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SUBSTANCE EMPLOYÉE

ÉOUn ALENT AXTISEPTIOIE VIS-,

i-vis :

du bacille typhique.

du Staphylococcus aureiis.

de la bactéridie charbonneuse.

du pneumocoque de Friedlànder.

Naphtaline

3,5 : loOO

lodoforme . ...

Salol

Sublimé

Biiodure de mercure

Créosote

Acide phénique

Acide Ihymique

Naphtol-a

Naphtol-3

Les antiseptiques étant très nombreux, il est nécessaire, pour

rendre leur étude plus facile, de la diviser en groupes. En se basant sur leur constitution chimique, on peu! reconnaître les antiseptiques minéraux et des antiseptiques organiques.

Antiseptiques minéraux.

On peut les diviser en antiseptiques métalloïdiques, acides, basiques ou salins (Manquât),

a. Antiseptiques métalloïdiques.

Les antiseptiques de ce groupe comprennent les métalloïdes et les composés qui, étant mis au contact des tissus, mettent en liberté un métalloïde antiseptique. Les principaux sont les peroxydes, le chlore, les hypochlorites, l'iode, le brome, le charbon de bois.

Peroxydes.

Les principaux peroxydes utilisables sont : l'eau oxygénée et les peroxydes métalliques.

1" Eau oxygénée (H^O^).

L'eau oxygénée (bioxyde ou peroxyde d'hydrogène), découverte en 1818 par Thénard, est un liquide incolore, sirupeux, inodore, d'une saveur piquante métallique, d'une densité de 1,452, soluble en toute proportion dans l'eau. A son maximum de concentration elle renferme 475 volumes d'oxygène ; mais, sous sa forme commerciale ou o/y?c/n«/<?, l'eau oxygénée n'est qu'une solution aqueuse de peroxyde d'hydrogène, telle que la quantité d'oxygène capable d'être mise en liberté correspond à 10 ou 12 volumes.

L'eau oxygénée commerciale contient de l'acide chlorhydrique de fabrication et parfois un peu d'acide sulfurique ajouté pour favoriser la conservation. Lorsque l'acidité est trop forte, son application sur les tissus vifs est douloureuse. Il convient donc parfois de la neutraliser avant de l'employer, en y ajoutant une solution de biborate de soude jusqu'à réaction alcaline (Crolas).

Telle qu'elle est fournie par le commerce, elle se conserve facilement dans des flacons bien bouchés, placés dans un lieu frais et à l'abri de la lumière. Pour prolonger sa conservation, on y ajoute 1 p. JOO d'alcool ou 1 p. 1000 de naphtaline.

La chaleur de l'ébullition la décompose assez vite; mais, à une température inférieure, elle ne s'altère que lentement; ainsi Porcher a constaté qu'on peut la chauffera 60° pendant cinq minutes, sans affaiblir ses propriétés. II ne faut donc pas hésiter à la tiédir luUi^i-'CCtA/^ i lorsqu'on veut l'utiliser pour des injections dans les cavités du corps.

L'eau oxygénée possède des propriétés oxydantes considérables; parfois aussi elle est réducArice. Les sels ferreux, l'acide arsénieux, les hypophosphites, les sulfites, les iodures,le formol, l'acide phénique, le tanin, sont oxydés en sa présence. D'autre part, elle est capable de réduire des corps fortement oxyg-énés comme les oxydes d'or, d'argent, de platine, le permanganate de potassium, les sels mercuriques. Ilyadonclà des incompatibilités chimiques dont il faut tenir compte.

L'eau oxyg'énée est sans action sur l'albumine, la caséine, les peptones, les graisses, les diastases. Elles est décomposée en eau et oxyg-ène au contact de la fibrine, du sang-, du tissu conjonctif, du cartilage, du pus, du liquide pleurétique.

Pouvoir antiseptique. — L'eau oxygénée arrête toute fermentation due à un ferment figuré (P. Regnard et P. Bert). Elle empêche le lait d'aigrir et le blanc d'œuf de se putréfier (Kingzett, 1876) ; elle conserve sans décomposition le sang, l'urine, le lait, les tissus animaux (Bernard, 1878), le bouillon de viande (Miquel). Elle arrête la fermentation alcoolique et désodorue les matières putrides (Baldy). L'eau oxygénée à 10 volumes tue rapidement le bacille du charbon symptomatique(Nocard etMollereau, 1883), les microbes ordinaires de l'eau, les microbes de l'eau d'égout, les bacilles typhiques et cholériques (Althofer), les spores du Bacillus subtUis (Ghamberland).

L'eau oxygénée est donc un antiputride et un antiseptique énergique. Le pouvoir microbicide est dû probablement à l'état naissant de l'oxygène que l'eau oxygénée fournit en se décomposant.

Action physiologique. — En application locale, l'eau oxygénée blanchit la peau et les muqueuses. Injectée dans le tissu conjonclif, elle se décompose en donnant lieu à un dégagement d'oxyg-ène qui produit de l'emphysème sous-cutané. Sur les muqueuses, les plaies, elle produit une légère douleur et dégage des bulles d'oxygène, qui, avec les liquides organiques, forment une écume blanchâtre. Déposée sur une plaie saignante, on voit que l'eau oxy-

g'énée arrête récoulement sanguin par action voso-constrictive; elle est nettement héniostat'Kfue.

Donnée à Vintérieur en petite quantité et diluée elle ne produit rien de fâcheux. Il en est de même si on l'injecte lentement dans le péritoine, la plèvre ou le tissu conjonctif. Injectée rapidement à forte dose, elle peut provoquer la mort, par embolies gazeuses dues à Toxygène qui se dégage au contact du tissu et du sang-. En injections intraveineuses, ses effets varient suivant la rapidité de l'injection et son état de concentration. Diluée convenablement, elle peut être injectée en quantité considérable sans amener la mort. Ainsi Laborde et Quinquaud (1885) ont montré qu'un chien de 15 kilogrammes peut recevoir impunément dans les veines une quantité d'eau oxygénée équivalente à 1000 centimètres cubes d'oxyg-ène ; on observe simplement une tendance au sommeil, un ralentissementdu pouls et delarespiration, troublesqui ne tardent pas à disparaître. Avec des doses plus fortes, la mort peut survenir, et alors le sang- est poisseux, noirâtre. L'eau oxygénée détruit l'hémoglobine, qui se transforme en hématinc.

Usages. — En thérapeutique, on utilise deux des propriétés de l'eau oxyg'énée ; son action antiseptique, microbicide et son action liémostatique. Il y a longtemps que l'action antiseptique et cicatrisante de l'eau oxygénée sur les plaies a été constatée. Vers 1882- 1883, on a reconnu sa grande valeur antiseptique (Péan). Mais ce n'estque depuis 1898 que son emploi s'est généralisé en chirurgie humaine à lasuite des travaux de Lucas-Championnière. L'eau oxyg'énée est un ag-ent d'une très grande puissance, qui trouve son emploi dans des circonstances nombreuses, mais qui peut surtout rendre des services dans les cas de suppuration ou (ïinfection septique. L'eau oxygénée arrête la suppuration, elles pansements n'ont pas besoin d'être souvent renouvelés. Son action antiseptique est beaucoup plus régulière que celle du sublimé, de l'acide phénique et du permanganate de potassium. Elle a une puissance d'imprégnation des tissus toute particulière ; elle les pénètre en quelque sorte, ce que ne font pas beaucoup d'autres antisejiliques.

En vétérinaire, Bernard, dès 1878, a indiqué les heureux etfets que produit l'eau oxygénée sur les plaies et dans la gangrène. En 1901, Desoubry (1) a montré que l'eau oxygénée détruit les phénomènes de suppuration dans toutes les poches suppurantes,

(1) Bull. Suc. cent, de méd. vét., 30 avril 11)01. ,7

ANTISEPTIQUES MINÉRAUX. l-Sl

quelles que soient leur nalureet leur ancienneté, et cela avec une rapidité qui tient du prodige. Elle arrête même Tinfection septique que peuvent déterminer ces affections. Depuis, ces résultats ont été confirmés. On a obtenu des elfets remarquables dans la collection purulente des sinus, dans des abcès du g-arrot, de la inique, dans des clous de rue graves, les fistules articulaires, etc. L'eau oxygénée déf»osée sur une plaie fait blanchir sa surface, et celle-ci se recouvre immédiatement d'un nombre infini de petites bulles d'oxyg-ène. Si l'on pousse une injection dans une cavité d'abcès par un orifice fistuleux, on voit sortir par la fistule une mousse abondante.

Elle convient en général contre toutesles inflammations et suppurations des diverses muqueuses : organes génito-urinaires des femelles et des mâles, muqueuse du nez, conduit auditif externe, muqueuse buccale, etc.

En injections à 4 p. 100, elle donne de bons résultats dans là vaginite, les rétentioi^s placentaires chez la vache et la jument (Cagny, Lesbre), dans le catarrhe auriculaire du chien; après quelques injections tièdes, la douleur se calme, le suintement se tarit et la mauvaise odeur disparait, dans la conjonctivite, dans les caiS d'aphtes, de gingivite ulcéreuse chez le chien (Desoubry).

L'eau oxyg-énée est avan'.ag-eusement employée pour fl??'si«/'(?c^er le champ opératoire, les instruments, les mains du chirurgien et de ses aides. Elle convient aussi pour décoller facilement les pansements adhérents et sans provoquer d'hémorrag-ie. Administrée à l'intérieur ou en injections sous-cutanées, l'eau oxygénée a enravé -i^^/c/ chez le cheval la marche du tétanos déclaré (Aureg-gio, Gaussé, Dabeit)

Mode d'emploi. — A l'intérieur, on fait prendre au cheval l'eau oxyg-énée à 12 volumes dans des Ijarbotages à la dose de 1 litre.

A l'extérieur, on utilise les pulvérisations pour le traitement de lésions superficielles, les applications à l'aide d'un tampon de coton hydrophile fixé à l'extrémité de la sonde pour traiter la surface d'une muqueuse, les injections pour atteindre des parties profondes.

Pour décoller les pansetnents, on verse l'eau oxyg-énée à la sur- ^■e-'-f^'^f^-^face de la plaie pendant que les doigts décollent et exercent de lég-ères tractions sur les pièces adhérentes du pansement; le dég-ag-ement de gaz qui se produit exerce une pression douce et continue et produit le décollement sans hémorragie.

Suivant les cas, on l'emploie à un titre qui varie de 2 à 10 ou 12 volumes.

Avantages. — L'eau oxygénée est un excellent antiseptique pour les besoins de la médecine vétérinaire ; elle n'estpas caustique, n'a pas d'odeur, ne tache ni les mains, ni le ling-e, n'abîme pas les instruments, et son prix n'est pas excessif.

2" Peroxyde de zinc ZnO'-.

Connu dans le commerce sous le nom d'ektogan, le peroxyde de zinc se présente sous forme d'une poudre blanc jaunâtre, cédant peu à peu son oxygène et se transformant en oxyde de zinc. Ce corps peut rendre de grands services, à titre d'antiseptique externe, comme source continue d'oxygène actif. On peut réaliser à son aide tous les avantages du pansement à l'eau oxygénée sans l'inconvénient de la décomposition brusque et instantanéede celle-ci au contact du pus, du sang et des tissus.

