‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 86 sur 260 · LICHEN D'ISLANDE · texte numérisé non relu

LICHEN D'ISLANDE

un point il'un conduit, pour remplacer les eaux de l'amnios dans les accouchements laborieux. Pour faire arriver le liquide mucila<>ineu\ dans les cavités, on emploie une seringue ou un tube de caoutchouc adapté à un entonnoir ou un bock.

Guimauve. ^i^M y'C*^-'^'^^

[Allhea officinalls L.)

La racine de guimauve contient du mucilage 35 p. 100, de la gomme, de l'amidon, de l'albumine, de Tasparagine, du sucre, une matière colorante, une substance grasse et des sels alcalins.

Emploi et doses. — Traitée par décoction à la dose de lo à ;]0 grammes par litre d'eau, la racine de guimauve fournit un liquide mucilagineux et amylacé constituant des boissons ou des breuvages très adoucissants qui conviennent dans toutes les inflammations gastro-intestinales, dans les diarrhées, les empoisonnements.

La poudre entre dans la composition des électuaires, des pilules et des bols.

Les doses sont les suivantes :

Cheval aO à 100 grammes.

Bœuf 100 à i^oO -

Mouton l'o à oO —

Porc 10 à i'6 —

Chien 3 à- 10 —

Chat 2à o —

Lichen d'Islande.

(Cetraria islandica.)

Le lichen d'Islande contient une petite proportion d'une ma-tière amyloïde appelée licliénine, une substance anière, la cétrarine ou acide cétrarique, de la g-omme, du sucre et des sels calcaires.

La lichénine bleuit par l'iode et se transfoime dans l'eau chaude en une substance qui se prend en gelée par le refroidissement. La cétrarine ou matière amère est très soluble dans l'eau froide et peut être séiJarée facilement de la lichénine, qui y est insoluble.

Effets et emploi. — Le lichen d'Islande jouit de propriétés adoucissantes par sa lichénine et de propriétés toniques par sa

264 FIGUIER DE LfAUHAltlE.

cétrarine. Il est ti'ès utile dans les alVectionscatarrliales ries voies respiratoires ainsi que dans les diarrhées.

On le donne en ])Oudre, en g-elée, en électuaire ou en infusion, f^es doses ordinaii-es sont :

Bœiil' el clieval 10 à 50 grain iiios.

Mouton et porc 5 à 10 —

Cliien là 2 —

Mauve.

[Malva .si/lves/ris L.)

Les feuilles de mauve sont très riches en inu(;ila^o et partant très émoUientes. Cuiteg dans Feau, elles fournissent deux pio- ^^^,<^vi.A^ duils: 1" un liquide verdâtre, doux, mucilagineux, ffu'on emploie en lavements, injections, bains, lotions et fomentations ; 2" une f)ulpe verte, avec laquelle on fait des cata|)lasmes adoucissants et maturatifs d'un usage vulg^aire.

Bourrache.

( Borrugo officinuUn . )

Les infusions de feuille de bourrache sont (htioHirnlcs, pccloffi/c.s, s/fdori/i(/ucs cl diurctiqucs. Leureni[iloi est surtout indiqué dans les all'eclions de la poitrine.

Bouillon blanc ou molène.

{\\-rh(iscuni llidjifilis |>.)

Les feuilles et les Heurs sont émollientes et anti.spasmo(Ji(iues. Elles remplacent la mauve et la guimauve.

Grande consoude.

{Stjmph ylum consolida . )

La racine Iraitéepar décoction fournit un llipiidc émollienl el un |)eu astringent. Elle convient surtout dans la diarrhée, la dysenterie, la [dupait des hémorragies internes et le pissementde sang.

Figuier de Barbarie.

(CavUis opunlia L.) La tige de cette plante g-rasse, appelée raqiictle, renferme une

ALliUMINK OU HLANC H'IECI'' lALliUMEiN). 265

|mlpe veiie, Iriablc, qui est très riche en mucilage. Une de ces t'euilles fendue en deux selon sa longueur cl a|)|)liquée par la face divisée sur une partie entlamniée remplace très avantageuseinent un cataplasme émollient. —Par décoction ou infusion, on obtient un liquide très mucilagineux qui répond a toutes les indications ordinaires des émollicnts. Cette plante constitue en Afrique, où elle croît en abondance, une ressource pour la médecine vétélinaire.

5' Émolhents albumineux.

Albumine ou blanc d'œuf (albumen).

