‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 294 sur 337 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

DB LA TEMPERATURE PERIPHERIQUE DBS ARTICULATIONS A L*ÉTAT NORMAL ET PATHOLOGIQUE.

I. — Température locale des articulations à l'état normal. ^ Nous avons recherché, dans un grand nombre d'observations, la température locale de la peau qui recouvre les articulations.

Voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivés :

\^ A l'état normal^ la température de la peau qui recouvre les articulations est variable. Suivant la température extérieure , suivant que le membre est protégé ou exposé à Tair libre, on note des variations de 4®, 5**, 6".

2*> A mesure que l'on s'éloigne du tronc, la température locale des articulations diminue.

La moyenne des chiffres obtenus pour les articulations principales, est (Recherche avec les appareils thermo-électriques) :

( Face antérieure 33*.

Articulation du genou ] Face postérieure (creux po-

' plité) 35^.

/ Face antérieure 34».

Articulation tibio-tarsienne . J Parties latérales 33^.

\ Face postérieure 33*5.

/ Face antérieure 35'5.

Articulation du coude \ Face postérieure (au niveau

\ des culs-de-sac) 33».

. .. I .. j . . ( Face antérieure 33».

Articulation du poignet. . ..\^^ postérieure 3<W.

ÉTAT PATHOLOOIQUB 667

3o La température locale des articulations est plus élevée dans le sens de la flexion, et au voisinage des gros vaisseaux, que dans le sens de Textension.

4"* Les mouvements répétés (flexion et extension) pendant 5 à 6 minutes, élèvent localement la température de Tarticulation en travail (8/10 à l»). La température du membre correspondant s'élève dans des points assez éloignés de Tarticulation en mouvement, c^cst ainsi que les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne élèvent la température du membre correspondant Jusqu'à sa racine (2» à 4/10«).

IL — Température locale des articulations à Vétat pathologique, — lo A Vétat pathologique f la thermométrie locale ne peut donner des renseignements précis et utiles que dans l'exploration des articulations superflcielles.

Les articulations profondes (coxo-fémorale, scapulo-humerale), peuvent être violemment enflammées, alors que la température de la peau qui les recouvre est à peine élevée de 2 à 4 dixièmes de degré.

2» Dans l'entorse, la température locale de l'articulation malade s'élève quelques heures après l'accident, atteint son summum du deuxième au quatrième jour, et diminue ensuite.

Dans les cas d'entorse compliquée (épancbement sanguin, arthrite grave), la température reste élevée pendant toute la durée de Taffection.

Dans certains cas, la température reste élevée pendant longtemps^ bien que le membre paraisse en apparence à Vétat normal. L'élévation de la température est importante à constater ; elle indique la persistance de l'inflammation articulaire, accusée en outre dans quelques cas par de la gêne dans les mouvements, des douleurs.

La recherche de la température locale donnera donc dans les cas d'entorse chronique, des renseignements sur l'état de l'articulation et servira, par conséquent, de guide au traitement.

3<> Dans la contusion articulaire, l'élévation de la température locale est en rapport avec la violence du traumatisme et le degré de rinflammation articulaire.

4o Dans les épanchements sanguins articulaires, la température locale s'élève du troisième au quatrième jour pour rester plus ou moins élevée, suivant la nature de l'arthrite consécutive.

&> Varthrite traumatique s'accompagne d'élévation de température au niveau et au voisinage de l'articulation atteinte (2©, 3o),

Dans les cas où l'articulation doit suppurer^ l'élévation thermique est très notable et se rapproche de la température générale.

6Ô8 TEMPJSPaTUEB PÉBIPHÉRIQUB DBS ARTICULATIONS

Dans aucune de nos obseryations, la température locale ne s'est élevée au-dessus de la température générale.

6» Dans les arthrites aiguës, d'origine rhumatismale^ blennorrhagiquf, puerpérale, Télévation thermique locale est très notable.