La décomposition du peroxyde de zinc est lente et progressive; l'action de l'oxygène naissant est donc continue et durable.

Il convient, dans les alfections cutanées diverses et dans la confection des pansements superficiels, à la suite d'opérations, sur les plaies. Il a encore l'avantage d'être inodore.

Associé à l'iodure de potassium, il provoque par l'eau oxygénée qu'il dégage la décomposition de ce sel en iode naissant, corps très antiseptique, et en potasse, ainsi que l'indique la formule suivante :

H202-|-2IK = 2KOH-f-I2.

On emploie souvent la préparation suivante :

Peroxyde de zinc 10

lodure de potassium 5

Acide tartrique 1

On peut aussi faire des pommades à 5-20 parties de peroxyde de zinc pour 1 partie d'axonge ou de vaseline.

3° Peroxyde de magnésium MgO^.

Ce peroxyde, encore appelé hopoffan, forme une poudre blanche insoluble dans l'eau, à laquelle il communique toutefois une légère réaction alcaHne. Dans un milieu légèrement acide, il se dé-

compose en sel neutre de mag-nésium et en eau oxyg-énée, qui est ensuite dissociée dans l'estomac ou dans l'intestin. La décomposition étant lente et graduelle, l'emploi de ce peroxyde permet d'exercer sur la muqueuse gastro-intestinale une action désinfectante continue et durable. Ce peroxyde est très efficace dans les diarrhées acides d'origine fermentative, car l'eau oxygénée qui se dégagelentementparalyse les microbes et arrête les fermentations. On a constaté que, sous son influence, l'indoxyl urinaire diminue considérablement. Quand on veut agir uniquement surlintestin, on administre le peroxyde de magnésium en pilules ou capsules kératinisées, qui restent intactes en traversant l'estomac. Quand on veut agir à la fois sur l'estomac, on la donne en poudre en suspension dans de l'eau ou du lait.

La dose journalière pour le chien détaille moyenne est de O^', 50 en plusieurs fois.

Chlore, hypochlorites.

1° Chlore.

Le chlore a une grande affinité pour l'hydrogène, avec lequel il forme de l'acide chlorhydrique. Il se dissout facilement dans l'eau. Sa puissante affinité pour l'hydrogène lui donne la faculté de décomposer la plupart des substances organiques, de détruire les matières colorantes, odorantes et infectieuses. C'est un oxydant indirect.

Pour obtenir le chlore à l'état gazeux et en grande quantité, on chauffe sur un réchaud un mélange de sel marin 1,5, de peroxyde de manganèse 1, d'acide sulfurique du commerce 2, et d'eau ordinaire 2. Pour obtenir un faible dégagement, on emploie du chlorure de chaux, qu'on délaie dans un peu d'eau, et on y ajoute, de temps en temps, quelques gouttes de vinaigre.

Effets. — Sur les microorganismes, le chlore agit comme un poison énergique ; il est fortement microbicide, antiseptique et antivirulent. C'est en présence de l'eau et d'une température élevée que son action désinfectante est le plus énergique.

Localement, le chlore est irritant pour tous les tissus.

Sur la peau, il peut produire des effets qui varient depuis la simple rougeur jusqu'à la vésication et même l'ulcération du

derme, suivant les doses et le temps de rapplication. Ces effets irritants, inflammatoires, sont le résultat de la décomposition des tissus sous rinfluence du chlore, qui leur enlève leur hydrog'ène pour former de Tacide chlorhydrique ; cet acide, une fois formé, ag-it en coag-ulant l'albumine, et Toxygène naissant, mis en liberté, porte son action oxydante sur le reste de la matière org-anique. Par suite decette action desti'uclive, il se forme une lég-ère escarre, molle, très mince. Sur les muqueuses, le chlore produit les mêmes effets que sur la peau. Inhalé avec l'air inspiré, le gaz chlore détermine de l'éternûment, de la toux, un spasme de la glotte qui entraîne la suffocation momentanée, puis une inflammation des bronches, du poumon, et enfin la mort.

Mélangé avec beaucoup d'air et de la vapeur d'eau, le chlore perd ses qualités irritantes et asphyxiantes, devient un simple stimulant pour les voies respiratoires et peut aussi, en pénétrant dans le sang-, devenirunag-ent modificateur général. L'absorption du chlore par les voies respiratoires est facile à constater: bienlôt après son administration par ces voies, le sang- devient plus foncé, plus fluide, et la viande prend partout l'odeur caractéristique de chlore, ce qui la rend inutilisable pour la consommation. Cette odeur chlorée de la viande persiste pendant deux à trois semaines.

Introduit dans les voies digesfives sous forme de solution très faible, le chlore excite l'estomac et l'intestin, accélère la digestion et décolore les excréments. A dose trop forte ou après une administration trop prolong-ée, il irrite le tube dig-estif et peut même déterminer une g-astro-entérite mortelle.

Après l'absorption d'une petite quantité de chlore, il se produit une légère excitation générale se traduisant par une sensibilité plus grande, par une accélération de la circulation et de la respiration. Si on continue l'usag-e, le sang- se fluidifie, les animaux ^^'affaiblissent et tombent dans le marasme, qui les amène à là mort. <^^€^<Jii.^\Hé'MU'' - e^è^ï-*«t.«Mx«^>^u

Indications thérapeutiques. — Le chlore peut être employé : 1° Comme léger excitant des voies respiratoires quand on fait respirer une petite quantité de g-az mélang-é à beaucoup d'air. Sous cet état, il est un stimulant de la muqueuse et un désinfectant léger. Il convient dans les catarrhes chroniques des voies respiratoires, la bronchite vermineuse, etc.

2° Comme désinfectant et antiseptique, toutes les fois qu'il s'agit de détruire un ferment ou un virus. 11 désorganise en efîet

la matière organique en s'emparant de rhydrogène et tue les infiniment petits qui sont les ag-ents des fermentations, de la putréfaction et des maladies infectieuses. Mais, pour que ses effets désinfectants soient certains, il est nécessaire que le chlore ag-isse sous forme de vapeurs concentrées pendant un temps assez long (vingt-quatre heures) et en présence delà vapeur d'eau. Il offre l'inconvénient de détériorer les objets à désinfecter.

Pour désinfecter un local dans lequel ont séjourné des animaux atteints de maladies contag-ieuses, ilfaut, après avoir hermétiquement fermé toutes les ouvertures, faire dégager 1 volume et demi de chlore pour 100 volumes d'air et en même temps de la vapeur d'eau. On n'ouvre que le lendemain pour établir une ventilation.

3" Comme désodorisant, quand on veut rendre inodores des matières qui répandent une odeur infecte, comme cela arrive quelquefois pour les matières fécales, les plaies g-ang-reneuses, etc.

2° Eau chlorée.

La solution aqueuse concentrée de chlore représente un liquide légèrement verdàtre, à odeur de chlore. Elle contient environ 0,4 p. 100 de ce gaz. Exposée à la lumière, elle s'altère assez vite par suite de la combinaison du chlore avec l'hydrogène de l'eau et la formation d'acide chlorhydrique. Il faut conserver ces solutions dans des flacons noirs bien bouchés.

L'eau de chlore a été employée beaucoup autrefois contre les maladies typhoïdes, les diarrhées infectes, le charbon, la morve, le farcin. Mais l'expérience a démontré que ces différentes maladies ne sont pas guéries par ce remède et sont rarement améliorées. Aussia-t-onàpeu près complètement abandonné l'emploi interne de l'eau chlorée. Nous possédons d'ailleurs, pour l'intérieur, des désinfectants et antiseptiques plus puissants et moins dangereux que le chlore et qui sont d'une administration plus facile.

A Vextérieur, l'eau chlorée rend de grands services comme excitant et désinfectant des plaies de mauvaise nature. Il peut remplacer avantageusement, au point de vue du prix et de l'efficacité, les acides phénique et borique. Il ne faut pas cependant trop compter sur son action antivirulente contre la rage, la morve, le charbon. Quand on veut détruire sur place un virus inoculé dans les tissus, il faut rejeter l'eau chlorée et avoir recours à des . caustiques plus énergiques et d'une efficacité plus certaine.

On a conseillé l'emploi de l'eau chlorée comme contrepoison de la strychnine chez le chien ; ce moyen n'a pas encore reçu la confirmation de l'expérimentation et, par conséquent, ne peut pas être employé avec confiance.

L'eau chlorée jouit aussi d'une certaine réputation contre les ophtalmies, les conjonctivites, surtout quand ces affections sont de nature parasitaire.

3° Chlorure de chaux.

Ca (0C1)2 + Ca (OH-2 + CaC12.

(Uypochlorile de calcium.)

Se présente sous forme d'une poudre blanche, d'une faible odeur de chlore et d'une saveur acre, très soluble dans l'eau, déliquescente. Il détone avec le sucre. Sa solution est rapidement décomposée par l'acide carbonique, qui se combine avec la chaux ; il faut donc conserver ce sel solide ou dissous dans des vases exactement bouchés. Le chlorure de chaux est formé d'hypochlorite de chaux, de chlorure de calcium et d'un excès d'hydrate de chaux.

Emploi. — Le chlorure de chaux convient sur toutes les plaies de mauvaise nature, les clapiers qui sécrètent beaucoup de pus odorant. Il agit localement comme excitant, léger caustique, désinfectant et antiseptique. Il jouit à peu près des mêmes propriétés locales que l'acide phénique. Il est antivenimeux (Galmette) et à ce titre peut convenir contre les morsures des vipères, des insectes venimeux. Il est ég-alement antivirulent, mais infiniment moins sûr que les caustiques.

A l'intérieur, on ne l'emploie g-uère, parce qu'il est irritant et qu'il produit facilement des perturbations dans la fonction digestive.

Il est utilisé en poudre pour désinfecter le sol, les lieux d'aisances, les fumiers, les égouts. Il tue rapidement la plupart des microbes.

La solution au 1/100 peut être injectée avec succès dans les morsures venimeuses produites par la vipère et autres serpents venimeux (Galmette).

Iodés.

Iode.

Ce métalloïde, très voisin du chlore et du brome, se présente sous forme de paillettes rhomboïdales d'un g-ris d'acier, fragiles, g-rasses au toucher, tachant la peau en jaune et présentant beaucoup d'éclat métallique. Son odeur est caractéristique, sa saveur est acre. Exposé à Tair, il se volatilise lentement, d'où la nécessité de le conserver dans des vases bien clos. L'eau en dissout 1 p. 7 000; on peut augmenter son pouvoir dissolvant, en y ajoutant de l'iodure de potassium ; ainsi une solution aqueuse d'iodure de potassium à 4 p. 100 peut dissoudre 3 p. 100 d'iode ; l'alcool en dissout 1 p. 10 ; l'éther, le chloroforme et le sulfure de carbone en dissolvent de fortes proportions ; les solutions de tanin, les essences, les corps gras, peuvent aussi dissoudre l'iode.

L'iode forme avec l'amidon un composé bleu ; l'iodure d'amidon ; avec l'ammoniaque, il produit une explosion. Il a une grande affinité pour l'hydrogène. L'iode est un élément constant du corps thyroïde.

