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ADMINISTRATION DES MÉDICAMENTS PAR LA VOIE RESPIRATOIRE

cheval avant d'amener la mort. A l'autopsie, faite immédiatement après, ils n'ont pas trouvé de liquides dans les bronches, toute l'eau avait passé à l'absorption. Colin a pu faire couler lentement 18 litres d'eau dans l'espace de trois heures dans la trachée d'un cheval sans le gêner beaucoup. ,,' . ' ■ -

Les vapeurs d'alcool, inspirées avec l'air, fieuvent produire • ffX^rivresse. L'essence de térébenthine inhalée communique rapidement l'odeur de violette à l'urine. Les vapeurs d'élher, de chloroforme, produisent Tanesthésie.

Les se/s solubles s'absorbent aussi avec rapidité. Les sels de strychnine produisent la mort en cinq ou six minutes. Le ferrocyanure de potassium se trouve dans le sang- dix minutes après son injection dans la trachée, chez le chien (Mayer). Colin a retrouvé ce sel dans le sang' de la veine jugulaire, chez le cheval, quatre minutes après l'injection intralrachéale. Le curare non absorbé dans l'estomac et l'intestin est très facilement absorbé parla voie pulmonaire.

En petite quantité, les huiles grasses peuvent elles-mêmes être absorbées dans les voies trachéo-bronchiques.

Les médicaments sous forme de poudre ne peuvent être absorbés que s'ils entrent en dissolution. Les particules solides pénètrent quelquefois par elfraction dans le tissu pulmonaire ets'y enkystent ; mais ce n'est pas là une véritable absorption.

B. — Administration des médicaments par la voie respiratoire.

On peut se proposer de moditier localement la muqueuse nasale ou de produire Tabsorption du médicament par les bronches et le tissu pulmonaire.

Pour agir localement sur la muqueuse nasale, on emploie les poudres ou les liquides. Les poudres médicamenteuses sont insufflées dans le nez à l'aide d'un soufflet, d'un tube de verre, de bois ou de carton. On peut aussi mettre la poudre au fond d'un petit sac suspendu convenablement autour du nez, dans l'ouverture duquel on force l'animal à respirer. Les mouvements de l'air font voUiger la poussière, qui est ej traînée dans l'appareil respiratoire pendant l'inspiration. C'^^Â^Îm^c^X.o

Quand les médicaments sont liquides, on emploie les injections nasales. Elles se font avec la seringue, avec un tube de caout- Kaukmann. 2

18 • FUMIGATIONS

chouc fixé à l'extrémité d'un entonnoir, ou encore à l'aide du tube-siphon de Rey. Celui-ci consiste en un tube de cuir, en forme de siphon. On introduit le petit liout g-arni d'étoupe dans l'une des narines, tandis que l'autre reste libre ; l'opercule de l'instrument est fortement appliqué sur les ailes du nez afin d'obtenir une fermeture complète. On verse alors le liquide dans le pavillon tube; il s'écoule dans le nez par la petite branche et monte plus ou moins haut suivant l'inclinaison qu'on donne à l'appareil et la quantité de liquide introduite.

Lorsque, au lieud'administrer les médicaments dans le but d'agir localement sur la muqueuse nasale, on veut les faire arriver sur la muqueuse laryngienne, trachéale, bronchique ou pulmonaire, soit pour obtenir leur absorption, soit pour modifier la surface respiratoire, il faut employer exclusivement les médicaments liquides ou g-azeux ; il esttoujours imprudent d'insuffler des poudres dans le larynx ou la trachée, car elles amènent un obstacle mécanique à la respiration et provoquent la toux.

On fait pénétrer les substances médicamenteuses dans les voies respiratoires à l'aide de fumigations, d'inhalations, de pulvérisations ou d'injections.

1° Fumigations.

Les fumigations consistent dans l'emploi de vapeurs ou de substances volatiles médicamenteuses, dégagées à l'aide de la chaleur. Les vapeurs médicamenteuses mélang-ées à l'air étant respirées par les animaux, elles exercent une action locale sur toute la muqueuse respiratoire et en même temps sont en partie absorbées. On les emploie souvent pour calmer la toux, modifier les sécrétions bronchiques, désinfecter le poumon, désodoriser l'air ou pour provoquer la toux lorsqu'il s'agit d'obtenir l'expulsion des parasites vivant dans les bronches.

Les fumig-ations sont sèches ou humides. Les fumigations sèches s'obtiennent en brûlant à l'air certaines substances (benjoin, myrrhe, styrax, huile empyreumatique, goudron, baies de g-enièvre, etc.). Ces substances peuvent être brûlées sur une pelle rougie au feu. Les animaux respirent ainsi l'air charg-é de fumées plus ou moins aromatiques et désinfectantes.

Les fumigations humides se j)réparent en projetant dans l'eau bouillante des substances médicamenteuses susceptibles

FUMIGATIONS

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Fig. 3. — Appareil funiigatoire de M. Colin.

