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ÉVACUANTS INTESTINAUX SPÉCIAUX

Doses :

Doses purgatives.

Gouttes.

IJo'ul ÙS'M à 08'-,80 XV à XXX Maxim. XL

Cheval 0s'',30 à 0s^60 X à XV — XX

Petits ruminants. Os'MO à 0s'-,20 VlIIàXII — XVIII

Porc 06'-,06 à 0eM2 III à VI — V

Chien 08^,03 à OsMO I àV — VIII

Administration. — Pour administrer cette huile, on l'émulsionno dans un jaune d'œuf, dans une solution gommeuse ou mucilag'ineuse, ou bien on la dissout dans une autre huile, soit l'huile de ricin, soit l'huile d'olive. Beaucoup de praticiens ajoutent IV à VI gouttes d'huile de croton aux bols ou aux pilules purg-atives d'aloès pour augmenter leur énergie.

Quand on emploie l'huile de Croton tiglimn sur la peau à titre de révulsif, on l'applique pure ou mélangée, soit à un corps gras ou une huile essentielle, soit à l'alcool dans la proportion de i p. 10, 1 p. 30-50. Il faut, dans tous les cas, éviter de la toucher directement avec la main, à cause de ses propriétés irritantes; on retendra donc avec un pinceau, un tampon d'étoupe très serré ou avec la main recouverte d'un g-ant de peau ou d'une vessie sèche.

Le topique suivant est souvent employé {Codex) :

Huile de croton 2 grammes.

Essence de térébenthine 50 —

Huile d'œillette 50 —

Mêlez.

Appliquer avec un pinceau.

Évacuants intestinaux spéciaux.

On peut placer dans ce groupe la pilocarpine^ Véseri7n\ Vnrécoline., le chlorure de baryum, la muscarine.

Ces substances provoquent des évacuations anales abondantes et fluides, quelle que soit la voie d'administration. Il suffit qu'elles passent dans le sang-, c'est-à-dire qu'elles soient absorbées, pour que les effets évacuants se produisent. Ces médicaments évacuants offrent le très g'rand avantage de pouvoir être administrés par injections sous-cutanées ou même intraveineuse».

PILOGARPl.XE. 463

Pilocarpine

(G'iHi6Az202).

La pilocarpine est Talcaloïde actif des feuilles du jaborandi {Pilocarpus pennatifoUus), abrisseau de la famille des Rutacées, originaire du Brésil méridional.

Elle se présente sous forme d'une masse visqueuse, incolore non volatile, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, ie chloroforme, insoluble dans la benzine. x\vec les acides, elle forme des sels parfaitement cristallisés, très solubles dans l'eau et produisant exactement les mêmes effets pharmaco-dynamiques. Pour l'usage thérapeutique, on préfère les sels ; les plus employés sont: le chlorhydrate et l'azotate de pilocarpine.

Le chlorhydrate de pilocarpine renferme, sur 100 parties, 85,07 parties de pilocarpine, et l'azotate en renferme 76,75 parties.

Les solutions aqueuses des sels peuvent se conserver longtemps sans subir aucune altération de leurs propriétés physiolog-iques ; comme elles s'alTaiblissent à la longue, il suffit, quand elles sont vieilles, d'en augmenter les doses. Lorsqu'elles sont devenues troubles par suite du développement de g-ermes, il faut ,-^ ^ /wv-^>.>va>l^ les filtrer avant de s'en servir. Elles s'emploient principalement en injections hypodermiques.

Effets physiologiques. — Sur la peau, les plaies et les muqueuses, la pilocarpine ne ^produit pas d'effets locaux appréciables chez nos animaux. Chez l'homme, son application sur la peau provoque localement une augmentation très nette de la sécrétion sudorale.

Quand on instille dans l'œil d'un animal une goutte d'une solution d'un sel de pilocarpine, on produit la tnyqse ; la pupille commence à se rétrécir après dix minutes, et elle est arrivée à son maximum de rétrécissement après vingt ou trente minutes. Cette action myotique dure environ trois heures.

Après son absorption, cet alcaloïde jouit de la remarquable propriété d'augmenter considérablement les sécrétions glandulaires et de provoquer des contractions assez énergiques dans les muscles lisses.

Si l'on injecte une dose moyenne d'un sel de pilocarpine dans le tissu conjonctif d'un cheval, on voit survenir, après cinq à dix minutes, une salivation extrêmement abondante et une hyper-

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sécrétion lacrymale, bronchique, sudorale, sébacée et intestinale, La salive afdue dans la cavité Ijuccale avec une telle abondance que l'animal ne peut pas la déglutir en totalité ; une grande quantité s'écoule hors de la bouche vers les commissures des lèvres et tombe sur le sol. La salivation est, de toutes les sécrétions, la première influencée chez nos animaux domestiques ; de très faibles doses d'alcaloïde suffisent pour la mettre enjeu. Avec des doses très faibles, l'hypersécrétion salivairc est le seul phénomène que l'on observe ; les autres g'iandes ne sont impressionnées notablement que par des doses plus fortes. Cette salivation commence une ou deux minutes après l'injection intraveineuse ; elle dure plus ou moins longtemps, suivant les doses. Des doses moyennes produisent une salivation qui peut durer deux ou trois heures. Un cheval de taille moy^enne, ayant reçu une injection intraveineuse de 0''',25 de chlorhydrate de pilocarpine, a salivé abondamment pendant trois heures ; la première heure, on a pu recueillir 2 litres de salive ; la deuxième heure, plus de 1 litre et un peu moins à la troisième. La salivation a duré pendant trois heures, et la quantité de salive rendue a pu être évaluée à -4 litres environ. Pour recueillir la salive, on empêche, autant que possible, la dég-lutition en tirant la lang-ue hors de la bouche. Celle qui est recueillie sur le cheval est épaisse, très visqueuse et filante ; elle a une réaction fortement alcahne et ne saccharifie l'amidon qu'avec une extrême lenteur.

