‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 31 sur 337 · Chorasewski. DUserL Inaugural, Greifmald · texte numérisé non relu

Chorasewski. DUserL Inaugural, Greifmald

I^FLUE^CE USB HEMOttKlIjlUltb

guerre de savoir ai le* hémorrhagies qui se produisaient chez nos blessés avaient quelque influence sur la température. Kous avions bien soin de nous mettre à l'abri de toute cause d'erreur et de ne prendre nos observations que chez des hommes qui n'avaient eu à subir aucune espèce de cboc traumatique et principalement chez ceux dont les troncs artériels avaient été blessés par des balles.

Dans plusieurs observations, où l'héinorrhagie avait étd notable, nous avons noté un léger abaissement de température, immédiatement après l'accident, bientôt suivi d'une élévation, durant en moyenne de 6 à 13 heures.

Là courbe n" 1, a été prise sur un soldat qui, sc|it heures après sa blessure, présenta une bémorrhagie très abon* daote (de 1,20U grammes environ). Cette hémorrhagie venait de la fémorale qui fut liéa. On observa dans ce cas une élévation de température qui se maintint pendant treize heures. COURBE N" 1

48 Di:S ABAISSEMENTS DE TEMPERATURE DANS LES MALADIES

La température descendit à 37°5, le jour suivant.

Dans quelques hémorrhagies suivies de collapsus, la température s'abaisse considérablement. — Dans un cas recueilli dans le service de notre maître M. Verneuil, elle s'abaissa à 33^5.

Dans l'observation suivante empruntée à Lorain, on note un léger abaissement thermique, bientôt suivi d'élévation.

Observation I. — Accouchement normal. — Hémorrhagie grave. — Guérison.

Après raceouchement accompagné d'une perte de sang de 2 litres et demi (estimé par la pesée).

TEMPERATURES.

DaU'S.

Vagin.

Bouche.

Aisselles.

22 novembre

Dans ce cas Thémorrhagie a donc fait baisser simultanément la température de tout le corps, puis vingt-quatre heures après, les températures s'étaient relevées, celle du vagin plus vite que les autres.

Dans un grand nombre d'observations dTiémorrhagies puerpérales, Lorain ^ n'a noté que des dépressions thermiques très peu notables.

11 est à remarquer que dans les hémorrhagies abondantes, dans la syncope post hémorrhagique, la température périphérique baisse, alors que la température centrale est élevée.

En résumé, chez l'homme à l'état normal, la soustraction d'une petite quantité de sang, n'amène qu'une dépression thermique peu considérable.

Dans les hémorrhagies abondantes, on observe un abaissement de température centrale passager, suivi d'une élévation pouvant durer 10, 12 heures. Alors que la température

1. LoRAiN. — Des effets physiologiques des hcmorrhagies spontanèrs ou artiliciçUcs [saignées], - Jour, de l'Anal, et de la Phys, de Robin, 1870) et Eludes de médecine climque, 1^77.

INFLUENCE DES HEMORRHAGIES 40

des centres est élevée, la température périphérique se maintient abaissée.

Dans les affections fébriles, les hémorrhagies amènent de notables modifications de la température.

Dans la pneumonie, Baerensprung ^ Wunderlich ont noté après la saignée un abaissement de température, bientôt suivi d'une élévation au degré précédemment observé.

Dans les deux observations suivantes, on peut observer nettement Tinfluence de la saignée sur la température.

Observation II. — Pneumonie au troisième jour, saignée de 4O0 grammes :

Avant la saignée, température .... 39*^ Pendant la saignée, température ... 39^ Un quart d'heure après, température • 38^ Le soir 2&^

Il est permis de voir dans ce cas que la température n*a pas tardé à acquérir de nouveau un niveau assez élevé et le bénéfice obtenu n*a pas été de longue durée.

Observation III. — Pneumonie au quatrième jour, saignée de 300 grammes :

Avant la saignée, température .... 39«

Pendant 38<^

Après 38«7

Deux heures après ..•.'. 39^1

Sur sept saignées pratiquées par Baerensprung, dans trois cas il n*y eut aucun changement, dans deux cas il observa une élévation de température.

D'après Thomas, la saignée n'abaisse que passagèrement la température dans la pneumonie, elle n'a aucune influence sur la durée de la maladie ni sur la crise.

Cet auteur a observé dans quelques cas une chute de la température de 1® à 1^,5, mais sans durée, de façon que la prochaine exacerbation n'en avait pas moins lieu.

