‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 25 sur 337 · INFLUENCE DES BAINS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES BAINS

Bœrensprung * a bien soin de faire remarquer que, si l'eau est courante, la chaleur s'abaisse au contraire.

Kemig ' a conclu de ses expériences que la perte de la cha leur est en raison directe des déperditions subies; plus celles-ci sont considérables, plus grande est la réfrigération.

Horwath pense que la meilleure méthode est de refroidir les fébricitajits à un faible degré mais d'un façon continue, à l'aide d'une forte ventilation, ou en les plaçant sur des matelas d'eau, dont on peut faire varier la température.

Heidenhain, voulant chercher à démontrer que la température abaissée qu'il observait lors de l'excitation d'un nerf sensitif, le sciatique par exemple, dépendait de la température ambiante, a mis un chien dans un bain à une température a'^>ez élevée, 39", et, au lieu d'observer un abaissement de température, il a vu au contraire une élévation assez notable.

S'il mettait son animal dans un milieu à 16^ c, la température s'abaissait, et à chaque excitation du sciatique, cet abaissement s'accentuait.

Ces expériences prouvent le rôle important que joue le réseau vasculaire périphérique qui, suivant qu'il se dilate ou se resserre, suivant que la circulation est plus ou moins rapide, permet à une plus ou moins grande quantité de sang de se mettre en rapport avec le milieu ambiant.

Les bains froids produisent pins d'effet chez les enfants que chez les adultes. Chez les premiers, le chiffre moyen de rabai5(sement est de 2° c, tandis qu'il n'est que de 1^,5 chez les seconds.

SchâflTer a constaté chez les nouveau-nés un abaissement de température de 0^,7 à 0*^,8 après le premier bain.

L'indication de l'abaissement de la température que fournissait le thermomètre lorsqu'on se soumettait à une affusion froide, éveilla l'idée que ce moyen pourrait rendre de grands services dans les états fébriles.

A cet égard, on doit dire que c'est Brand ^ (de Stettin) qui a

i, B,CRENSPRCNG. Mùller's Archiv. fur Anatomie. Archiv, de Muller^ 1854-1852.

2. Kkksig, Ex^ycrmcntelle Beitrage zur Kenntniss der V armer eguUrung l»im Menschen. ïh^seinaii^. Dorpal, 1864-.

:l BRâND. hic ïhjdrotfvrapkdcs Tijpfnis. Slellin, 18GI. Uerlin, 1S08.

Redakii «^

inauguré cette méthode, connue de nos jours sous le nom deméthode de Liebermeister.

Bartels, Jùrgensen, Ziemssen, Obernier, Wahl, Barth, Mosler, Immermann, Leube, Dumontpallier, ont été ses dignes successeurs.

Voici comment Liebermeister opère :

Aussitôt qu'un typhique aune température de 30** on donne un bain à 22^ que l'on refroidit jusqu'à 16^.

La température s'abaisse, mais pour remonter bientôt. C'est alors qu'il importe de donner un nouveau bain. Ce n'est pas, il faut le dire, par l'abaissement immédiat qui se produit que Liebermeister et Jiirgensen jugent leur méthode favorable, mais par l'abaissement consécutif qui se produit et qui peut maintenir la température à un niveau assez bas.

Quanta la façon dont agit le froid sur notre organisme pour amener des variations de température, un grand nombre d'auteurs, n'admettent pas que l'action du froid se réduise à une simple soustraction de chaleur; le système nerveux doit prendre une grande part dans la manifestation de ce phénomène.

Les moyens brusques, affusions, douches, sont ceux qui abaissent le plus la température; plus la force de projection du liquide est grande, plus la température s'abaisse : il est évident que dans ces cas, les modifications thermiques observées dépendent du système nerveux.

WahP place Vaction principale du froid dans son influença sur les nerfs et les centres nerveux ; il prétend même que cette action fait défaut quand la température est en ascension et il conseille de n'appliquer le froid que pendant les rémissions ou au moment des exucerbations fébriles, parce que, dit-il, dans ce cas, réliminalion de la chaleur qui s*est accumulée exerce une influence salutaire.

L. Schrœder '^ a signalé ce fait : que les bains froids ne dimi-

i. Waul (Ed. von). De la règulalion de la chaleur chez les fiévreux Peteraburger ZeitscUr. Band XII, 0, p. 3J5-34I, 18G7 ; Schmidt's Jahrbûcher, Baud CXXXVlll,p. 78, I8G8.

2. Schrœder (L.). DeuisehcsArchiv, fur Klitu Medicùu Band Vf. p. 383, I8U9.

INFLUENCE BB L'IMMOBIUTÉ 35

nuaient pas seulement lachaleur, mais qa*ils diminuaient aussi Tacide carbonique exhalé et Turée excrétée, ralentissaient en un mot le mouvement de dénutrition.

Tout nous prouve que nous devons accorder à Thydrothérapie une part de plus en plus grande dans notre médicatioUi la thermométrie nous fournit un guide dans Tapplication de cette méthode.

Influence de l'immobilité, — Le froid seul n'agit pas pour amener des abaissements de température. Il sufHt, en effet, d^immobiliser certains mammifères d*un petit volume, pen* dant un certain temps pour que la température baisse considérablement. Si on les maintient dans un état dUmmobilité assez complète, ilsse refroidissent bientôt à un tel point que la mort ne tarde pas à survenir. Cette modiScation imprimée à la température doit nous être connue, car dans nos expériences physiologiques nous serions exposé à de nombreuses erreurs.