Effets. — L'iode agit comme un poison énergique sur les microbes et les parasites. Il est donc fortement antiseptique et antiparasitaire.

D'après Bucholtz, les solutions à 1 p. 5000 arrêtent le développement des cultures des microorganismes ; d'après Koch, ces solutions tuent les spores de la bactéridie charbonneuse après un contact de vingt-quatre heures. L"eau iodée détruit la virulence du charbon symptomatique frais (Arloing, Cornevin et Thomas) ; les solutions à 1 p. 15000 tuent le Bacillus Anthracis (Da vaine); les solutions à 1 p. 10 000 détruisent la virulence du pus septicémique. Contre le parasite de Vactynomycose, l'iode agit comme un spécifique. Il tue également les divers ectoparasites de nos animaux, les acares des diverses gales et les parasites des teignes.

Enfin, en solution aqueuse à 1 p. 500, l'iode agit comme antitoxique et détruit les toxines diphtérique et tétanique. D'après Wernitz, il arrête également l'action des ferments solubles en solution à 1 p. 1000.

Par les injections sous-cutanées d'eau iodée, on peut empêcher

l'évolution du charbon bactéridien chez les animaux inoculés (Galtier).

Appliqué sur la peau intacte, l'iode, sous forme de teinture, produit instantanément une coloration jaune qui disparait rapidement si l'application n'est pas réitérée ; dans le cas contraire, la tache devient permanente, le derme est d'abord excité, puis irrité, et enfin il peut se produire de la vésication. Sur les muqueuses, les séreuses et les tissus dénudés, Vnction irritante est plus énerg-ique et peut aller jusqu'à la production d'une escarre par suite de son action coagulante sur les substances albuminoïdes. Les tissus irrités sous l'inlluence d'application de teinture d'iode deviennent le siège d'une exsudation de g-lobules blancs qui détruisent et dissolvent les produits patholog-iques soit par phagocytose, soit par la sécrétion de ferments dig-estifs.

A rintérieur, l'iode, même à faibles doses, n'est pas long-temps

supporté ; il supprime bientôt l'appétit, provoque une gastro-

'4/iAK^ entérite et la msiig-reur. Il résulte de cette action irritante sur le

' ^ tube digestif qu'on ne doit administrer l'iode à l'intérieur qu'après

l'avoir étendu considérablement avec des liquides mucilagineux

ou gommeux.

Arrivé dans l'estomac, l'iode se combine avec l'hydrogène et l'oxygène pour former de l'acide iodique et de l'acide iodhydrique, acides qui réagissent ensuite sur les sels alcalins de l'intestin et forment de l'iodure de sodium. Il se forme peut-être une combinaison de l'iode avec la matière albuminoïde. On ne trouve jamais l'iode libre dans le liquide intestinal ou dans le sang ; ce métalloïde s'y rencontre toujours combiné. Après une administration un peu prolongée de très faibles doses d'iode par le tube digestif, on constate bientôt une congestion accusée de toutes les muqueuses et de la peau, cette dernière membrane s'échaull'e, se couvre facilement de sueur, et quelquefois présente des éruptions pustuleuses, qui peuvent envahir tout le corps (eczéma iodé); les muqueuses sécrètent en plus grande quantité, il peut même se produire un certain état catarrhal, principalement sur les muqueuses digestive et lespiratoire [stomatite, laryngite); il diminue la sécrétion urinaire. En plus de ces effets sur les membranes tégumentaires, on constate un amaigrissement rapide, une atrophie des glandes, la résorption de certains produits morbides, la fluidité du sang et la coloration jaune des liquides épanchés dans

les cavités séreuses. Dans les empoisonnements par l'iode, l'urine renferme de l'hémoglobine.

L'élimination de l'iode est 1res rapide. Elle a lieu par l'urine, le lait, la salive, les larmes, la sueur et le mucus nasal et bronchique et même par les œufs chez les poules (Albrecht).

L'iode est un agent producteur de mononucléose et un excitateur des fonctions du tissu lymphoïde ; les solutions iodo-iodurées déter-mineiit de fortes réactions congestives éosinophiles.

Indications. — Emploi. — L'iode est avantageusement employé à l'extérieur :

1° A titre d'antiseptique sur les plaies de mauvaise nature, le crapaud, les abcès purulents, les inflammations de la peau et des muqueuses sous forme d'eau iodée, de teinture diode, de solution de Lug'ol, d'iodosol, liodipine. En lavages désinfectants dans la matrice, on utilise une solution qu'on obtient eu versant 3 à 5 centimètres cubes de teinture diode dans 100 centimètres cubes d'eau. Sur les plaies de la bouche, des gencives, on fait des attouchements avec la teinture d'iode. Les plaies, les tistules peuvent aussi être traitées par l'iodure d'amidon, qui remplace avantageusement l'iodoforme (Pécus). On utilise aussi le badig;eoiinag'e de teinture {•^^Kf.s^À.jy^v d'iode pour aseptiser le champ opératoire (Voir Asepsie).

2° A titre d'o/j?<y>«/'asi7a?>e contre la teig-netonsurante, l'eczéma, les g-ales, labronchite vermimeuse et surtout contre Yactinomycose.

3° A titre d'irritant, d' inflammatoire, on emploie la teinture d'iode ou les pommades iodées, l'iodosol, pour obtenir la résolution de tumeurs osseuses, d'engorgements, de tuméfaction des lig-aments, des tendons. On utilise aussi la teinture d'iode, la solution de Lug-ol ou des solutions analogues en injection dans les tumeurs, les kystes, les bourses séreuses, les synoviales tendineuses, l'hydrocèle et même la plèvre dans le cas de pleurésie purulente. Dans ce cas, l'iode ag-it à la fois sur les g-ermes pathogènes qu'il alfaiblit et sur les éléments anatomiques, dunt il excite la vitalité.

Contre les varices du membre inférieur chez l'homme, on a obtenu d'excellents résultats par l'injection dans le hqul péri- , lî-^**^' phérique de la veine saphène de 30 à 50 centimètres cubes de la solution iodique suivante : iode, 1 gramme; iodure de potassium, le%GO; eau stérilisée, 100 grammes (Schiassi .

A l'intérieur, l'iode n'est pas employé en vétérinaire; on préfère, pour lusag-e interne, liodure de potassium, l'iodosol ou Kaifmaxx. 10

l'iodipine. Cette dernière préparation convient aussi en injection sous-cutanée.

DiekerhoO' a préconisé les injections intrali'achéales de solution de liUgol contre la fièvre pétéchialc chez le cheval. Les lésultats obtenus avec ce traitement par d'aulres auteurs n'ont pas toujours été favorables.

lODUSOL.

L'iodosol est une solution à 0 p. lUO d'iode dans le vasogène (Voir émollients gras). 11 s'émulsioniic facilement dans l'eau. Appliqué sur les tissus, il ne les irrite pas et est absoibé rapidement.

Pour V usage externe^ Tiodosolpeul remplacer souvent avantag'eusement la teinture d'iode. Les fiiclions sur la peau ne sont par irritantes et peuvent être prolongées longtemps ; elles ne salissent pas les mains et ne tachent pas l'épiderme. Des observations publiées en France par Patrigeon, Goupeau et Roynard, etc., ainsi que par de nombreux vétérinaires étrangers, il semble résulter que l'iodosol est un antiseptique et un cicatrisant puissant pour les plaies anciennes et récciites, flstuleuses, kystiques, indurées, etc., et un hon fondant surles tuméfactions, les engorg-ements, les tumeurs osseuses et les vessigons, etc.

A V intérieur., l'iodosol est indiqué dans les mômes cas que riode, sous forme de breuvages, de bols, d'électuaires. On en a obtenu de bons eflets dans les tumeurs actinomycosiques (Blume, Goudeau), la pneumonie, la bronchite (Patrigeon).

La dose est de 10 à 20 grammes par jour chez le cheval.

lODIPINE.

L'iodipine est une combinaison chimique de l'iode avec l'huile de sésame. Dans le commerce, on trouve l'iodipine à 10 p. 100 d'iode et l'iodipine à 25 p. 100 d'iode. Elle se présente sous forme d'un liquide jaune clair, huileux, dont l'odeur et le goût rappellent l'huile de sésame.

Localement l'iodipine n'est pas irritante ; elle est antiseptique et cicati'isante.

L'injection sous-cutanée n'est suivie d'aucun accident local ; l'absorption s'effectue, et l'iode agit sur l'organisme en produisant ses effets ordinaires.

Administrée par la bouciie, l'iodipiiie est facilement supportée par l'estomac ; dans l'intestin, elle passe à l'absorption sans troubler la dig-estion.

L'iodipine agit plus lentement que les préparations ordinaires d'iode et d'iodures alcalins ; mais son action est plus prolongée, plus persistante. L'élimination de l'iode se fait lentement par les urines.

Elle provoque de Ihyperleucocytose et augmente la force de résistance de l'organisme contre les infections.

L'iodipine répond à toutes les indications des iodés en général.

Elle a donné de bons résultats, surtout dans VacthiOnii/cose, les maladies des organes resp'watou'es^ la cirrhose du foie (MiUeldorf;.

A l'extérieur, en badig-eonnag-e ou en injeclion, elle convient sur les plaies, les fistules, qu'elle déterge et guérit rapidement.

Les doses sont en injection sous-cutanée de 40 à 100 grammes d'iodipine à 10 p. 100 et même à 25 p. 100 chez le cheval et le bœuf et de .5 à 10 grammes chez le chien. A l'intérieur on peut donner l'iodopine à dose encore supérieure dans du lait ou du mucilage de graine de lin.

Préparations iodées.

1" Teinture d'iode (Codex).

Iode 1

Alcool à 950 9

Cette teinture renferme un dixième de son poids d'iode.

2» Teinture d'iode chloroformique.

Iode \

Chlorolorme 9

Cette teinture est violette ; elle a le même pouvoir révulsif que la teinture ordinaire, mais produit moins de douleur (Ghassevant).

30 Glycéré d'iode.

Teinture d'iode 100 grammes.

Glycérine 400 —

4° Pommade iodée.

Axonge 15 à 25

148 ANTISEPTIQUES MIiNÉRAUX.

5° Pommade (ïiodiiie de potassium iodée (Codex).

lodure de potassium 10

Iode 2

Eau distillée 8

Axonge 80

6" lodure d'amidon.

Teinture d'iode 10

Amidon 40

Arrosez l'amidon avec la teintui-e d'iode, passer au pilon et laisser sécher à Tair libre.

Cette poudre, d'un beau bleu très foncé, ne tache pas les doig'ts, n'est ni irritante ni toxique, n'a pas de mauvaise odeur, est antiseptique, absorbante, siccative, et remplace avantag-eusement l'iodoforme dans le traitement des plaies (Pécus).

Pour faire des injections dans les cavités synoviales ou séreuses, on emploie de préférence les liquides suivants :

Solulion de Lugol.

Iode 1

lodure de potassium 1

Eau ou glycérine 30

Solution de Guibourt.

lodure de potassium 1

Alcool. 10

Eau 30

Autre solution.

Teinture d'iode '^

Eau S *^

lodure de potassium, q. s. pour dissoudre le précipité.

