MODIFICATEURS DES SÉCRÉTIONS
Ils comprennent les hyposécrétoires et les hypersécrétoires.he type des hyposécrétoires, c'est V atropine (Voy. p. 674).
Les hypersécrétoires comprennent les diurétiques, les sudorifiques et les expectorants.
736 DIURÉTIQUES.
Diurétiques.
Les diurétiques activent la sécrétion urinaire. C'est principalement par cette sécrétion que Torg-anisme se débarrasse des produits de déchets non volatils engendrés par le mouvement nutritif général, des poisons absorbés à la surface g-astro-intestinale, des toxines produites par les microbes qui envahissent les tissus dans les infections, et même des principes normaux contenus en excès dans le sang-, comme Teau, le sucre, les sels alcalins. En activant la sécrétion urinaire, les diurétiques favorisent donc la dépuration sang'uine, assurent la composition normale du milieu intérieur, aug-mentent la force de résistance de l'organisme à l'auto-intoxi- €ation et à tous les empoisonnements en général, quelle que soit d'ailleurs leur origine.
Dans les états morbides, il est d'autant plus important que la sécrétion urinaire conserve toute sa puissance qu'alors la dénutrition est plus active, que les poisons ou toxines engendrés sont déversés dans le sang en quantité plus grande.
Les diurétiques produisent la diurèse par un mécanisme variable. Les uns tonifient le cœur et les vaisseaux, augmentent la pression artérielle et par suite activent mécaniquement la filtration rénale ; d'autres ne modifient pas sensiblement la pression «anguine, mais activent directement la fonction rénale, en agissant soit sur les cellules excrétrices des canaux urinifères, soit sur les nerfs fonctionnels en rapport avec ces cellules.
En se basant sur leur mode d'action, on peut donc diviser les diurétiques en deux groupes principaux : les diurétiques directs ^t les diurétiques indirects.
Les diurétiques directs excitent directement la fonction de l'epithélium rénal. Ils comprennent les sels de potassium, diverses plantes, les essences balsamiques, diverses résines, lacantharide, le calomel, les acides très dilués, notamment l'acide azotique l'urée, la lactose, la scoparine, la caféine, la théobromine, la théocine.
Les diurétiques indirects agissent surtout en modifiant la circulation générale et rénale ; ils comprennent tous \q?, cardio-toniques Voir ce groupe).
NITRATE DE POTASSIUiM. -/37
Sels alcalins.
Tous les sels des métaux alcalins sont plus ou moins diurétiriues. Les plus actifs sont les nitrates.
Nitrate de potassium.
AzO^K.
Le sel de nitie, ou salpêtre, est incolore, inodore, d'une saveur fraîche, piquante, avec arrière-g-oût amer, soluble dans 4 parties d'eau froide et 1 partie d'eau bouillante, presque insoluble dans l'alcool. Il existe en assez forte proportion dans diverses plantes.
Effets. — Appliqué sur la peau, les muqueuses et les plaies, le sel de nitre est plus ou moins irritant, suivant la délicatesse des tissus et la concentration des solutions. D'après Orfila, il produit une inflammation intense quand il est déposé dans le tissu conjonctif sous-cutané.
Introduit dans les voies dig-estives en petite quantité et très étendu d'eau, le salpêtre n'exerce aucune action particulière sur la dig-estion; à doses moyennes, il irrite la muqueuse digestive et cause du dég"OÛt ; à doses fortes, il détermine une inflammation g-astro-intestinale, une superpurgation et une intoxication g-énérale.
Quand ce sel est administré en petite quantité., il est absorbé rapidement parla muqueuse dig-estive et ne tarde pas à produire une expulsion copieuse d'urine, h'action diurétique est de courte durée et, pour l'entretenir, il faut administrer des doses fréquemment renouvelées. Par un usag-e trop prolongé, on peut voir apparaître une iî^ritation des voies urinaires et une fluidification du sang-. Le nitrate de potasse exerce aussi une lég-ère action dépressive?>\yc la circulation et la respiration : le nombre des battements du cœur et des respirations diminue légèrement; le pouls est petit, mou, intermittent: le cœur bat avec moins d'énergie, la température cutanée s'abaisse et les muqueuses pâlissent.
