DIGITALE
matiqoe comme le sulfate de quinine est le spécifique de la tièvre intermittente.
D'après Wunderlich, la température est influencée avant le pouls, elle baisse dès le deuxième jour de l'emploi de la dii^tale, lentement d'abord, puis assez vite.
De nombreuses observations, Alvarenga, tire les conclusions suivantes :
1* La digitale et son principe actif, la digitaline, ont pour effet de déprimer avec promptitude et énergie la température et le pouls.
2« La température et le pouls déclinent, en général, dans les fingt-quatre à quarante-huit heures qui suivent Fadministration des premières doses du médicament ; souvent même il se manifeste une notable diminution (0%5 & 2o temp., 12 à 30 pulsations) avant que vingt-quatre heures se soient écoulées (quatre à douze heures par exemple).
3« La température et le pouls descendent au niveau physiologique, ou même au-dessous, dans un espace de temps qui a pour limites quarante à soixante-seize heures, terme moyen, quarante-huit heures et demie, à partir du moment où a été employée la première dose du médicament.
4* L*infusion de digitale agit rapidement quand elle est préparée avec 1 gr. 60 à 2 grammes de la plante pour 120 à ^X) grammes d'eau. Cependant, parfois Tinfusion d'un irramme suffit pour faire décliner aussitôt la température et le pouls.
5* L*effet de la digitale est d'autant plus prononcé et prompt que la température est plus haute, le pouls plus fréquent et la dose plus élevée.
^* La température et le pouls commencent, en général, à décliner en même temps et d'ordinaire dans de mêmes proportions.
"* La température atteint le minimum ou en même temps qne le pouls» ou avant^ ou après lui ; la différence de temps ^ généralement petite .
^' Altaikmga. De la Thermosémiologie et thermacologie, Lisbonne^ *^?» p. 126, 127, 128.
^ojez aussi : Wsiix. Essai sur la fièvre à propos du traitement de la i'f^fmanie par la digitale. Thèse de Paris, 1872^
244 DES ABAISSEMENTS DE T. DANS LES INTOXfCATIOIÏS
8® Le minimum de température que nous avons observé est de 35% et celui du pouls de 36 pulsations par minute.
9** La température, après être descendue au yntmmum, commence à s'élever et retourne au niveau normal avantle pouls.
lO"* L'usage de la digitale etde la digitaline étant suspendu, la température et le pouls continuent à décliner, durant un à trois jours et plus, et restent, durant deux à quinze jours, au niveau inférieur au taux normal, sans que le malade éprouve pour cela aucune incommodité, à moins qu'il n'y ait des vomissements, des hoquets, de l'irrégularité du pouls, etc.
11» Il suffit, en général, d'employer pendant deux jours l'infusion de digitale pour que la température et le pouls fébrile descendent au type normal ou au-dessous de lui.
« La digitale et la digitaline sont, par conséquent, Tun des antifébriles les plus puissants et les plus rapides. »
Chez l'homme sain et en bonne santé, la digitale abaisse assez notablement la température.
Megerand^a constaté sur lui-même que la température s'était abaissée de 37o,2 à 36", G, puis à 36° et à 35o,8, sous l'influence de l'injection de 1/4 de milligramme de digitaline de Nativelle. La proportion d'urée excrétée avait diminué.
En résumé, la digitale et la digitaline abaissent notablement la température, elles agissent dans les fièvres comme antifébriles puissants.
Veratrine et vertUrum viride, — La vératrine abaisse la température. Aran nota ce fait, que la vératrine abaisse d'autant plus la température do la peau, que la fièvre dans laquelle on l'administre est plus forte. Vogt, Kocher, Biermer ont surtout constaté l'action antifébrile de la vératrine dans la pneumonie.
Dans de nouvelles expériences pratiquées par Pegaitaz^, de Bulle, la température, après l'injection hypodermique de 1/12 de grain de vératrine pure, s'est abaissée de 3'*,1.
Après l'injection de 1/8 de grain, elle s'est abaissée de 3",-!.
Après l'injection de 1/100, abaissement de quelques dixièmes.
i, Megkrand. Thèse de Paris, 1872.