Brome. ±

Br.

Le brome est un liquide rouge foncé, très volatil, d'une odeur sulfocante, d'une saveur caustique. Il est soluble dans 40 parties d'eau, très soluble dans l'alcool, le chloroforme, l'éther, les solutions légères de tanin et de bromure de potassium. Il jouit des mêmes proporiétés chimiques que le chlore qui le déplace de ses combinaisons. Il décompose un g-rand nombre de matières organiques en s'emparant de leur hydrog-ène ; dans ce cas, il se dégage

de l'acide bromhydrique, et le brome remplace Thydrog-ène, éliminé pour donner des produits de substitution. A cause de sa g-rande affinité pourl'albumine, il est caustique.

Effets. — Sur la peau intacte, le brome employé en frictions, la colore d'abord en jaune, puis l'irrite et produit la vésication. Sur les solutions de continuité, il ag-it comme caustique ; il décompose la surface des tissus en leur enlevant l'hydrogène pour former de l'acide bromhydrique. 11 est fortement antiseptique, antiputride, aiitivirulent Qi désinfectant. Son affinité très g:rande pour l'hydrogène le rend très propre pour amener la désorg-anisation des germes figurés qui constituent la plupart des virus. Les vapeurs de brome, mélangées à 500 fois leur volume d'air, tuent les bactéridies; à 50 fois leur volume d'air, les spores de ce microbe (Koch). Il détruit le virus desséché du charbon symptomatique (Arloing, Cornevin, Thomas) et tous les ferments de dédoublement à 0,2 p. 100 dans l'air humide (Fischer et Rosteman). En inhalation, les vapeurs de brome sont irritantes et toxiques.

Emploi. — Le brome en solution très étendue peut toujours remplacer l'iode à l'extérieur sur les plaies, les ulcères, les engorgements ; il est d'ailleurs d'un prix beaucoup moins élevé. Il est employé aussi en fumigations contre les maladies parasitaires des voies respiratoires, telles que le croup, la diphtérie, etc. Pour faire ces fumigations, on ne se sert pas du brome pur, qui donnerait des vapeurs trop concentrées ; on fait un mélange de i à 2 parties de bromure, 50 à 100 parties d'eau ou d'eau-de-vie et 1 à 2 parties de brome de potassium. On verse un peu de ce mélange sur un linge ou sur une éponge, et on fait respirer les vapeurs plusieurs fois par jour, chaque fois une demi-heure.

Charbon de bois.

Le charbon végétal se présente en poudre noire impalpable, qui a un pouvoir absorbant considérable. Lorsqu'il est frais, il peut absorber 35 volumes d'acide carbonique, 55 volumes d'acide sulfhydrique, 90 volumes d'ammoniaque, 10 volumes d'oxygène, 7 volumes et demi d'azote, etc. L'absorption d'oxygène donne lieu à une véritable oxydation ; en présence du charbon, la leuco-

aniline se transforme en rosaniline par oxydation. Il jouit aussi de la propriété de fixer certains principes, qui sont en dissolution dans les liquides, et d'empêcher la putréfaction et les fermentations. Sous son action, la bière perd son principe amer, l'huile phosphorée son phosphore, l'encre devient blanche, et les matières en putréfaction sont désodorisées. Le charbon préserve les matières org-aniques de la putréfaction.

Effets et usages. — A l'intérieur, le charbon excite mécaniquement la muqueuse digestive, active les sécrétions, les contractions de l'estomac et de l'intestin, absorbe les gaz, mais avec moins d'énerg-ie que lorsqu'il est sec, et s'oppose aux fermentations exag-érées et anormales des matières alimentaires.

Il convient dans les atonies digestives, les indig-estions chro- ^,^ niques accompagnées de ballonnement, les </^arr/«ees fétides, l'em-

poisonnement par l'huile phosphorée, etc.

A l'extérieur, on utilise ses propriétés absorbantes, désinfectantes et désodorisantes pour traiter les plaies de mauvaise nature à sécrétion purulente infecte. La poudre de charbon non seulement fait bientôt cesser toute mauvaise odeur, mais, en excitant mécaniquement la surface des plaies, elle réprime le bourgeonnement mollasse et donne aux tissus de la fermeté et une teinte rosée, /^i'^ r^'4^<9^— "i^iU^^^f-

On peut substituer au charbon de bois ordinaire le noir de fumée et le charbon animal. Ce dernier surtout a un pouvoir décolorant et désinfectant considérable.

b. Antiseptiques acides.

Les acides en général sont défavorables aux microbes. Lorsque, dans un milieu, l'acidité atteint un certain chiffre, les germes ne peuvent plus s'y multiplier; parfois môme ils y sont tués. On emploie souvent les acides pour renforcer le pouvoir antiseptique du sublimé, du phénol, etc.

A titre d'antiseptiques directs, on utilise surtout l'acide sulfureux et l'acide borique.

Acide sulfureux. — Sulfites.

L'acide sulfureux (SO^) est gazeux ; il prend naissance quand on brûle du soufre au contact de l'air. II est très soluble dans

/rt-

l'eau ; celle-ci en dissout 50 volumes à la température ordinaire.

Les sulfites et les hy[)Osulfites agissent par Tacide sulfureux qu'ils dég-agent.

En présence de l'eau, l'acide sulfureux exerce sur les matières organiques une action réductrice très énergique. Il est désoxydant et hydrogénant, et se transforme en acide sulfurique.

Effets et usages. — L'acide sulfureux est très irritant pour les muqueuses, principalement pour la muqueuse respiratoire, et ne peut recevoir aucune application thérapeutique en médecine vétérinaire.

Cependant, en raison de ses actions chimiques si puissantes, il constitue un excellent désinfectant. A dose suffisante et en présence de la vapeur d'eau, il tue tous les microbes pathogènes et arrête les fermentations diastasiques.

Cependant, d'après Koch, Wolfhugel et d'autres, les fumigations d'acide sulfureux ne donnent pas toujours une désinfection certaine. Pour obtenir la désinfection complète, il faut employer au moins 40 grammes d'acide sulfureux par mètre cube d'air et en présence de la vapeur d'eau.

On peut utiliser les solutions d'acide sulfureux, de sulfites ou d'hyposuHites en injection intraveineuse pour empêcher la putréfaction des cadavres qu'on veut conserver longtemps.

Acide borique et borate.

Acide borique.

L'acide borique est solide, en petites écailles nacrées, légères, onctueuses au toucher, incolore, inodore, de saveur légèrement acide, soluble dans 25 parties d'eau à 20", dans 15 parties d'alcool et dans 5 parties de glycérine. Il ne coagule pas l'albumine.

Effets physiologiques et usages. — L'acide borique est un bon antiseptique. Il n'a pas une valeur microbicide considérable, mais il réalise un mauvais terrain, un milieu stérile, et, comme il n'est pas irritant, il présente souvent de grands avantages. . \ ,

11 agit d'une manière spécifique sur le champignon du muguet, qu'il rend inactif. A la dose de 2 à 3 p. 100, il empêche la putré-

152 AMISEPTIQUKS MINÉRAUX.

faction des liquides org-aniques et conserve fraîche la viande pendant ving-t-quatre heures. Le lait additionné de 2 p. 100 d'acide borique se conserve sans altération. II exerce une action destructive marquée sur les diasfases diverses. Pour augrnenter son pouvoir antiseptique, on l'unit avantageusement au thymol et à l'essence de g-irofle. • '

A l'intérieur, l'acide borique, donné à doses moyennes, ne produit aucun effet appréciable sur les grandes fonctions ; il provoque cependant quelquefois le vomissement. A fortes doses, il se montre irritant pour la muqueuse g-astro-intestinale et peut déterminer une g-astro-entérite et une néphrite parenchymateuse. Il est éliminé par toutes les voies, même par la peau, à l'état de borate de soude. Mais ce sont les reins qui constituent la principale voie d'élimination.

D'après les expériences de M. Neumann, de l'Institut vétérinaire de Dorpat, l'acide borique peut être supporté par le chien à la dose de 5 à 6 g-rammes; au-dessus de 10 grammes, il produit la mort par paralysie des muscles et des nerfs.

Le cheval résiste à la dose de 120 g-rammes ; les volailles peuvent recevoir jusqu'à 1^'',5.

A l'extérieur, outre ces propriétés antiseptiques, l'acide borique manifeste des vertus cicatrisantes et analgésiantes locales très développées. Il a aussi l'avantag-e d'empêcher la formation des toxalbumines, des ptomaïnes et autres toxines. C'est un des , meilleurs médicaments pour favoriser le bourg-eonnement et pro- v^ duire une rapide cicatrisation de toutes sortes de plaies. 11 peut Î-S^^^"^ être appliqué sur les muqueuses et les tissus les plus délicats. On fait usage de solutions à 4 p. 100. Comme cicatrisant, il est préférable à l'acide phénique, dont il n'a ni l'action iri'itante, ni la toxicité. Les solutions aqueuses d'acide borique conviennent ^J)k>V^f)'a'rticulièrement contre les conjonctivites, les brûlures et pour ^ faire des injections antiseptiques dans le vagin et la matrice.

Les etfets locaux de l'acide borique sont persistants, de sorte qu'on peut sans inconvénient laisser les pansements plus longtemps en place. On emploie souvent, pour les pansements, de la toile qu'on a fait plonger dans une solution bouillante de 3 parties d'acide borique, 2 parties d'acide phénique et 100 parties d'eau. On emploie aussi la pommade boriquée à 1 p. 5 ou la gomme boriquée formée de 1 partie d'acide borique pour 5 de gomrne arabique.

ANTISEPTIQUES MINÉRAUX. i53

On l'administre à l'intérieur, à faibles doses, contre les indig-estions g-azeuses chroniques et contre l'entérite infectieuse.

Préparations.

1° Poudre.

Solutions aqueuses à 2-4 p. 100 pour faire des collyres dans la

conjonctivite et l'ulcération de la cornée.

2» l'oudre cicatrisante.

Acide borique 25 grammes.

Créoline Os^.o

.3° Glycérine borique'e.

Glycérine neutre 120 grammes.

Acide borique 80

Sur les plaies et les muqueuses enflammées en solution dans l'eau à 1 p. 10.

Borax, borate de soude.

NaîBiO^ + lOH^O.

(Biborate de soude.)

Ce sel est en cristaux blancs, solubles dans 17 parties d'eau froide et très solubles dans la glycérine.

Il constitue, comme l'acide borique, un antiseptique puissant et un bon cicatrisant. A l'intérieur, il est plus facilement supporté que l'acide borique; il produit une diurèse assez marquée et, d'après quelques auteurs, facilite la dissolution des calculs vésicaux.

On le donne à l'intérieur, à la dose de 10 à 20 g-rammes chez le cheval et le bœuf, de 5 à 10 g-rammes chez le mouton et la chèvre, de 1 à 3 grammes chez le chien.

Pour l'usage interne, on l'associe généralement aux baies de genièvre ou à d'autres diurétiques. '>a'u\ t«o

A l'extérieur, on l'utilise sous forme de solutions à 2-5 p. 100 pour les plaies et les inflammations des muqueuses apparentes.