.4 doses toxiques, ce sel produit, outre l'irritation g-astro-intestinale, des tremblements, des convulsions, des attaques tétaniques, la dilatation de la pupille, puis la paralysie des mouvements volontaires et des contractions du cœur.
A l'autopsie, on trouve, chez les animaux qui ont succombé à Kaufmann. 47
738 PLANTES DIURÉTIQUES.
Tempoisonnement par le sel de nitre, une irritation du tube dig-estif et des voies g-énito-urinaires; le sang- veineux est rouge^ mais incoag-ulé; le cœur et les autres parenchymes sont flasques.
Indications et doses. — Les propriétés dépressives que ce sel exerce sur la circulation, la respiration et lacalorification, ne peuvent pas être utilisées en pratique pour combattre les états fébriles, car à dosesfaibles la dépression produite est trop lég'ère, et à fortes doses les effets sont trop intenses et peuvent devenir dangereux.
Ce médicament est surtout indiqué comme diurétique^ quand on veut favoriser les résorptions et amener la diminution des épanchements dans les séreuses ou la disparition de certains eng'org-ements chroniques.
11 est toujours contre-indiqué, quand il y a inflammation du tube digestif ou de l'appareil g'énito-urinaire.
Or. combat les effets toxiques de ce sel avec les mucilag'ineux et les excitants.
On le fait prendre dans les boissons.
Doses Ihérapeuliques.
Cheval 8 à 15 grammes.
Bœuf 10 à 25 —
Mouton et porc 2 ào —
Chien 0«',20 à Os'.oÛ
Chat et volailles O^M à 0?^20
Le nitrate de sodium ou salpêtre du Chili jouit des mêmes propriétés diurétiques que le nitrate de potassium, mais il est moins toxique que ce dernier.
Plantes diurétiques.
Un grand nombre de plantes excitent la sécrétion urinaire. Les suivantes sont les plus employées.
Bardane [Arrtiuin Lappa L.). — Cette plante, de la famille des Synanthérées, est encore appelée vulgairement glouteron, herbe aux teigneux. Ses feuilles et sa racine sont les parties habituellement employées en médecine. On y trouve du sucre, de l'amidon, du mucilage, un peu de tanin, une matière amère, de Tinuline, une matière céro-oléagineuse verdâtre et une forte proportion de carbonate et de nitrate de potasse.
PLANTES DIURÉTIQUES. 739
Le feuilles et la racine de bardane sont employées comme diiuuHiques. On fait infuser de 20 à 25 g-rammes de racine ou de feuilles dans 1 litre d'eau bouillante, et on obtient, après décantation, un liquide très diurétique, qu'on peut administrer seul ou après l'avoir associé à d'autres substances ayant les mêmes propriétés.
.4 rextérieur, la décoction est employée en lotions sur la peau pour apaiser le prurit occasionné par les dartres et l'eczéma. Broyées et appliquées sous forme de cataplasmes sur les ulcères anciens, ces feuilles déterg-ent leur surface et activent le développement des bourgeons charnus.
Pariétaire [Parietaria officinalis, Urticées). — Cette plante, qui croit sur les vieux murs, les rochers et les décombres, renferme du mucilage et du nitrate de potassium. Elle est très diurétique . On emploie la plante entière en décoction à raison de 10 grammes par litre d'eau. Ce liquide édulcoré avec du miel est donné en boisson aux grands herbivores à raison d'environ 2 litres par heure. Pour augmenter encore la diurèse, on peut y ajouter 1 à 2 grammes de nitrate de potassium par litre. Généralement la diurèse s'établit dès le premier jour.
Spirée ulmaire {Spirea uhnariœ, Rosacées). — Cette plante, encore appelée 7'eine des prés, croit le long- des fossés dans les prairies humides. Ses sommités fleuries renferment une essence (hydrure de salicyle), une matière colorante Jaune, un hydrocarbure et une matière cristallisée offrant l'apparence du camphre.
