‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 105 sur 337 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DB LA TEMPÉRATURB DANS LB GHOLÉRA

Les mensurations thermométriqaes faites dans cette affection, type des maladies algides, ont donné des résultats variables, suivant que la température était prise à la périphérie ou dans les cavités centrales.

Littré, en 1832, avait insisté le premier sur le refroidissement dans le choléra. Casper, Czermak, Magendie^ publièrent ensuite le résultat de leurs recherches.

Voici les chiflfï*es obtenus par Magendie :

Dans la bouche ••.... 30^

Aux pieds 25»

Burguières^, Monneret', signalent aussi le refroidissement,

i. Magenoik. Lêçms sur le ehoUray i832.

2. BcEoniÈRss . Etude sur U choléra morbus observé à Smyme, en 1849. Paris, in-8.

3. MoNNERET. Compendium de médecine, art, chaleur, t. Il, 1846.

Henri Roger* Ross, Mair, Reinhardt, Leubuscher, Hubenet viennent ensuite.

Voici le tableau des observations de Czermak :

Temp. R. Tenp.Gcût.

!• Femme de 27 ans guérie. — Langue 23«l/4 28**8

— Mains 21«l/2 ^'»4

— Pieds 19*3/4 24^

— Sang 24»3/4 30^8

2* Femme de39ans guérie. — Langue 19»3/8 24«6

— Mains 19«3/8 24"tî

— Sang 20*3/8 25«3

3** Femme de 54 ans guérie. — Langue 24*l/8 30»

— Mains 25«l/8 31»4

— Pieds 23» 29*«

— Scorbicule du cœur 2&»1/10 31*3

— Sang 26» 32*2

4* Femme de 21 ans morte. — Langue 19» 23^

— Mains 18« 22*6

— Sang 21«»3/4 27«0

5® Femme de 62 ans guérie. — Langue 22^1/8 27"7

— Mains 22ol/8 27*7

— ' Sang 22n/4 27<»8

6« Homme de 60 ans guéri. — Langue 25*1/8 31*3

— Mains 23*3/4 29*8

— Sang 27* 33*7

7* Homme de 32 ans mort. — Langue 21* 26*2

— Mains 20*1/2 26*6

— Sang 30*3/4 26*8

Chez un cholérique qui se plaignait de chaleur, Baerenspning avait observé :

26*25 dans la bouche, au lieu de 37*

30*6 sur la poitrine, au lieu de 34*

26*25 dans la main, au lieu de 34*

35* dans le rectum, au lieu de 38*

1. H. RoGRR. Archives générales de médecine, 1844 et 1845. et Soc* méd. des hôpitaux et Recherches cliniques sur les maladies de V enfance^

Vojez les courbes thermométriques dans : Robbr. Du choléra

épidémigue. Thèse de Paris, 1871, et dans Gripat, Etude sur le choléra. Angers, 1874.

Ces observations ne nous donnent que le degré de la température périphérique.

Les premières observations de Goppert de Lockstat sont susceptibles du même reproche.

Henri Roger dans le choléra des enTants a noté les chifiï*es soiTants :

Observation CYL

Age.

Ponlj. Temp. ax

Obsenraiioiu.

17 novembre 4 1/2

124 37«1 choléra algide 7* jour.

guérison.

18 soir.

•Jû —

22 matin.

22 soir.

24 matin.

128 38^ congestion pulmonaire.

24 soir.

25 matin.

•25 soir.

26 matin.

•2»j soir.

27 matin.

27 soir.

'28 Dov. soir.

Observation CVIL

Ag«.

Pouls.

Tempérât. ObierratioM.

17 novembre.

35*2 choléra grave 4» jour.

H matin.

Irt soir.

36*7 convalescence.

22au26novemb.—

36«5 à 37 guérison.

206 DB LA TKMPnuarcRE

Observation C VIIL — Choléra algide. — V jour.

Agt.

Ponli.

Tomp. aiMtllo.

Boneho.

MaiMk

17 avril mat. 13 ans.

33» guéri.

Ce ne sont encore là que des températures prises à la périphérie, et nous ne croyons pas que Ton puisse adopter aujourd'hui, sans restriction, l'opinion de Rof^er : « Il suffit de jeter les yeux sur le tableau de nos expériences pour voir que rabaissement de la chaleur animale est un fait incontestable » et plus loin « ce n*est pas seulement un refroidissement partiel. »

Briquet et Mignot' ont pris la température du sang qui sort de la veine, mais ces observateurs se sont aperçus des erreurs qu'ils commettaient ; dans plusieurs cas, ils trouvèrent la température du sang contenu dans la palette, inférieure de 5 à 6 degrés à celle de l'aisselle.