Voici les résultats observés par Bleuler et Niemeyer sur cinq sujets forts, de 20 à 22 ans. Après deux petites saignées de 4 à 5 onces (130 à 150 gr.), au troisième jour, la tempéra-

I. B^BBNSPftUNG. MuUer's Arc/itv. fùv Anat. 1851, p. 9, 125,164', l^5i,p. 2i7, 2S6.

Redakd 4

ture, deux fois, demeura au même niyeau, une fois elle monta de 39^^,7 à 40^ ; dans les autres cas, il y eut une rémission le soir, de 40^,2 à 39^2. Dans trois cas une saignée de 8 à 10 onces (300 gr.}, faite au deuxième jour, n'amena aucun changement notable dans la température ; au contraire, dans un cas, la température tomba de 40^,2 (soir) à 39'*,2 (matin). Dans deux cas on vit la température tomber de 3 et 5 dixièmes de degré ; dans d'autres» Taction parut plus efficace.

Dans la âèvre typhoïde, les hémorrhagies amènent des abaissements de température souvent durables. Généralement cependant la température recouvre bientôt son élévation antérieure et peut même la dépasser.

Les épistaxis de la fièvre typhoïde amènent des abaissements de température. Leur action sur la température est en raison directe de leur abondance (Chaumanet *)•

Dans les cas graves, lorsqu'elles coïncident avec d'autres hémorrhagies, elles s'accompagnent, au contraire, d'élévation (43® dans un cas de Lorain.).

En voici un exemple empruntée à Thierfelder :

Observation IV. — Fièvre typhoïde.

Femme de seize ans, débile, peu développée.

Le onzième jour, depuis midi jusqu'à minuit, épistaxis très abondante avec déglutition de beaucoup de sang (astringents, tamponnements employés sans succès).

La perte du sang peut être évaluée au moins à deux ou trois litres.

T»mp4rmtqft.

Joun de la maladi*. Matin. 8«ir«

4Km

1. C. Chaumanet. Epistaxis de la fièvre typhoïde, leur influence sur la température^ etc. Thèse inaugurale. f>aris, 1880.

IKFLUBNCB DSa HBUORRHAaiIS

Trtobe' ditqiie les saignées qu'il a pratiquéesen assez grand Dombn dans la Sèvre typhoïde, ont toutes produit un abaissement de température.

Les faémorrhagles intestinales sarrenant dans le cours d'une OèTTe tjFpboïde, abaissent la température.

Noos empruntons l'observation suivante à Jaccoud ' :

Il s'agit d'un jeane homme de 21 ans qui a succombé au 15* jour d'une Sèvre typhoïde.

La rémission anormale (courbe N' 2) que nous observons sa dixième jour est le fait du vomissement et de la diarrhée sarreoDs la veille.

OODBBE y 2.

T ^ryf ?• 8' S' 'û'ir !?■ 13' w H'

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X/tfiré* PeliBHIlih

Le matin du 14* Jour on constatait une chuta de 2%4. Qu'indiquait cette chute? Une hémorrhagie, et quoiqu'on n'en

l-TuuBi. Ce Vinfiuence des émiasiom sanguines sur la température à* ont doni te» maladies fibriles. — Froriep's Tagetberichte, t85t, et IMGk,nûiift., I851-1S9S.

L Jaccoud. Uçotu A clmiqui méduak faUei à l'hôpittU de la ChariU, Pirii, iait9.

trouvât pas encore les traces, on pouvait affirmer qu*elle existait.

Au matin, l'abaissement de température était allé jttsqu*à 35® ; on s'aperçut que les selles étaient teintes de sang.

Le coUapsus s^empara du malade et quelques instants après sa mort, on put observer une élévation de température de 1*,4.

Dans une de nos observations on note aussi des abaissements de température {35',8, 36^) se manifestant à deux reprises sous l'influence de l'hémorrhagie.

Le pronostic dans ce cas pouvait donc être regardé comme grave. — Le malade mourut en effet avec 36*.

Dans le cas où Thémorrhagie n'est pas mortelle, comme dans un cas que nous avons pu observer, la température abaissée au moment de l'hémorrhagie, ne tarde pas à revenir à son niveau primitif.

Au 17* jour de la maladie on constata dans notre observation que la température qui était à 39^,2 avait subi un abaissement assez considérable jusqu'à 36^,9.

Notre attention étant éveillée, nous pûmes constater le lendemain matin une petite quantité de sang dans les selles, mais à ce moment la température était remontée à 39^,8. Le lendemain elle atteignait 39^,8. La maladie ne fut pas de nouveau troublée dans sa marche et la convalescence arriva bientôt.

L^épistaxis, l'apparition des règles pendant le cours d'une fièvre éruptive, la variole par exemple, comme nous avons pu le constater très souvent dans un service de varioleuses dont nous étions l'interne pendant la dernière épidémie, élève la température.

Dans une de nos observations de variole grave, en même temps qu^ne hémorrhagie utérine très intense se produit, au dixième jour de la maladie, nous voyons la température s'élever de 39^4 à 41^2.

La malade mourut avec une température très élevée*

Dans la tuberculose, au moment des hémoptysies et les jours qui suivent, on note une élévation de température, et cette hyperthermie peut aider le diagnostic.

