‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 272 sur 337 · LIGATURE DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

LIGATURE DES ARTÈRES

De ces recherches, nous pouvons conclure :

Immédiatemeut après la ligature d*une artère principale, la température de la partie alimentée par cette artère s* abaisse, ce qui tient évidemment à ce que le sang n'arrive plus qu'en petite quantité dans les tissus. Il est h remarquer que si le sang fourni par les collatérales est insuffisant pour nourrir la partie, l'abaissement de température devient de plus en plus prononcéy et la gangrène se manifeste. Il y a là une source d'indications précieuses fournies par le thermomètre. On peut suivre en effet, à Taide des indications do cet Instrument, la marche du rétablissement de la circulation dans un membre dont Tartère a été liée, et prévoir les accidents de gangrène qui peuvent survenir.

Après la première période à'abaUsemtnt thermique, dont la durée est variable, on observe une deuxième période d'élè^ vation qui dure deux à trois jours, et la température redevient normale.

Cette élévation thermique, consécutive aux ligatures d'artères, tient au rétablissement de la circulation par les collatérales à Tactivité locale et momentanée de la circulation, et peut-être à la lésion de quelques filets vaso-moteurs au niveau du point où Tartère a été liée.

Ligature des veines. — Les expériences déjà anciennes de Demarquay nous donnent des renseignements sur les modiQcations thermiques qui surviennent dans les membres à la suite de la ligature des veines.

D*après cet auteur, immédiatement après la ligature des veines, la température s^abaisse dans le membre correspondant. Cet abaissement est bien moins notable que celui observé après la ligature des artères.

L'expérience suivante indique les modifications thermiques observées à la suite de la ligature des veines.

BXPBRIRNCB

Laboratoire de physiologie générale.

Ligature de la veine fémorale gauche, — Recherche de la température du membre Correspondant avec rappanU thermo-électrique.

Chien vigoureux.

636 LESIONS DU SYSTEAIE VASCULAIRB

Immédiatement après la ligature de la veine fémorale, le membre inférieur est plus chaud que celui du ooté opposé de 5 à 6 dixièmes. — Il se refroidit ensuite, au bout de quatre minutes, et, comparé au membre droit, il présente une différence de température de 8 dixièmes à un degré après 15 minutos. Le lendemain et les jours suivants, avec Tœdème du membre et la gêne circulatoire, le côté gauche a une température plus élevée de 4 à 5 dixièmes que le côté droit.

Dans plusieurs expériences, nous avons observé les mêmes résultats :

Légère élévation de la température du membre immédiatement (^rèi la ligature, bientôt suivie d'un abaissement notable»

Les jours suivants, la température du membre dont la veine prinâpaU est liée s'élève.

Tempéralure des parties enflammées dans des membres dont Ui artères et les veines sont liées. — Demarquay * a démontré, par de très intéressantes expériences, que Tinâammation produite dans un membre dont Tartère a été liée, ne donne point dans les premiers jours la même température que celle que Ton constate du côté opposé affecté de la même lésion inflammatoire, mais qu*à mesure que la circulation collatérale se développe et que l'inflammation suit son cours, Tôquilibre de température se produit d'abord et peut être suivi d'une augmentation du côté où l'artère a été liée.

Dans une autre expérience, après avoir produit une in«> flammation sur les deux cuisses d'un chien, au mcj^en d*Qn seton, Demarquay lie d*un côté la veine, de l'autre Tarière. D*après cet auteur, la ligature de Tartère et de la veine principale d'un membre, bien qu^abaissant^ au moment même de Texpérience, la température dans la partie, n*empècho pas que cette température ne croisse avec Fintensité de rinflammation et le rétablissement de la circulation, et cette dimi> nution plus grande apportée dans la cuisse où Tartère a èw liée arrive, au bout de peu de jours, à être sensiblement la même que celle de la partie où la veine a été liée, laquelle

\. Orhàrquay. Recherches expérimentales sur la chaleur animah\ Thèse de Paris, 1847.

Page 1