La sécrétion lacrymale est aussi rapidement mise en activité par la pilocarpine ; elle dure aussi longtemps que la sécrétion de la salive. Les larmes s'écoulent en gouttes claires, mobiles, non visqueuses, soit par le canal lacrymal, soit par l'ouverture des paupières; elles se succèdent avec plus ou moins de rapidité.

h''hypersécrétio7i intestinale est considérable pendant l'action de la pilocarpine. Immédiatement après l'injection intraveineuse, nous avons vu, sur le cheval dont j'ai parlé plus haut, une expulsion fréquente de matières excrémentitielles. Les premiers crottins rendus étaient durs, sans mélang-e de liquide ; dans les défécations ultérieures, on a pu remarquer un ramollissement de plus en plus considérable des matières ; après une heure, les défécations étaient fréquentes, très ramollies et accompagnées d'une grande quantité de liquide. Vers la deuxième heure qui a suivi l'injection, l'animal a rendu un véritable jet liquide par l'anus, sans mélange de matières solides; on aurait dit ([ue

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ranimai rejetait un lavement abondant. On a pu évaluer approximativement à l',5 ou 2 litres la quantité de liquide expulsé par l'anus pendant les trois heures qui ont suivi Tadministration. Les gTOSses g-landes abdominales, dont les produits de sécrétion sont déversés dans l'intestin, sécrètent une grande quantité de liquide.

\J hypersécrétion sudorale et sébacée est moins nette chez nos animaux domestiques ; cependant cette hypersécrétion existe, et, chez le cheval, une lég-ère moiteur s'établit à la surface de la peau, mais il n'y a pas de véritable sudation. Il en est de même chez les bêtes bovines. Chez l'homme, on observe une sudation très abondante en même temps qu'une hypersécrétion salivaire. Après les injections sous-cutanées d'un sel de pilocarpine, la sécrétion de la sueur débute toujours au voisinag-e du point d'injection, ce qui indique que cette substance excite les extrémités terminales des nerfs g-landulaires.

L'atropine tarit la sécrétion sudorale en paralysant les fibres nerveuses intrag-landulaires ; la pilocarpine active cette sécrétion en excitant ces mêmes fibres ; les deux alcaloïdes agissent comme antagonistes; les effets s'annulent réciproquement. Cet antag-onisme est très facile à constater sur les pulpes des pattes du chat. Chez cet animal atropine, la sécrétion sudorale est complètement tarie ; si alors on fait une injection hypodermique de chlorhydrate de pilocarpine sous le bourrelet d'une patte, on voit la sudation commencer bientôt sous ce bourrelet et ensuite plus tard sous les autres. Une nouvelle injection d'atropine fait encore disparaître la sudation. On peut ainsi à volonté provoquer ou tarir la sécrétion sudorale en injectant alternativement de la pilocarpine et de l'atropine.

D'après Al. Robin, la sueur sécrétée pendant l'action de la pilocarpine est plus riche en urée et en chlorures.

La pilocarpine produit une hypersécrétion muqueuse sur toute la long-ueur de l'appareil respiratoire. L'auscultation de la trachée et de la poitrine permet de constater des râles muqueux qui ne peuvent évidemment s'expliquer que par une accumulation de liquide muqueux dans les voies respiratoires. Sous l'action de fortes doses, la sécrétion bronchique peut devenir tellement abondante qu'il se produit une g-êne respiratoire inquiétante et quelquefois un véritable œdème pulmonaire.

La pilocarpine provoque de l'hypersécrétion salivaire, lacrymale, intestinale, biliaire, sudoripare et sébacée, mais elle diminue Kaufman.n. 30

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la quantité d'urine éliminée. L'urine rendue est plus dense, plus concentrée, et se trouble par le refroidissement. Elle est évacuée fréquemment, mais seulement en petite quantité à la fois.

La pilocarpine n'a aucune action galactopoiétujue^ mais le lait sécrété est plus riche en sucre (Gornevin). Outre l'aug-mentation des sécrétions, la pilocarpine provoque encore des contractions très énergiques des muscles lisses de l'estomac, de l'intestin et de la vessie. M. Morat, professeur à la Faculté de médecine de Lyon, a démontré, avec la méthode graphique, que la pilocarpine exag-ère considérablement les mouvements rythmiques de l'estomac et de l'intestin, tandis que l'atropine les arrête.

Les contractions de la vessie, sous l'influence de la pilocarpine, sont démontrées par ce fait que l'animal expulse fréquemment de l'urine en petite quantité. Le cheval dont j'ai parlé plus haut a rendu de l'urine à plusieurs reprises, mais toujours en petite quantité à la fois ; à certains moments même le liquide s'écoulait g-outte à g-outte par l'extrémité de la verg-e : il y avait une véritable incontinence urinaire.

La circulation subit également des modifications. Pendant l'action de la pilocarpine, le pouls devient d'abord plus fréquent, plus ample ; puis, après un certain temps, il se ralentit notablement et s'affaiblit jusqu'à devenir filiforme et presque imperceptible; enfin il se relève de nouveau graduellement jusqu'au retour à l'état normal.

La pilocarpine produit aussi des modifications des températures rectale et cutanée. La te/npe'ratiire rectale s'élève, au début, de quelques dixièmes de degré; mais, vers la fin de l'action, elle baisse depuis plusieurs dixièmes jusqu'à 1°,5.

La peau s'échauffe notablement pendant que la pilocarpine agit; cette élévation de la température du tégument peut être souvent constatée à la main, mais encore plus sûrement avec le thermomètre. Cet instrument, placé sous la peau de l'encolure d'un cheval qui a reçu 0s'",25 de pilocarpine dans les veines, a marqué successivement 34°,9, 35°, 35", 1, 35°,3, 36°, 36°,2. Il est resté stationnaire à 34°, 9, pendant la première demi-heure de l'action ; l'élévation a alors commencé et a été à son maximum deux heures après l'injection. Dans le même temps, la température rectale ne s'est élevée que de 38° à 38°, 6. La peau s'est donc beaucoup plus échauffée que le reste de l'organisme: ceci ne peut être expliqué que par une circulation cutanée beaucoup plus active.

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Quand la dose de pilocarpine administrée est forte, on observe souvent du vomissement chez les carnassiers et même parfois chez le cheval (Frôhner); l'animal perd toujours l'appétit; il a une soif ardente et présente un peu d'abattement et de fatig-ue.

Indications thérapeutiques. — 1° A titre de diaphorétique et d' antithermique, la pilocarpine est indiquée au début de toutes les maladies fébriles produites par un refroidissement : angines^ laryrigites, bronchites, pneumonies, pleura-pneumonies, pleure'sies, etc. En provoquant un afflux de sang- à la peau, elle échauffe cette membrane, excite sa sécrétion et favorise la déperdition de calorique.