L'infusion faite à raison d'une forte poig-née par 10 litres d'eau est à la fois diurétique et sudorifique.
Sabline [Arenaria rubra, Caryophyllées). — Cette petite plante, qui croit dans les champs sablonneux de l'Europe, est surtout très abondante en Algérie. Elle a une odeur de foin coupé et contient un principe résineux a7'omatique à odeur de benzine et une forte proportion de se/s alcalins. C'est un bon diurétique à la dose de 10 grammes par litre d'eau en infusion.
Bourrache {Borrago officinalis, Borraginées). — Cette plante contient du mucilage, de la résine, des sels alcalins et beaucoup de nitrate de potasse.
Les feuilles sont très diurétiques et émollientes. Les fleurs sont sudorifiques et pectorales.
Bugrane ou arrête-bœuf [Ononis spinosa, Légumineuses).
740 THÉOCLNE OU TflÉOPHYLLINE.
— La racine, seule partie employée, contient une résine, un glycoside, Yononme, un principe amer et de Vamidon.
Elle est diurétique et s'emploie en infusion à la dose de 50 à 100 grammes par jour chez les grands herbivores.
Racine de chiendent {Agropyrum repens, Graminées). — Le rhizome contient du sucre, de la triticine, matière gommeuse qui peut se transformer en sucre, une matière r/omftieuae asotée, des malates et de la tnannite. Excellent diurétique.
Racine d'asperges [Asparagus officinalis, Asparaginées).
— Elle contient de Vasparagine, de la coniférine, une résine jaune et de la man?iite.
Cette racine est employée comme diurétique. Baie de genièvre. — \o'\r toniques amers.
Théocine ou théopliylline.
C«H*Az302.
C'est un isomère de la théobromine quiest obtenu par synthèse. Elle se présente en poudre blanche cristalline, inodore, de saveur amère et désagréable, soluble dans 179 parties d'eau froide et 85 parties d'eau à 37°, dans les solutions alcalines et acides. Le cinnamate de soude aide à sa dissolution dans l'eau.
Effets. — La théocine a une action générale semblable à celle de la caféine ; mais elle est moins toxique, moins convulsivante. De même que les autres bases xanthiques, elles'éliminepar l'urine assez rapidement à l'état de ,8-monométhylxanthine. Elle ne modifie pas notablement ni le travail du cœur ni la pression sanguine. Elle provoque une diurèse très abondante, en excitant directement les éléments rénaux.
Elle a un inconvénient, c'est d'être irritante pour l'appareil digestif.
Usages. — Ce puissant diurétique est recommandé dans les maladies cardiaques avec phénomène de stase, dans l'ascite, les alfections rénales compliquées d'anasarque, dans l'artériosclérose. Son action serait d'autant plus intense qu'il existe des œdèmes ])lus considérables.
On l'adminislre au chien à la dose deO'^S à 1 g-ramme par jour dans du thé léger.
COLCHIQUE ET COLCHICINE. 741
Colchique et colchicine.
Le colchique d'automne [Colchicuin autumnale L.) est une plante bulbeuse de la famille des Liliacées Colchicées, qui croît en grande quantité dans les prairies humides. Toutes ses parties sont actives et vénéneuses. En médecine, on fait usage seulement de la semence (convention internationale).
Les semences ainsi que le tubercule de colchique contiennent un principe alcaloïdique, la colchicine (0,05p. 100), etdes matières indilférentes, telles qu'une huile g-rasse, de l'albumine, de la g-omme, du sucre.
La colchicine (G^-H'^'AzO ') est un alcaloïde qui se présente sous la forme de ciistaux orthorhombiques ; elle est inodore, d'une saveur très amère, lentement et peu soluble dans l'eau, la g-lycérine, très soluble dans l'alcool et l'éther éthylique et se combinant avec les acides pour former des sels difficilement cristallisables. Les solutions noircissent rapidement à la lumière. Elle est très toxique.
Préparations. — On emploie Vextrait de colchique etla teinture de colchique. Cette dernière se fait avec 100 g-rammes de poudre de semence et quantité d'alcool suffisante pour 1000 grammes de teinture. Elle renferme deux fois moins de principes actifs que la teinture de colchique du Codex de 1884.
