‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 314 sur 337 · DE LA THBRMOMÉTRIB LOGÂLB DANS LB8 TUMEURS · texte numérisé non relu

DE LA THBRMOMÉTRIB LOGÂLB DANS LB8 TUMEURS

Dans nos recherches bibliographiques nous n*avons trouvé aucun renseignement sur la mesure de la température locale des tumeurs. De Haen cite cependant un cas de cancer du sein, avec élévation de la température locale.

Chez une femme atteinte d^un cancer du sein, Becquerel et Breschet * ont trouvé :

Température de la bouche SÔ^OO

— du cancer 36o60

— des fongosités exubérantes.. 36o60

— du muscle biceps brachial... 3&>60

Sarcomes. — M. Estlander^, dans un trës intéressant mémoire, après avoir rappelé la fréquence des sarcomes, la rapidité de leur développement, la promptitude avec laquelle ils envahissent souvent tout l'organisme, s*étonne de n'avoir nulle part trouvé mention d'un de leurs caractères qui paraît constant, savoir : rHévation de température qu'ils déter* minent lorsqu'ils acquièrent rapidement un grand volume.

Il cite, à Tappui de ses opinions, les faits suivants :

i. Becquerel et Breschet. Second mémoire sur la chaleur animile. Lu à rAcadémie des sciences, 40 août 1835 Annales des sciences naturelles, ?• séri»', 1835.

2. ËSTLANDER. Nordktst mediciniskt Arkiv. Band IX, nz. 4, 1877; et VcRXEUiL. Fièvre symptomatique des néoplasmes. Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, février 1878.

696 THBRMOMéTRIE LOCALB

Observation. — Sarcome du bassin. — Thermométrie tocûfe. (Estlander.)

Femme, 28 ans, bonne santé antérieure. A la fin d*une grossesse, douleurs dans la jambe droite qui deviennent de plus en plus vives après raccouchement.

Entrée à Vhôpital 20 février 1874, dans un état satisfaisant et sans affection viscérale apparente.

Vers la partie inférieure du ventre, au niveau de la crête iliaque droite, tumeur volumineuse, mal limitée, ferme au toucher et à surface bosselée ; la peau, libre et mobile, est sillonnée de grosses veines dilatées.

La pression exercée sur la tumeur est douloureuse .

L'exploration thermométrique donne les résultats suivants :

Surface de la tumeur 37»8

Point correspondant du côté sain 36"8

Un nouvel examen répété le lendemain, donne les mêmes résultats.

L'affection fait des progrès rapides, et la mort survient le 25 mai.

Autopsie. — Le sarcome s'étend en arrière jusqu'au sacrum, en avant au-dessus de Tarcade crurale. Une moitié de l'os iliaque est hypertrophiée, l'autre raréfiée et en partie détruite.

Dépôts secondaires dans les poumons et les reins.

Observation. — Osiéo-sarcome de la jambe, — Thermométrie locale, (Estlander) .

Garçon, 19 ans. Apparition, il y a deux ans, d'une saillie siégeant un peu au-dessus de la partie moyenne du tibia. Accroissement progressif de la tumeur, qui, du volume d'un œuf de poule au printemps de 1874, devient grosse comme le poing en juillet, et à partir de ce moment, se développe rapidement en s'accompagnant de vives douleurs.

Entrée à Thôpital le 11 mai 1875, état général bon. La tumeur est inégale, de consistance variable ; étendue du voisinage de la rotule à celui du pied, entourant la jambe, elle est un peu plus saillante en avant qu'en arrière.

Voici les dimensions :

De haut en bas 25 cent.

D'avant en arrière 18 —

Circonférence 75 —

Peau rouge, distendue, non adhérente cependant, œdème do pied Ganglions inguinaux, légèrement augmentés de volume.

DiNS LBS TUMEURS 697

Température à la surface de la tumeur 37<^

— au point correspondant de l'autre membre. . . 36o

Amputation de la cuisse. Guérison sans accident. La tumeur jetait un mélange d'ostéome, d'enchondromo et de sarcome fuso-cellulaire. Ueuchondrome prédominait.