2° L'action hypersécrétoire et évacuante que provoque la pilocarpine fait employer cette substance pour favoriser la résorption des liquides hydropiques et des sérosités pathologiques. Elle a donné d'excellents résultats dans V immobilité chez le cheval ayant pour cause l'hydrocéphalie aiguë ou chronique, la méningo-encéphalite. On a publié de nombreuses observations, tant en France qu'à l'étrang-er, qui démontrent que le traitement par la pilocarpine employée à haute dose et en injection sous-cutanée produit rapidement une amélioration et la guérison complète de l'immobilité. Cependant il faut faire remarquer que le traitement reste inefficace lorsque la maladie, au lieu de relever d'une simple hydropisie des ventricules cérébraux, est due à une compression de la substance nerveuse par une tumeur ayant son sièg'e sur les méninges ou la face interne du crâne ou à une altération pathologique de cette substance. Pour obtenir des effets curatifs rapides dans l'hydrocéphalie, il ne faut pas craindre d'injecter au cheval le chlorhydrate ou l'azotate de pilocarpine à la dose de 0gr,50, 0gr,60, Ogi-,80 0gr,90 ou même 1 gramme (Klemm, Berliner Archiv, 1885; Racca, Giornaledi veterinaria militare, 1891 ; Parazols, Revue vétérinaire, 1892, et d'autres). Ddiïisldi méningite cérébro-spinale enzootique, Gorayeff a également obtenu un cas de guérison par l'emploi de la pilocarpine.

3° Dans les néphrites aiguës ou chroniques, la pilocarpine agit efficacement en favorisant l'expulsion des principes toxiques qui encombrent le sang- par les sécrétions salivaire, sudorale et intestinale, sécrétions qui sont fortement activées et suppléent l'élimination rénale. Elle a donné également quelques bons résultats dans la gastro-duodénite (jaunisse) chez le chien (Cozette).

4&8 PILOCARPINE.

4° La pilocarpine a été employée avec succès au début de la .^ . fourbure (Friis, Walther) et dans le rhumatisme f?uisciiJaire iz^r^ â^ '"^^ ^"^^^ ^® cheval (Siedamkrowsky), à des doses variant de 0g'',20 J^y^ à 0gr,70 en injection hypodermique.

5° Dans les coliques, les indigestions stomacales et intestinales, dans les obstructions intestinales dues à des pelotes, des calculs, des matières durcies, les sels de pilocarpine, en réveillant le péristaltisme et en activant les sécrétions dig-estives, produisent généralement des évacuations rapides et abondantes. Dans les cas de coliciues chez le cheval, on unit avantag-eusement la pilocarpine et l'ésérine (0gr,20 de chlorhydrate de pilocarpine et Osi',05 de sulfate d'ésérine). Quand l'intestin offre sur son trajet un obstacle insurmontable à la marche des matières, comme une invag-ination, un volvulus, le traitement à la pilocarpine, ou à la pilocarpine-ésérine, échoue fatalement comme tous les autres traitements médicaux.

Chez les ruminants, les sels de pilocarpine sont recommandés dans la surcharge alimentaire, Vengouement du feuillet, Vindigestion chronique, la. pare'sie de la panse.

6" En agissant sur la peau, la conjonctive et les glandes de l'œil, la pilocarpine exerce une influence favorable à la guérison de la plupart des maladies cutanées et oculaires.

7° On utilise encore avantag-eusement la pilocarpine contre les maladies chroniques de l'appareil respiratoire. En augmentant la sécrétion bronchique, le mucus se détache plus facilement, et la respiration devient plus facile, plus lég-ère. Dans ces cas, il faut éviter l'administration de doses trop fortes à cause de la production possible d'un œdème pulmonaire qui pourrait compromettre la respiration.

8° Elle a rendu ég-alement des services pour provoquer l'expulsion des membranes fœtales dans les cas de non-délivrance.

Contre-indications. — Les injections des sels de pilocarpine sont contre-indiquées dans la pharyngite et le tétanos. Dans ces affections, la salive, qui est sécrétée en abondance sous l'influence de la pilocarpine, ne peut être déglutie ; elle pénètre dans les voies respiratoires, les obstrue et peut provoquer l'œdème pulmonaire et l'asphyxie (Rush, Priedberg-er, Hutyra).

Administration et doses. — Les sels de pilocarpine sont employés en solution dans l'eau distillée. Pour les injections sous-cutanées, intraveineuses, intratrachéales, on fait des solu-

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lions à 1 ou 2 p. 100; pour les instillations dans l'œil, on se sert de solutions plus légères, généralement à i p. 200. Pour Tusag-e interne, la forme pilulaire peut aussi être employée, mais elle offre moins d'avantag-e que la forme liquide.

Les injections sous-cutanées constituent le meilleur mode d'administration des sels de pilocarpine ; elles sont simples et n'exposent à aucun accident local ; de plus les effets sont rapides, sûrs et peuvent être gradués avec la plus grande facilité.

L'injection intratrachéale, outre qu'elle est plus difficile à pratiquer, est certainement plus dang-ereuse. L'injection intraveineuse est inotfensive et peut être employée dans quelques cas, mais il faut agir avec une grande prudence.

Doses. — Doses toxiques. — Elles ne sont pas encore bien connues et sont certainement considérables, si on les compare aux doses médicamenteuses.

Il ne faut pas dépasser la dose de 1 gramme chez le cheval. Quoique cette dose ne soit pas toxique, elle peut produire un affaiblissement dangereux et un œdème du poumon. Chez un chien de iO kilogrammes, une dose de 08^,05 a produit un abattement et une perte d'appétit pendant deux jours. Un chien de 60 kilogrammes succomba avec la même dose à un œdème pulmonaire (Frohner).

Doives médicamenteuses. — Pour les injections hypodermiques, on emploie ordinairement les doses suivantes de chlorhydrate de pilocarpine :

Cheval OsMO à Og'-.âO

Bœuf OeMo à 0y'',30

Chèvre et mouton 0s^02 à 06^,05

Chien Osr.OOo à 0g^02

Chat Os^OOi à 0^^,003

Dans les affections bronchiques ou pulmonaires, il ne faut faire usage que de faibles doses, 0sr,20 au plus chez le cheval, afin d'éviter l'œdème pulmonaire et l'asphyxie.