. Ces auteurs admettent que la température axillaire et du vagin difierent peu,

Jusqu'en 1866, on n'avait pas encore fait de recherches précises sur la température centrale; dans le choléra, les auteurs trouvèrent ce résultat inattendu que la température centrale est souvent très élevée (Zimmermann, Guterbock ^ Charcot^).

Guterbock a noté des températures centrales très élevées. Le travail de cet observateur est basé sur quarante-cinq cas; sur ces quarante-cinq cas, il n'y a eu une diminution réelle de la température de 0^5 à 1 degré que six fois. Le refroidissement périphérique était très intense alors que Ton observait des températures de 39"^, 40^ dans le rectum.

i. Briquet et Mignot. Traité du choléra morbus, 1850. — Micnot. Température des chotériques {Gazette hebdomadaire^ 1887).

2. Gdtbrbock. Virchow's Archiv fur path. Anat. B. XXXVIIL, p- 80, 1867.

3. Charcot. Température rectale dans k choléra (Ga*. méd,. 1866, p. il).

La température s'est éleyée rapidement au moment de la mort et quelque temps après la mort.

Ces résultats ont surtout été très nets sur douze malades oîi Ton a pris la température peu avant la mort, pendant l'agonie et dans l'heure qui suivait le décès.

Dans la période, dite de réaction, il n*y eut pas d'augmentation de chaleur, mais le plus souvent un abaissement de la température interne, correspondant à une élévation de la température des extrémités.

Voici les résultats obtenus par Mackenzie ^

Ches une femme qui était dans un collapsus extrême, la tem- (h rature de Taisselle ne dépassait pas 90^ F., (32 c.) tandis que dans le vagin, elle était de 102»4 (F). (39 c.)

I^es observations furent répétées deux fois. La malade paraissait dans le plus grand danger. Le nombre des respirations était de quarante-deux par minute.

Dix-neuf heures après la température axillaire était de 96* F. :i5,5 c.)

Dans le rectum 100* F., (37,8 c.) vingt-huit respirations. — Le pouls était imperceptible.

Dans Taprès-midi du môme jour, la température de Taisselle était 93^ F. (33,5 c.)

Dans le vagin 94<»4, (34,6 c.) pas de pouls.

Plus tard, le délire rendit presque impossible Tobservation.

En résumé, on trouve dans Faisselle :

Mais dans le vagin :

On voit par ces exemples que Texploration rectale ou l'exploration vaginale donne des résultats essentiellement différents de ceux obtenus par la recherche de la température périphérique .

Voici le résumé des observations de M. Charcot :

Dans la première observation, la température rectale était. 38*2

Dans la deuxième •.•••• ^^

Avant la mort 4^

l. Mackbnzib (F.). Température des cholériques. Médical Times and GaietU iV* 841 et QiueiU hebdomadaire du 18 octobre 1866.

208 DE LA T£MPKRATURB

Dans la troisièm e • • • • • . • . 38<'2

Dans la quatrième, le 5 novembre, matin 37<^

— — soir 38*4

— 7 novembre 38*

Dans la cinquième, la moyenne de la température rectale fut . 37*

— la température axillaire s'était abaissée à 3G® Dans la sixième observation, température rectale 37*8

— température axillaire 36«2

Dans la septième observation, la température rectale fut.. 36*2

Dans la neuvième observation, température axillaire 37«6

— température rectale 39*^

Enfin dans la dixième observation, la température fut successivement dans le rectum :

« L'on voit, ajoute Charcot, que dans les observations 3, 4, 6, des chiffres élevés, tels que 37°8, 38M, ont été obtenus au moment où les symptômes d'algidité et la cyanose cholérique étaient le plus prononcés. Ces résultats tendent évidemment à confirmer Topinion émise par plusieurs observateurs, à savoir que chez les cholériques, le refroidissement reste superficiel et ne s'étend pas aux parties centrales. »

Lorain\ est arrivé aux mêmes conclusions que Charcot et Giiterbock.

Les températures maxima et minima qu'il a pu observer dans le rectum sont :

Minima. Maxima.

