THERMOMETRIE LOCALE DANS LES MALADIES DES YEUX
Nous ne possédons que quelques observations sur ce sujet Gradenigo, Oalezowski, sont les seuls opthalmologistes, qui ne se soit occupés de celle question. Les intéressantes recherches de ces auteurs ont donné des résultats utiles à connaître.
Dès 1876, le professeur Gradenigo recherchait la température de l'œil à l'état normal et pathologique. Gradenigo a bien voulu nous autorisera publier le résultat de ses observations pour la plupart encore inédites.
D'après cet auteur, la température de Toeil, a l'état normal, varie entre 36°5 et 37» .
Cette température, d'après Gradenigo, est inférieure à la température réelle de l'œil, Tévaporation continuelle des larmes et l'irradiation expliquent cet abaissement. Il est possible en effet de constater un abaissement soudain de la température, toutes les fois que la présence de l'instrument a provoqué une abondante sécrétion de larmes.
D'après Galezowski, la température de l'œil varie entre 36^7 et 36*5.
Gradenigo fait remarquer que les modifications notables de la température s'observent principalement dans les affections des membranes externes de l'œil. L'élévation de la température est surtout marquée au début des conjonctivites dans le stade hypérémique.
Redard. 40
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On peut noter une différence de V entre les deux yeux.
Dans le dernier stade de Taffection au moment où la purulence s'établit, (bien que les symptômes observés soient sou- Tent très graves), la température s'abaisse notablement et reste stationnaire.
S'appuyant sur un grand nombre d'observations, Gradenigo pense que l'augmentation de température que l'on note dans les inflammations oculaires ne dépend pas uniquement de rhypérémie et d'un apport plus considérable de sang dans Torgane. C'est ainsi que dans les conjonctivites purulentes qui s'accompagnent d'une hypérémie considérable, la température de l'œil malade diffère à peine de quelques dixièmes de celle de Toeil sain^ tandis que dans les formes exsudatives et dipthéritiques, dans lesquelles les vaisseaux comprimés par l'exsudat sont exsangues, la température de l'œil atteint s'élève très notablement et peut atteindre 40*.
Dans les conjonctivites catarrhales chroniques, avec hypérémie de la conjonctive, du tarse, excoriation de la peau de^ paupières, la température observée n'est pas en rapport avec le degré de rhypérémie. De même dans les conjonctévites -miasmatiques avec ardeur et sensation de cuisson, la température observée n'est pas en rapport avec rhypérémie.
Dans la période aiguë des dacryocystites, rélévation de température du côté malade égale celle que l'on note dans l'érysipèle et peut s'observer 11», à un degré moindre cependant, du côté de l'œil sain.
Dans les catarrhes chroniques du sac lacrymal Taugmentation de la température est peu notable.
Dans les ulcères de la cornée, sans douleur, ni photophobie 11 peut exister des élévations de température assez marquées. Dans un cas cité par Gradenigo, la réaction étant très modérée, Tœil malade avait 31% l'œil sain 36^
Dans une autre observation d'ulcère de la cornée étendu avec kératocèle, injection conjonctivale vive, l'œil atteint avait 3808, l'œil sain 37*>6,
Une nouvelle exploration pratiquée après l'ouverture du kératocèle, l'injection conjonctivale étant moindre et l'amélioration très-marquée donne pour l'œil sain 36^2 pour l'œil malade 37<>3.
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Dans ses observations de température dans les maladies de la cornée. Galezowski a obtenus les résultats suivants :
Madame P..., 23 ans. Kératite interstitielle gauche, 37o6.
Madame V..., 40 ans. Ulcère superficiel de la cornée gauche, 37°.
M. Pierre, 60 ans. Abcès moléculaire central de la cornée gauche avec hypopyon datant de trois mois, 38o.
Mademoiselle BouteiUer, 25 ans . Kératite interstitielle superficielle gauche, 38«2.
