SAFRAN
d'un prix très modique, doit être recommandée, à l'extérieur, en applications ou en lotions sur les plaies, en injections dans les cavités purulentes.
.1 rintériein\on l'administre sous forme d'électuoire,de poudre, d'infusion, de teinture.
L'essence de sabine peut être utilisée chez les petits animaux à la dose de 1 à IV gouttes dans les mixtures diverses.
Quand l'usage doit en être prolongé et surtout quand on veut obtenir les effets diurétiques, il faut plutôt employer des doses faibles, parce que la sabine produit la diurèse en excitant le rein ; si l'excitation va jusqu'à l'irritation, la diurèse s'arrête, surtout chez les jeunes animaux, et il peut survenir de l'anurie.
Doses.
Doses thérapeutiques.
Poudre. Extrait hyd. alcoolique. Teinture à 1/5.
Grandes femelles .o grammes. 2 grammes. .^ à 10 grammes.
Petites — 08'-,.'50 06^,15 Oe'',oO àl gramme.
Safran.
On désigne sous le nom de safran les stigmates du Crocus sativus, plante de la famille des Iridacées cultivée en Orient, en Espagne et même en France. Il doit ses propriétés à une huile essentielle et à deux glycosides : la crocine et la picroo'ocifie.
Effets et usages. — Le safran constitue un stimulant aromatique et amer pour le tube digestif. Administré à l'intérieur, il augmente la sécrétion des sucs digestifs et relève la tonicité des parois gatro-intestinales.
Après l'absorption de ses principes, il excite l'appareil génitourinaire et porte le sang à la peau. On lui reconnaît des propriétés aphrodisiafjues, emménagogues, diui^étiques et diaphorétiques. Il stimule aussi le cœur ainsi que le système nerveux et peut même produire à forte dose un assoupissement et un véritable empoisonnement.
On l'emploie comme tonique digestif contre l'atonie, la diarrhée ; comme antispasmodique contre les douleurs intestinales, les coliques ; comme aphrodisiaque et emménagogue pour hâter le retour des chaleurs ou pour favoriser la contraction de la matrice dans les cas de non-délivrance.
A cause de son prix élevé, le safran est peu employé en méde-
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cine vétérinaire. On l'administre SOUS forme d'infusion, de poudre,
de pilules, de teinture.
La dose de poudre est de 10 à 50 centig-rammes par jour chez
le chat et le chien.
Aphrodisiaques.
On place dans ce groupe les médicaments qui excitent la fonction g-énitale, hâtent l'apparition des chaleurs et aug-mentent la puissance génésique chez les animaux des deux sexes.
Les principaux aphrodisiaques sont : la cantharide, le phosphore, la strychnine, la cocaïne, l'yumbehoa et l'yohimbine, le safran, la racine de Muirapuama.
Yumbehoa et yohimbine.
L'yumbehoa ou l'yohimbehe est l'écorce fournie par le Pausiivjstalia Yohimba eiPausinystalia Trillesii. arbres de la famille des Rubiacées-Cinchonées, qui croissent au Cameroun et au Congo. Les indigènes ont ces arbres en grande considération à cause des propriétés aphrodisiaques puissantes de leur écorce. Celle-ci doit son activité à un alcaloïde, l'yohimbine, isolé en 1897 par
Spiegel.
Vijohimbine C^^'H^^^z^O^ cristallisée en aiguilles blanches est insoluble dans l'eau, mais soluble dans l'alcool, l'éther, l'acétone et le chloroforme. En se combinant avec les acides, elle donne des sels cristallisables très solubles dans l'eau, dont le plus employé est le chlorhydrate. Les solutions aqueuses ordinaires des sels d'yohimbine sont très altérables et perdent rapidement leur activité. En ampoules ou en tubes stérilisés, on peut les conserver longtemps. Le mieux, c'est de les faire au moment de s'en servir. Les vertus aphrodisiaques de cet alcaloïde ont été mises en évidence par Lowy en 1900. Les préparations galéniques^xfraiïset teinture contiennent, en plus de l'yohimbine, un tanin spécial, qui leur communique des propriétés toniques plus accusées.
Effets physiologiques. — Localement, l'yohimbine agit comme anesthésique à la façon de la cocaïne. Quelques gouttes d'une solution de chlorhydrate d'yohimbine instillées dans l'œil insensibilisent la cornée et la conjonctive en dix minutes. Appliquée sur un nerf, la solution supprime l'excitabihté et la conductibilité
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et produit par conséquent une paralysie soit motrice, soit sensitive, soit mixte, dans la région innervée par les terminaisons du nerf. Elle difTère de la cocaïne, en ce que son action est moins puissante, moins rapide et en ce qu'elle provoque une congestion locale au lieu d'une pâleur.