Dans l'immobiUté, l'hydrocéphalie, la méningite cérébro-spinale, la dose peut être portée à Os^ôO, 08^,60, 08^,80 et même i gramme.

470 ÉSERINE.

Ésérine.

C15H21Az302.

On donne le nom à' ésérine ou de pliysostigmine à l'un des alcaloïdes retirés de la fève de Galabar, fruit du Physostigmum venenosum. Cette plante croît dans les terrains marécag-eux de la région de TAfrique appelée Galabar.

L'érésine est solide, cristallisée en lamelles incolores, devenant rosées ou jaunes à l'air, peu soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, donnant des sels solubles dans l'eau.

On utilise surtout le sulfate et le salicylate d'ésérine. Les solutions aqueuses de ces sels se colorent peu à peu en rouge foncé, mais conservent néanmoins assez longtemps leurs propriétés.

Effets physiologiques. — Sur la peau, les solutions de continuité et les muqueuses, l'ésérine ne produit aucun effet local si ce n'est sur l'œil. Une g-outte d'une solution à 1 p. 200 instillée dans l'œil d'un animal ou de l'homme détermine le resserrement de la pupille ou la myose. Chez le cheval, l'effet myotique se produit en vingtcinq ou trente-cinq minutes et en dix à quinze minutes. chez les carnassiers. Le resserrement pupillaire est localisé à l'œil sur lequel l'instillation est pratiquée; il réduit la pupille à un point quelquefois à peine perceptible et dure un temps variable suivant les espèces animales, en moyenne de trois à quarante-huit heures. Cet effet myotique se produit nettement chez tous les animaux mammifères, mais il est à peine perceptible sur les oiseaux, les grenouilles et les poissons.

Quand la myose est produite, on peut la faire disparaître par des instillations d'atropine. L'atropine fait disparaître la myose produite par l'ésérine, et l'ésérine dissipe la mydriase produite par l'atropine. En employant successivement les deux alcaloïdes, on peut provoquer dans l'iris des mouvements alternatifs de resserrement et de dilatation .

Première expérience. — Al h. 35, une instillation do I à II gouttes de solution aul/20Û" est faite dans l'œil droit d'un chat. A 1 li. 45 (10 minutes après), myose déjà ti-ès nette sur l'œil droit. A 1 h. 50 (après 15 minutes}, myose encore plus forte. A 2 lieures (après 25 minutes), l'effet myotique est à son maximum : la pupille du côté droit a presque complètement disparu, les deux bords de la fente pupillaire ne laissent entre eux qu'une ligne noii'e très mince. La pupille a conservé une certaine mobilité sous l'influence d'intensités lumineuses différentes et de l'accommodation; on la voit exécuter de petits mouvements de dilatation suivis de mouvements de resserrement plus prononcés quand

ÉSÉRINE. 471

l'animal déplace sa ligne visuelle ou quand on fuit arriver sur l'œil des intensités lumineuses différentes. L'œil du côté gauche a sa pupille plus dilatée qu'avant l'instillation faite à droite. A 5 heures (après 3 h. 2a) la myose a disparu à peu près complètement. Sa durée a donc été de 3 h. 30 minutes.

Deuxième expérience. — A 1 h. 45, instillation d'une goutte de la solution au 1/200'' sur l'œil droit d'un lapin. A 2 heutes (après 15 minutes), légère myose du côté instillé. A 2 h. 10 (après 25 minutes), myose très forte du côté droit; la pupille est réduite à un point. Légère ddatation de la pupille du côté opposé.

A 5 heures, diminution du degré de la myose. Le lendemain malin, il n'y a plus de myose à droite, les deux pupilles sont dan? leur état normal.

Troisième expérieiice. — A 8 h. 45, on fait une instillation de III gouttes de la solution d'ésérine au l/200<= dans l'œil droit d'un cheval. A 9 heures, aucune modilîcation des pupilles.

A 9 h. 20 (après 35 minutes), une très légère myose à droite. A 9 h. 50 (après 1 h. 5), myose très forte du côté droit A 2 h. 46 (après 6 heures), cette myose persiste avec le même degré d'intensité. La myose a persisté le lendemain toute la journée en diminuant graduellement ; elle n'a disparu complètement que le surlendemain dans la journée. Elle a donc duré, en tout, au moins 48 heures.

Quatrième expérience. — A 2 h. 30, instillation dans l'œil droit d'un mouton de II gouttes de la solution au l/200«. A 2 h. 45 (après 15 minutes), aucune modification des pupilles. A3 heures (après 30 minutes), léger rétrécissement de la pupille droite. A 3 h. 20 (après 50 minutes), myose intense du côté droit. La myose avait disparu le lendemain matin. Elle n'a donc pas persisté plus de 18 heures.

Cinquième expérience. — A 2 h. 33, on pratique une instillation de II gouttes d'une solution d'ésérine au 1/200^ dans l'œil droit d'uncoq.A2h. 40 (après 7 minutes), rien. A 2 h. 55 (après 22 minutes), légère myose à droite. A 3 h. 20, légère myose à droite. Le rétrécissement pupillaire a complètement disparu le lendemain matin.

Sixième expérience. — Sur une grenouille, on fait une instillation à droite d'une solution au l/200« à 2 h. 23. L'animal a été observé jusqu'à 3 h. 23, sans qu'on ait constaté aucune modification des pupilles.

Septième expérience. — A 9 h. 12, instillation de II gouttes d'une solution à l/200e dans l'ceil droit d'une chienne. A 9 h. 25 (après 13 minutes), rien. A 9 h. 35 (après 23 minutes), rien. A 9 h. 45 (après 32 minutes), myose très nette du côté droit. La myose n'a complètement disparu qu'après 36 à 48 heures.

La pression intra-oculaire est d'abord augmentée sous Tinfluence de l'ésérine, puis ultérieurement elle diminue.