Exceptionnellement chez des malades débilités et arrivés à la dernière période de leur affection, on voit les hémoptysies

IHFLDBIfCB DBS HBUCWBH&OIRS

abondantes s'accaser par des abaissements de température. Dans ane de nos observations (courbe N* 3), U s'agissait d'un jeune ouvrier de S3 ans, atteint de tuberculose à marche assez rapide ; les premières atteintes de son mal remontaient k six mois, et nous pouvions à notre examen reconnaître des rftles cavemnleux occupant principalement tout le côté gauche de la poitrine ; le côté droit présentait de la rudesse et du souffle.

COLRBE N" 3.

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La température, lors d'une première bémorrbagie, était 36',4. — C'était évidemment une température sous-normale.

La température le lendemain matin étaitremontée à 37'',4.

Mais cinq jours après, une nouvelle hémorrhagie assez abondante s'étant mani festéo, noua trouvons lo matin un abaissement de température assez considérable 36^3.

Cequ'ilyaà remarquer dans ce fait, c'est l'ascension de la température 12 heures environ apré^^ l'hémorrhagle, et la température fébrile que nous observons pendant Ips fi*, 9*, 10*. 11". 12», 13*, 14» jour.

54 DES ABAISSBMElfTS BB TBMPéRATtTRB DAlfS LES MALADIES

M. A. Olliyier ' a tu plusieurs fois le thermomètre deeoendre à 36^,6, chez les cirrhotiques qui ayaient des épistaxis et des hémoptysies.

En résumé : Les hémorrhagies, surrenant dans les états fébriles, ont une influence manifeste sur la température.

A la suite d'une hémorrhagie, même peu abondante, il se produit un abaissement de la température générale durant 12 à 24 heures, bientôt suin d'une élévation et du retour à rétat normal.

Dans les états généraux grayes, dans les maladies chroniques avec cachi^xie, dans les maladies infectieuses, les abaissements de température hémorrhagiques sont quelquefois considérables, durent un certain temps et peuvent s'accompagner de coUapsus. — Ils peuvent servir à établir le diagnostic et le pronostic.

La saignée, dans certaines maladies aiguës fébriles, déprime momentanément la température, qui ne tarde pas à recou* vrer son niveau normal, elle ne paraît avoir aucune influence sur la durée de la maladie ni sur la crise.

Quant à la façon dont agit Thémorrhagie et la saignée sur la température, il est probable que c*est en soustrayant les globules ronges, porteurs d*ozygëne.

D'après l'hypothèse de plusieurs auteurs et de Hirtz en particulier, la diminution des corpuscules oxygénifères que nous obtenons par notre saignée, ralentit la combustion interne, d*où rabaissement de température.

Si les abaissements de température, sont plus considérables et plus constants dans les maladies fébriles graves, cela parait tenir à ce que dans ces cas les ressources de l'organisme sont moindres (Lorain.).

Terminons ce chapitre en citant (es expériences d*Heidenhain^ qui donnent uneexplication satisfaisante de l'élévation et de rabaissement de la température à la suite des hémorragies.

Heidenhain démontre d'abord que la suppression de Pabord du sang où sa soustraction rapide par unesaignée, par exemple^

i. OLLiYiia. Dans ihèso Auzuin, De la Cirrhose, 1S74. 2. Hbidenhaw. Pflùger's ArcMv,, 4870 et Centralblait fUr med, Wïl* aenseh,, 1871.

INFLUBNOB DES HEMORRHAGIES 55

n'empêche pas immédiatement la production de chaleur, elle Taugmente au contraire. En comprimant Taorte abdominale, il a TU la température monter.

Heidenhain prétend que la température s*élëve, lorsque le sang arrive en moins grande quantité et lorsque son cours est ralenti.

Yoici une expérience concluante : « Si au moyen d*une poire en caoutchouc dont la canule est mise dans Tartëre carotide d'un chien, on enlevé une certaine quantité de sang, Ton voit aii:isitôt la température monter dans la veine cave inférieure ; mais bI Ton rend à la circulation le sang enlevé, la température redescend aussitôt.

Heidenhain s*appuie sur ces faits de modifications thermiques sous Tinfluence du ralentissement et de la soustraction de sang, pour expliquer l'élévation de température post mortem.

Ainsi donc, d'apràs ce physiologiste, les élévations et les abaissements de température observées lors des hémorrhagîes, tiendraient aux variations de pression.

Faites descendre rapidement la pression artérielle en enle^

vant une grande quantité de sang, et en diminuant en même

temps la rapidité de son cours ; vous voyez immédiatement

se produire une iUvation de température, persistant un certain

temps.

Lorsque la pression remonte, la température s'abaisse ans* sitôt.

Dans les expériences d*Heidenhain lorsque Thémorrhagie était très abondante, bien que la respiration artificielle fût régulièrement entretenue, on voyait que des oscillations se produisaient dans la pression ; le thermomètre montait et baissait en même temps que le manomètre s'élevait on s'abaissait.

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