Effets physiologiques. — Sur la peau intacte, la colchicine n'a pas d'action marquée ; <à l'intérieur, elle est irritante. Dans la bouche, elle développe une saveurfortement amère etproduitune sensation de brûlure et de la salivation. Arrivée dans l'estomac, elle irrite la muqueuse, produit du dégoût, des nausées etdes vomissements. EUea la même action irritante sur l'intestin et détermine des coliques, du ténesme et de la diai-rhée souvent sanguinolente pouvant durer plusieurs jours.
Les effets généraux sont toujours lents à se produire, probablement à cause de la lenteur de son absorption. La plupart des auteurs signalent une diminution du nombre des battements du cœur; cependant Rossbach, quia fait une étude sérieuse de celte substance, dit que le cœur n'est pas sensiblement infiuencé. La tension artérielle reste normale: elle ne s'abaisse que vers la fin de l'empoisonnement.
Des doses thérapeutiques ne modifient pas la respiration ; des
742 COLCHIQUE ET COLCHICINE.
doses fortes produisent un ralentissement de cette fonction qui s'éteint avant le cœur. Elle provoque généralement une diurèse abondante. D'après Mairet et Gombemale, elle ne serait diurétique qu'à dose très faible (2 à 3 millig-rammes chez l'homme). Elle aurait aussi une action cholagogue très nette, d'après Rutherford.
A fortes doses, le système nerveux est d'abord excité, puis paralysé ; la sensibilité est atteinte la première.
h'élimination se fait principalement par les urines. Cette élimination est lente, et des effets cumulatifs sont à craindre par l'administration répétée. D'après Jacobi, elle s'oxyderait partiellement dans l'économie en donnant naissance à de l'oxycolchicine.
Elle semble s'éliminer aussi en partie par le lait. On a vu se produire des intoxications colchiciques sur des enfants qui recevaient du lait de chèvres ayant mangé des feuilles et des graines de colchique.
Voici les résultats des deux expériences faites, l'une sur le chat, l'autre sur le lapin, avec la colchicine de Merk :
1° A 2'', 15, on pratique sur un cliat une injection hypodermique de 1 centimètre cube d'une solution au 1/100, c'est-à-dire Oe^01. Jusqu'à 5 heures on observe plusieurs défécations; les matières rendues sont d'abord dures et sèches, puis molles et liquides; l'animal vomit des matières spumeuses et il est un peu triste. La mort survient pendant la nuit et le lendemain matin le cadavre est en rigidité. A l'autopsie, on trouve, dans l'estomac et le duodénum du sang mêlé à des mucosités épaisses, la muqueuse est congestionnée et fortement ecchymosée. Dans le jéjunum et l'iléon, il y a un peu de sang, mais la muqueuse est normale, ce qui indique que ce sang provenait des parties antérieures, La muqueuse rectale offre aussi uelques ecchymoses, mais beaucoup moins étendues que celles de l'estomac et du duodénum. Les reins sont hyperémiés à la surface et au voisinage de la ligne de réunion de la substance corticale avec la substance médullaire. Lecœur droit est gorgé de sang; le ventricule gauche est dur et ne contient presque pas de sang; pas d'ecchymoses sur l'endocarde. Le sang est noir et en partie coagulé. Le foie présente quelques lignes de congestion ; la vésicule biliaire est remplie de bile.