La myose produite par lesérine instillée dans l'œil est due à la contraction du sphincter delà pupille ; elle est accompag-née d'un trouble de l'accommodation qu'il faut attribuer à l'excitation du muscle ciliaire. Le nerf oculo-moteur commun est excité, et le nerf sympathique est paralysé (Nothnagel etRossbach),

Après son absorption, l'ésérine produit des modifications fonctionnelles très nettes. Elle active les sécrétions salivaire, intestinale, cutanée et bronchique. Tous les animaux (chat, chien, cheval) auxquels j'ai administré cet alcaloïde ont salivé beaucoup, mais moins cependant qu'avec la pilocarpine ; ils ont expulsé des

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excréments mélangés de beaucoup de liquide dont la réaction était fortement alcaline ; quelquefois même avec des doses fortes, l'anus laissait écouler une assez grande quantité de liquide sans aucun elTort de la part de Tanimal. Le cheval a présenté de la sueur sur différents points du corps. Les animaux qui succombent à l'empoisonnement par l'ésérine ont les bronches encombrées de mucosités, et parfois on observe de l'œdème du poumon.

L'hypersécrétion salivaire est due à l'action directe de l'ésérine sur les éléments glandulaires. Quand on a paralysé les nerfs glandulaires avec l'atropine, on peut encore provoquer la salivation avec l'ésérine (Heidenhain).

L'ésérine augmente aussi la sécrétion urinaire.

Elle atteint aussi la sensibilité et la locomotion. Les animaux deviennent tous plus excitables, plus sensibles et offrent des altérations des mouvements. Le chat a des contractions saccadées dans son peaucier de la région dorsale ; le chien présente des contractions musculaires commençant dans les membres postérieurs ; le cheval a des tremblements musculaires qui s'établissent d'abord dans la région rotulienne et olécranienne. Ces contractions, d'abord localisées aux régions indiquées, s'étendent ensuite sur tous les muscles, et les animaux sont foi-tement agités et secoués dans tout le corps.

Quand ces convulsions sont légères, l'animal peut encore se tenir debout; mais, quand elles sont très intenses, il tombe sur le sol et devient incapable d'exécuter des mouvements de locomotion. La faiblesse débute dans le train postérieur et gagne ensuite les extrémités antérieures. Pendant que l'animal est couché, ses membres ainsi que ses mâchoires sont fortement agités par des convulsions cloniques et des tremblements continuels. Ces convulsions n'ont pas toujours la même intensité, elles sont continues, mais présentent des moments d'exacerbation correspondant à des crises.

Si les doses sont toxiques, on voit les convulsions, d'abord violentes, diminuer peu à peu d'intensité et faire place à une paralysie; la respiration devient difficile, elle se ralentit, puis s'arrête complètement, tandis que le cœur continue encore à battre pendant quelques minutes.

Les convulsions et les tremblements musculnires engendrés par l'ésérine sont d'origine centrale. En effet, quand on coupe les nerfs moteurs d'un membre, on voit que ce membre ne par-

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ticipe pas aux convulsions. L'ésérine ag-it donc à la manière de la strychnine en aug'mentant le pouvoir excito-réflexe de la moelle. A la dernière période de l'empoisonnement, les centres réflexes médullaires sont paralysés ; alors la paralysie envahit aussi les muscles respiratoires. Quand la respiration est arrêtée, on peut prolong-er la vie de l'animal ou même le sauver en entretenant la respiration artificiellement pendan', un temps suffisant.

L'ésérine produit aussi des contractions très énergiques dans les muscles de la vie org-anique, principalement dans l'intestin, la vessie, la matrice, les bronches et la rate.

L'expulsion répétée de matières excrémentitielles, l'apparition des borborygmes, constituent des indices certains de la contraction énergique du gros intestin ; l'incontinence d'urine qui survient indique que la vessie se resserre. On peut s'en assurer en ouvrant le ventre d'un animal qui a reçu de l'ésérine; on voit alors les intestins animés de mouvements très vifs.

A l'autopsie d'animaux morts par l'ésérine, on trouve toujours le gros intestin pâle, resserré et dur; la vessie est vide, revenue fortement sur elle-même; la matrice est ég-alement dans un état de contraction manifeste; Bauer a pu constater la diminution du volume de la rate, par suite de la contraction des fibres lisses qui entrent dans sa structure; les muscles et les nerfs moteurs restent excitables un certain temps après la mort.

Lésérine ag-it énerg-iquement sur la respiration et la circulation. La respiration n'est presque pas influencée par des doses très faibles ; mais aussitôt que les doses s'élèvent, elle s'accélère, puis se ralentit, devient plus difficile, plus pénible et bruyante par suite du spasme bronchique et de l'accumulation de mucosités.

Le cœur, peu influencé par des doses très faibles, se ralentit considérablement avec des doses plus fortes. Sur un chien qui avant l'injection avait 100 battements cardiaques à la minute, j'ai vu le nombre tomber à 40 pendant l'action de l'ésérine.

Les battements du cœur diminuent de fréquence, et ils aug-mentent d'énergie comme avec la digitaline. A très faible dose, on a observé chez le chien et le chat une lég'ère diminution de la tension artérielle. A doses plus fortes, il y a toujours élévation notable de cette tension.

Quand les deux nerfs pneumograstriques sont coupés sur un animal, l'ésérine produit encore le ralentissement et l'arrêt de la respiration, mais il n'y a plus d'accélération initiale ; elle produit

474 ESERINE.

aussi le ralentissement du cœur et Télévalion de la tension artérielle. L'accélération respiratoire primitive est donc due à l'action de l'ésérine sur le poumon, tandis que le ralentissement consécutif est le résultat d'une action paralysante sur le centre respiratoire. Le ralentissement du cœur et du pouls doit être attribué à l'action périphérique, intracardiaque, et non à l'action sur le centre modérateur du bulbe. L'ésérine rétablit l'excitabilité des fibres cardiaques des nerfs pneumoj^astriques quand elle a été abolie par l'atropine. Pendant l'action de l'ésérine, la plus légère excitation portée sur les pneumogastriques suffit pour arrêter les battements du cœur; elle augmente donc l'excitabilité de ces nerfs.

L'élévation de la tension artérielle est attribuée à la constriction des petits vaisseaux par suite de l'excitation du centre vaso-moteur et de la forte contraction intestinale.

Un fait assez remarquable, c'est que l'ésérine ne produit pas la myose quand elle a été absorbée par une autre voie que la conjonctive. J'ai toujours constaté sur les mammifères que, pendant l'action g-énéralede la physostigmine, la pupille est plutôt dilatée que resserrée. Cette action mydriatique est probablement d'origine intestinale ; elle semble être l'etTet de l'excitation du système nerveux de l'intestin.