Administré à l'intérieur sous forme de tablettes, ou injecté sous la peau en solution aqueuse fraîchement préparée, le chlorhydrate d'yohimbine à très faible dose produit une légère stimulation générale du système nerveux, une augmentation de l'excitabilité réflexe de la moelle, des mouvements respiratoires plus fréquents et plus amples, un accroissement de la tonicité musculaire et surtout une hyperémie et une excitation de l'appareil génital.
Chez le mâle adulte et même chez l'animal châtré, l'yohimbine provoque des érectiojîs violentes. Chez les femelles adultes susceptibles d'être fécondées, elle congestionne Vappareil gé?iital dans toutes ses parties, ovaires, utérus, vag-in et vulve, hâte l'apparition des chaleurs et excite aux rapprochements sexuels.
En raison des résultats fournis par les nombreuses expériences faites sur la femme et sur les femelles des animaux, il faut admettre que les désirs vénériens sont réellement éveillés et excités. Il résulte des recherches de Daels et de Holterbach que l'action hyperémiante et excitante sur l'appareil génital se prolong-e chez la femelle long-temps après la cessation de l'administration. Cette hyperémie persistante hâte la mise en fonction de l'ovaire et appelle les chaleurs.
L'action spécifique de l'yohimbine sur la sphère génitale est accompagnée d'une vaso-dilatation des reins et de la peau et d'une constriction de la rate. La pression artérielle s'abaisse légèrement à cause de la vaso-dilatation, mais le cœur conserve toute son activité et toute sa puissance. D'après Daels, ryohimbine n'a pas d'action sur l'appareil génital des femelles trop jeunes ou sur celles qui sont châtrées, mais par contre on observe alors une hyperémie de l'intestin, quelquefois des hémorragies capillaires avec selles sanglantes.
A dose toxique, l'yohimbine, après une période de vive excitation, produit un état d'épuisement avec ataxie et paralysie des membres; un abaissement énorme de la pression sanguine à cause de la forte vaso-dilatation persistante ; une vive irritation de l'intestin et des évacuations diarrhéiques et sanglantes.
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A dose mortelle, elle paralyse le centre respiratoire. Après la cessation de la respiration, le cœur continue à fonctionner pendant un certain temps. L'yohimbine n'est donc pas un poison du cœur,
Indications thérapeutiques. — Elle est indiquée :
io Contre fitnpuissance sexuelle chez le mâle. En médecine humaine, on en a obtenu d'excellents résultats dans la neurasthénie, les névropathies, la morphinomanie, l'impuissance sénile précoce, etc. En vétérinaire, on a pu rendre la puissance g"énésique à des mâles de valeur qui, tout en ayant conservé leur santé, avaient perdu l'aptitude à la reproduction. Sur un taureau qui refusait de saillir, Fig-arelli ayant administré journellement 1 centig-ramme de chlorhydrate d'yohimbine en injection souscutanée, a vu l'ardeur à la saillie revenir et la fonction s'exécuter normalement après quatre jours de traitement. Gutbrod, Holterbach ont administré à des taureaux impuissants cinq cuillerées par jour de la mixture suivante: yohimbine, 1 à 2 g-rammes ; eau distillée, 250 g'rammes ; chloroforme, V g-outtes, et ont vu après quelques jours de traitement l'aptitude à la saillie s'établir et persister. Chez un étalon qui, à la suite d'une lésion due à la chute d'une poutre, était devenu impuissant, Kog-an prescrivit des injections sous-cutanées de 5 centigrammes de chlorhydrate d'yohimbine par jour et a obtenu la cessation de l'impuissance.
2° Pour réveiller les chaleurs chez les femelles devenues infécondes. — Chez des vaches en bonne santé, mais qui n'entraient pas en rut et qui pour cette raison ne pouvaient être fécondées, Picarelli, avec des injections sous-cutanées de 1 centig-ramme à i'=8,5 par jour, a vu apparaître les chaleurs après six à huit jours et la fécondation avoir lieu. Hoitenbach a vu apparaître les chaleurs sur des vaches, six à dix semaines après la cessation de l'administration de chlorhydrate d'yohimbine ; celui-ci avait été donné à la dose de 10 centig-rammes dans la boisson par jour pendant dix à ving-t jours. Dans ces cas le traitement avait provoqué une hyperémie durable des ovaires et de la muqueuse utérine, condition importante pour le rétablissement de l'ovulation et des chaleurs. L'yohimbine ne peut provoquer les chaleurs que d'une façon indirecte en aug-mentant l'excitabilité de la sphère g-énitale et en provoquant une hyperémie des ovaires. Chez des femelles non pubères ou trop vieilles dont l'ovaire ne peut fonctionner, l'elTet aphrodisiaque reste nul, et il se produit
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alors souvent une action secondaire nuisible consistant en une diarrhée sang-uinolente et un affaiblissement g-énéral.
