ALCOOL 26B
(If> chloroforme, nous avons noté des abaissements de température assez considérables.
Nous croyons utile de publier une de ces expériences : •
ExpÉRiBNCB XX. — BuU'ierrier.
A 8 heures du matin, température avant rexpérience, 40*». nn introduit dans l'estomac 100 grammes d'eau-de-vie.
A 8 heures, température 39°7
Anesthésie complète obtenue par des inhalations de chlorof.-rme.
Excitation. — Agitation pendant une 1/2 heure. — Vomisse-
A 10 heures, température 39*»5
Réveil. — Agitation.
A 12 heures 39«5
A 1 heure 389
A 3 heures de l'après-midi 38°5
A partir de ce moment la température remonte, le soir, elle est L- iTuale, 39°6.
Dans les cas où nous injections dans Testomac des quantités considérables d'alcool, de façon à produire un véritable empoisonnement, nous obtenions des abaissements de tem- {•érature de 5, 6, 7 degrés.
Ces recherches expérimentales nous démontrent que :
Chez l'animal sain de petites doses d'alcool abaissent toujours la température ;
De fortes doses amènent des abaissements de température considérables.
L*alcool et le chloroforme donnés en même temps unissent leurs effets thermo-dépresseurs et abaissent considérablement la température.
Chez l'homme ivre, la température s'abaisse, etdansuncas que nous avons pu observer, 300 grammes d'alcool environ ayant été absorbés, la température s'abaissa à 36^2.
WoUenweber \ Sidney-Ringer et Rickards ^ ont publié
{. WoLLENWBBER. Rccherches expérimentales imprimées à la temperature physiologique par V alcool. Thèse de Nancy, 1879.
2. SiDNEY-HrNGCR ct RicKARDS. O/ie/ft'Cts o/" alcokoloTi the tefiiperaturci Tk' Lancei, t. Il, p. 208. 1866.
des observations d'individus enivrés par l'alcool et qui présentaient des abaissements de température de 2'',3.
Godfrin *, une heure après avoir pris 150 grammes d'eaude-vie, vit sa température baisser de 1®.
Dans les empoisonnements par l'alcool, la température s'abaisse considérablement. Magnan ^ a vu une femme ivre qui présentait une température de 26° dans le vagin.
Dans cette observation, Faction du froid extérieur vient s'ajouter a l'action de l'alcool.
Paluel de Marmon ' a noté chez des enfants qui succombaient en état d'ivresse, des températures de 34**.
Dans une observation très intéressante que nous a communiquée M. le professeur Ch. Bouchard, la température rectale s'est abaissée à 35''.
Il s'agit dans ce cas d'un homme entré ivre-mort à Tliôpital Lariboisière,le !«' février 1880, douze heures après l'ingestion d'un litre de rhum.
A ce moment, M. L. Gaucher, interne du service, constata de la cyanose de la face et des extrémités, du coma, du stertor et une anurie complète.
La température rectale était It? matin de 35<».
Dans la journée elle s'éleva à 35°6, le soir elle atteignait 39^.
Des lavements d'eau froide furent administrés .
Le 2 février au matin le malade avait toute sa connaissance, il urina un peu.
Température, le matin 39*»4
Le soir 40°
Le 3 février, délire.
Même traitement, 0,50 cent, de digitale.
Température, le matin 40*4
Le soir 40«2
Le 4 février, une pneumonie double se déclara.
Température, le matin 39*^3
Cette pneumonie devint chronique et le malade sortit de Thôpital le 3 juin, complètement guéri.
La courbe de la température de cet empoisonnem ent est
1. GoDFniN. De Valcooly son action physiologique y ses applications thérapeutiques. Thèse de Paris, 1869.