Il faut une solution de borax de 7 p. 100 pour empêcher la putréfaction dubouillon (Miquel). Par contre, une solution à 1 p. 250 tue les bacilles du charbon. Il a donc des propriétés microbicides réelles et peut être considéré comme un antiseptique léger et non irritant. Il convient surtout dans la conjonctivite, la stomatite et l'otite, la vaginite, etc.

c. Bases antiseptiques.

Les bases alcalines, potasse, soude, ammoniaque, ont un pouvoir microbicide assez développé, surtout à chaud. Le ling-e lessivé est stérile. Nous n'étudierons ici que la chaux.

Chaux.

CaO.

{Oxyde de calcium.)

On distingue la chaux vive ou anhydre et la chaux éteinte. La première n'est guère employée que pour confectionner certaines préparations caustiques avec la potasse et les composés arsenicaux. La chaux éteinte forme la base de quelques préparations médicamenteuses destinées à l'usage externe et interne. La chaux n'est que peu soluble dans l'eau ; 1 litre en dissout environ i gramme. Pour favoriser la dissolution de la chaux dans l'eau, on peut y ajouter du sucre.

Effets. — La chaux à 1 p. 1000 tue le bacille du choléra, le bacille typhique, et, à 1 p. 100, empêche la putréfaction des liquides. Les matières fécales sont désinfectées complètement avec 50 p. 100 de chaux. Quand la chaux entre en combinaison pour former des carbonates, des sulfates, des sels organiques, elle perd son pouvoir antiseptique. Le lait de chaux détruit facilement les insectes et leurs œufs.

La chaux éteinte produit sur la peau des animaux une brûlure plus ou moins grave, suivant la durée du contact. D'après Tabourin, elle provoque d'abord la tuméfaction de la peau, le soulèvement de l'épiderme et une vive douleur ; la brûlure est légère si le contact ne s'est pas prolongé au delà de quelques heures; dans le cas contraire, on observe l'escarrification plus ou moins complète de la peau et même des parties sous-jacentes. Ces brûlures se remarquent souvent sur les régions inférieures des membres chez les chevaux employés aux travaux de construction. La chaux vive, pulvérisée et mélangée, à parties égales, avec le goudron de bois et appliquée sur la peau, la tuméfie au bout de vingt-quatre heures, produit des phlyctènes et un peu de suppuration ; puis bientôt la peau se durcit, perd sa sensibilité et sa vitalité, puis forme une escarre dure et sèche qui intéresse toute l'épaisseur du derme.

Sur les solutions de continuité, la chaux vive agit comme un caustique énergique, mais elle n'est g-uère employée que mélangée à la potasse dans la préparation appelée poudre de Vienne. Le lait calcaire et Tcau de chaux ag-issent comme légers astringents et comme antiseptiques et désinfectants.

L'action escarrifiante de la chaux est due à son affinité pour l'eau, l'albumine et la g-raisse. Les tissus sont déshydratés, et leurs éléments albuminoïdes entrent en combinaison avec la chaux et se mortifient; les graisses sont saponifiées.

Dans le tube digestif, la chaux, même vive, est loin d'être aussi caustique que le feraient supposer ses efîets extérieurs, ce qui provient évidemment de sa neutralisation partielle par le suc gastrique et par l'acide carbonique contenu dans le tube digestif. Cependant elle est encore dangereuse, puisque Orfila a vu mourir un chien en lui donnant 12 grammes de chaux vive ; le tube digestif était enflammé dans divers points de son étendue, mais trop légèrement pour expliquer la mort du sujet. Hertwig l'a administrée aux chevaux et a trouvé que cette substance irrite la bouche, produit de la salivation et du dégoût; beaucoup de sujets refusent de la prendre d'eux-mêmes; enfin, après l'emploi de ce médicament pendant trois à quatre semaines, il a vu mourir plusieurs chevaux, dont la fin était précédée d'une respiration très laborieuse, d'engorgements œdémateux, de beaucoup de faiblesse. Le lait de chaux (1 p. 100) est supporté assez facilement à l'intérieur, mais seulement pendant un temps court; si l'usage en est prolongé, on observe la perte d'appétit, une digestion difficile et de la constipation.

Après son absorption, la chaux produit de la diurèse et diminue toutes les autres sécrétions. Après un usage prolongé, elle fluidifie le sang, diminue le nombre des globules rouges, détermine une diminution de volume des ganglions lymphatiques, des glandes, et provoque l'amaigrissement général.

La chaux aide à la dissolution des fausses membranes, des matières muqueuses. Elle attaque aussi la carapace chilineuse des parasites qui vivent sur la peau de nos animaux et constitue un antiparasitaire externe assez puissant.

L'eau de chaux agit localement comme un léger astringent ; elle tonifie les surfaces et les dessèche.

Indications thérapeutiques. — L'action escarrifiante de la chaux vive est utilisée pour modifier la surfacç des ulcères, des

plaies de mauvaise nalure, etc. Généralement, la poudre de chaux vive est mélang-ée au charbon, à 1 ecorce de chêne ou à d'autres poudres astringentes.

L'effet lég'èrement astringent de l'eau de chaux est mis à profit pour tarir les sécrétions patholog-iques. On l'emploie en injections dans le nez, Toreille, le vagin, etc., lorsque la muqueuse de ces conduits est le sièg'e d'une sécrétion muco-purulente; elle est ég-alement utile dans les trajets fistuleux, les clapiers des grands abcès. Le lait de chaux constitue un dessiccatif et un désinfectant excellent contre le crapaud et le piétin.

Dans les maladies croupales, l'eau de chaux favorise la dissolution des fausses membranes et réprime leur formation. Elle a rendu de grands services en médecine humaine dans le traitement de la diphtérie.

La réaction alcaline de la chaux a pour effet de neutraliser l'excès d'acidité du suc gastrique. L'eau et le lait de chaux conviennent donc pour favoriser et régulariser la digestion chez les animaux dont le suc gastrique est trop acide. Ils conviennent aussi pour absorber Vacide carbonique qui se produit dans la fermentation des aliments, surtout dans les cas de tympanite ou d'indigestion gazeuse du rumen.

Comme l'eau de chaux tonifie et dessèche un peu les muqueuses, elleestindiquéepour combattre les diarrhées, principalement chez les jeunes animaux.

Son action diurétique la fait employer avec succès contre l'hématurie liée à un état anémique.

Enfin le chaux est encore indiquée à l'intérieur toutes les fois que les aliments sont trop pauvres en sels calcaires pour suffire aux besoins de la nutrition des os. Elle est employée contre le rachitisme, dans les cas de fractures pour favoriser la formation ducal. Elle doit aussi être donnée aux femelles pleines pour activer la formation du squelette du fœtus. Cependant, comme c'est plutôt l'acide phosphorique qui fait défaut dans les aliments, il vaut mieux administrer de la poudre d'os ou du phosphate de chaux.

L'action anti parasitaire de la chaux est utilisée à l'extérieur pour combattre les poux, les puces, les acares de la gale.

L'action désinfectante de la chaux peut être utilisée pour laver le sol, les murs des locaux infectés : on peut même maintenir un lait de chaux en contact permanent avec les pieds des animaux atteints de maladies transmissibles.

Doses. — Les doses internes d'eau de chaux sont :

Grands ruminants 1 àa litres.

Solipèdes 1 4 —

Petits ruminants et porc 1/4 à 1 litre.

Chien 3 cent, à 1 décil.

Préparations. — Principales préparations pharmaceutiques à base de chaux.

1° Linimenl calcaire.

Eau de chaux 2bQ grammes.

Huile d'olive 32 —

Mettez les deux liquides dans un Uacon et agitez jusqu'à ce que le savonule soit formé.

Convient surtout contre les brûlures.

2" Poudre détersive.

Chaux éteinte en poudre flne 1 partie.

Charbon de bois pulvérisé 2 parties

Mélangez et conservez à l'abri de l'air.

3° Lait de chaux.

Chaux éteinte 100 grammes.

Eau ordinaire 1 litre.

Délayez, conservez dans un vase et remuez avant de vous en servir.

4» Eau de chaux.

Chaux récemment éteinte 25 grammes.

Eau commune 1 litre.

Délayez, passez au filtre ou décantez et conservez à l'abri de l'air.

d. Sels métalliques antiseptiques.

Beaucoup de sels métalliques sont antiseptiques; mais, comme ils sont en même temps caustiques et astring-ents, nous n'étudierons spécialement dans ce chapitre que le permanganate de potasse, le chlorate de potasse, les mercuriaux et les composés d'argent.

^ Permanganate de potasse.

MaO^K.

Le permanganate de potasse se présente sous forme de petits cristaux bruns très solubles dans l'alcool, solubles en 15 parties d'eau. Les solutions aqueuses ont une coloration d'un beau rouge violet, qui disparait graduellement si on y ajoute des matières

organiques. Cette décoloration est due à ce que les matières organiques désoxydent le permanganate et le décomposent. Le permang-anate tache en brun la peau et les linges. Pour faire disparaître oes taches, on se sert d'une solution d'acide chlorhydrique à 2 p. 100, de sel d'oseille à 3 p. 100, d'une solution concentrée d'acide tartrique ou mieux d'une solution de bisulfite de soude à 10 ou 20 p. 100.

Il ne faut pas l'associer à des corps très oxydables, parce qu'il pourrait former des composés explosifs.

Effets. — En raison de son g-rand pouvoir oxydant, le permanganate de potasse est un antiseptique et un désodorisant énergique. Son action n'est que fug-ace à cause de sa décomposition i-apide au contact des tissus et des liquides organiques. Appliqué localement sur les tissus, il est astringent^ irritant ou caustique, suivant le deg"ré de concentration de ses solutions. Audessous de 1 p. 1000, il est simplement astringent; de 1 p. 1000 à 1 p. 250, il est irritant; en solution plus concentrée, il est caustique.

Le permanganate de potasse est un des meilleurs agents anti venimeux contre le venin des serpents.

Indications thérapeutiques. — Le permang-anate de potasse est indiqué :

1° Contre les écoulements muco-purulents du vagin, du canal de l'urèthre, de l'oreille, etc. Des injections avec une solution tiède à 1 p. 1000, 1 p. 2000, 1 p. 3000 ou 4000, désinfectent et désodorisent la muqueuse, puis ar-rêtent l'écoulement;

2° Contre les ophtalmies purulentes. Les irrigations avec une solution de 1 p.»2000 donnent d'excellents résultats (Kalt) ;

3" Comme désinfectant, astringent, cicatrisant et désodorisant sur toutesles plaies, les fistules, les caries, etc:, principalement quand il y a suppuration avec mauvaise odeur, en solution à 1 p. 1 000 à 1 p. 100 suivant les cas ;

4° Comme désinfectant du champ opératoire, des mains et des instruments dans la chirurg-ie ordinaire et en obstétrique (Voy. Asepsie) ;

5" Comme antiveniîneux, il constitue un antidote sûr du venin de la vipère, si on a le soin d'injecter exactement au point mordu et autour une quantité totale de 1 centimètre cube d'une solution aqueuse a 1 p. 100.

Chlorate de potasse,

KCIO-'.