D'après l'exposé qui vient d'être fait, on voit que l'ésérine agit comme antagoniste de l'atropine et que ses effets sur plusieurs fonctions ont beaucoup d'analogie avec ceux de la pilocarpine.

L'atropine tarit les sécrétions, diminue l'excitabilité réflexe, paralyse l'estomac, l'intestin et la vessie, accélère le cœur par paralysie intracardiaque des fibres modératrices, dilate la pupille après l'instillation et après l'absorption. L'ésérine au contraire augmente les sécrétions, exagère l'excitabilité réflexe, tétanise l'estomac et l'intestin, principalement le gros intestin, la vessie et la matrice, ralentit le cœur par excitation intracardiaque des fibres modératrices, resserre la pupille après instillation, mais pas après absorption.

h'hi/perséct'étioji salivaire, intestinale, biliaire et sudoripare est beaucoup plus active avec la pilocarpine qu'avec l'ésérine; celle-ci anémie l'intestin et le tétanise; la pilocarpine exalte ses mouvements péristaltiques sans le tétaniser et le congestionne plutôt qu'elle ne l'anémie. L'ésérine produit des convulsions et des tremblements qui n'apparaissent pas avec la pilocarpine. Celle-ci est aussi moins myotique que l'ésérine.

ÉSÉRINE. 475

Indications thérapeutiques. — L'ésérine est indiquée :

i" Comme ynyotique, toutes les fois que le resserrement pupillaire peut être utile à la g-uérison d'une maladie de l'œil. Les instillations d'ésérine combinées avec celles d'atropine conviennent pour empêcher les adhérences de l'iris avec les parties voisines enflammées. L'ésérine diminue la tension intra-oculaire etconvient dans toutes les inflammations du g-lobe et surtout de la cornée;

2<* Gomme anémiant et évacuant intestinal, dans les coliques du cheval. Elle donne surtout des résultats remarquables dans les cong-estions intestinales ' DieckerhofT, Nocard, etc.) ;

3° Comme tonique du tube digestif, chez les ruminants principalement de la panse et du g-ros intestin dans les cas d'atonie;

4° Comme /iypersécrétoi)'e, dans les cas de constipation opiniâtre. Associée à la pilocarpine, elle donne d'excellents résultats.

5° Comme excitant des contractions intestinales, dans les cas de paralysie de l'intestin, ou quand il faut provoquer l'expulsion de pelotes, de calculs ou d'autres corps étrangers qui pourraient obstruer la lumière du gros intestin ;

6° On la recommande aussi pour déterminer des contractions de la matrice dans les cas de non-délivrance.

Contre-indications. — Les sels d'ésérine peuvent devenir nuisibles dans les cas suivants : 1° dans les coliques produites par surcharge alimentaire ou lorsqu'un obstacle mécanique s'oppose à la progression des matières. On a observé souvent, dans ces cas, la rupture des parois de l'estomac ou du gros intestin; 2° dans les affections chroniques du poumon ou des bronches, dans l'emphysème, il rend la respiration plus difficile en déterminant un spasme bronchique et en augmentant les sécrétions; on a noté, dans des cas de ce genre, la mort par asphyxie ; 3° chez les femelles pleines, il peut provoquer l'avortement.

Administration. — Les sels d'ésérine doivent toujours s'employer en injection hypodermique. Ce mode d'administration convient très bien. Je n'ai jamais vu se produire aucun accident local après les injections sous-cutanées de solutions aqueuses de sulfate ou de salicylate d'ésérine. Les solutions doivent être faites à froid et ne pas être stérilisées par la chaleur. Celle-ci les altère.

L'association d'un sel d'ésérine et du chlorhydrate de pilocarpine est recommandée dans le traitement des coliques du cheval.

Les instillations se font avec des solutions à 1 p. 100, 1 p. 300, ou 1 p. 500.

476 ÉSÉRIDINE.

Doses.

Doses toxiques [injeclions hypodermiques).

Gr.

Chien de a kilos 0,005

Cliien de 10 à 20 kilos 0,006

Chat 0.003

Ciieval 0,15

Bœuf 0,30

Doses thérapeutiques (injections hypodermiques) .

Gr. Gr.

Gliieii 0,001 à 0,002

Gliat 0,001

Mouton, chèvre 0,02 0.05

Clieval 0,04 0.10

Bonif 0,10 0,15

On observe des susceptibilités individuelles très différentes ; sur certains sujets, les doses indiquées peuvent produire parfois des effets exagérés. Il convient donc de donner d'abord les doses les plus faibles.

Éséridine.

C»5H23Az303.

h'éséridine est un alcaloïde retiré de la fève de Calabar par P. Bœhringer en 1888.

L'éséridinepure se présente en cristaux té traédriques, incolores, peu solubles dans l'eau, très solubies dans le chloroforme, l'alcool, l'éther, le benzol, les éthers de pétrole et l'acétone.

Cet alcaloïde ne forme que difficilement des sels avec les acides ; mais ceux-ci facilitent considérablement sa dissolution dans l'eau.

Pour la préparation des solutions utilisées dans la pratique, il suffit d'ajouter à l'eau quelques gouttes d'acide sulfurique étendu et de chauffer lég-èrement. La dissolution se fait bien, et les solutions ainsi obtenues conservent longtemps leurs propriétés physiologiques. Eber conseille de favoriser la dissolution de l'éséridine par l'acide tartrique (éséridine 2, acide tartrique 1 et eau distillée, 100).

Effets et usages. — Les effets de cette substance ont été bien étudiés par Eber sur tous nos animaux domestiques {Bei'l. Wochenschr., 1888).

FÈVE DE CALÂBAR. . 477

L'action de l'éséridine ressemble à celle de Tésérine; mais elle est beaucoup moins toxique. Eber a démontré qu'elle a une action puissante sur l'intestin, qu'elle i)rovoque une sécrétion muqueuse et une diarrhée abondante sans affecter pourtant le système nerveux aussi fortement quel'ésérine. Elle est six fois moins toxique que cette dernière et, par conséquent, plus facile à manier dans la pratique.

Elle est indiquée dans les mêmes cas que l'ésérine : pour provoquer les évacuations abondantes, pour exciter l'estomac et l'intestin dans l'atonie, la constipation, etc. ; pour augmenter l'excitabilité de la moelle épinière dans les paralysies, la fièvre vitulaire. C'est le médicament qui agit le plus efficacement sur la pa7'ésie des parois stomacales. On en obtient d'excellents résultats pour obtenii' le retour de la rumination.