Dans 1 cas 34^ Dans 5 cas 40»

Dans 2 cas SB*» Dans 15 cas 39*

Dans 28 cas 37*» Dans 27 cas 38*

Dans 11 cas 38» Dans 2 cas 37*

En comparant la température de l'aisselle à celle du rectum :

Minima. Maxima,

Une fois 33» Dans 3 cas 37*

Dans 4 cas 34° Dans 7 cas 38»

Dans 24 cas 35° Dans 10 cas 37«

Dans 16 cas. ...... 36° Dans 8 cas 36°

Dans 1 cas 37° Une fois 35°

i. LoRÂiN. Le choléra observé à l hôpital Saint-Antoine. Paris 1868.

Cet auteur pense donc que la température dans le choléra ouille dans des limites étroites et s'écarte peu de son chiffre normal; la température delà peau et de Faisselle oscillent dans des limites très larges.

«Il semble, dit -il, qu'il y ait une loi d'après laquelle la constance même de la température rectale est maintenue par les écarts de la température de la peau et de la bouche, celles-ci se refroidissant ou s'échauffant selon Tétat de la calorilcation centrale ; il y a émission à la surface, ou concentration par le retrait de la chaleur périphérique, suivant la production plus ou moins grande de la chaleur intérieure.

Nous pensons donc qub le refroidissement et réchauffement du corps dans le choléra ne peuvent être étudiés utilement dans un seul point. — Il faut comparer entre elles les températures des régions centrales (rectum) de la peau et de la bouche. — La seule partie du corps où Ton puisse bien étudier la température centrale, c'est le rectum. »

Nous devons faire remarquer qu'il importe beaucoup, afin d'éviter toute erreur, de noter exactement la période à laquelle se font les observations thermométriques.

Dans la période cTinoasion^ Friedlander* a observé, avant toute évacuation, un abaissement de la température rectale chez les individus en proie à une maladie fébrile, dans le courant de laquelle survenait le choléra.

Dans la période dite des évacuations^ les températures du vagin, du rectum et de Faisselle ne présentent pas de variations importantes. Dans cette période comme dans celle dite de réaction, l'exploration axillaire peut donc sufQre.

C*est à la période asphyxique que se montrent les plus grands écarts entre la température centrale et la température axillaire. Il existe aujourd'hui un très grand nombre d'observations dans lesquelles on trouve un abaissement réel de la température centrale.

Dans la septième observation de Charcot, chez une femme

de soixante-quinze ans, habituellement bien portante mais

affaiblie, la température rectale était 3G''2.

i. Fai&DLANOBR. Influence dépressive sur la température du rholha ^rmcnant dans le cours d^uneflêvre typhoïde, Archiv derneilkundej\H^l, B<i viii, p. 439. Leipzig.

Rbdaro. 1 ^

Dans robservation citée par Baerensprung la température rectale était 35«6.

Lorain a observé un cas dans lequel la température rectale était Si^

bans deux cas 85<*

Dans dix cas 36»

Schmidt', dans des cas de catarrhe cholérique, a oDservc des températures centrales assez basses.

tes abaissements de température constituent du reste un danger presque aussi grand que les élévations, et coïncident avec les symptômes les plus alarmants, tels que la cyanose, Tasphyxie, Tanurie.

lies évacuations semblent être la cause principale de ces abaissements. Les ascensions et les descentes brusques de la température périphérique, beaucoup plus variable que la température centrale, peuvent se présenter dans les cas relativement bénins; à moins de complications, la température, après s'être abaissée brusquement, s'élève de nouveau, mais d'une façon très lente; les différences entre la température centrale et la température périphérique sont très minimes.

bn observe le plus souvent, par exemple, sous Vaisselle 35*^ tandis que la température rectale est seulement de 37<*. Dans les cas mortels, la différence tend à s^accentuer et avec 26'', Voh observe les températures hyperpyrétiques signalées par GJiîerbock, 40^ 42M.

Dans presque toutes les périodes de Talgidité cholérique, la température de la bouche ne s'élève pas au-dessus de 31" cependant dans un certain nombre de cas, on a pu observer dès' guérisons bien que la température se fut abaissée jusque 26^

^'influence des complications, de la convalescence, se traduisent généralement par des élévations de température. Cependant l'algidité centrale peut se montrer à cette période.

voici, au point de vue du pronostic, les conclusions de Lorain :

^\V Lorsque toutes les températures sont au-dessus du niraau normal, le pronostic est favorable, et c'est à tort que

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