Le chlorate de potasse se présente sous forme de petites lames rhomboïdales, incolores et brillantes; il est incolore, inodore, d'une saveur fraîche et légèrement stvptique, soluble dans IG parties d eau froide et dans 2 parties deau bouillante, dans 30 parties de glycérine, insoluble dans l'alcool absolu. Trituré avec des substances organiques, il forme un mélange facilement explosible. Avec le perchlorure de fer, la glycérine, rhyposullite de soude, le charbon, le soufre, le sulfure d'antimoine, le chlorate de potasse peut donner également lieu à une explosion. 11 y a donc incompatibilité chimique avec ces corps.

Effets physiologiques. — Ce sel en poudre ou en solution n'exerce qu'une action légèrement excitante et antiseptique sur la peau, les muqueuses et les solutions de continuité. Son action antiseptique est due au dégagement d'oxygène et d'acide chlorique en présence des tissus.

11 est assez facilement supporté par le tube digestif et est absoibé rapidement par la muqueuse g-astro-intestinale ; il produit un ralentissement du pouls et une diurèse abondante. Sous son influence l'urine, prend une réaction acide, même chez les herbivores.

U est éliminé rapidement en nature par les urines, la salive, les larmes, le lait, la sueur, la bile, le mucus nasal et bronchiquei, Généralement, l'élimination est complète trente-six heures après l'administration.

A doses fortes, le chlorate de potasse peut déterminer une intoxication. Il produit un état fébrile marqué, une accélération de pouls et de la respiration, la cong-estion des muqueuses, de la salivation, des convulsions, des douleurs néphritiques, de l'hématurie et de l'anurie, de la tristesse, la perte des forces et enfin la mort par arrêt du cœur. Les jeunes animaux sont plus sensibles à l'action de ce sel que les adultes.

A l'autopsie, on trouve le sang- noir, le poumon et le foie couleur chocolat. La coloration noire du sang- est due à l'altération de l'hémoglobine et à sa transformation en méthémoglobine (Marchand).

Emploi thérapeutique. — L^ chlorate de potasse convient, à

titre d'antiseptique, contre les affections de la bouche, de la gorge, telles que la stomatite mercurielle, la stomatite couenneuse, les aphtes, le muguet, Tangine couenneuse, le croup, etc. On s'en sert aussi avantag-eusementpour laver les plaies, dont il hâte la cicatrisation, et en injection dans les cavités tapissées par les muqueuses pour modifier et tanr les écoulements mucopurulents. '^'

A l'intérieur, il agit favorablement sur les fausses membranes, qui se développent dans un conduit quelconque et facilite leur dissolution et leur expulsion. Il a donné d'excellents résultats à l'intérieur contre la bronchite et le cancroïde de la lèvre chez le chat et le cheval.

Doses. — On l'utilise en solutions aqueuses de 1 à 4 p. 100.

Doses médicainenteufies .

Cheval et Lœul" o à 10 graïuaies.

Petits ruminants 2 à. 6 —

Porc 1 à 4 —

Carnivores 0,50 à 2 —

Doses toxiques.

Cheval 150 grammes.

Chien 10 à 12 —

Incompatibilités. — Il ne faut pas associer les chlorates et les iodures, car il se forme dans l'estomac de l'iode hbre qui est irritant (Rabuteau) et dans l'intestin de l'iodate de potasse toxique (Melsens).

Préparations.

Garcjarisme (Codex).

Chlorate de potasse 10

Eau distillée 250

Sirop de mûres 50

Faites dissoudre le sel dans l'eau et ajoutez le sirop.

Glycérolé de chlorate de potasse (Martinet).

Glycérine ' 10

Chlorate de potasse 1

Contre les ulcères, la stomatite ulcéreuse.

Mercuriaux.

Tous les composés de mercurosont antiseptiques et antipara-

sitaires, mais les plus puissants sont le sublimé, les cyanure et oxycyanure de mercure et le biiodure de mercure.

■^ BiCHLORURE DE MERCURE.

IIyG12.

[Subliiné corrosif. Chlorure mercuriqiie.)

Le sublimé corrosif est un sel cristallisé en prismes très petits, qui forment une poudre blanche, inodore, d'une saveur caustique. Il est soluble dans l'eau ^froide dans la pi^oportion de 1 p. 15 et dans l'eau chaude dans celle de 1 p. 2 ; dans la glycérine àl p. 13,3; plus soluble dans l'alcool, dans l'éther. La solution a une légère réaction acide et se décompose partiellement à la lumière. Les acides chlorhydrique, nitrique, l'acide tartrique et les chlorures alcalins aug-mentent sa solubilité dans l'eau. Il précipite rapidement toutes les matières protéiques en s'y combinant. Le coag'ulum formé est soluble à la fois dans un excès de ce sel, dans l'albumine et dans la solution des chlorures alcalins, y compris le chlorhydrate d'ammoniaque. Il se combine avec le chlorure de sodium pour former HgGFNaGr--l-H'-0.

Effets. — Des solutions àl p. 20000 tuent les microorganismes etdétruisent les virus. La solution au Ip. 1000 estsûrementtoxique pour tous les microbes à l'état de bacille et de spores (Voir les tableaux).

Il ne faudrait pas en conclure cependant que le sublimé est toujours l'antiseptique le plus avantageux. En présence de l'albumine, il se précipite et perd sa vertu microbicide. Il n'empêche la putréfaction du sang- qu'à Ip. 400, et les solutions à 2 p. 1000 ne suffisent pas à désinfecter les crachats tuberculeux. D'autres anti- \^^^J\^yf septiques moins puissants peuvent avoir, dans bien des cas, un effet, plus sûr.

V Le bichlorure de mercure est de tous les sels caustiques celui qui agit le plusénergiquement. Aussitôt qu'il est mis en contact avec un tissu, il se combine avec ses matières albuminoïdes et le transforme en une escarre. La cautérisation par le sublimé corrosif est prompte, douloureuse, mais n'est pas très profonde : elle suscite toujours une in ft animation considérable, une exsudation plastique abondante et une suppuration copieuse.

L'escarre est d'abord molle et frag-ile, puis elle devient sèche et g-risàtre en se ressejfrant. Elle ne se détache des tissus qu'avec Kaufmann. 11

lenteur et à mesure que la suppuration se développe. Les plaies

« Ji ^ laissées par la chute de l'escarre ne se cicatrisent que lentement,

(^^/^^^ ce qui constitue un certain inconvénient. L'absor|ilion du bichlo-

rure de mercure n'est ])as à craindre dans les cas ordinaires ;

Tempoisonnement mercuriel ne sur-vient que lorsqu'on applique

ce sel sur une trop g-rande surface ou quand on introduit des tro-

chisques dans le tissu conjonctif sous-cutané. Dans ce ras, i'es-

^.'oO-^*^ carre est en partie dissoute par les liquides allDumineux en excès,

et le sel de mercure devient absorbable.

En solutions très étendues, le bichlorure de mercure peut être administré en petite quantité à l'intérieur sans occasionner aucun désordre local. Arrivé dans l'estomac et l'intestin, il forme un chlorure double de sodium et de mercure qui se combine à l'albumine. Il est absorbé et produit les effets ordinaires des mercuriaux. A doses extrêmement faibles, le sublimé excite la nutrition, aug-mente le nombre des globules du sang- ou favorise l'engraissement. Mais, aussitôt que les doses sont un peu plus fortes, il produit des effets inverses, c'est-à-dire qu'il amène l'amaig-rissement, l'anémie et tous les sig'nes de l'infection mercurielle.

Administréàl'intérieur à l'étatde solutions fortes, il désorganise la muqueuse dig'estive et tue rapidement les animaux en produisant une g'astro-entérite et une infection mercurielle aig-uë.

C'est un désinfectant et un atitiparasitaiî'e très énerg-ique.

Indications thérapeutiques. — 1" Comme caustique, le sublimé corrosif est surtout employé avantageusement dans le traitement des caries osseuses, cartilagineuses, tendineuses ou ligamenteuses, dans celles qu'on remarque dans le clou de rue pénétrant, dans le javart cartilagineux, le mal de g-arrot, le mal de taupe, les plaies articulaires, etc. A cause de son action coagulante énerg-ique et de l'inflammation intense qu'il développe, ce caustique convient très bien pour obtenir la fermeture des fistules articulaires ou tendineuses. M. Saint-Cyr, quia surtout étudié ce puissant moyen, recommande d'appliquer sur l'orifice de la fistule un emplâtre de poix noire saupoudré convenablement de sublimé corrosif. Quand la fistule est profonde, on y introduit le caustique avec un petit tampon de coton ou une sonde cannelée ;

2" Comme irritant cutané et antiparasitaire, le sublimé est /• •■ indiqué contre les exanthèmes humides de toute nature, les maft'-''-i ladies parasitaires de la peau, telles que : teigne, prurig-o, pity-

riasis, gales, contre les eaux aux jambes, le crapaud, etc. 11 faut

ANTISEPTIQUES MINÉRAUX. i&'i

toujours se servir de solutions étendues, les appliquer sur une petite surface à la fois et empêcher les animaux de se lécher. Le sublimé est un antig-aleux dangereux et moins efficace que le crésyl.

3° Comme fondant^ il est efficace contre la plupart des tumeurs indolentes, telles que : les tumeurs de l'appui du collier, le çapelet, l'épong-e, les mollettes et vessig-ons indurés, les kystes, les engorgements g-anglionnaires, les exostoses, les ostéosarcomes, etc. ;

^° Comme révulsif énergique^ il est employé sous forme de trochisque contre les boiteries anciennes de l'articulation coxo- ■'(o'i-CU fémorale ou scapulo-humérale ; /

5° Comme destructeur^ pour mortifier rapidement le cordon testiculaire dans la castration avec les casseaux ;

G° Comme antiseptique et cicatrisant^ il est employé en solutions étendues pour faire les pansements après les opérations chirurgicales ou pour laver les plaies ou les surfaces suppurantes.

7° Com?ne désinfectant^ il est indiqué pour détruire les virus, les ag'ents infectieux, attachés à la surface du champ opératoire, aux instruments et aux mains du chirurgien, ou disséminés dans les locaux où ont logé des animaux atteints de maladies contagieuses. Les solutions à 1 p. 1000 sont très antiseptiques surtout à chaud, mais elles offrent le grave inconvénient d'altérer le tranchant des instruments. Pour la désinfection des muqueuses, surtout de la muqueuse g-énito-urinaire, en obstétrique, il faut n'employer que des solutions très diluées à 1 p. 4000. Les empoisonnements sont à craindre surtout chez les femelles des ruminants. Il y a donc lieu d'être prudent dans l'emploi des injections et des lavages antiseptiques au sublimé dans les voies génito-urinaires. D'ailleurs les injections sont douloureuses et suivies d'efforts expulsifs violents ;

8° Comme irritant astringent^ il peut rendre des services dans les conjonctivites et l'opacité de la cornée, en solution à 0,05 à 0,20 p. 100;

9° Pour l'usage interne, le sublimé corrosif répond aux indications ordinaires des mercuriaux.

Préparations.

l» Poudre, 2o Pastilles de sublimé de 1 gramme.

Les pastilles dans lesquelles entre exactement 1 gramme de sublimé sont

très avantageuses dans la pratique pour la préparation instantanée de solutions antiseptiques et désinfectantes.