D'après Eber, son emploi est contre-indiqué dans les maladies de la moelle épinière accompagnées d'excitation, car elle agit sur elle à la façon de la strychnine, mais avec cette différence qu'elle ne produit pas d'effets cumulatifs.

On l'administre en injection hypodermique, en solution aqueuse de 1 à 2 p. 100.

Doses thérapeutiques [injections hypodermiques).

Gr. Gr.

Cheval 0,15 à 0,50

Bœuf 0,20 0.60

Porc 0,02

Chien 0,002 0,01

Chat 0,002

Fève de calabar.

C'est le fruit de la plante que les habitants du Calabar appellent Eséré, que les botanistes désignent sous le nom de Physostigma venenosum et qui appartient à la famille des Légumineuses.

Dans la rég-ion de l'Afrique appelée Calabar, la fève sert comme instrument d'épreuve judiciaire. Quand un homme est accusé de quelque délit, il doit, pour se justifier, subir devant le peuple assemblé l'épreuve de la fève. Celle-ci se prend sous forme de poudre ou d'infusion. Les prêtres, tout à fait puissants en ce pays, règ-lent la dose, qui varie d'une partie de fève à ving-t-cinq fèves. Cette latitude leur permet de modifier à l'avance le résultat de

478 • ARECOLINE.

l'épreuve selon leurs vues particulières ou les intérêts de leur veng-eance.

La fève doit son activité à des alcaloïdes qui sont : Vésérine ou physostigmine, l'éséridine et la calabarine.

Les effets et les indications de l'ésérine et de l'éséridine peuvent être appliqués à la fève de Galabar. Elle ne diffère de ses alcaloïdes que parles doses plus fortes qu'il faut pour produire des effets.

Doses.

Doses thérapeutiques.

Extrait de fève.

Cheval 1 à 2 grammes.

Chien Os^00o à 0sr,02

L'extrait alcoolique dont les doses viennent d'être indiquées est 10 à 24 fois plus actif que la poudre de fève.

Arécoline.

C8IIi3AzO-i.

L'arécoline est le principal alcaloïde de la noix d'Arec, graine fournie parl'^recfl catechu, palmier des Indes orientales, cultivé à Ceylan et aux îles Philippines.

Elle se présente sous forme d'un liquide huileux incolore, inodore, soluble en toutes proportions dans l'eau, l'alcool, l'élher et le chloroforme. Elle forme des sels cristallisables, dont le plus employé est le bromhydrate dC arécoline. Ce sel (G^H'-^AzO-HB"") contient 65,08 p. 100 d'arécoline et 34,32 d'acide bromhydrique. Il est en petits cristaux prismatiques, non hygroscopiques, très solubles dans l'eau, peu solubles dans l'éther et le chloroforme.

Action physiologique. — L'arécoline n'exerce localement aucune action spéciale sur les tissus.

Instillée dans l'œil, la solution aqueuse de bromhydrate d'arécoline à 1 p. 100 produit, comme l'ésérine et la pilocarpine, une action myotique. — Le myosis devient apparent après deux minutes et atteint son maximum au bout de dix minutes ; il persiste environ une demi-heure, puis s'atténue graduellement pour disparaître après une heure. Cette action myotique ne se produit que lorsque l'arécoline est appliquée directement sur l'œil.

Après son absorption, l'arécoline modifie la plupart des fonctions en ag-issant à la fois comme l'ésérine et la pilocarpine.

Sécrétions. — L'arécoline est un hypersécrétoire iniissant. A

AREGOLINE. 479

très faible dose, elle n'excite que la sécrétion salivaire ; à dose un peu plus forte, elle ag-it sur toutes les glandes digeslives et provoque la dilution du contenu intestinal et l'expulsion répétée d'excréments d'abord ramollis, puis liquides. A dose encore plus forte, on observe en même temps de la sudation de Vhypersécrétion lacrymale et nasale (Maumé, Frohner, Mouquet).

Mouvements et péristaltisme. — L'arécoline est un puissant excitant de la contractilité des fibres lisses. A petites doses, elle exalte le péristaltisme intestinal et les contractions des parois de la vessie; il en résulte des défécations et des mictions répétées. L'action laxative est souvent accompagnée de lég"ères coliques, d'éructations et même de nausées. A dose forte, son action excitante se propage aux muscles locomoteurs ; elle produit des tremblements, puis des convulsions tétaniques.

Respiration et circulation. — Les petites doses d'arécoline accélèrent les mouvements respiratoires, les fortes doses les paralysent et les arrêtent. L'action paralysante sur la respiration est surtout à redouter chez les bovins (Graefe) et sur les chevaux de race commune et lymphatique (Frohner), Cet inconvénient fait renoncer à l'emploi de l'arécoline chez le bœuf.

Les faibles doses ralentissent le cœur par excitation des fibres modératrices du pneumogastrique; les fortes doses l'accélèrent par suite de la paralysie des mêmes fibres. Après l'emploi de doses un peu fortes, on observe toujours une diminution de la pression sanguine et un abaisseinent de la température.

Elimination. — L'arécoline s'élimine en nature par toutes les sécrétions et excrétions. L'élimination est assez rapide, et il n'y a pas d'effets cumulatifs à craindre en espaçant convenablement les administrations.

Antidotes. — Le meilleur antidote de l'arécoline, c'est l'atropine. Celle-ci est surtout utile pour combattre les troubles cardiaques et respiratoires .

Indications. — 1° Les effets hypersécrétoires et évacuants énergiques du bromhydrate d'arécoline indiquent son emploi dans les coliques des solipèdes. De nombreux vétérinaires signalent ses bons effets dans les coliques, notamment dans celles produites par des surcharges alimentaires, par des obstructions, de la constipation. Beaucoup de praticiens estiment que sa puissance curative est supérieure à celle de l'ésérine-pilocarpine (Frohner, Mouquet, etc.).

480 ARECOLINE.

2° L'arccoline donne d'excellents résultats dans la fourbure aiguë chez le cheval. Frôhner, Eberlein, Konig-, etc., la considèrent comme un remède héroïque contre cette affection, supérieur à Tantifébrine et à la pilocarpine. EUet agit en faisant affluer le sang- des extrémités vers le centre du corps et en favorisant la résorption de l'œdème inflammatoire du tissu podophyleux (Guinard).