Observation. — Ostéo-sarcomé du genou, — Thermotnétrie locale, (Estlander.)

Homme, 32 ans. Il y a deux ans que son genou droit devenait raide et volumineux. Le massage essayé n'eut aucun résultat. Entré à l'hôpital le 22 février 1876. Bonne constitution, pas d'affection viscérale. Au-dessus en avant et en dedans du genou, tumeur adhérente au fémur, inégale, recouverte d'une mince couche osseuse, pulsatile, mais diminuant à jeine de volume par la compression. Les mouvements du genou sont indolents, mais un peu limités. Ganglions de l'aine volumineux.

Température à la surface de la tumeur 38o3

— au point correspondant de l'autre côté 38*

— dans l'aisselle 39o

Le lendemain, nouvelle exploration :

Surface de la tumeur 38o

Côté opposé 36o5

Dans l'aisselle 38"

Dès lors, le doute sur la nature de la tumeur n'est plus possible . C'est un ostéo-sarcome fortement vasculaire. Comme les ganglions qui sont pris peuvent être enlevés sans difficulté, l'amputation de la cuisse est proposée. Le malade la refuse.

Observation. — Sarcome du tibia, — Thermotnétrie locale, (Estlander.)

Veuve, 60 ans. Découvre, il y a 7 ou 8 ans, à la partie antérieure de la jambe droite, une petite tumeur Hxée au tibia. En septembre 1875, cette tumeur devint douloureuse et prit le volume «l'une petite pomme. Les ganglions inguinaux avaient grossi. Le 10 février 1876, l'engorgement des ganglions a augmenté : on propose l'ablation de la tumeur de la jambe et dos ganglions; le malade refuse.

Elle revient le 11 mai; la tumeur s'était beaucoup accrue : elle avait le volume des deux poings : elle était molle et presque fluctuante, recouverte d'un tégument aminci, ulcéré au sommet; pas de suppuration entre la peau et la tumeur.

098 THERMOMÂTRIB LOCALE

Température à la surface de la tumeur 38ol

— au point correspondaut du côté opposé. ... 37o

— aisselle 37*8

Dans raine au-dessus et au-dessous de l'arcade crurale, plusieurs ganglions volumineux.

Le 15 mai, désarticulation du genou, par le procédé Gritti, et ablation des ganglions de Faine. Guérison facile. État général excellent au 1" août, mais bientôt la santé s^altéra ; il y eût de ramaigrissement, de la fièvre, plus tard des convulsions et da coma. La mort survint le 1^ septembre. Noyaux encéphaloldes, dans les poumons et le foie. La tumeur primitive était un sarcome à cellules fusiformes, parti du bord antérieur du tibia et propagé jusqu'au canal médullaire.

Observation. — Sarcome du thorax. — Tkernumétrie locale. — (Estlander).

Paysan, 39 ans : brûlé dans son enfance à la partie antérieure du thorax. A 20 ans, apparaît dans la cicatrice une tumeur qui présentait à la fin de 1875 le volume d'une pomme de terre. Depuis cette époque, accroissement très rapide. Ulcération à la surface. Hémorrhagies abondantes. Entré à l'hôpital, le 21 juin 1876. Le malade est solidement bâti : son état général est satisfaisant. La tumeur présente 18 centimètres de circonférence et 9 centimètres 1/2 de hauteur. Elle est cylindrique, bombée, de consistance ferme.

Température à sa surface 3do7

— au point correspondant du côté opposé ••.. 37oI

— dans Faisselle 38o7

L'extirpation est faite. Deux jours plus tard la température redevient normale. La tumeur était un sarcome à cellules rondes.

Observation. — Enchondro-sarcome de la mâchoire inférieure. — Thermométrie locale. (Estlander.)

Femme, 41 ans : bonne constitution, état général satisfaisant. Au printemps de 1876, la 4' molaire de la branche droite du maxillaire inférieur fait saillie et quoique saine, tombe spontanément : vers l'angle de la mâchoire, sur la face externe de Tos, apparaît une tumeur grosse comme la moitié d'un œuf de poule. Les 3* et 5* molaires sont mobiles, la gencive est soulevée par une tumeur de consistance ferme.