2° A 9 heures du matin, on pratique sur un lapin une injection hypodermique de 2 centimètres cubes de la solution au 1/100, c'est-à-dire 0er,02. Jusqu'à 11 heures, on n'observe rien d'anormal. De 11 heures à 3 heures, l'animal rend plusieurs fois des excréments; les premiers rendus sont normau.x, ceux rendus après sont mous, non disposés en boule. Le lapin est triste, abattu, et ne se déplace que lorsqu'on l'excite vivement; il a 40 respirations par minute. L'expiration est brusque, saccadée; il y a discordance des mouvements respiratoires, thoraciques et abdominaux. Vers 5 heures, même état; les oreilles sont froides et pâles. 11 m'est impossible de prendre exactement le nombre des pulsations. La mort survient pendant la nuit. A l'autopsie pratiquée le lendemain matin, on trouve l'estomac plein d'aliments secs, entourés d'une épaisse couche de mucus; la muqueuse offre (juelques ecchymoses et des arborisations vasculaires. La muqueuse de l'intestin grêle est congestionnée, mais il n'y a pas de sang ni dans 1 estomac ni dans l'in-
COLCHIQUE ET COLCHICINE. 743
testin. Les reins sont hypercmiés, et l'un d'eux offre une ecchymose à sa surface. Le l'oie offre des zones de congestion, l'as de bile dans la vi-sicule. Le cœur est gorgé d'un sang noir coagulé, l'as d'ecchymoses sur l'endocarde. Les poumons sont fortement congestionnés et ecchymoses, surtout en arrière et en bas. La vessie est vide et fortement contractée.
Ces deux expériences, et un grand nombre d'autres quil est inutile de rapporter, démontrent que la colchicine ag-it surtout sur la muqueuse de restomac et de f intestin grêle, même quand elle est absorbée par la voie sous-cutanée, h'/iyperémie rénale indique qu'elle irrite cette giande.
Les ruminants étant les animaux les plus exposés à être empoisonnés parle colchique qu'ils mangent avec les autres herbes, il est utile de donner les symptômes de cet empoisonnement. Les vaches qui ont reçu en nourriture des feuilles de colchique ont offert les symptômes suivants: inappétence, inrumination, grincement de dents, ptyalisme, borborygmes, coliques, regards dirigés vers le flanc, tremblements, hématurie, suppression du lait; respiration courte, difficile; pouls accéléré, petit, intermittent, température élevée de 1 à 2° G. ; muqueuses pâles : peau sèche, froide ; poils ternes; diarrhée abondante, fétide; matières alvines d'un vert grisâtre.
Pour combattre l'empoisonnement par le colchique, on a recours aux huileux et aux mucilagineux.
Indications thérapeutiques. — Chez Ihomme, les préparations de colchique administrées à l'intérieur en petite quantité constituent des agents antiçjoutteux puissants.
En vétérinaire, la colchicine n'est guère indiquée que comme diurétique dans les diverses hydropisies. Il est vrai qu'on l'a employée quelquefois contre les météorisations chez les ruminants, la fluxion périodique chez le cheval, les arthrites rhumatismales chez les porcs et les oiseaux, mais avec un résultat variable. \j action anesthésiante de la colchicine sur les extrémités des nerfs sensitifs pourrait recevoir quelques applications contre les névralgies, les rhumatismes: mais nous possédons d'autres substances (vératrine, etc.) qui conviennent mieux.
Doses et administration.
1° Doses toxiques.
Injections hypodermiques (colchicine).
Chat Ogr,002 par kilo, d'animal.
Chien Osr.OOS —
Porc 0?^030 —
Lapin Osf.OlO —
744 DIAPHORÉTIQUES ET EXPECTORANTS.
2° Doses thérapeutiques {par télé) (colchicine).
Cheval 0gr,02 à 0er,06
Bœuf 0sr,02 à Os'.Oe
Chien Os^000o à Os^OOl
Lacolchicine doit toujoursêtre administrée en solutionsaqueuses ou g-lycérinées à 1 p. 100 ou 1 p. 200, en injections hypodermiques. La voie trachéale peut également être utilisée, mais il n'y a généralement aucun avantage à la préférer à la voie hypodermique. Il faut suspendre l'administration aussitôt que Ton constate de la diarrhée ou des phénomènes nerveux .
La teinture de semences de colchique contient 0,70 p. 1000 de
colchicine.
Doses thérapeutiques à l'intérieur.
Poudre. Teinture.
Cheval 3 à o gr. 6 à 10 gr.
Bœuf 5 à 8 6 à 15
Porc et mouton Og^.lO à Isr.oO Og'.SO à 2 —
Chien Qs^Oo à 0sr,30 X à XXX gouttes.
