JALAP
3° Purgatifs drastiques.
Jalap. ) , '//
Le tubercule appelé ./«^ajo est fourni par une espèce de liseron, de la famille des Convolvulacées, ÏExogonium Ja/apa ou VIpomœa Purga, qui croît au Mexique.
Composition chimique. — On trouve dans la racine de jalap les principes suivants : résine 12 à 10 p. 100, sucre 19, gomme 10, amidon 18, et des matières inertes. La résine constitue la matière véritablement active ; elle renferme un r/lucoside w^^&Xé convolvuli?ie, ou Jalapiîie, incolore, inodore et insipide, difficilement soluble dans l'eau, mais facilement soluble dans l'alcool et les liquides alcalins. En présence des alcalis, la convolvuline se transforme en acide convolvulique, G■''H^°0'^ qui agit comme purgatif énergique.
Effets. — La racine de jalap constitue un purgatif puissant qui irrite l'intestin, le cong-estionne et augmente notablement ses sécrétions et ses mouvements péristaltiques. La convolvuline, qui constitue le principe actif, se dissout dans la bile, dont la sécrétion augmente, et agit alors avec une grande intensité sur rintestin. On voit apparaître d'abord des mouvements péristaltiques énergiques dans le duodénum et plus tard dans tout l'intestin ; on entend aussi des borboryg-mes intenses. Quelquefois le jalap détermine des vomissements par suite de l'irritation trop forte de la partie antérieure de l'intestin g-rêle. Généralement la purgation déterminée par cette substance n'est pas suivie de constipation.
D'après les expériences qui ont été faites par différents auteurs, le jalap purge bien le chien, le porc et le chat, mais il n'a pas l'action purg-ative bien nette sur le cheval et les ruminants, animaux chez lesquels il détermine souvent une gastro-entérite grave. C'est un cholagogue énergique.
Indications. — La purgation par le jalap est indiquée surtout, dans l'obstruction intestinale, dans les hydropisies des séreuses ou du tissu conjonctif, dans les maladies aiguës d'org-anes éloignés, telles que celles du poumon, des môning-es ou des centres nerveux, etc. Elle produit un abaissement de la tension artérielle et une dérivation considérable du sang-, qui, étant
BRYONE.
appelé dans rintestin. arrive en quantité moindre dans l'org-ane malade.
Doses et administration.
Poudre de racine de jalap.
^,-^J,^. 0 à lo giaiumc-s .
Cliien... Û^SoO 4 —
Chat 0^S20 0'',5
Volailles 0'^40 1 gramme.
C'est g-énéralement sous forme de pilules ou de bols qu'on administre le jalap. On l'unit au savon ou à la graisse. On peut aussi le donner dans un peu d'eau-de-vie.
La résine de jalap est de deux à quatre fois plus active que la racine. On la donne à la dose de O^MO à 0g'-,50 chez le chien, comme purg-atif drastique.
Chez les petits animaux, on peut aussi avantageusement employer \d.jalapine onconvolvuline en g-ranules dosimétriques à 1 milligramme.
Bryone.
(Bryonia dioïca L.
{Vigne blanche. — Couleuvre'e.)
Plante indig'ène de la famille des Cucurbitacées. dont la racine a la forme d'un navet et pour cela appelée vulgairement raci7ie du diable. Cette racine, qui est la seule partie employée en médecine, possède une odeur nauséeuse, une saveur acre et caustique et des propriétés éméto-cathartiques énergiques, surtout lorsquelle est récoltée en automne.
Elle contient comme principes actifs : la bryonine, la bnjotiitine, une résine, une huile, de la g-omme et de la fécule.
La bryonine est un g-lycoside qui se présente sous la forme d'une poudre amorphe d'un blanc jaunâtre, à saveur d'abord sucrée, puis amère et acre. Elle est insoluble dans l'éther et le chloroforme, mais soluble dans l'eau et l'alcool.
La bryonitine est un principe cristaUisé soluble dans l'eau.
Effets.— La racine de bryone détermine localement des etVets rubéfiants très marqués. Sur la peau, elle produit de la roug-eur, delà douleur et même la vésication si l'application est prolong-ée. Orfila a vu se développer un phlegmon volumineux et mortel sur
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le chien après l'application de 10 grammes de i)Oudre de racine de bryone sur le derme dénudé de la cuisse.
Introduite dans Testomac, la bryone produit des ellets complexes : elle est vomitive, drastique, diurétique et expectorante. A forte dose, elle détermine le vomissement chez les carnassiers et une purgation assez intense chez tous les animaux. Cependant, chez les herbivores, la purgation n'est ni sûre ni régulière. D'après certains auteurs, elle purge bien le bœuf à la dose de 90 grammes; d'après d'autres, on n'obtiendrait la purgation qu'avec 1 kilogramme de racine fraîche et 250 grammes de racine sèche. Elle provoque parfois l'expulsion des vers intestinaux et est par conséquent vermifuge.
A fa iljles doses, e\\e excite le tube digestif, augmente l'appétit et produit une sécrétion plus abondante du côté des bronches et des reins. Elle est donc expectorante et diurétique.
A doses toxiques, on voit survenir de la superpurgation, le refroidissement du corps, la petitesse du pouls, des crampes et enfin des convulsions tétaniques et de la stupeur.
Indications. — Dans la pratique, il ne faut accorder qu'une contiance médiocre à cette racine à cause de l'inconstance de sa composition. On peut cependant l'administrer à doses modérées dans les Jiydropisies^ pour provoquer la résorption des liquides épanchés ; dans les lielminthiases, pour tuer les vers, les œstres qui font maigrir les poulains; dans la pneumonie et la bronchite, pour faciliter l'expectoration.
Administration et doses. — Chez les petits animaux, on peut administrer le vin de bryone à la dose de 30 à 100 grammes par jour.
Vin de bri/one.
Racine de bryone C>Q grammes.
Vin blanc 500 —
Faire macérer huit jours et filtrer.
Chez les grands animaux, on mélange la poudre au barbotage ; ou bien on l'associe à la poudre de gomme, de guimauve et à du miel pour former des électuaires.
La dose de poudre est de 25 grammes chez le poulain.
La bryonine est administrée au chien à la dose de 0^^02 pour déterminer une purgation abondante et la poudre de bryone à celle de 1 à 2 grammes .