Deux ganglions sous-maxillaires sont pris.

Température à la surface de la tumeur 37*5

— du côté opposé d6»7

DANS LBS TUMEURS 690

Une seconde exploration donne les mêmes différences. Réseotion de la moitié de la mâchoire ; ablation des ganglions. 3 Jours après, état général satisfaisant. Tout fait espérer une guérison rapide.

La tumeur était un mélange de sarcome à cellules fusiformes et de chondrome.

Dans un cas très intéressant. Cauchois' a obtenu des résultats qui confirment ceux de Estlander.

Obssrvatiôn. — Sarcome du bras. — Marche de la température locale.

}d}^* X. . ., 25 ans, habitant la campagne, entre à FHÔtel-Dieu de Rouen vers le milieu du mois d*août dernier, pour une tumeur du bras droit.

C'est dans les derniers jours du mois de mars de cette même année que M*'" X. . . a ressenti dans le petit doigt de la main droite, ainsi que sur le bord interne de l'annulaire, des fourmillements continus. Elle découvrit alors à la face interne du bras, vers la partie moyenne et dans les masses musculaires mêmes, une petite tumeur qui, dès ce jour, a fixé son attention et n'a cessé de s'accroître. Cet accroissement s'est fait très rapidement, puisque cinq mois après, c'est-à-dire au moment où nous observons la malade, le bras au niveau de la partie la plus saillante, semble avoir triplé de volume. La tumeur s'est développée sans accompagnement de douleurs, en ne provoquant que quelques tiraillements douloureux de l'avant-bras (face antérieure).

Elle fait donc saillie surtout à la face interne du bras, empiétant à la fois sur les faces antérieure et postérieure. A ce niveau, le bras offre dans ses deux tiers inférieurs un gonflement énorme, de consistance ferme, celle que donne en général tout gonflement musculaire, et sensiblement la même dans tous les points, diffus sur ses limites et paraissant occuper toute l'épaisseur des parties molles, sans adhérence avec Fos. La peau est saine, un peu rouge et vascularisée seulement sur un point limité à la région la plus saillante. La pression sur la tumeur est douloureuse. Les mouvements du bras et de l'avant-bras sont notablement gênés et douloureux (tiraillements des muscles et des nerfs). Il existe un ganglion gros comme une noix dans la paroi interne de raisselle. L'élévation locale de la température est appréciable à la main; les

1. Caucbois (de Rouen). — Note sur la température locale des néoplasmeSf 1878. Revue mensuelle de médecine et de chirurgie^ p. 763.

700 THBRMOMETAIE LOCàLB

pulsations des artères radiale et cubitale sont sensiblement les mêmes des deux côtés; la circulation veineuse et lymphatique paraît gênée, car les doigts et la main sont le siège d'un œdème bien manifeste. Aucune altération de la sensibilité des doigts, main, avant-bras.

La santé générale ne paraît pas avoir encore souffert, sauf Tappetit diminué depuis quelques temps, mais les couleurs des joues sont encore des plus fraîches, et l'embonpoint général est resté

le même.

Aucune cause locale ne saurait être invoquée pour expliquer le développement de cette tumeur ; et il n'existe point d'antécédents de famille, à la connaissance de la malade.

« J'arrive maintenant aux observations intéressantes à consigner, celles relatives à la température.

J'ai toujours pris la température le matin seulement, successivement dans les deux aisselles, avec le thermomètre laissé do chaque côté le même temps en place, et voici le tableau que je puis dresser :

Aiuelle dr<Mte.

Dates. (Côté de la tumeur.) AisseUe gauche.

27 août 3709 3706

1" septembre 38«4 37'»7

Le même jour, 1" septembre, j'ai appliqué le réservoir de mon thermomètre sur la partie la plus saillante de la tumeur, en le recouvrant d'ouate et le maintenant à l'aide d'une bande roulée par dessus l'ouate; la même application a été faite au point correspondant du bras gauche et j'ai obtenu les résultats suivants :

Braa droit.

(Tumeur .) Bras gauche .