3° Papier imprégné d'une dose déterminée de sublimé.

Pour obtenir une solution titrée, il suffit de faire tremper dans de l'eau distillée un carré de papier contenant une quantité connue de sublimé.

4" Solutions titrées pour divers usages.

Pour l'antisepsie chirurgicale, on fait des solutions à 1 p. 1000, ou 1 p. 2000, ou 1 p. 5 000. — Pour tuer les parasites cutanés, on fait des solutions plus fortes, de 0,5 à 1 p. 100.

Solution à i p. 1000.

Sublimé 1

Chlorure de sodium 2

Eau distillée 1 000

5» Ouate sublimée.

Pour la préparer, on stérilise le coton dans une étuve à vapeur et on le trempe dans une solution formée de :

Sublimé 10

Glycérine 500

Alcool 1 000

Eau 1500

Puis on laisse sécher.

60 Collodion caustique.

Sublimé 1

Collodion 10

7° Eau phagédénique. ^.^j^P^eri^Crf-

Bichlorure de mercure 0e'',40

Eau de chaux 125

Dissolvez le sublimé corrosif dans un peu d'eau distillée, ajoutez la solution à l'eau de chaux et agitez vivement.

8° Eau phagédénique vétérinaire (Lecoq).

Bichlorure de mercure 1 gramme.

Eau de chaux 10 grammes.

Alcool Q. S.

9" Eau phagédénique de Solleysel.

Sublimé corrosif i „c

. . . ,f . \ 32 grammes.

Acide suliurique ^ °

Alcool 250 —

Eau de chaux 1500 —

Versez doucement l'acide dans l'alcool; faites dissoudre le sel et ajoutez ensuite l'eau de chaux.

10° Topique fondant de Girard.

Biclilorure de mercure 32 grammes.

Térébenthine de Bordeaux 380 —

Incorporez à froid.

11" Topique fondant de Duthreil.

Sublimé corrosif Ifi grammes.

Collodion 100 —

12° Liqueur de Chevry.

Sublimé 4 grammes.

Alcool 32 —

13" Pommade de sublimé corrosif.

Sublimé corrosif 64 gra es

Huile de laurier 260

Huile d'olive 100

14° Collodion caustique.

Collodion 30 grammes.

Sublimé corrosif 5 —

10° Trochisques. Formule n° 1.

Sublimé corrosif 1 gramme.

Amidon 2 grammes.

Mucilage de gomme adragante Q. S.

Faites une pâte consistante qu'on divise ensuite en petits fragments de forme conique.

Formule n° 2.

Sublimé corrosif 2 grammes.

Minium 1 gramme.

Amidon et gomme adragante Q. S.

16° Trochisques simples.

Sublimé corrosif en masse, taillé en petits cônes du poids de 2 à 3 grammes au plus pour les grands animaux.

17° Liqueur de Van Swielen.

Sublimé corrosif 1 gramme.

Alcool à 80° 100 grammes.

Eau distillée 900 —

18» Liqueur de Mialhe.

Sublimé 1 gramme.

Sel marin 2 grammes.

Sel ammoniac 2 —

Eau distillée 1 litre.

166 ANTISEPTIQUES MINEKAUX.

19° Solution employée en obstétrique humaine :

Sublimé 25 centigrammes.

Acide borique 1 gramme.

Solution alcoolisée (Iccarmin d'indigo. I goutte.

Mêlez et réduisez en poudre impalpable.

.V. B. — Cette dose est pour 1 litre. Cette solution étant colorée en bleu, on se met sûrement à l'abri des erreurs.

20° Glycéré de chlorure mercurlqxte (Codex).

Chlorure mercuriquc 1

Alcool à 90° 10

Glycérine 500

Dissolvez le sublimé dans l'alcool et mélangez le soluté à la glycérine.

Administration et doses. — La poudre est appliquée directement sur les parties à cautériser. On la transporte au fond des fistules avec une sonde cannelée. Les autres préparations sont appliquées d'une manière spéciale suivant leur nature.

Pour l'usag-e interne et l'injection hypodermique, on fait surtout usage de la liqueur de Van Svvieten ou de celle de Mialhe.

lo Doses toxiques.

Cheval 8 gr. (estomac) 4 gr. (veines).

Bœul 8 —

Mouton i —

c n o,-«ao.,» i s«;;:^:;7°""'>-

2° Doses thérapeutiques (esfoniac).

Grands herbivores Os''.10 à 0^^,30

Porc 06^,01 à 0B^02

Mouton Oe'-.Ol à Os',02

Chien 0sf,00b à Os'-.Ol

BlIODURE DE MERCURE.

Hgl'-.

(lodure merciirique.)

Le biiodure est en poudre d'un roug-e-coq^uelicot magnifique, inodore, insipide, presque msoluble dans l'eau froide, soluble dans 130 parties d'alcool à 90". Les chlorures et les iodures alcalins facilitent sa dissolution dans l'eau.

Effets et usages. — La pommade de biiodure de mercure produit

d'abord la vésication, puis l'engorgement de la peau et des parties sous-jacentes, la chute de l'épiderme et des poils. Dans le tube dig-eslif, les ellets irritants de ce sel sont identiques ; aussi ne Temploie-t-on jamais à l'intérieur.

A l'extérieur, la pommade de biiodure de mercure est indiquée en frictions pour résoudre les engorgements glandulaires et les tumeurs indolentes, les diverses espèces de dilatations synoviales des gaines tendineuses, des bourses séreuses, les engorg-ements tendineux, les tumeurs osseuses. Cette pommade réussit souvent fT"^ i^

là où le feu et les vésicants ont échoué. Pour éviter les tares qui ji^i-*- ■^'^' '^ pourraient résulter de ces frictions, il est nécessaire de les inter- ' rompre de temps en temps pour laisser calmer rirritation locale.

C'est un désinfectant des plus puissants ; il est plus antiseptique que le sublimé, mais moins toxique aux mêmes doses.

Préparations.

Pommade de protoiodiire de mercure.

Protoiodure de mercure 1

Axonge 8

Pommade de biiodure de mercure.

Deutoiodure de mercure 1

Axonge 8

Selon l'exigence des cas, on augmente ou on diminue la proportion de sel mercuriel. Pour augmenterles vertus fondantes de ces pommades, on y ajoute de l'iodure de potassium.

Ti'aitement du capelef, d'après Payrou.

D •• , 1 „ ■ {jyW(/J^o.^^(MJ^ .

Biiodure de mercure 1 1

Acide phénique cristallisé 50

Alcool à 90O 2o0

Dissolvez.

Badigeonnerquatrejoursde suite la surface de la bourse séreuse avec ce mélange.

Ce trailement, qui ne produit que l'exfoliation de l'épiderme sans chute de poils, amène la disparition 'complète du capelet en vingt-cinq jours. I! est propre, simple et efficace [Rep. de police San., 1907).

Solution antiseptique.

Biiodure de mercure Oer.Sb

lodure de potassium 0s'",50

Eau , 1000

pissolve^.

Cette solution peut être employée aux mêmes usages antiseptiques et désinfectants que les solutions de sublimé.

Cyanure et oxycyanure de mercure.

SlLlCOFLUORURE DE MERCURE.

D'après M. Chibret, le cyanure et l'oxycyanure de mercure ont une puissance antiseptique six fois plus grande que le sublimé et offrent les avantages suivants : La solution HgOHgCy à 1 p. 1 500 ne précipite que très peu l'albumine et est bien tolérée par les plaies et les muqueuses; l'absorption est moindre qu'avec le sublimé, elle n'attaque que d'une façon insignifianteles métaux usités en chirurgie; acier, cuivre, maillechort, argent ; cette supériorité a été confirmée depuis par divers auteurs.

Le silicofluoimre de mercure serait un antiseptique plus énergique que le sublimé et dont les propriétés toxiques ne seraient pas à redouter (Haillon, Lefrancet Poupinel).

Hermophényl.

L'hermophényl est un composé organométallique dont le nom est mercure phénoldisulfonate de sodium et qui contient 40 p. 100 de mercure. C'est une poudre blanchâtre, amorphe, très soluble dans l'eau et dans la glycérine, inodore et peu sapide.

Effets et emploi. — Il possède des propriétés bactéricides remarquables sans être très toxique, sans irriter les tissus et sans coaguler les liquides albumineux. En solution à 1 p. 100, il détruit les principaux agents pathogènes après quelques minutes ; les solutions à 1 p. 1000 agissent aussi, mais moins rapidement. Les solutions d'hermophényl même concentrées peuvent être maintenues longtemps au contact des muqueuses, des plaies et de la peau sans provoquer d'irritation.

Le savon antiseptique à 1 p. 100 d'hermophényl peut être avantageusement employé pour la désinfection des mains du chirurgien. Les objets de pansement (ouate ou gaze) imprégnés d'hermophényl peuvent rendre les mêmes services que la g-azc iodoformée et le coton salicylé. On emploie avec succès l'hermophényl dans la désinfection des plaies anfractueuses et de grande

étendue ; il est surtout très avantag-eux chez le chien et chez le bœuf, animaux très sensibles à l'intoxication mercurielle. Employé en poudre, il a donné d'excellents résultats dans les clous de rue. Les solutions d'hermophényl conviennent à titre d'antiseptique, dans le catarrhe auriculaire du chien, les conjonctivites, les vag-inites, les lavages de l'utérus.

Argent et ses composés.

Argent (Nitrate d').

AgAzO^.

Ce sel, encore appelé azotate d'argent, pierre infernale, est sous forme de petites lames brillantes, blanches, inodores, caustiques. Chauffé, il fond et peut être couj^ en bâtons (pierre JÊ. o-^^^^ a infernale). Exposé à l'action de la lumière, il noircit et se ^^ décompose partiellement, d'où la nécessité de le conserver dans des flacons opaques. Il est soluble dans son poids d'eau froide, et dans l'eau chaude en plus forte proportion encore; il est insoluble dans l'alcool. Ses solutions aqueuses ont une réaction neutre.

Effets. — Le nitrate d'argent est très antiseptique, mais il est difficile de l'utiliser à ce titre en raison de sa causticité, de son action coagulante sur l'albumine, de la facilité avec laquelle il se laisse réduire et de son a/'/î.ni té pour les chlorures.

Sur la peau sèche, le nitrate d'argent soHde, en cristaux ou en bâtons, n'a aucun effet, à moins que le contact dure très longtemps. Si la peau est humide ou si on emploie des solutions concentrées, ce sel colore rapidement la surface touchée, en violet, puis en noir. L'épiderme est désorganisé, perd sa vitalité et tombe au bout de quelques jours en laissant au-dessous un nouvel épiderme. Quand l'action du nitrate d'argent est continue, le derme est mortifié à son tour sui- une profondeur plus ou moins grande, et il en résulte une escarre rétractile noire. Au moment de l'escarrification, ce sel produit une vive douleur.

Sur les solutions de continuité et les muqueuses, Vefjfet caustique est encore plus prompt et plus énergique que sur la peau. L'escarre produite est d'abord molle et superficielle, de couleur blanche avec reflet argentin; puis, à mesure que le caustique con-

tinue son action, elle devient plus épaisse, plus consistante, et prend bientôt, sous l'influence de la lumière, une coloration violette, puis bistre, et enfin noire.

