‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 123 sur 337 · DANS LES INTOXICATIONS · texte numérisé non relu

DANS LES INTOXICATIONS

On a dît, par exemple, quUl se produisait, par suite de Tinjeotion des substances doat nous venons d'examiner les efiTets, une destruction des globules sanguins ; d*autres ont dit que le globule sanguin, comme dans Tempoisonnement par l'olyde de carbone, avait perdu son pouvoir respiratoire ; il y aurait, suivant l'expression de Williams, une nécrémie ou mort du sang.

Ruhrig pense que les abaissements de température tiennent surtout à ce que les acides amènent un ralentissement consi- (itrable du cœur.

Von Dusch et Euhne disent que les acides biliaires détruisent les globules.

Plusieurs auteurs attribuent les abaissements de température observés dans les maladies du foie à la présence de la bile ou des substances qui en dérivent dans le sang.

Les abaissements de température du diabète tiendraient 'ie même, d'après quelques observateurs, à Texistence de Yncrione dans le sang.

Il est rationnel d'admettre que dans les affections hépatiques et rénales, les déchets des combustions intimes (Bouchard), qui s'accumulent dans le sang à la dernière période dp ces maladies exercent une action dépressive sur la température.

11 est difficile, dans l'état actuel de la science, de préciser et d'indiquer les substances organiques qui possèdent cette action.

On sait cependant que dans le diabète, les affections rénales ^'t hépatiques, les abaissements de température et les troubles 'le nutrition sont surtout marqués lorsque l'urée et les matières excrementitielles, indices de la diminution des oxyda^ tions intra-cellttlaires, sont en proportion notable dans le saiig.

I^ poisons et certains médicaments, lorsqu'ils sont intro^ (liûts dans l'organisme, agissent d'une façon puissante sur la calorification : les uns élèvent la température, les autres l'abaissent.

Nous ne signaleronâ ici que les substances qui abaissent la température.

Peu d'auteurs s'étaient occupés de cette question ; à peitte

Brodiè et Chossat si^nalaient-ils rinfluence de Topium et du Yoorara sur la température, Demarquay, Leconte et Duméril ' étudièrent l'action des différents médicaments sur la température. Leurs recherches expérimentales engagèrent les cliniciens à étudier les modifications de température produites par les médicaments et la médication antifébrlle put subir uu contrôle exact.

Nous examinerons Faction dépressive sur la température des médicaments en commençant par les plus employées en thérapeutique, pour combattre la fièvre.

Quinine.' — Briquet est un de ceux qui signalèrent tout d*abord laction puissante de la quinine. Vinrent ensuite Piorry ^, Hugelmeister, qui vérifièrent les résultats obtenus.

Sidney Ringer nous a donné aussi des études fort intéressantes sur la quinine au point de vue de la température.

Cet observateur a fait d*assez nombreuses expériences sur rhomme et sur les animaux, et il en résulte, nous dit-il, que les hautes doses abaissent certainement la température, mais que cet abaissement est peu considérable.

Favier et Colin ^, expérimentant sur eux-mêmes, en dehors de toute maladie, ont toujours noté un abaissement de température.

Lewisky ^, injectant chez des lapins des doses massives de quinine, a pu observer des abaissements de température.

Liebermeister ' a aussi étudié Taction antipyrétique de la quinine dans les maladies fébriles et de tous les faits qu'il a observés avec soin, il a conclu que la quinine abaisse d*une façon assez notable la température.

1. Demabouat et DuMÉRiL. Rechcrches expérimentales sur les modifica' lions imprimées à la température par Valcool, Véther^ le chhroforme [Arch. gAn, de méd., 4« série, t. XVI, p. 189, 1848).

Drmarquay, Duméril, Leconte. Recherches sur l'influence des agents thérapeutiques sur la température (Acad. des sciences^ 1847, 1848, 1851, et Acad, des sciences, 14 avril 1851, 26 mai 1851 et 20 octobre 1851).

2. Piorry. Traité de diagnostic et d", séméiologie, T. in vol. IH p. 28 et suiv. Paris, 1840.

3. Favirr et Colin. Etude sur la quinine et ses sels. Paris, 1872.

Page 1