‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 177 sur 260 · CIGUË OFFICINALE · texte numérisé non relu

CIGUË OFFICINALE

la sensibilité Qi calment la douleur. Elles ont une action locale anesthésiante et analg-ésiante très nette.

Administrées à Vintérieur, ces préparations provoquent à dose un peu forte le vomissement chez les carnivores et les omnivores, du ptyalisme, de la météorisation et des coliques chez les herbivores.

La conicine absorbée agit très énergiquement chez Thomme et les carnivores ; elle agit plus modérément chez les herbivores. Il parait que les chèvres peuvent consommer de grandes quantités de feuilles de ciguë fraîche sans éprouver aucun accident.

A faible dose, laplante administrée pendant longtempsdiminue l'appétit, amène l'atrophie du testicule et des mamelles, ralentit la nutrition, augmente le mouvement de désassimilalion et de résorption, rend les animaux anémiques et cachectiques, puis produit le marasme, la paralysie et la mort. Si on arrête à temps l'administration, l'organisme revient insensiblement à son état normal.

Quand les animaux reçoivent d'emblée une forte dose de ciguë, on voit apparaître les phénomènes suivants : salivation, nausées, vomissements, ballonnement du ventre, agitation anxieuse, accélération du pouls, accélération et difficulté de la respiration, mydriase, exophtalmie, grincements de dents, bâillements fréquents, puis mouvements spasmodiques des mâchoires, tremblements et convulsions successivement dans les muscles des membres postérieurs, puis des membres antérieurs, du cou et de la colonne vertébrale ; difficulté extrême de la locomotion, chute sur le sol, paralysie et flaccidité des membres postérieurs d'abord, puis des antérieurs ; diminution de la sensibiUté, difficulté de plus en plus grande delà respiration, qui devient labiale chez le chien ; petitesse extrême du pouls, qui bat très vite; abaissement de la température rectale ; puis arrêt de la respiration et du cœur, relâchement des sphincters et mort.

D'après ce tableau symptomatologique de l'empoisonnement par la ciguë, on voit que la cicutine agit sur les mouvements volontaires, la respiration, le pouls et la sensibilité générale. La diminution de la sensibilité ne survient qu'à un degré déjà avancé de l'empoisonnement ; les troubles locomoteurs se montrent au contraire dès le début.

La gêne des mouvements produite par la cicutine doit être attribuée à l'action paralysante exercée par cet alcaloïde sur les

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