MALADIES MENTALES
Paralysie générale :
La pla» hante. La plus la«86.
2 cas au 1" degré 98<» F. 97*2 F.
3 cas au 2<' degré 98*> F. 96*»4 F.
4 cas au S*" degré 96M F. 95® F.
Manie épileptique 98*^ F. 96*» F.
Phthisical manie 105" F. 99^ F.
Dans la manie, la température s^élëve au moment de la période d'exaltation. L'exploration thermométrique peut servir dans quelques cas en indiquant le moment précis auquel la dépression commence, auquel l'exaltation cesse, annonçant même à Vavance Taccës qui va survenir.
Dans la manie dite à double forme^ la température s'abaisse et s*éiève en même temps que le malade présente de Texal^ talion et de la dépression. Dans la manie chronique, on a pu observer des abaissements de température de 6^.
Lowenhardt * vient de publier quatre observations de manie ; il a noté, dans ses observations, des températures extraordinairement basses.
Dans un de ces cas, en effet, la température se maintint pendant plusieurs semaines entre 25^ c. et 30®, et pendant les trois derniers jours entre 25* c. et 3P,35 c.
Dans le deuxième cas, la température fut la veille de la mort de 30'',8 et peu avant la mort 29"* c.
Dans le troisième cas, on observa dans les cinq derniers jours une température oscillant entre 23*^,75 et 3P,5.
Dans le quatrième cas, enfln, le malade présenta les deux derniers jours une température variant entre 28*» et 3P,8.
Avec ces températures, dit Lowenhardt, les malades ne semblaient pas plongés dans la stupeur ^Avant leur attaque de manie, ils étaient adonnés à Talcool . Leur trouble mental se présentait sous la forme d'exaltation, la fureur se manifesta même à certains moments ; il y avait en outre une grande agitation, insomnie et tendance à se déshabiller et à déchirer les vêtements.
i . LowsNHARDT . îlcber eine Form von Manie mit iiefer Temperatur inikimg, — AUg. Zeitschr. fur Psychiatrie, t. XXV, 5 et 6, p. 685, 1868. S. hmidfs Jahrbûcher, n«3, p. 297, 1870, ^-t 38« Congrès des méde- '^ins et naturalistes ail émanas à Stcttin, septembre 1863 ; Schmidt's Jalirb. B« CXX, p. -272, 1863.
Redaru 7
Des bains froids leur avaient été administrés ; une diarrhée incœrcible existait chez ces quatre maniaques. La température tomba en général plus ou moins rapidement dans le cours des six ou huit dernières semaines et dans deux des cas, elle continua à descendre jusqu'à la mort, tandis que dans le troisième cas, la température devenue très basse remonta relativement beaucoup la quatrième semaine qui précéda la mort pour s^abaisser de nouveau rapidement et d'une façon constante jusqu'au terme fatal.
Il y avait de grandes variations entre la température du matin et celle du soir .
Lowenhardt pense que les bains fréquents ne doivent pas avoir agi comme cause bien efScace de Thypothermie ; il admet la paralysie d'un centre régulateur de la chaleur par une lésion cérébrale.
Le tracé du pouls, nous dit-il, est celui qu'on observe dans la paralysie du système nerveux vaso-moteur.
L'abaissement de la température est aussi un des signes les plus fréquents de la mélancolie (Marcé). Les formes de mélancolie avec stupeur (mélancolie attonita) présentent des abaissements de température souvent très considérables ; quelquefois, il est vrai, la température peut monter brusquement.
Dans un cas, Williams a vu la température qui était le le matin 98^,8 F. monter le soir de 5"* ; le malade succomba bientôt.
M. Lamoure *, interne à l'Asile d'aliénés de Ville-Evrard, a étudié la marche de la température dans la lypémanie avec stupeur .
Voici les conclusions de cet auteur :
1^ Dans la lypémanie avec stupeur, on observe un abaissement général de la température ;
2'' Cet abaissement de température est à peu près de V 5.
S"" Cet abaissement de température est en raison directe du degré de la stupeur.
1. Lamoore. De Vabaissement de la température dans la lypémanie avec stupeur (thèse de Paris, 1878, n» 10).
1IALAD1K8 liKMTÀLES 90
L'observation suivante démontre que, dans certains cas, la température peut considérablement s'abaisser.
Obsbbvation XIV. — Lypànanie avec stupeur. —Abaissement de la température,
M>** P..., âgée de 24 ans, entre à l'asile de Ville-Évrard le 20 jaîllet.
Âa début, accès nerveux hystériformes, auxquels ont succédé de la prostration avec stupeur. L*état général est mauvais, conséquence du peu de nourriture que prend la malade, qui se borne tu régime lacté.
Msigreur, décoloration des téguments,
Afatiâme absolu ; la malade marmotte quelques mots inintelli- ^bles, etc.
Temp^tare uilUire.
AÎatiii.
Soir.
23 juillet .
Moyenne. . . . 35^6 L état général s^aggrave et la malade meurt le 29 juillet, dans le marasme le plus complet.
L'épilepsie, Tétat de mal épileptique, se différencie de rédampsie (Dieudé *) au moyen du thermomètre par ce fait que dans Téclampsie, la température est toujours très élevée, dans l'épilepsie elle s'abaisse ou tout au moins s'élève légèrement (Bourneville).
Clouston qui a fait des recherches sur 2,000 aliénés a vu que dans quelques cas, la température 0*élevait et cela surtout chez les fous tuberculeux.
La paralysie générale lui a offert moins souvent des élévations de température, mais la manie aiguë, Tépi* lepsie, la mélancolie s'accompagnaient toujours de tempe* ratures fébriles.