Température locale 37o8 35o5

La malade a quitté THôtel-Dieu dès le 3 septembre, le chirurgien n'ayant pas cru devoir proposer une intervention. Elle est retournée dans sa campagne, et conséqucmment je n'ai pu continuer mes recherches . »

On doit remarquer, dans cette observation, l'élévation de la température axillaire, dans un point voisin de la tumeur. On peut, en effet, observer souvent l'élévation de la température locale dans des points assez éloignés des tumeurs.

Dans un grand nombre d'observations, nous avons constaté l'élévation de température locale au niveau des sarcomes. Nous ne citerons que nos principaux cas.

DANS LBâ TUMEURS 701

Observation. — Sarcome du dos. — ThermoméUie locale, — Service de M. Verneuil. — Résumée.

Tumeur datant de 15 ans. Opération. Récidive. La tumeur a le volume d*un œuf, adhérente à la peau profonde.

Diagnostic : Sarcome.

Température générale 3707

Au niveau du sarcome 38«

Du côté opposé en divers points du thorax 36»5

La température au niveau du sarcome est plus élevée en moyenne de 2® que celle du côté opposé sain.

Observation. — Sarcome de la mamelle, — Marche rapide. — Température locale élevée. — Service de M. Verneuil. — Résumée.

Jeune fille de 22 ans, 26 juin 1880. La tumeur a commencé à se développer après Taccouchement.

Elle a acquis bientôt au bout de 6 mois un volume assez notable.

Les ganglions axillaires du côté de la tumeur sont volumineux, indurés.

Certains chirurgiens pensent que Ton a alTairc dans ce cas à un abcès chronique de la mamelle. M. Verneuil en présence de la dureté de la tumeur, de la rougeur de la peau et de l'élévation de la température locale constatée à la main, diagnostique un sarcome .

Température fiéiiùrale 37<»

— au niveau do la tumeur 36*8

— du côté opposé 36<»

L'opération confirme ce diagnostic.

La thermométrie locale, en indiquant une température plus élevée que celle que Ton constate habituellement dans les abcès chroniques a fourni des éléments utiles pour le diagnostic.

Observation. — Lympho-sarcome de la région cervicale à marche rapide. — Tennométrie locale. — Service de M. Verneuil.

Il s'agit, dans ce cas, d'un homme de 59 ans, présentant dans toute la région cervicale, principalement du côté gaucho, d'énormes masses ganglionnaires en voie d'accroissement très rapide depuis six mois. M. Verneuil diagnostique un lympho- sarcome

702 TIIBRMOMETRIB LOCALE

et nous engage k étudier la température locale dans ce cas.

La température générale est élevée à 38o7.

Plusieurs explorations avec le thermomètre et les appareils thermo-électriques nous donnent les résultats suivants :

En moyenne :

Du côté gauche, au niveau d'une masse ganglionnaire très développée, 3709.

Côté opposé, 370I .

Au niveau d'une masse dans le creux sus-sternal, 37o6.

La température de la région cervicale chez un individn sain et sans fièvre est en moyenne 36o.

Observation. — Lympho-sarcome de la région uœiUaire gauche à marche rapide chez un jeune homme de 26 ans. — Thermomélrie lueaU. — Service de M. Vemeuil.

La tumeur axillaire gauche, qui avait d'abord le volume d'une noisette, a aujourd'hui le volume d'une poire.

Dans la région sus-claviculaire et cervicale, petites masse? ganglionnaires dures, mobiles.

L'exploration de la température de la tumeur de l'aisselle gauche avec l'appareil thermo-électrique et le thermomètre donne en moyenne :

Du côté gauche 37o7\ . , . „

ALA j -A «o J Différence, lo2.

Du côté droit 36«5) '

Au niveau delà région claviculaire et axillaire, pas de différence de température.

La température générale a oscillé pendant plusieurs jours entre 38o et 38o5.

On doit noter, dans ces deux observations, Télévation de la température générale. Cette hyperthermie a durée, chez les deux malades, plusieurs jours. Cette fièvre symptomatique des néoplasmes, étudiée par M. Verneuil, se rencontre dans les sarcomes à marche rapide et c*est dans ce casque la température locale subit une élévation très notable. Nous avons pu vérifier le fait plusieurs fois.

