‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 27 sur 337 · DE I/INANITION · texte numérisé non relu

DE I/INANITION

suite (le plus en plus, et Chossat fut amené à conclure : « Que lorsque Ton soumet des animaux à Tabstinence, le refroidissement diurne tend progressivement à augmenter. » Quant à la température observée à minuit, elle fut de 3*»,06 plus basse dans Tinanition que lorsque l'alimentation était normale. La réascension diurne se faisait plus rapidement et dès sept heures du matin, la chaleur était à peu près la même qu'à midi.

L'abaissement de la température sous l'influence de Tinanition est une chose maintenant indiscutable et Ton peut

l'établir que ;

1** L'oscillation diurne et moyenne de la chaleur animale qui dans rétat normal est 0%74 devient 3«,38;

2^ L'oscillation diurne initiale est d'autant plus étendue que l'inanition a fait plus de progrès, de telle sorte que l'oscillation de la fin de Texpérience est à peu près double de celle du début ;

3^ Les heures de midi et minuit sont bien sans doute les époques du maximum et du minimum de la chaleur animale, maisToscillation diurne n'attend pas ces heures-là pour se développer.

C'est ainsi que, pendant les différentes parties du jour proprement dit, la chaleur se rapproche plus ou moins de celle de midi, tandis que pendant la nuit, elle se rapproche de celle de minuit ;

A"" L'abaissement nocturne se prolonge d'autant plus avant dans la matinée et commence d'autant plus tôt dans l'aprèsmidi que l'animal se trouve déjà plus affaibli par la durée préalable de Tinanition.

Dans l'alimentation insuffisante, des abaissements de température existent, abaissements presque aussi marqués que dans l'abstinence complète.

La chalnur prise à midi diffère quelque peu, il est vrai, de la température prise à midi ; mais la descente se fait d'une façon irrégulière et elle est souvent interrompue par des réactions.

C'est un fait auquel on ne se serait certainement pas attendu que celui de voir les abaissements de température aussi considérables dans l'abstinence complète que dans l'abstinence

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incomplète. Les abaissements de température sont surtout considérables le dernier jour de la vie.

Chossat, en effet, a obtenu, dans un grand nombre de cas, comme différence moyenne entre le pénultième et le dernier jour, les résultats suivants :

Refroidissement total et collectif le dernier jour :

12 pigeons ont perdu 17"81

12 tourterelles 18^99

2 poules 22*^1

1 corneille 7«»1

3 lapins 37°1

Refroidissement moyen . . 14*»0 Ainsi donc le refroidissement du dernier jour, comparé à

celui des autres jours, a été de ^j-g c'est-à-dire que le dernier jour de la vie la chaleur animale a en moyenne baissé 47 fois plus rapidement que dans chacun des jours précédents.

Ce qui étonne c'est la rapidité avec laquelle on voit un animal, qui ne baissait en moyenne que de 0^,3 par jour, se refroidir dans une proportion 47 fois plus forte et perdre 14^ de chaleur.

Aussi, Chossat a-t-il insisté sur ce refroidissement comme cause de mort et sa pensée à ce sujet peut se résumer ainsi :

Les animaux ne mouraient pas de leur inanition, ils mouraient du froid.

Nous trouvons encore ici le danger que présente le symptôme refroidissement.

Dans les maladies chroniques (voir pages 56, 57, 58), l'inanition est probablement une des principales causes de l'abais* sèment de température. Dans les cas de manie, de folie, de mélancolie, les températures si basses qu'a observées Lowennhardt tiennent probablement en grande partie à l'inanition.

Dans la période cachectique de la syphilis, surtout chez les enfants, Tinanition doit aussi prendre part aux modifications imprimées à la température. Wunderlich a observé à sa clinique un cas où la température tomba au-dessous de l'état normal, six jours avant la mort et descendit successivement jusqu'à 25« c. (Mensuration rectale).

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Si Chossat a pu dire que : « Tinanition est la cause de mort qui marche de front et en silence avec toute maladie dans laquelle Talimentation n'est pas normale. Elle arrive à son terme naturel, quelquefois plus tard que la maladie qu'elle accompagne, et peut devenir ainsi maladie principale là où elle n'avait été d*abord qu épiphénomène, » quel avantage immense d avoir un moyen sûr de la reconnaître.

Le poids du corps pourra bien nous éclairer dans cette détermination difficile, mais le thermomètre nous renseignera bien mieux. Il nous indiquera, en effet, le moment précis où l'alimentation doit être commencée, où nous devons la cesser.

Il existe, à n'en pas douter, une fièvre d'inanition, de faiblesse, et nourrir est alors une indication vitale que nous ne devons pas négliger. N'oublions pas enfin que les symptômes de l'inanition décrits par Macotte, en imposent souvent pour une maladie adynamique.

On voit dès lors la difficulté qu'il y aura à discerner àlafin d'une maladie ce qui appartient à l'état morbide de ce qui tient à l'état d'inanition.

Le thermomètre nous montrera un abaissement de température plus considérable dans les cas d'inanition simple que dans les cas d'adynamio dans lesquels Ton observe le plus souvent des températures fébriles. — Il nous permettra de résoudre enfin ce problème si difficile : quand et comment faut-il nourrir les fièvres?

Des abaissements de température causés directement par l'inanition en dehors dos maladies fébriles, ont pu être observés.

Guislain avait noté que chez les mineurs du Bois-Mouzil qui avalent cruellement souffert do la faim, la température sVtait abaissée.

Desbarreaux dit que chez un inanitié du nom de France, dont il raconte longuement l'histoire, la température était descendue au chiffre extraordinaire de 2.^" c.

Meermann enfin, dans un mémoire sur la fièvre de famine qui a sévi dans la Belgique en 1847, dit qu'aussitôt que les froids de l'hiver se firent sentir (le froid a probablement agi ici comme cause occasionnelle), les malheureux qui n'avaient

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