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ADMINISTRATION DES MÉDICAMENTS PAR LE TISSU CONJONCTIF

solubles sont injectés profondément dans les tissus, par exemple dans les masses tnusculaires.

B. — Administration des médicaments par le tissu conjonctif.

En choisissant la voie sous-cutanée pour Tadministralion des médicaments, on peut se proposer soit d'agir localement, soit de provoquer l'absorption des médicaments pour obtenir Tapparition des effets g-énéraux. Dans le premier cas, le lieu de l'administration est indiqué par le sièg-e du mal ; dans le second, on doit choisir des points d'élection.

Le tissu conjonctif otTre de g-randes variétés suivant les points . de la peau. En règle générale, on doit choisir les régions du corps ; où il est lâche et abondant, comme au poitrail, à l'encolure, sur ■ la région costale, immédiatement en arrière de l'épaule, ù la face interne des cuisses. r,/y,,^^ ,) ; l ..^

Injections hypodermiques et iNTRAMUscuLAiiiES. .\

Autrefois on faisait avec une aig-uilie à séton un g-odet souscutané dans lequel on versait le médicament (Tabourin, 18ô2j. Ce procédé est complètement abandonné, car il laisse une voie ouverte aux infections. Aujourd'hui, on possède des sering-ues exactement graduées, à canules fines et pointues, qui permettent de faire, avec la plus g-rande facilité, des injections sous-cutanées ou profondes dans les muscles.

A propos de ces injections, il y a lieu d'étudier successivement : 1° la sering-ue ; 2° la technique opératoire ; 3° les solutions à employer; 4" les accidents consécutifs; 5° les avantages et les inconvénients de la méthode.

i° Seringue. — On emploie des sering-ues du type Pravaz. Elles se composent d'un cylindre en verre g-énéralement monté sur mé- ,. tal, dans lequel se meut un piston, et d'un petit ajutage sur lequel \, /) » s'adapte une aig-uille creuse terminée en biseau et pointue. On;

"^^ fabrique aujourd'hui des modèles nombreux ayant différentes" dimensions, de 1 à 10 et 20 centimètres cubes, et répondant à tous les besoins de la pratique.

La seringue Pravaz ordinaire a une contenance de 1 g-ramme et le piston est en cuir; l'instrument n'est pas stérilisable par la

chaleur. Aujourd'hui on préfère, et avec raison, les seringues stérilisables. Celles-ci offrent un piston formé soit par un cylindre de verre rod^, soit par des rondelles de moelle de sureau, de caoutchouc spécial vulcanisé, de fibres, d'amiante ou d'autres substances non altérables à la chaleur. Dans tous les modèles perfectionnés, les rondelles dont se compose le piston peuvent être comprimées plus ou moins, à volonté, à l'aide du bouton qui termine la tig^e du piston à l'extérieur, de manière à assurer l'étanchéité parfaite de l'instrument. La seringue complètement en verre et dont le piston est en verre rodé est facile à stériliser et est toujours prête à fonctionner, mais elle est fragile.

Les aiguilles ou canules sont en or, en argent, en acier ou en platine n'/c?/>'. Ces dernières supportant mieux le flambage doivent être préférées. Leur diamètre et leur longueur varient suivant les besoins. Chez les petits animaux, dont la peau est fine, on peut faire usag-e d'aiguilles très minces ; mais, chez les g-rands animaux, comme le cheval et le bœuf, dont la peau est dure, il faut faire usag-e de canules plus grosses, fortes et solides. La longueur de 3 à 4 centimètres est celle qui convient le plus ordinairement.

Une seringue hypodermique doit être d'une construction soignée, i

bien g-raduée et être stérilisable par la chaleur de 125°.

Une condition importante, c'est la propreté. L'instrument doit ^^ LyyJ^ toujours être tenu dans un état de propreté parfaite. Après chaque'^ J

injection médicamenteuse, la seringue doit être vidée puis lavée d'abord à l'eau à plusieurs repj-ises. Quand on a opéré sur des ^|J^Ccx^o^vt animaux atteints de maladies infectieuses, il faut non seulement bien laver la seringue à l'eau, mais il faut ensuite y passer plusieurs fois de l'eau phéniquée, crésylée, de l'alcool ou un autre Uquide antiseptique ou, ce qui vaut mieux encore, la faire bouiUir pendant une demi-heure dans de l'eau ou la stériliser à l'étuve maintenue à environ 110° pendant un quart d'heure.

2° Technique opératoire. — La peau étant nettoyée oudésinfectée s'il y a lieu, on forme un pli en la soulevant entre le pouce et l'index de la main g-auche; on enfonce l'aiguille avec la main droite perpendiculairement à la base du pli ; puis, celui-ci étant abandonné, on maintient l'aig-uille et on pousse lentement le piston. L'injection terminée, on retire l'aiguille en fixant la peau avec la pulpe de l'index gauche, qu'on applique ensuite sur la piqûre pour empêcher une partie du liquide de ressortir. Pour favoriser la diffusion du liquide accumulé au point d'injection, où il forme

souvent uno petite tuméfaction, on exerce de légères frictions ou maiaxalions avec la main.

