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ASTRINGENTS

deviennent durs, épais, pâles, froids, insensibles et impropres à remplir leurs fonctions: ils sont en quelque sorte tannés.

Les effets immédiats des astring-ents dérivent de leurs propriétés chimiques, surtout de leur affinité pour les matières albuminoïdes. Tous les astring-ents coag-ulent l'albumine et la fibrine, et c'est parce qu'ils se combinent avec les substances albumineuses des tissus qu'ils provoquent leurs effets de resserrement, de condensation, de constriction vasculaire. Ils sont tous plus ou moins antiseptiques .

Introduits dans la bouche, ces médicaments produisent une action resserrante des plus marquées : ils arrêtent la sécrétion du mucus et de la salive, dessèchent la muqueuse buccale, la décolorent et la crispent, rétrécissent le pharynx, l'œsophag-e, et rendent la dég-lutition très laborieuse. Arrivés dans Vestomac, ils sont g-énéralement mal supportés; ils arrêtent la sécrétion du suc gastrique, produisent du dégoût, déterminent la soif, provoquent les vomissements chez les carnivores et rendent la dig"estion laborieuse chez les herbivores.

Dans Vintestin, les mêmes efîets se produisent : le mucus et le liquide entérique ne sont plus sécrétés en aussi g-rande quantité, non plus que la bile et le suc pancréatique ; les tuniques de l'intestin reviennent sur elles-mêmes et, par suite, le calibre de ce conduit diminue ; la marche des aliments se ralentit ; la consistance des excréments aug-mente; les défécations sont retardées. Quand on insiste trop longtemps sur l'usag-e interne des astring-ents, ils arrêtent entièrement la fonction dig-estive, irritent la muqueuse, frappent d'inertie le canal intestinal, déterminent d'abord une constipation opiniâtre, puis la rétention complète des matières fécales, et peuvent déterminer la mort, si l'on ne remédie pas bientôt à ces fâcheux effets par les boissons mucilag-ineuses, les laxatifs, les purg-atifs salins.

A dose forte, ils sont irritants et provoquent de la gastroentérite.

Indications thérapeutiques. — Les astringents, en combattant directement la tuméfaction, la rougeur, la chaleur et la douleur, conviennent dans tous les cas d'inflammation locale. Leur action resserrante, condensante, les fait employer pour diminuer la laxité et le boursouflement d'un tissu ou d'un org-ane quelconque. Leur action antisécrétoire les rend précieux pour tarir les sécrétions muqueuses, purulentes ou autres. Ils

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292 ACÉTATE TRIBASIQUE^E FLOMB. ■ "O

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'Conviennent pour dessécher les surfaces qui sont le siège d'une sécrétion morbide, exemple : dans les eaux aux jambes, les crevasses, la fourchette pourrie, la limace, le piétin, les dartres, certains ulcères, les eczémas humides, etc. Leur action antiseptique s'ajoutant à l'action astringente, ils conviennent dans le traitement des plaies suppurantes, dont ils hâtent la cicatrisation.

L'effet vaso-constricteur est utilisé dans les cas d'hémorrag-ies superficielles, dans les contusions, les entorses, les efforts divers des articulations et des tendons, dans les cas d'ecchymoses, de tumeurs sanguines, de varices, d'anévrysmes au début.

L'action tonifiante et antisécrétoire les fait employer à l'intérieur pour combattre la diarrhée.

Astringents minéraux.

Sels de plomb.

Les composés plombiques sont nombreux ; mais, en médecine vétérinaire, on n'utilise g-uère que les acétates de plomb.

1° Acétate neutre de plomb.

(G2II302)2Pb + 3H20.

Ce sel, encore appelé sucre de Saturne, est en cristaux blancs ; il est d'une saveur sucrée d'abord, métallique et astringente ensuite. Il se dissout dans 3 parties d'eau froide, dans 2 d'eau chaude et dans 30 parties d'alcool. Les solutions de sucre de Saturne sont précipitées par l'hydrog-ène sulfuré, les carbonates, les sulfates, les alcalis, les matières albuminoïdes; il n'est pas précipité par la mucine. Pour en faire des solutions, il est nécessaire de se servir d'eau distillée ou d'eau de pluie, car l'eau de puits et l'eau de source sont toujours plus ou moins riches en carbonates et sulfates et, par conséquent, décomposeraient en partie le sel de Saturne.

2° Acétate tribasique de plomb.

(C2H302)2 PbO.H^O.

Ce corps, appelé vulg-airement extrait de Saturne, est un liquide incolore un peu visqueux, d'une odeur spéciale, d'une saveur sucrée d'abord, puis très styptique; il est insoluble dans

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