3° Elle convient commela pilocarpine pour hâter les résorptions des transsudations et des exsudations, principalement dans Vhydrocéphatie., dans Vcedème cutané et les phlegmons.

Les cas de g-uérison de Vimmobilité par Tarécoline sont nombreux.

4° On a sig'nalé aussi les succès par l'emploi de l'arécoline dans ï hémoglobine mie du cheval (Frôhner, Guillemard, Chig-ot Pichard).

5° L'action excitante sur les fibres musculaires lisses a fait employer l'arécoline avec succès à faible dose pour réveiller les contractions de la matrice chez la vache.

6° Ij'eff'et myotique peut recevoir une application dans les affections oculaires.

Contre-indications. — Elle est contre-indiquée dans lapharyng"ite, le tétanos, les coliques nerveuses et chez les femelles pleines. Il ne faut employer l'arécoline qu'avec circonspection chez les ruminants et à très faible dose seulement. Il en est de même chez les chevaux lymphatiques ; il faut s' abstenir de son emploi chez tous les animaux atteints d'affections cardiaques. Un cheval atteint d'endocardite chronique a succombé à la dose de 08'',08 de bromhydrate d'arécoline employé en injections sous-cutanées (Wôhner).

Administration et doses. — On n'utilise que les injections hypodermiques de solutions aqueuses à 1 p. 100 de bromhydrate d'arécoline. Elles ne sont jamais suivies d'aucun accident local.

Doses toxiques.

Cheval 08^,25 à Og',50

Bœuf 1 gramme .

Chien 0k>-,05

Chat 06^,01 à 0g%02

Lapin 0B^02b

CHLORURE DE BARYUM. 481

Chlorure de baryum.

BaC12+ 2H20.

Ce sel se présente en tablettes cristallines incolores, inodores, à saveur amère, désag-réable, solables dans 1,5 parties d'eau, insolubles dans l'alcool.

Effets. — Tous les composés barytiques solubles,et notamment le chlorure de baryum, constituent des poiso?is très énergiques pour les animaux et pour l'homme.

Après son absorption, le chlorure de baryum exerce une action élective sur le tissu jnusculaire strié et lisse.

A très faible dose, il augmente la puissance de tous les mouvements ; mais son action tonique est surtout manifeste sur le cœur et sur la musculeuse de l'estomac et de l'intestin. Sous son influence, les contractions cardiaques dQVienmni plus énergiques, la pression artérielle s'élève comme avec la digitale, le péristaltisme gastro-intestinal aug-mente, ce qui rend les défécations plus fréquentes.

A dose plus forte, le chlorure de baryum agit comme évacuant intestinal puissant. Il augmente alors à la fois les mouvements péristaltiques et les sécrétions intestinales; il produit des évacuations abondantes et liquides. Chez les carnivores, on observe souvent des vomissements. Mais là ne se borne pas son action ; parfois on voit survenir de la parésie, même de la paralysie dans les muscles locomoteurs, ainsi que des troubles cardiaques. Les animaux ne peuvent plus se tenir debout et sont incapables de se déplacer; les muscles n'obéissent plus à l'influence de la volonté, ils sont paralysés. Le cœur s'affaiblit, se tétanise et s'arrête en systole.

Le chlorure de baryum est donc un poisoîi musculaire et surtout un violent poisoîi du cœur.

Lésions. — Les animaux qui succombent aux effets du chlorure de baryum ne présentent pas de lésions caractéristiques. On a noté souvent de la congestion de la muqueuse intestinale et des méninges, des ecchymoses sur l'endocarde du ventricule gauche. L'analyse chimique permet de retrouver le sel de baryum, dans tous les org'anes, mais en proportion différente; le foie, le rein, le cerveau, la moelle en contiennent le plus. Dans l'empoisonne- Kaufmann. 31

482 CHLORURE DE BARYUM.

ment chronique, les os en renferment une assez forte proportion (Linossier).

Emploi thérapeutique. — 1° L'action énerg-ique exercée par le chlorure de baryum sur le péristaltis?ne intestinal a été utilisée pour provoquer des évacuations dans les cas de coliques chez le cheval. Dieckerhoff Ta employé le premier en injection intraveineuse dans le traitement des coliques des solipèdes (1895). Dès les premières minutes qui suivent Tinjection d'une dose de 0s%25 à lg'',25 de chlorure de baryum en solution aqueuse, le cheval présente des évacuations fréquentes et abondantes d'excréments ramollis et liquides ; cette action laxative peut durer de deux à six heures. Quand le chlorure de baryum est administré à l'intérieur sous forme de breuvag-e, d'électuaire ou de bol, les effets évacuants apparaissent tardivement, après un temps qui varie de une heure à deux heures .

Le traitement des coliques des solipèdes par les injections intraveineuses de chlorure de baryum a fait l'objet de nombreuses recherches cliniques dans tous les pays. Pour beaucoup d'auteurs, ce traitement est efficace et sans danger quand la solution employée est suffisamment diluée et injectée à faible dose et lentement (Dieckerhoff, Hutyra, Carrey, Gadiot). Pour d'autres, il est très dangereux et peut occasionner la mort presque foudroyante des animaux, même avec de faibles doses, de 0g%25 à 08^,80 (Ries, Mollereau, Millier, Roder, etc.).

Quand on veut employer le chlorure de baryum, il faut se rappeler que ce sel est un violent poison du cœur et qu'il est, par conséquent, contre-indiqué chez tous les sujets atteints d' affections cardiaques même lég'ères. De plus, les dilîérents sujets n'olïrent pas la même sensibilité vis-à-vis de cette substance. Dans la pratique, il convientdonc de nel'utiliser que chez les animaux dont le cœur est sain et de ne l'administrer qu'à doses faibles, fractionnées renouvelées au besoin deux ou trois fois à une demiheure d'intervalle. L'injection intraveineuse doit toujours être lente, et la solution ne doit jamais présenter une concentration supérieure à 1 p. 20.

2° Dans l'espèce bovine, le chlorure de baryum administré à r/7i^e'r2>«fr a donné quelques résultats favorables dans l'indig-estion, la météorisation, les obstructions, la parésie des viscères, à des doses variant de 5 à 15 g-rammes dissous dans 1 litre d'eau (Fober, Wolf, etc.).

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