Épithélioma, — Carcinome. — La température locale dans Tépithélioma s'élëve assez notablement, mais elle n'atteint les chiffres observés dans le sarcome que dans les formes végétantes, à marche rapide.

Dans Tobservation suivante, l'élévation de la température est assez notable. ~

DAMS LB8 T0MBUR8 703

Obsbrvation. — Epithélioma de la mamelle gauche à marche rapide. — Engorgement ganglionnaire. — Service de AI. Verneuil. — Résumée.

La tumeur a commencé il y a huit mois.

Du côté de l'aisselle gauche, au niveau d'un engorgement ganglionnaire assez notable, 37o2.

Du côté sain, 3d»9.

Moyenne des températures au niveau do la tumeur mammaire gauche, rouge : 36o6.

Du côté sain, 34».

Température générale : moyenne, 38<».

Dans plusieurs observations, nous avons noté une éleva* tion de température au niveau de la tumeur variant entre 2 dixièmes et V*,

Squirrhe. — Dans les tumeurs dites squirrheuses, dans les formes k marcho lento, avec atrophie de la tumeur, la température locale ne subit aucune modification. Dans plusieurs cas de squirrhes atrophiques de la mamelle, nous avons noté un abaissement de la température.

L'observation suivante prouve notre assertion.

Observation. — Squirrhe de la mamelle à marche lente. — Engorgement ganglionnaire. — Abaissement de la température du côté de la tumeur, — Service de M. Verneuil.

Tumeur très dure, irrégulière, du côté gauche, assez volumineuse, à marche lente, non vasculaire, adhérente à la peau, ayant débuté il y a cinq ans.

Petites tumeurs ganglionnaires dures dans la région axillaire gauche.

Température axillaire du côté gauche. ST^B — du côté droit sain 37o

Moyenne des températures au niveau de la tumeur avec l'appareil thermo-électrique et le thermomètre :

Du côté de la tumeur (côté gauche) ..... 36« Côté sain 36^8

En résumé, au niveau des tumeurs ganglionnaires de l'aisselle, légère élévation thermique.

La tumeur présente une température moins élevée que dans les points similaires de la mamelle saine du côté opposé.

704 THERMOMÂTRIB LOCALE

Dans les observations suivantes, recueillies dans le service de M. Yerneuil, on note une très légère élévation de la température du côté de la tumeur.

Observation.' — Squirrheduseindroità marche lente. ^Thermométrk ocale,

M. . . (Annette),60 ans, entrée le 7 octobre, salle Saint-AugustiD, no 3. Squirrhe du sein droit, ayant débuté, il y a quatre ans, par un petit noyau bosselé qui resta stationnaire jusqu*au mois de juin dernier. A ce moment, la tumeur grossit peu à peu, mais sensiblement, pour atteindre, au commencement d'octobre, la grosseur d'un petit œuf de poule : elle s'ulcère alors, et donne pendant quelques jours un léger suintement sanguin. A l'entrée à l'hôpital, ce suintement s'est arrêté. L'état général est bon. Pas de ganglions axillaires.

8 octobre.

Eein droit.

SeÎD gaacho.

Différence.

En dedans.

En dehors.

Au milieu.

Le diagnostic a été confirmé par l'opération.

Observation. — Sguirrhc du sein gauche, à marche assez rapide. — Thermométrie locale.

M... (Augustine), 37 ans, entrée le 4 novembre, salle Saint- Augustin, no 29. Tumeur du sein gauche, ayant débuté il y a un an. Cette tumeur, de la grosseur d'un pois au début, s'est accrue peu à peu pour arriver à la grosseur d'un œuf de poule. Peau peu adhérente à la tumeur, bosselures peu marquées ; pas d'ulcération superficielle. Ganglions axillaires.

5 novembre. Sein gauche. Sein droit. Différence.

Sur la tumeur. En haut, 36«5 35«5 . 1»

— En bas, 36*5 35o4 loi

Le diagnostic a été confirmé par l'opération.