2. Pegaitaz (de Bulle). Dos Veralrin bci seiner subcutanen Amn»dung, Deutsches Archiv fur klin^ if éd. Leipzig^ Bd VI. 2ct 3. p. 156, 180;).
VÊRATRINE. ALCALOÏDES DE l'OPIUM 245
Dans ces expériences, on le voit, il a surfl d*une quantité très faible de poison pour abaisser notablement la température.
Stohr* a pu déterminer un abaissement de température de 2** en administrant 2 grammes de veratrum viride.
î)e notre côté, nous avons noté que, si des doses assez considérables de poison étaient administrées à un animal, la température s'élevait au début pour s'abaisser bientôt.
Lorsque la température est très élevée, la vératrine peut provoquer un abaissement de température considérable, et, dans quelques cas, un véritable collapsus algide.
D'après Alvarenga :
l* La vératrine a une action immédiate sur la température et le pouls, la température s'abaisse, la fréquence du pouls diminue.
2* L*effet de la vératrine se manifeste dans les douze à quarante-huit heures après son administration.
3o L'action déprimante de la vératrine sur la température et le pouls continue à se manifester plusieurs jours (3 à 12) après la suspension du médicament.
Pour obtenir la diminution de la température et du pouls, il n'est pas nécessaire d*administrer des doses élevées de 3à6 cent. 1/2. La dose journalière de 15 à 20 milligrammes suffit pour abaisser assez notablement la température.
Drasche ^ a démontré l'action efficace de la vératrine dans le:> affections pulmonaires.
Akaloides de l'opium. — Les alcaloïdes de Topium et la morphine en particulier donnent lieu à des abaissements de température souvent très considérables.
Des expériences que nous avons faites nous ont permis de voir que cet abaissement peut, dans quelques cas, être con« ^idérable.
Voici quelques-unes de ces expériences :
KxPKRiKXCR XIV. — Epagneul de taille moyenne en bonne sanlt^y à jeun. Temp«**rature avant rexpérionce, 40** à 8 îicures du matin.
i. Stour (de Wurlzbourg). Aftion de la vi^rntrlncsur la température, Wùrlzb, med. Zeitach, Bd VIL 2. p. HO. 1866.
2. Drasche. De l'aclion de la vériUrine dans t* inflammation des poumons (Wien. Med. Wochenschrift. Bd. XVIl, p. 33, 1807).
tt^eotlon sous-outanée de 5 centigr. dé chlorhydrate de morphine.
A 8 heures 1/2, température 39»6.
Somnolence, yomissements, défécation.
A iO heures 37^.
A midi, la température tend à remonter, 38''2. Le soir, elle est normale.
ExPBRiBNGB XV. — BuU-4errier très viifoureux. A 7 heures 1/2, température avant Vexpérience, dd°6. Injection de 7 centigrammes de chlorhydrate de morphine.
A 8 heures 1/2 38«5.
Vomissements, défécation, somnolence.
A 9 heures 37^.
A 9 heures 1/2 36«8.
A 10 heures 36«5.
A midi, la température remonte à 38o Le soir, elle est normale.
Expérience XX. — Bull-terriery petit et vigoureuXy en bonne santé. Avant l'expérience, température 39®8.
Injection de 10 centigrammes de morphine.
20^ après 39^
A 9 heures 39>3
Somnolence, vomissements, défécation.
Amidi 37«8
Le soir la température est normale, 39^.
Dans quelques-unes de nos expériences, dans lesquelles la dose de. morphine injectée était très peu considérable (3 centigr., 4 centigr.), nous avons constatée une légère élévation de température précédant rabaissement peu notable dans ces cas.
Falck * a publié quelques expériences intéressantes snr l'action des poisons sur la température.
Voici le résumé des expériences qu'a faîtes ce physiologiste avec le sulfate de morphine, administré à haute dose :
i. Falck. ExperimenU Sludienf cic, der Temperatur curven da acuten Intoxicaiionen, Virchow's Archiv. ^870. Hand XLIX p. 457.
Voyez aussi : Eurle (Karl). AcUon dépressive sur la température du chlorhydrate de morphine, — Wurtemberg, Correspondent Bktt, Band XXXiX, p. 39, 18G9.
alcaloïdes de l'opium
POTM