Propriétés chimiques et physiques. — Cest un liquide visqueux. i

transparent, inodore, insipide, plus lourd que Teau et moussant . /i beaucoup par l'agitation en emprisonnant l'air. Soumise à une j douce chaleur, l'albumine se dessèche et forme des plaques trans lucides, jaunâtres, vitreuses, et conserve sa solubilité dans l'eau. Mais à une température supérieure à 70° G., l'albumine se coag'ule entièrement, forme une masse blanche, élastique, complètement insoluble dans l'eau. L'albumine liquide ou desséchée est très soluble dans l'eau, mais elle est précipitée de sa solution par un grand nombre de corps, tels que : l'alcool, l'éther, les essences, la plupart des acides minéraux ou org-aniques concentrés, tous les sels métalliques, etc. Par contre, les alcalis caustiques elles carbonates alcalins dissolvent l'albumine, même lorsqu'elle a été coagulée par la chaleur ou les acides. Les acides acétique, chlorhydrique, phosphorique hydraté, très étendus d'eau, exercent aussi une action tluidifiante sui- l'albumine. On devra tenir compte de ces réactions dans les alliances pharmaceutiques de cette substance.

Dans l'œuf, le blanc constitue environ les deux tiers de la masse totale. Il est composé do 8.5 parties d'eau, de 12 d'albumine et de 2,7 de matière muqueuse, de 0,3 de soude libre, de soufre et de matières salines.

Effets et emploi. — Le blanc d'œuf battu avec de leau tiède constitue un liquide très émollient et très nutritif, qui est indiqué dans les in/lainmations des roies gastro-intesti miles : la gastrite, l'entérite, la dysenterie, la diarrhée, etc. La solution albumineuse convient dans le cas d'empoisonnement par les sels métalliques

266 (iÉLAÏlMi.

et spécialement i)ar les sels mercui-iois : sciileineni il no Tant pas exagérer la dose, car Texpérience a démontré que le coagiiluin primitivement formé tend à se dissoudre dans un excès d'albumine.

Le blanc d'œuf sert aussi à Vextéricur comme émollient, défensif et comme moyen de contention dans les cas de fracture. — On applique des solutions aqueuses concentrées sur les brûlures, Térysipèle, les éruptions cutanées, etc. En se desséchant sur la peau, l'albumine forme une sorte de vernis protecteur favorable à la cicatrisation. Comme moyen défensif, on l'utilise sur les entorses, les (tistensions, etc., après l'avoir battu avec de l'alun, de l'alcool camphré, etc. Pour en faire un appareil contentif d'une fracture, on le bat avec l'extrait de Saturne (étoupade de Moschati) ou avec de l'alun, et l'on y trempe les pièces de l'appareil avant de les appliquer. En ajoutant de l'amidon au mélange d'albumine et d'alun, on le rend plus épais et plus ag'grlutinalif.

Jaune d'œuf.

Le jaune d'œuf dissous dans l'eau tiède forme ce que l'on appelle vulgairement un lait de poule ^ préparation adoucissante, pectorale et nutritive. Dissous dans l'huile et émulsionné avec une petite quantité d'eau, le jaune d'œuf est éminemment arfoMc/.s- Hant et convient dans les inflammations violentes des er^trailles, les empoisonnements irritants, etc. ;'■• •

L'émulsion de jaune d'œuf dans l'eau est l'excipienl le plus fréquemment employé pour l'administration à l'intérieur du camphre, des résines, des baumes, de la térébenthine, des corps gras, des essences, du phosphore, etc.

Mélangé à la térébenthine et à l'huile d'olive, il constitue l'onguent digestif.

Gélatine.

La gélatine desséchée se présente sous l'orme dv. phiqucs plus ou moins épaisses; elle est incolore, inodore, insipide, transi)arente, dure, flexible et plus dense que l'eau. Dans l'eau froide, elle se gonfle considérablement, mais ne se dissout pas; dans i'eau bouillante, elle se dissout à la longue et par le refroidissement se prend en gelée. La dissolution aqueuse de gélatine est

i:OHI'S GliAS KT LliUHS DÉRIVÉS. 267

précipitée par l'alcool, Téther, les essences, le tanin, le sulfate de zinc, le sublimé corrosif, le nitrate de mercure, le chlore, etc. Il faut tenir compte de cette incompatiliilité dans les préparations pliarmaceutiques.

Effets et emploi. — La gélatine est émoUiente et hcnwstutique. Une solution de gélatine à 5 p. 100 dans du sérum physiologique fait rapidement coaguler le sang- (Dastre et Floresco). On utihse cette propriété pour arrêter les hémorragies. La gélatine est employée comme hémostatique local en application ou comme hémostatique général sous forme d'injections sous-cutanées de sérum artificiel gélatineux. On a même constaté que l'action hémostatique générale s'exerce ég-alemeut après l'ing-estion par le tube dig-estif.