Adénomes. — La température locale au niveau des adénomes ne subit pas de modification ; dans certaines tumeurs à déoe^ loppemejil rapide, on peut noter exceptionnellement une élévation de température allant jusqu'à 1**, ainsi que le prouve l'observation suivante :

Observation. — Ad^.nome du sein à marche rapide. — Service de M. Verneuil.

DANS LBS TUMBURS 705

G. . ., Marie, âgée de 22 ans. Tumeur gauche ayant pris un développement rapide depuis trois mois, non adhérente à la peau. Compression ouatée. Pas d'engorgement ganglionnaire.

Température axillaire gauche 37^5

— — droite 37o3

An niveau de la tumeur :

Gdté gauohe.

C^té droit.

opération

confirme le diagnostic.

Dans ce cas, la différence de température entre le côté sain et le côté malade est assez notable, bien que Ton n*ait pas affaire à une tumeur vasculaire sarcomateuse; cette élévation thermique tient en partie, dans ce cas, à la position superficielle et au développement rapide de la tumeur.

Fibromes. — Enchondr ornes. — Au niveau des fibromes, des enchondromes, la température locale n'est pas modifiée elle est, au contraire, généralement abaissée de quelques dixièmes. Nous devons cependant citer un cas de fibrome intra-pariétal de la paroi abdominale sans lésion du péritoine, à développement rapide, étudié par Nicaise au péritoine et qui présentait localement une élévation très considérable de la température, Il ne s'agissait pas, dans ce cas, d'un fibrome pur, mais d'un fibro-sarcome.

Lipome. — L^observation suivante, empruntée à Parizot, donne des renseignements sur la température locale au niveau des lipomes :

Observation. — Lipome de la région %us<layAoulaire gauche. — Abaissement de la température locale au niveau de la tumeur,

L... (Elise), 49 ans. Entrée salle Saint-Augustin, Uo 3, le 22 septembre. Il y a quinze mois qu*un petit noyau de la grosseur d'un pois s^est montré dans la région sus-claviculaire gauche. Accroissement très lent. En 1879, la tumeur à atteint le volume

I. Nicaise. Tumeurs fibreuses du tronc. Eevue mensuelle de médecine it de ehàrurgie, 1878, t. II, p. 75K.

RiDARO. 45

706 THBRliOMÉTRIB LOCALE

d'un petit œuf de poule. Depuis la fin de juillet, elle a doublé, puis triplé de volume. Elle ne produit aucune gêne pour la respiration ni pour la déglutition.

23 leptembre. Côté gauche. Côté droit . Différence.

Sur la tumeur :

En dedans, 33o7 36»3 2fi6

En dehors, 34o2 35«8 1<>6

En bas, 32o4

En haut, 35o4

Au milieu, 32o5 95^ 3o

L*ablation a eu lieu le 25 septembre. La malade sort complètement guérie le 8 octobre.

Dans plusieurs observations de lipomes, nous avons toujours trouvé un abaissement de la température locale au niveau de la tumeur. Ce résultat est important à connaître. Si on considère que les tumeurs que Ton peut confondre avec le lipome (abcès froids, etc.), donnent des élévations de température locale,

KysUs. — Les kystes simples non enflammés donnent nn abaissement de température locale.

I^es kystes développés aux dépens des tumeurs, ainsi que cela s observe pour la mamelle, s'accompagnent d'élévation de températuroj et c'est là un point utile à connaître pour le diagnostic.

Nous renvoyons, pour l'étude de la température locale dans les tumeurs vasculaires et érectiles, au chapitre de la Thermométrie locale dans les lésions irasculaireâ.

Conclusion. — Les conclusions de cette étude de la tempe» raturo locale dans les tumeur^ peuvent sq résumer ainsi :

lo Les tumeurs a développ^n^ont rapide, telles que In sar< cornes, carcinomes, épithéliomes, s'aocompagnent d'une éUvction de température locale de P en moyenne.

2o Les tumeurs à marche lente ne s^acoompagnent pas, an contraire^ de modification de la température, à moins qu'il ne survienne un trouble dans leur évolution^ tel que : inflammation, ramollissement aigu, suppuration*

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