Horwath * , Schiff, ont vu que le fait seul de lier un lapin sans pratiquer sur lui aucune espèce d'expérience, suffit pour abaisser sa température de 2 degrés.

Le décubitus agit aussi sur la température.

On a déterminé expérimentalement quelle pouvait être la quantité de chaleur perdue chez un animal si Ton venait à le renverser sur le dos, dans l'immobilité ; dans ces cas, Ton a vu la température s'abaisser chez le chien de 0,5 à 0,0 dixièmes.

Voyez aussi : Bwtels, Congrès des Naturalistes el des MédccinSy leau à Hanovre, 1S65.

itJRGENSEN. T. Klinisthe Sludiin ùbcr die Behandliiny des Atthminal" typhus mittels des kalten Wussers. Leipzig, 1866 et Deutsches Arch. fur KUn. Med. Band 111, 1867.

Obebnier (de Bonn) Berliner klin. Wochemchr.y Band IV, 89, 1867.

Babth. Beitrage zur WasserbeKandlung des Typhus^ 1866.

Mo!^LER. Emploi de Veau froide et de la quinine contre la fièvre typhuldej Greifswald, 1866.

ViGENAUD. Des alfusions froides comme agent antifébrile (Thèse do Strasbourg, 1867).

ZiEMssEN uod iiiMERjiAJ«(N. Traitement du typhus abdominal par Veau froide. Leipzig, 1870.

ScHCTZENBEBCEK. Lu nudication réfrigérante (Gaz. méd de Strasbourg, i871).

Samuel V.Tlièse de Montpellier, 1871.

Leube. TraUemeni des fiévixux par k froid, à Vaide de sachets de giaee» DeuUches Archiv, fur KUn, Med, y 1871, p. 3ja.

1. HoRWATB. Physiologie de la ehaUur; recÂerckes sur U sominiU hixemoL Centralblatt, n« 34, p. 531, 1871-72-73.

30 TEMPÉRATURE DE h*HOMME ET DES ANIMAUX

Kernig * a fait ses expériences sur Thomme et il a vu que le décubitus donne une diminution de quelques dixièmes dans la température.

Ce fait d^abaissement de température sous Tinfluence de la position est important à connaître, surtout chez les enfants, et M. Hervieux recommande avec juste raison, de ne pas maintenir le nouveau-né dans la position horizontale.

Influence du balancement. — Manassein * s'est livré à des expériences qui prouvent Tinfluence du balancement sur la température.

Après avoir enveloppé les lapins qu*ii voulait soumettre à Texpérimentation dans une espèce de manchon, formé par de la ouate, Manassein les plaçait dans une caisse qui, suspendue, pouvait subir des oscillations variées.

Dans toutes les expériences sans exception (au nombre de 207), on a noté un abaissement de température.

Voici quelques-unes de ces expériences :

Temp. anale, Lapin blanc.

9 h. 20 du matin 40»1

Balancement pendant 15 m.

9 h. 40 du matin 39*>4

Balancement pendant 15 minutes.

Toinp. rectale.

9 h. 45 du matin 39»3

Autre expérience : Lapin gris femelle âgé de cinq mois :

Temp. rectale.

2 h. 55 de l'après-midi 39«8

Balancement pendant 15 minutes.

1 h. 20 de l'après-midi :n>»35

\, Kermg (Voldemar). Loco cifa/o.

2. Manassein. Centralblatt, fur die Medicinischen Wisscnschaftcn , !87i, p. 7 k Voyez aussi : Labtet. --Abaissement de la température centrale produit par l'ascension sur les hautes montagnes. Comptes rendus de TAcadômie des sciences, 1869.

liNFLUENCE DU BAIANCEMEXT S7

2 11. :I0 de raprè8-iïii<li :^9°'M)

Chez un lapin le balancement fut continué pendant deux heures, voici les résultats obtenus :

La température initiale étant. . . . 39°8

11 h. 35 du soir 39«5

Il 50 — 39^

On donne à manger a Tan i mal :

Sur 56 expériences faites sur vingt-deux lapins le maximum de rabaissement de température a été de 1^,2, le minimum de 0^,3^ la moyenne de O^'^QÔ.

On pourrait croire que cet abaissement de température tient à ce que le corps de ranimai mis successivement en contact avec de nouvelles couches d'air perd plus de chaleur qu*au sein de Tatmosphëre tranquille.

Une expérience vient démontrer la fausseté de cette hypothèse ; si Ton enveloppe en effet l'animal d'une couche de ouate, rabaissement de température est aussi considérable que lorsque Ton néglige de se servir de ce moyen.

Le balancement semble donc agir principalement sur le système nerveux, ce qui nous semble démontrer cette assertion, c*est que plus Ton balance brusquement l'animal, plus rabaissement de température est considérable.

Si Ton a soin de bander les yeux de l'animal de façon à le

frapper d'une grande terreur, rabaissement de température est consid<^rable.

Manassein a vu que, sur des animaux chez lesquels il avaitdéveloppé de la fiëvre rabaissement de température sous rinfluence du balancement était assez marqué.

Dans vingt-huit expériences, ce physiologiste a pu, à Taide de balancementsrépétés, ramener U température fébrile à son niveau physiologique.

Ce curieux moyen d'abaisser la température pourrait-il être employé chez Fhomme ? Il nous semble qu'en raison des difficultés que son application présenterait cette méthode ne doit pas être recommandée.

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