Diaphorétiques et expectorants.
Les diaphorétiques ou sudorifiques activent la sécrétion sudorale, échauifent la peau en y appelant le sang- par suite d'une vaso-dilatation, aug-mententla déperdition de chaleur par Tévaporation et le rayonnement et diminuent par conséquent la température interne.
Ils sont donc indiqués dans toutes les maladies fébriles consécutives à un refroidissement, à une infection, à une intoxication ; car ils abaissent la fièvre et provoquent l'élimination par la peau des poisons qui ne peuvent s'échapper par le rein devenu insuffisant.
Les expectorants aug-mentent et modifient la sécrétion bronchique, facilitent l'expectoration, diminuent l'irritation des voies aériennes, calment la toux et rendent la circulation de l'air plus facile.
Ils conviennent dans toutes les maladies des bronches et du poumon, surtout quand la toux est pénible et l'expectoration difficile.
La plupart des médicaments diaphorétiques sont en même temps expectorants.
Les principaux sont les suivants : les sulfurés, les ammoniacaux, l'essence de térébenthine, la terpine, le terpinol, le jaborandi et la pilocarpine, les fleurs de sureau, les fleurs de tilleul, le poiygala de Virginie, Técorce de panama, le bouillon blanc, les pétales de coquelicot, les fleurs de mauve, la racine d'aunée, la lichen d'Islande, l'anis, le fenouil, le cumin.
Sulfurés.
Ils comprennent le soufre et les sulfures d'antimoine.
Soufre.
En médecine, on n'emploie que le soufre sublimé ou /leur de soufre. Sous cet état, le soufre est une poudre d'un beau jaunecitron. Il est inodore, insipide, d'une densité de 2,45, insoluble dans l'eau, légèrement soluble dans l'alcool, l'éther, les corps g-ras, les essences, les huiles pyrogénées ; un peu plus soluble dans les solutions des sels alcalins ; très soluble dans le sulfure de carbone et la benzine. Mis en contact avec des composés métalliques, le soufre donne naissance à des sulfures insolubles. Le soufre sublimé renferme souvent de l'acide sulfureux, de l'acide sulfurique et de l'arsenic. Des lavag-es à l'eau lui enlèvent les acides, et des lavag-es dans une solution ammoniacale le dépouillent de l'arsenic.
Le soufre est un élémentindispensable à laconstitution normale de l'org-anisme, car il fait partie de la molécule albuminoïde des tissus. On trouve des composés soufrés dans la bile (taurine, acide taurocholique), dans les urines (sulfates, sulphophônates), dans la peau (cystine), dans l'intestin (hydrogène sulfuré).
Effets physiologiques. — Les diverses préparations de soufre n'ont aucune action sensible sur la peau ; mais elles jouissent de la propriété de tuer rapidement les parasites qui vivent à sa surface. Le soufre est un parasificide excellent, surtout quand il est combiné avec des alcalins.
Ing'éré en petite quajitité, le soufre agit comme un léger s^itnulant du tube dig-estif; il augmente l'appétit, accélère la dig-estion, communique après quelques jours, auxmatières excrémentitielles, une teinte plus foncée et une odeur d'acide sulfhydrique très nette.
,1 doses rnoijennes, il augmente les mouvements périslaltiques de l'intestin, hâte les défécations, rend le ventre libre et communique aux excréments une coloration noire et l'odeur sulfhydrique à un deg-ré très prononcé.
A fortes doses, le soufre agit comme un laxatif énergique, qui ne dérang-e pas notablement l'appétit, si le traitement n'est pas trop prolongé.
Enfin, à dose exagérée, la fleur de soufre irrite vivement le tube digestif et détermine une superpurg-ation qui peut devenir mortelle.