Madame Blémont, 68 ans. Dégénérescence grise de la cornée 36o4.
Mademoiselle Tacite, 19 ans. Abcès périphérique de la cornée gauche : température oculaire, 38o6 ; température générale, 37o8.
MademoiscUc Guillemette, 16 ans. Phlyctène de la cornée droite ; température oculaire, 38j ; température générale, 37«5.
M. Galezowski, de même que Gradenigo soutient que l'élévation de température est surtout marquée dans les affections des membranes externes, les lésions des membranes internes (iris, etc.) s'accompagnent de modifications thermiques beaucoup moins marquées.
Cette proposition est démontrée par les résultats contenus dans les deux tableaux suivants :
l*' Tableau thermométrique oculaire par le D* Galezowski.
Conjonctivite aiguë catarrhale ..•••• 38^7 à 39<>
Conjonctivite granuleuse » 37»7 à 37o9
Iritis séreuse • 37«d
Iridochoroïdite plastique 37o6
Glaucome aigu 36o8
2* Tableau de thermométrie oculaire par Bespagnet, chef de clinique de
M. Galezowski.
M. Durosoir, 44 ans. Kérato-conjonctivite granuleuse avant et après cautérisation 37o6
M. Brunelay, 27 ans. Conjonctivite catarrhale algue pour les deux yeux • 38o8
M, Guibault, 46 ans. Ulcère rongeant cornée gauche après paracentèse 37®2
MUe Fettré, 30 ans. Kératite ponctuée gaucho . . . 36*>8
Mme Chaffain, 30 ans« Conjonctivite granuleuse . . • 36*8
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« Si Ion compare ces deux tableaux entre eux, dit M. Ga* lezowski, on voit qu'il existe une certaine analogie et que la conjonctivite catarrhale amène une élévation de température plus grande que les autres afifections oculaires. »
La thermométrie oculaire peut rendre de très grands ser^ vices en permettant d'apprécier le moment, le degré de la réaction après les traumatismes.
Oradenigo a noté, à la suite des traumatismes oculaires accidentels ou opérations une augmentation de température, variant suivant la nature, la gravité de la blessure. Dans les cas heureux, cette réaction n*est pas intense. Lorsqu'au contraire la fièvre locale est très vive, il y a danger. L'exploration thermométrique peut fournir dans ces conditions de précieux renseignements en indiquant une thérapeutique plus ou moins énergique.
Ainsi que nous Tavons signalé en décrivant le thermomètre employé par Gradenigo, il n'y a aucun inconvénient à se servir de cet instrument, même dans les traumatismes graves de rœil. Il suffît de baisser légèrement la paupière inférieure et de glisser Tinstrument entre les deux faces de la conjonctive, pendant que Ton ordonne au malade de regarder en haut, afin d'éviter tout contact du réservoir du thermomètre avec le bulbe. Si le thermomètre indique un degré élevé, il faut examiner immédiatement et attentivement l'œil blessé.
Dans une observation de corps étranger (fer) de la cornée, avec réaction vive, la température de Tœil sain était de 36^ celle de l'œil malade 37M.
L'instillation d'atropine dans un œil élève la température de l'organe. Dansplusieurs observations citées par Oradenigo. la température de Tœil dans lequel on pratique une instillation d'atropine ou d'ésérine, s'élève rapidement (au bout d'une 1/2 heure environ) de 2, 4 et 5 dixièmes,
Le glaucome, donne lieu à une élévation de température locale. Il serait intéressant d'étudier soigneusement la température locale de l'œil dans cette affection, en raison des indications pronostiques et thérapeutiques que cette étude pourrait fournir.
En résumé, les recherches des auteurs que nous venons de
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citer nous démontrent Tutilité de la thermométrie locale en opthalmologie.
Les variations de la température peuvent donner des indications pronostiques précieuses, et nous recommandons surtout l'usage du thermomètre à la suite des traumatismes de Toeil.