3° Pour augmenter la circulation dans le système nerveux central au début de certaines paralysies d'orig-ine spinale. Il résulte en effet des recherches de Strubell que l'yohimbine améliore la circulation des centres nerveux. Holterbach a traité avec succès une paralysie spinale infectieuse du chien par l'administration de 1 milligramme de chlorhydrate d'yohimbine toutes les heures pendant q uatre heures. Sur 53 chiens traités, 46 ont été guéris rapidement et d'une façon durable. Il a obtenu également d'excellents résultats chez un cheval ayant non une paralysie, mais une parésie du train de derrière, en administrant chaque jour 10 centigrammes d'yohimbine en tablettes. Après le quinzième jour du traitement, toute faiblesse avait disparu. Un chien paralysé du train de derrière à la suite d'un coup sur la colonne vertébrale a été guéri après trois jours de traitement à l'yohimbine donnée à la dose de 5 miUigrammes par jour en deux fois.
4° Contre la métrite chronique chez la vache. — Holterbach a obtenu quelques succès en administrant 20 centigrammes d'yohimbine par jour, en deux fois, continuant ce traitement pendant trois jours, puis un repos de trois jours et une nouvelle reprise encore trois jours.
5° Contre la paralysie consécutive au part chez la vache, Holterbach signale des cas heureux par 'l'emploi de l'yohimbine à la dose de 10 centigrammes répétée trois fois par jour.
Contre-indications. — A cause de l'action hyperémiante de l'yohimbine, son emploi doit être proscrit dans tous les cas où existe une inflammation aiguë des organes génito-urinaires, urétrite, épididymite, néphrite, ainsi que dans l'entérite.
Préparations. Doses. — On trouve dans le commerce des pastilles d'yohimbine dosées à 0s'",05 et des solutions stérilisées en tubes scellés dosées à 08^05. Il est facile de préparer des solutions aqueuses de chlorhydrate d'yohimbine à 1 ou 2 p. 100, qu'on emploie soità l'intérieur, soit en injection sous-cutanée. La mixture suivante a été recommandée en Allemagne : yohimbine, 1 gramme ; eau distillée, 250 grammes ; chloroforme, V gouttes. En faire prendre aux grands animaux cinq fois par jour, une cuillerée à soupe dans les boissons ou dans un liquide, où l'on délaye du son ou de la farine.
On emploie plus avantageusement la teinture d'écorce d'yohim-
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bine à 1/5 par l'alcool à 60°, à la dose de 1 gramme chez le chien et de 10 grammes chez les grands animaux.
Ghez l'homme, on prescrit à l'intérieur trois tablettes de 5 milligrammes chacune par jour. En injection sous-cutanée 1/2 à 1 centimètre cube d'une solution à 1 p. 100 par jour de chlorhydrate d'yohimbine.
Chez le chien, une dose de 0"g, 1 par kilog-ramme de poids corporel en injection sous-cutanée est déjà active, ce qui pour un chien moyen de 10 kilog-rammes correspond à 1 milligramme. Cette dose est facilement supportée, même répétée cinq fois par jour. Pour l'administration interne, on peut ladoubler. Le chat est moins sensible que le chien : on peut lui donner 0"g,2 par kilogramme de poids corporel. Chez le cheval, la dose moyenne correspond à 5 centigrammes par jour en injection hypodermique. A l'intérieur, on peut donner jusqu'à 50 centigrammes dans les vingt-quatre heures.
Chez les animaux de l'espèce bovine, la dose ordinaire est de Og^lO à 0g%30 par jour à l'intérieur dans l'eau de boisson.
En général, il n'y a aucun avantage à forcer les doses; on atteint mieux le but thérapeutique au moyen de petites doses fréquemment administrées.
Doses toxiques. — Elles sont beaucoup supérieures aux doses thérapeutiques, ce qui est fort avantageux au point de vue pratique. Le chien de taille moyenne peut supporter Os"", 15 d'yohimbine en injection sous-cutanée. La dose toxique pour le lapin est de 11 milligrammes par kilogramme en injection intraveineuse et de 53 milligrammes par kilogramme en injection sous-cutanée. Chez les grands herbivores, cheval et bovins, la dose toxique est inconnue.
Muirapuama.
Cette plante, de la famille des Styracees, a été identifiée avec VAcanthea virilis par Rebourgeon. Elle croît au Brésil, où sa racine est très employée depuis un temps immémorial par les indigènes comme aphrodisiaque.
Le muirapuama est un excitant du système nerveux ; il stimule l'appétit, facilite la digestion au même titre que le quinquina et le condurango. A doses fortes, il peut causer des hémorragies gastro-intestinales. C'est un aphrodisiaque d'une très
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grande puissance et constitue un succédané duyumbehoa. On le donne sous forme de teinture de racine (à 1/5 par alcool à 60°) à la dose de 4 à 8 g-rammes par jour chez le chien en plusieurs fois, et de 20 à 40 grammes par jour chez les grands herbivores.