Outre l'action locale sur l'appareil dig-estif, le soufre produit des effets g-énéraux qui résultent de son absorption. Or, comme il est insoluble, il doit éprouver dans le tube digestif des modifications qui ont pour effet de le rendre soluble et absorbable. Dans l'estomac acide, le soufre reste intact, il est transporté en nature dans l'intestin, où il rencontre les liquides alcalins. Là, il se combine, en certaine proportion, avec les bases alcalines et forme des sulfures de sodium, de potassium et de calcium, qui sont solubles. En même temps, il y a dégagement d'acide suifhydrique, car les excréments ont une forte odeur d'oeufs pourris. Une partie du soufre ingéré est donc absorbée dans l'intestin sous forme de sulfures alcalins et d'acide sulfhydrique, mais la plus grande partie est expulsée en nature avec les excréments.
Les produits soufrés solubles, arrivés dans le sang, déterminent une légère excitation générale ; le pouls est plein et accéléré ; la respiration est plus fréquente ; la peau est chaude et les muqueuses sont injectées. En outre, on remarque que l'air expiré et la transpiration cutanée exhalent une forte odeur d'hydrogène sulfuré. Sous l'influence de cette élimination d'acide sulfhydrique par le tégument cutané, on voit que la transpiration insensible et la sécrétion sébacée soîit notablement augmentées : la peau, sans se couvrir de sueur, devient plus souple, plus humide, plus grasse. Sur les animaux blancs, elle prend un aspectsale, et les pansages deviennent plus difficiles. L'acide sulfhydrique éliminé par le poumon excite légèrement les sécrétions bronchiques, rend le mucus plus fluide, moins adhérent, facilite l'expectoration et rend la respiration plus légère.
Pendant que les sulfures alcalins et l'acide sulfhydrique circulent dans le sang et les tissus, une certaine quantité de soufre est oxydée ; il se forme des sulfites et des sulfates alcalins qui sont
éliminés par les reins. Leur présence est facile à constater dans l'urine, qui n'est d'ailleurs pas sécrétée en plus g-rande quantité qu'à l'état normal. L'acide sulfhydrique éliminé par la peau provient surtout de la décomposition des sulfures alcalins en présence des acides de la sueur ou de la matière sébacée ; celui qui est éliminé par le poumon provient surtout directement de l'absorption intestinale.
Si l'absorption des principes sulfureux se continue pendant un certain temps, on voit apparaître des effets altérants ; le sangdevient plus fluide, moins coagulable et plus noir; les hématies perdent la propriété d'absorber l'oxygène ; il se produit un amaigTissement considérable, une résorption très active des produits épanchés, une diminution du volume des glandes et des g"ang-lions lymphatiques. Enfin, si la médication continue, l'amaigrissementse prononce de plus en plus ; il se produit un affaiblissement extrême et enfin une asphyxie lente qui entraîne la mort. 1^^^ aa/v"
Effets toxiques. — Le soufre administré d'emblée à dose toxique produit rapidement de la tristesse, la perte de l'appétit, des coliques vives avec expulsion fréquente d'acide sulfhydrique par l'anus et d'excréments fluides à odeur repoussante, un alTaiblissement général qui se prononce de plus en plus, une accélération considérable du pouls et de la respiration : le pouls devient plus petit et misérable, la respiration devient laborieuse; les muqueuses prennent une coloration violette ; le sang est noir et fluide, les sécrétions exhalent une forte odeur d'acide sulfhydrique ; puis il y a chute sur le sol, refroidissement des extrémités, couleur bleuâtre des muqueuses, et la mort survient sans convulsions.
Lésions. — A l'autopsie, on trouve les lésions suivantes : inflammation vive de la muqueuse gastro-intestinale, qui est quelquefois g-angrenée dans plusieurs points ; sang- noir, diftluent, qui eng-org-e tous les viscères parenchymateux ; poimion et cœur couverts d'ecchymoses; caillots fibrineux dans le système de la veine porte, dans la rate et le foie ; odeur très forte d'acide sulfhydrique dans tous les tissus, ce qui rend la viande inutilisable pour la consommation.
Indications thérapeutiques. — A l'extérieur, les préparations soufrées sont indiquées comme antiparasitaires, atitipsoriques, dans la gale, les dartres et les autres éruptions de nature parasitaire.
