, on utilise les effets irritants et parasiticides de l'ellébore noir.

On l'emploie sous forme de trochisque chex le bœuf, pour produire un elTet résolutif et dérivatif.

Cette racine constitue un antiparasitaire externe excellent contre la gale et la vermine. D'après Tessier, les berg-ers espagnols g-uérissent leurs moutons de la gale par des applications d'une décoction faite avec 100 grammes de racine fraîche, ou avec 50 grammes de racine sèche par liti-e d'eau.

A rintérieur, on a utilisé l'effet vomitif et diurétique de la racine d'ellébore noir. Hertvvig- l'a employée avec succès contre le vertig-e sous forme d'injections intraveineuses. On en a obtenu ég-alement de bons effets dans quelques hydropisies.

h'elléboréine produit des effets anesthésiques locaux. On l'a employée pour produire l'anesthésie de la cornée, de la conjonctive, dans les inflammations diverses de l'œil. Elle ne produit aucun phénomène d'irritation consécutif et semble parfois préférable à la cocaïne. Cette anesthésie locale dure une demi-heure, n'occasionne aucun relâchement des paupières et ne produit ni modification de la pupille, ni variation de la pression intra-oculaire.

Si elle est absorbée en assez g-rande quantité, elle ag-it comme un poison du cœur.

Doses toxiques.

Kaufmann. 26

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