Elle est avantageusement employée localement contre toutes les hémorrag'ies externes en nappe. En injection sous-cutanée, elle donne de bons résultats dans les métrorrag'ies, la dysenterie et les hémorrag'ies qui se produisent dans diverses maladies infectieuses.

Les solutions de gélatine doivent toujours être soig-neusement stériliséesparla chaleur pour éviterle tétanos. Pour les applications locales, on emploie les solutions de 5 à 10 p. 100 dans du sérum physiolog-ique. Pour les injections sous-cutanées, les solutions sont à 1 ou 2 p. 100. Les doses sont 100 centimètres cubes de cette dernière solution chez le cheval et 10 centimètres cubes chez le chien.

Administrée à forte dose à l'intérieur, la gélatine provor[ue la diarrhée. La colle forte sert aussi à confectionner des bandages contentifs pour les fractures.

6" Corps gras et leurs dérivés.

Les corps g-ras sont insolubes dans l'eau, mais solubles dans l'alcool, l'éther, les essences; ils sont également solubles les uns dans les autres. Les graisses saponifiables se dédoublent sous Tinfluence des alcalis en acides gras particuliers (stéarique, margarique et oléique) et en un principe basique, unique, \b. fflycérine. Exposés à l'air, ils absorbent de l'oxyg'ène, s'oxydent, deviennent acides, odorants et irritants; on dit alors qu'ils sont î'ances. Les métaux oxydables s'altèrent à leur contact.

Les corps gras sont solides, mous ou liquides; leur couleur, leur odeur et leur saveur varient; leur densité est toujours inférieure à celle de l'eau. Ils sont doux et onctueux au toucher.

268 CORPS GFtAS ET LliUKS DFiRIVÉS.

rendent g-lissantes les surfaces sur lesquelles on les étend ol communiquent une transparence incomplète aux corps dans les porosités desquels ils ont pénétré, comme on le l'emarquc pour le papier, les étoiles qu'ils tachent profondément. Soumises à l'action de la chaleur, les graisses solides entrent en fusion entre 30 et 60" G. ; elles bouillent généralement entre 200 et 300" et ne lardent pas à se décomposer à une température plus élevée.

Les corps gras constituent d'excellents dissolvants pour le soufre, le phosphore, l'iode, le brome, les résines, etc. On peut les tenir en suspension dans l'eau grâce à un jaune d'œuf, à du mucilage ou à de la gomme ; on obtient ainsi des liqueurs blanches opalines appelées émulsions.

Les principales graisses solides sont : l'axonge, la graisse de cheval, de bœuf, de mouton, de volailles, la moelle de bœuf, le blanc de baleine, la cire, etc. ^n^é^u/a

Les graisses liquides ou huiles contiennent une forte proportion d'oléine; ce sont les huiles de pied de bœuf, de poisson, d'olive, d'amandes douces, de sésame, d'arachide, de noisette, «^^^C^ de faine, de colza, de navette, etc. : quelques-unes sont siccatives, , celles de noix, de lin, d'œillette et de chènevis.- . oi v ^

^^ Effets. — Ap[)liqués sur un tissu, les corps gras le pénètrent

peu à peu, le ramollissent et lui donnent de la souplesse. Us diminuent la chaleur, la tension, la rigidité et même la sensibilité dans les cas d'inflammation. C'est surtout quand la surface du tissu ou de l'organe sur lequel on les applique est Yr!« /r sèche, rude au toucher, crevassée, que les elîets émollienls des corps gras sont rapides et salutaires. Mais ils ont le grand inconvénient de rancir et de devenir irritants au bout de peu de temps. Sur la peau, ils peuvent même provoquei-de la déi>ilation. Ap|iliqués sur une trop grande surface du tégument, ils déterminent la mort des animaux, comme l'ont démontré les expériences de Bouley et de Fourcault. C'est surtout chez les ruminants, principalement chez les lamas, les camélidés, que l'application des irorps gras sur une grande surface est dangereuse.

Dans le tube digestif, les corps gras produisent des cllcts (|ui varient avec les doses. En petite quantité, ils sont digérés, absorbés et servent à la luitrition. Ingérés en quantité un peu foilo ou d'une manière suivie, ils échappent en partie à la digestion, causent du dégoût, provoquent le vomissement chez les carnivores et la purgation chez tous les animaux.

Page 1