Quand de grandes quantités de liquide doivent être injectées sous la peau, on peut employer à la place de la sering-ue Pravaz des appareils divers construits à cet effet (Voir Injections i?itroveineuses).

Parfois il y a avantage à déposer la solution médicamenteuse dans les tissus profonds. Alors il n'est pas nécessaire de former un pli à la peau ; on enfonce la canule perpendiculairement à la surface du tég"ument et on fait arriver la pointe profondément dans les masses musculaires. L'injection intraniusculaire est moins douloureuse que Tinjection sous-cutanée, en outre elle est plus facile et plus expéditive.

3°Solutions à employer. — Les solutions donton se sert doivent être bien tolérées j)ar les tissus. Elles sont faites avec de l'eau distillée pure ou mélangée à la glycérine ou à l'alcool, ou mieux avec du sérum artificiel (chlorure de sodium à 9 p. 1000); elles peuvent aussi être faites avec des huiles vég'étales ou animales. Elles doivent être isotoniques, neutres, ou légèrement alcalines ou Y \ ' acides, limpides, exemptes de moisissures ou de corps en suspen- '^'^ sion quelconques. Lorsqu'une solution est trouble, on doit la

rejeter. En général, les solutions non stérilisées s'altèrent assez rapidement par suite de développement de moisissures. Dans la pratique, on ne doit faire usage que de solutions fraîches ou de solutions conservées dans des tubes stérilisés fermés à la lampe. Ces solutions doivent être bien dosées ; leur titre doit être en rapport avec l'activité du médicament. Les substances très actives ■ sont diluées beaucoup, par exemple à 1 p. 500 ou 1 p. 1000, celles qui sont d'une faible activité sont au contraire concentrées pour éviter un trop gros volume.

Le volume du liquide à injecter est susceptible de varier avec la taille des animaux et la nature du médicament ; en général on ne doit pas injecter au même point plus de 5 centimètres cubes. Quand la quantité de liquide est plus considérable, il faut faire plusieurs piqûres en des points différents.

4" Accidents consécutifs. — Les injections sont plus ou moins douloureuses. Ordinairement, elles ne provoquent que fort peu de douleur etne sont suivies d'aucune altération locale des tissus.

Parfois on voit survenir des accidents inflammatoires plus ou moins graves : nodule, engorgement, abcès, phleg-mon, kyste.

décollement de la peau, g-angrène des tissus, infection septique, etc.

Les accidents inflammatoires graves tiennent le plus souvent soit à la malpropreté des aiguilles ou de la sering-ue, soit à Taltération des solutions, soit à l'emploi de liquides trop concentrés, trop irritants ou trop chauds.

Les accidents locaux sont parfois favorisés par l'état du sujet sur lequel on pratique l'injection ; ainsi ils sont plus à craindre sur.-^ ^. ù j les animaux atteints de maladies infectieuses que sur les autres ' malades.

Les injections profondes dans les masses musculaires sont en général mieux tolérées et sont moins douloureuses que celles qui sont faites dans le tissu conjonctif sous-cutané.

On peut aussi observer parfois des accidents g-énéraux qui surviennent lorsque la dose injectée a été trop forte. L'absorption par les tissus étant rapide, il faut être très prudent lorsque l'on injecte des substances toxiques très actives. Quand on ne connaît pas la susceptibilité des sujets, il ne faut débuter que par des doses faibles et même les fractionner surtout chez les petites espèces, chien, chat, etc.

5° Avantages et inconvénients de l'hypodermie. —La méthode hypodermique offre en médecine vétérinaire désavantages nombreux et importants.

Elle est commode, rapide, facile à exécuter même sur les animaux indociles ; elle permet un dosage rigoureusement exact, la production d'effets gradtés à volonté, et par elle on évite la perte d'une partie des médicaments. Ceux-ci sont absorbés en totalité et sans éprouver d'altération, comme cela arrive souvent par l'administration interne.

Les inconvénients de laméthode consistent principalement dans les accidents qu'elle peut occasionner. De plus, elle ne permet pas l'introduction des substances qui sont insolubles dans les liquides inoffensifs, de celles qui sont très irritantes, ni de celles auxquelles l'intervention des sucs digestifs est nécessaire.

En somme, la méthode des injections hypodermiques ou profondes doit être vivement recommandée. Avec de la prudence et en se servant d'instruments aseptiques et de solutions stérilisées, on évite facilement les accidents signalés, surtout l'infection septique, qui est la plus grave.

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