FUMIGATIONS

d'être entraînées par la vapeur (goudron, fleurs de sureau, plantes aromatiques, essence de térébenthine, créosote, nnenthol, terpine, etc.). Pour faire respirer aux animaux l'air médicamenté par la fumigation, on peut procéder de plusieurs manières :

a. Procédé ordinaire. — Il consiste à verser de l'eau bouillante dans un seau contenant les plantes aromatiques ou les

Fig. 4. — Appareil fixe (Schelameur).

substances médicamenteuses et à faire arriver les vapeurs dans l'appareil respiratoire du malade à l'aide d'un manchon de toile attaché à la muserolle du licol et coiffant le récipient. On se sert utilement d'un sac au fond duquel est placé le vase contenant le liquide chaud et dans l'ouverture duquel on fait respirer l'animal. Ce procédé présente plusieurs inconvénients : l'eau se refroidissant, la fumigation ne peut être que de courte durée ; l'animal est exposé à se brûler les lèvres accidentellement s'il les trempe

FUMIGATIONS

dans le liquide ; en outre le vase peut être renversé facilement.

b. Procédé de Colin. — Colin a imaginé un appareil qui consiste en un récipient en fer battu chaufFé par une lampe à alcool, le tout enfermé dans un fourneau cylindrique en tôle, muni d une courte cheminée sur laquelle on adapte un manchon en forte toile, doublé de toile cirée, dont l'ouverture supérieure se ilxe à la muserolle. L'appareil Colin présente l'inconvénient d'être facile à rerv\:^rser par le patient et de nécessiter une surveillance continue (fig-. 3). ---^ ^ '■ ^ - '

c. Procédé des fumigations multiples. — Le vétérinaire militaire Schelameur a

réalisé un dispositif qui supprime les inconvénients sig-nalés précédemment et qui permet de faire des fimii-

gations multiples et .crsâH^^BSàËiiliirJBHK^^ s imultane'es.La. vapeur est fournie par un récipient en tôlechaufPé par une lampe à alcool ; le tout est placé en dehors de l'écurie dans \^jjv>a.^ unepetitearmoire fixée au mur. La vapeur est conduite à travers le mur, par un tube de plomb ou de durite qui débouche à l'intérieur

de l'écurie en face de l'animal, puis s'échappe dans un manchon en toile cachou imperméable dont l'ouverture supérieure est fixée autour de la tête du cheval. Le même récipient peut porter trois tubes de dégagement, de sorte qu'il est possible de faire simultanément des fumig-ations sur trois chevaux (fig-. 4).

Pour répondre à tous les besoins, l'auteur a imaginé aussi un appareil portatif à fumigations multiples, permettant de traiter simultanément jusqu'à quatre malades (fig. 5). Les fumigations appliquées systématiquement aux jeunes chevaux gourmeux ont donné de très bons résultats.

Fig. 5. — Appareil portatif (Schelameur)

22 INJECTIONS INTRATRACHÉALES.

2° Inhalations.

Les inhalations consistent à faire respirer aux malades des vapeurs à la température à laquelle elles se produisent spontanément. Elles sont surtout utilisées en vétérinaire pour l'administration des vapeurs aneslhésiques d'éther et de chloroforme.

3" Pulvérisations.

Les pulvérisations consistent à réduire en gouttelettes d'une extrême ténuité, au moyen de pulvérisateurs, des liquides divers. Les pulvérisations intratrachéales de liquides créosotes, phoniques ou térébenthines, à travers un trocart enfoncé dans la ^Jtt^^^' trachée, ont été employées avec grand succès dans le traitement de la bronchite vermineuse des bovins.

4° Injections intratrachéales.

Elles se font à Taide de la seringue de Pravaz, à laquelle on adapte une canule piquante plus forte que les canules ordinaires. Avec cette canule, on perfore la trachée en pénétrant de préférence entre deux cerceaux. Quand on perce au milieu d'un anneau, la canule fait parfois envporte-pièce et se bouche par un frag-ment de cartilage. Pour éviter ce petit inconvénient, il est ^j^Cf- préférable de percer la trachée à l'aide d'un petit trocart et

d'injecter à travers la canule laissée en place.

Voici les règles générales à suivre pour l'application pratique de la méthode au cheval d'après le professeur Lévi (de Pise), qui a fait de cette question une étude complète :

« La quantité de liquide que l'on peut injecter dans la trachée en une seule fois est très variable ; en g-énéral on limite la dose à 5 grammes, mais on peut aller jusqu'à 30 grammes. Les quantités supérieures à 100 grammes sont tout à fait exceptionnelles.

« Le liquide devra être préparé de manière que toutes les substances qui entrent dans sa composition se trouvent complètement dissoutes ; il est préférable qu'il ait une réaction neutre ou alcaline, quoiqu'un léger degré d'acidité soit sans inconvénient.

« On choisit de préférence des médicaments parmi les alca-

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