7» La température, dans ces cas, ne 8*élève pas seulement au niveau de Tarticulation malade, mais encore dans son voisinage et même dans tout le membre correspondant. Le maximum de rélévation existe au niveau du foyer inflammatoire.

Dans les cas de ûèvre intense, la température locale de la peau s'élève et tend à se rapprocher de la température générale ; — c'est ainsi que, dans un cas d'arthrite rhumatismale violente, nous avons obtenu :

Température du genou malade.. 37o3

— du genou sain 36o2

— générale 38«

8" Lhydarthrose s'accompagne toujours d'une élévation do température (5 dixièmes à 1»), variable suivant la nature de l'affection.

Don* l'hydarthrose chronique, d'origine rhumatismale, Télévatiou varie entre 5 dixièmes et 1®. — Dans Vhydarlhrose traumatiquc, elle varie entre 1» et 2o au début de l'affection.

Dans les épanchements articulaires consécutifs à des fractures {hydarthrose consécutive à /a fracture du fémur), la température de V articulât iun voisine de lafi^acture s' élève quelques heures après V apparition de /Vp*inchement, ce qui indique que, dans ces cas, il existe une contusion ou un ébranlement articulaire avec arthrite et non une simple infiltratioi d*: liquide dans l'articulation (voir conclusions ?<> et 8«).

9® Les corps étrangers articulaires s'accompagnent souvent d'une élévation locale de la température, qui indique la coexistence d'une inflammation articulaire .

10« Dans les tumeurs blanches, la température locale donne des renseignements utiles.

Au niveau des fongosités superficielles, la température locale comparée à celle des parties voisines, est plus élevée de 3 à 5 dixièmes.

L'hydarthrose élève moins la température locale que l'arthrite fongueuse.

Au moment de la formation du pus, la température de l'articulation s'élève principalement au niveau des fongosités articulaires ou osseuses en voie de transformation purulente.

Autour des trajets fistule ux, la température de la peau, comparée à celle des parties voisines, présente un abaissement thermique.

A L^ÉTAT PATHOLOQIQUB 609

11» Dans Varthrite sèche, la température locale ne subit pas de variations notables, les élévations observées ne dépassent pas 3 à 4 dixièmes.

12o Vans les ankyloses anciennes, on trouve souvent des élévations de la température locale de 5 dixièmes à !<>.

Ces élévations indiquent un certain degré de persistance d'inflammation articulaire. L'étude de la température locale pourra fournir, dans ces cas, d*utiles indications pour le traitement.

Nous citerons, à Tappui de nos conclusions, quelques rares observations trouvées dans los auteurs et nos principales observations personnelles ^ recueillies dans le service de Verneuil.

Dans un cas de rhumatisme mono-articulaire du poignet, survenu chez une enfant délicate et scrofuleuse, avec peu de réaction fébrile, H. Roger ^ trouva la température axillaire de 38"*, au niveau du poignet malade 0°5 et dans une seconde expérience, J** de plus que la jointure saine.

Gassot signale dans les cas de goutte chez l'adulte^ la chaleur intense que les malades accusent au niveau des parties affectées ; il fait remarquer que Télévation de température locale, constatée au thermomètre, n'est pas en rapport avec la sensation du malade.

Pendant un accès de goutte, Roger ^ a examiné comparativement la température de la face dorsale des deux pieds, il a trouvé :

Pour le pied sain 3G*»25

Pour le pied malade 37®25

Observation. — Mono-arthrite du poignet. — Températures locales, — Gassot*.

B... Augustine, àgéc de 23 ans, domestique, entre le 3 février 1872, salle Sainte-Marthe à Thôpital Beaujon, dans le service do M. Gubler.

La malade souffre du poignet droit.

Sans avoir reçu de coup, sans avoir fait d^effort, elle a ressenti tout d'un coup, la veille au soir, une douleur violente qui lui a fait suspendre son travail.

1. Voyez NicAisE. Happort, Bulletins de la Société de Chirurgie, ISS2,

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