La formation de l'escarre doit être attribuée, d'après les travaux les plus récents, à la grande affinité de ce sel pour l'albumine, dont la précipitation rapide forme une couche d'abord blanche, puis violette, puis noire. Ces changements de coloration de l'escarre sont dus à la formation de chlorure d'argent, sel qui est très altérable à la lumière. L'escarre est toujours superficielle; elle se détache promptement par petits fragments et laisse une surface qui se cicatrise rapidement. L'inflammation périphérique est toujours modérée et la suppuration presque nulle.

Le nitrate d'arg-ent n'est caustique que lorsqu'il est employé solide ou sous forme de solutions concentrées à 1 p. 5 ou 1 p. 10. En solution plus étendue, il est seulement astringent et antiseptique. Il resserre énergiquement les petits vaisseaux et produit une anémie locale très forte. Des solutions concentrées n'ont pas d'elfet vaso-constricteur local; elles ag-issent à la façon des caustiques et des inflammatoires.

Le nitrate d'argent coagule rapidement la surface des plaies et des muqueuses sup|)urantes, tarit les sécrétions et hâte la cicatrisation.

Introduit dans les voies digestives, dilué et à petites doses, l'azotate d'argent est facilement supporté. Dans l'estomac, il se combine avec l'albumine et perd ainsi une partie de ses effets caustiques. C'est pourquoi son action irritante est moins énerg-ique dans le tube digestif qu'à la surface du corps. Des solutions qui attaquent l'épiderme ne produiraient aucun elfet escarrotique sur la muqueuse dig-estive. Dans l'estomac, il se forme aussi du chlorure d'arg-ent. Les solutions étendues produisent sur la muqueuse g-astro-intestinale un eilet astringent et antisécrétoire.

Quand le nitrate d'arg-ent est administré à doses plus fortes et surtout à l'état solide, il détermine une in/ïamtnafion de la muqueuse et souvent aussi des ulcérations dans les points où les parcelles du caustique séjournent.

Pendant son séjour dans le tube digestif, le nitrate d'arg-ent peut passer à l'absorption. Une partie cependant reste insoluble et est rejetée avec les excréments sous forme de sulfure d'arg-ent. La partie absorbée ne produit pas de modifications sensibles sur

ANTISEPTIQUES MINÉKAUX. 171

la circulation, In respiration et la calorification, mais agit sur la nutrition et les fonctions 7ierveuses.

Après un usage interne un peu prolong-é de ce nnédicament, la peau se colore en violet ou en noir, surtout dans les régions exposées à la lumière ; on observe aussi un amaig-rissement rapide. Si Tadminislration est arrêtée à temps, les animaux reviennent peu à peu à leur état normal, mais la coloration pig-mentée de la peau persiste très longtemps à cause de la lente élimination de Targ-ent métallique déposé dans le tissu du tégument. Si l'administration continue, Tamaigrissement se prononce de plus en plus, des maladies catarrhales apparaissent, puis arrivent la paralysie de la sensibilité et de la motilité, et enfin la mort. Ce médicament atteint assez rayjidement le système nerveux, dont il affaiblit les propriétés vitales.

A Tautopsie, on retrouve l'argent dans les os, le pancréas, les plexus choroïdes, les intestins, le foie, les bronches, le cerveau.

Antidotes. — Les contrepoisons du nitrate d'arg-ent, encore contenu dans le tube dig-estif, sont le sel marin (Orfila) et le protosulfure de fer récemment précipité (Mialhe).

Indications. — A l'intérieur, le nitrate d'argent est indiqué :

1° Contre Vépilepsie. Beaucoup de cas de guérison ont été observés. II n'est pas possible, avec l'état actuel de nos connaissances, de donner l'explication du mécanisme de ces guérisons. Il est vrai que la nature de l'épilepsie est fort peu connue en pathologie vétérinaire ;

2" Pour combattre la diarrhée rebelle et arrêter l'état catarrhal de la muqueuse gastro-intestinale. Le nitrate d'argent est contre-indiqué quand il y a inflammation aiguë du tube digestif.

A l'extérieur, le nitrate d'argent est indiqué :

1° Comme caustique, pour réprimer le bourgeonnement trop actif des plaies, pour détruire les néoplasmes superficiels. Ce caustique n'agissant jamais profondément sur les tissus, ne convient pas pour détruire des tumeurs épaisses; dans ce dernier cas, il lui faut préférer les acides minéraux ou le chlorure de zinc;

2° Comme astrifigcîit, en solutions plus ou moins fortes, pour dessécher les plaies, pour les rendre aseptiques, pour modifier leur surface et hâter la cicatrisation. Les plaies atoniques surtout sont modifiées très favorablement par le nitrate d'argent. On s'en sert aussi très avantageusement en injection sur les muqueuses qui sont le siège d'un catarrhe chronique ou dans des fistules

difficiles à tarir. Ainsi on l'emploie avec succès contre Yotorrhée, la carie du empilage de la conque; contre le corijza chronique^ Vozène; contre la vaginite QiVurétrite chroniques, Vacrobuslife; contre les maladies cutanées sécrétantes, Vérysipèle grave, les crevasses, les eaux auxjafnbes, le crapaud, etc. Enfin le nitrate d'argent est un remède héroïque contre les maladies inflammatoires des yeux. Il réussit surtout bien contre les affections de la conjonctive et des paupières. Il n'a aucune action curative sur la fluxion périodique.

1° Nitrate d'argejit (pierre infernale).

On fait fondre les cristaux de nitrate d'ariçent et on coule le li({uide dans des tubes de verre graissés à l'intérieur. Après refroidissement, le nitrate d'argent est en petits bâtons cylindriques de la grosseur d'une plume à écrire, d'une teinte ardoisée extérieurement, et d'une couleur grise en dedans avec disposition radiée et cristalline. On conserve ces bâtons dans des llucons remplis de graine de lin sèche.

2° Solutions aqueuses titrées à 1/2, 1, 2, 5, etc., p. 100 3° Solution albumineuse Delioux.

Nitrate d'argent cristallisé Ob'",oO à o grammes.

Blanc d'œuf n° 1

Eau distillée 250 —

Sel marin OS'-.oO à o —

Faites d'abord l'eau albumineuse et ajoutez successivement, en agitant sans cesse le sel d'argent, puis le sel marin dissous.

4° Pommade de nitrate d'argent.

Azotate d'argent 1

A xonge 100

Administration. — Pour Vusage interne, on se sert de solutions aqueuses (eau distillée) ou glycérinées ù 1 p. 1000 qu'on administre en lavements ou en breuvag-es. On emploie aussi les pilules, lorsqu'on veut obtenir l'absorption du sel d'arg-ent. On peut l'employer aussi en injections intratrachéales pour combattre le catarrhe bronchique chronique, mais ce procédé ne parait pas donner de bons résultats dans la pratique.

PourVusage externe, on se sert surtout du crayon de nitrate d'arg-ent ou de solutions aqueuses plus ou moins fortes, suivant les cas. Le crayon suffit presque à tous les besoins externes, mais il faut savoir g-raduer convenablement son action. En touchant légèrement une plaie, on ne produit qu'un elTet astringent et désinfec-

tant énergique ; si on touche un peu plus fort, on détermine une lég-ère escarre superficielle, et on obtient une action caustique. Le praticien qui sait bien manier son crayon de nitrate d'arg-ent peut à volonté réprimer le bourgeonnement trop actif ou l'exciter quand il n'est pas suffisant; il peut ainsi régulariser les plaies les plus irrégulières et hâter leur cicatrisation.

Les solutions caustiques sont de 5 à 10 p. 100 quand on veut les faire servir à cautériser des néoplasmes ; elles sont à 3 p. 100 quand elles doivent cautériser seulement une surface muqueuse ou une plaie.

Pour lœil, on emploie, outre le crayon, des solutions de 1/2 à 2 p. 100. Le crayon sert surtout pour les granulations, les érosions, les boursouflements de la cornée, le staphylome, etc.; les solutions faibles pour les conjonctivites simples. Pour les conjonctivites purulentes g-raves, on peut employer les solutions jusqu'au litre de 5 p. 100. Pour faire les injections dans le canal de l'urètre, le vag-in, etc., on utilise les solutions de 0,50 p. 100 à 1 p. 100.

Les taches noires produites par le nitrate d'argent sur la peau sont facilement enlevées en les lavant avec une solution de sel marin. Ce dernier peut être remplacé par le cyanure de potassium, la permanganate de potasse, une solution ammoniacale ou une solution étendue d'acide chlorhydrique.

Doses :

Doses thérapeutiques (estomac).

Cheval 0,50 à 1 gramme.

Bœuf 1 àlg^50

Mouton, porc Osr, jo à Oe', 30

Chien, chat Qgr^ 01 à Osr^ 05

En injection hypodermique, les doses sont moitié moindres.

COLLARGOL OU ARGENT COLLOÏDAL.

C'est une forme allotropique de l'arg-ent qui se présente sous forme d'une poudre noire, inodore, soluble dans l'eau, dans la proportion de 1 p. 25, mais non dialysable, d'où son nom d'argent colloïdal. Les solutions ont une couleur brun olivâtre ou noirâtre. Ce ne sont d'ailleurs pas des solutions parfaites, mais plutôt des suspensions de particules extrêmement tenues à peine visibles au microscope. Les sels et les acides précipitent le collarg-ol de ses solutions. Celles-ci sont rendues plus stables par l'addition d'en-

viron i p. 100 d'albumine. La chaleur précipite également le coUarg'ol, d'où la nécessité de faire les solutions à froid.

Effets et emploi. — Introduit en thérapeutique humaine par le chirurgien Grédé, ce médicament a fait depuis l'objet de nombreuses recherches. On l'a vanté dans le traitement des maladies infectieuses, médicales et chirurg-icales, chez l'homme et les animaux.

DiekerhofI' l'a conseillé en injection intraveineuse à la dose quotidienne de 0k'',50 dans 50 centimètres cubes d'eau chez le cheval atteint de fièvre pétéchiale. Les résultats obtenus par de nombreux praticiens avec ce mode de traitement ont été parfois entièrement négatifs. Ils n'ont pas été meilleurs lorsque le collarg-ol a été employé contre d'autres maladies infectieuses, comme la diarrhée des veaux, la fièvre vitulaire, la fièvre aphteuse, etc. De même le collargol ne peut pas servir utilement au diagnostic de la morve, comme le croyait Diekerhofî. Avec cet ag-ent employé en injection intraveineuse, beaucoup de chevaux morveux ne montrent aucune réaction caractéristique.

Sels d'argent a acides organiques.

Les comfiosés d'argent à acides organiques comme Vactol ou lactate d'argent, ïitrol ou citrate d'argent, constituent de bons désinfectants.

Ils ont un pouvoir microbicide puissant, ne sont ni irritants ni toxiques et combattent efficacement la sécrétion purulente. On les a employés avec succès pour faire des lavag-es antiseptiques dans les voies g-énitales de la vache atteinte de non-délivrance. On emploie des solutions de 1 à 2 p. 1 000.

Formol.

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