748 SOUFKE.
.4 l' intérieur^ le soufre est indiqué dans beaucoup de cas:
i° Comme purgatif léger. Lorsque le soufre employé est très pur, la purg-aliou ressemble à celle produite par l'huile de ricin ; elle est douce et sans coliques. C'est un purg-atif laxatif qui mérite d'être employé souvent;
2" Gomme antidote, dans l'empoisonnement par des owdes métalliques, tels que ceux de plomb et de mercure :
3° Comme expectorant, dans toutes les maladies catarrhales des voies respiratoires produites par un refroidissement, telles que : pneumonie, bronchite, laryngite, etc. On obtient surtout d'excellents ell'ets avec ce médicament chez les herbivores. Solleysel le nommait Vatni du poumon ;
4» Comme sudorifique ou diaphorétique, dans toutes les maladies où il est utile d'activer les fonctions cutanées et d'appeler le sang" à la peau. Il convient surtout dans les rhumatismes et les maladies éruptives anciennes. En g-énéral, celles-ci sont traitées à la fois par une administration interne et des applications externes ;
5° Gomme altérant et fondant, il convient surtout chez le cheval dans les cas d'eng-org-ements g-landulaires et g-ang-lionnaires et d'épanchements divers.
Il est indiqué chez tous les animaux pour faciliter la résorption des lésions chroniques du poumon ou des cavités séreuses.
6» Gomme vermifuge, il peut aussi rendre des services. Il ne tue pas les parasites du tube dig-estif, mais il provoque souvent leur expulsion en exagérant les mouvements péristaltiques ;
7° Gomme microbicide dans la diphtérie des volailles : on le fait prendre à l'intérieur et en même temps on dépose de la poudre sur les lésions locales.
Pour l'usage externe, on emploie les préparations suivantes:
Pommade soufrée.
Fleur de soufre 1 gramme.
Axonge 3 grammes.
Incorporez à froid.
Pommade d'Helmerich.
Soufre sublimé 2 grammes.
Carbonate de potasse 1 gramme.
Axonge 8 grammes.
Incorporez à froid. Pour obtenir une préparation plus active, on peut remplacer le carbonate de potasse par la potasse caustique. On y incorpore aussi le sel marin, le sel ammoniac, les cantharides, etc.
Contre la g-ale de tous les animaux.
Huile soufrée.
Fleur de soufre 8 grammes.
Jaune d'œuf N» 1.
Huile grasse 250 grammes.
Incorporez le soufre dans le jaune dœuf et ajoutez l'huile peu à peu en remuant sans cesse jusqu'à homogénéité parfaite du mélange.
Contre toutes les affections cutanées.
Baume de soufre.
Soufre sublimé 32 grammes.
Essence de térébenthine 230 —
Mélangez les deux substances, faites di^-éier à une assez forte chaleur, laissez déposer et décantez; l'essence prend une teinte brune.
Contre les affections psoriques.
Mélange de M. Schaack.
Fleur de soufre \
Essence de térébenthine ^ àâ 1 partie.
Huile de cade ^
Mélangez les trois substances dans un tlacon et agitez.
Contre les affections g-aleuses et dartreuses.
Pommade antipsorique de M. Ch. Bernard.
Fleur de soufre 1 gramme.
Huile de cade 2 grammes.
Essence de térébenthine 2 —
Axonge 3 —
Faites fondre l'axonge, et, au moment où elle commence à se figer, incorporez avec beaucoup de soin le soufre; puis ajoutez successivement l'huile de cade et l'essence, et continuez à remuer jusqu'à refroidissement complet; sans cette précaution, le soufre se déposerait et la pommade ne serait pas homogène.
Pour l'employer, on nettoie la peau avec soin et on applique la pommade sur les rég-ions atteintes de gale ou d autres affections herpétiques. Le succès est constant.
Pommade sulfuro-tannique.
Soufre 8 grammes.
Acide tannique 2 —
Laudanum 1 gramme.
Axonge 32 grammes.
Incorporez à froid. Contre toutes les affections cutanées. On peut remplacer le laudanum par 2 grammes de teinture de cantharides.
Les préparations sulfureuses n'ont aucune action curative sur les eczémas et les éruptions cutanées humides. -