Cet aliéniste se trouve donc en désaccord avec Williams et
i. Dttoot. CofUHbuiion à i'éiudê eliniquê de la température dam l'édomptU puerpéraU (thèse de Pari», iSlo).
100 ABAISSBMBNTS DE TEMPÉRATURE
un grand nombre d*auteurs, lorsqu'il nous dit que la seule affection dans le cours de laquelle il a rencontré un abaissement de température^ est la forme confirmée de la paralysie générale.
Pour Clouston, le signe caractéristique de toutes les maladies mentales, c'est que la différence entre les températures du matin et du soir est plus faible que chez les sujets sains. Cela est dû principalement à une élévation de la température du soir et non à l'élévation de la température du matin.
Chez les individus atteints de paralysie générale, la moyenne de température du soir est plus élevée que la moyenne des températures du matin.
Dans tous les cas de folie, même dldiotisme, la température est beaucoup plus élevée le soir.
Cet observateur a vu aussi que dans les cas d'exaltation, au lieu d'un abaissement de température, on obtenait une élévation.
Dans les cas d'épilepsie, il a noté l'abaissement de tenipé* rature au début de l'attaque : quant à l'abaissement de température à la fin de l'attaque, il ne se produit que lorsque répileptique se met à dormir.
Lorsque la maladie fait des progrès, l'abaissement de la température porte surtout sur la température du matin. Tels sont les résultats auxquels est arrivé Clouston. Sans prétendre qu'ils ne sont pas l'expression de la vérité, car nous n'avons pu nous livrer à des recherches sur ce sujet, nous avons cependant un reproche grave à adresser à cet aliéniste : celui de prendre trop rapidement ses températures, et de ne pas laisser son thermomètre assez longtemps en place.
Pour la température axillaire, il faut au moins dix ou douze minutes pour obtenir la température véritable. Or, Clouston ne laisse son thermomètre en place que deux ou trois minutes; pour nous ce temps est insufilsant, et nous craignons que des erreurs n'aient été commises. D'un autre côté, si Clouston n'a vu des abaissements de température que dans la manie, un trop grand nombre d^aliénistes ont signalé des températures sous-normales dans d'autres affections mentales, pour que ces abaissements de température n'existent pas.
mPLUBNGE DE L'ÉTAL MORAL 101
Dans ridiotie, dans rimbécillité on a aussi signalé des abaissements de température, d*autant plus grands que la maladie est plus avancée. Williams prétend même que suivant le degré de température observé, il peut dire à quelle catégorie de malades appartient un idiot.
Chez un idiot qui ne pouvait ni voir, ni entendre, ni accomplir aucun des actes de la vie sociale, la température était 92* F.
Dans la paralysie générale, certains auteurs ne sont pas d'accord avec Ludwig Meyer qui prétend que dans ces cas on a le plus souvent une élévation de température.
KrafTt Ebbing, Williams et les auteurs cités plus haut ont TU, au contraire, des abaissements de température.
Pendant Tattaque d'épilepsie, la température reste élevée (Cbarcot et Bouchard) ; après l'attaque, Ton peut voir un abaissement de température allant jusqu'à 5*".
Avant Vattaque même, nous Tavons vu, d'après Clouston et Williams, il y aurait un abaissement de température. Ce fait est fort intéressant et demande à être vériâé ; on comprend en effet combien il serait important de prévoir une attaque, sachant surtout que Brown-Séquard a démontré que par des excitations périphériques pratiquées au début de l'attaque, on pouvait arrêter l'accès épileptique.
Le thermomètre nous rendra donc chez les aliénés de grandf; services, il pourra nous faire prévoir le début des maladies fébriles dont ne se plaignent pas souvent les malades de nos asiles; il nous indiquera enfin, par le degré des abaissements de température observés, la gravité et les différentes phases de la maladie.
Influence de Vétat moral. — Les émotions vives, ainsi que Ta df^raontré M. le professeur VerneuiP, agissent sur l'encéphale à la manière d'une commotion ou d'un choc. C'est ainsi que la frayeur, la joie, la colère, produisent des modifications dans la température.
La frayeur abaisse la température.
«Les impressions morales pénibles, dit C. Bernard, amènent un abaissement de température mesurable, qui correspond
\, VfBXECiL. Art. Commotion du Jïki, encyd, d(*s sciences médicales.
à des troubles de la circulation capillaire et par suite de la nutrition, pouvant amener des lésions organiques intimes, quand elles sont intenses et prolongées. >
La Joie, Tespérance, la colère et en général toutes les passions excitantes augmentent la température.
Ch. Martin S qui s'est fait remarquer par sa patience dans les recherches thermométriques, a 7U la température monter de 28^4 R, à 30"* dans un violent accès de colère, mais il la vit bientôt descendre à 2T sous Tempirede la flrayeuret remonter ensuite à 29*.
CuiTie * a insisté sur l*influence qu'exerce l'état moral de rhomme sur la conservation de sa chaleur propre.
La température de la peau d*un homme sur lequel il fit des expériences baissa de 28*',4 à 25* sous Tinfluence du froid ; la seconde fois que le sujet, doué d'un caractère craintif, se soumit à l'expérience, sa chaleur, qui n'était que de27',5, tomba à 22%6.
Krimer attribue à la stupéfaction et à la peur de l'animal auquel il sciait le crâne, les abaissements de température qu'il observait dans toutes ses expériences.
Nous pensons aussi devoir attribuer une certaine part dans les abaissements de température que nous avons signalés chez tous les blessés atteints de traumatismes graves, à la terreur qu'inspire un champ de bataille, et aux passions déprimantes auxquelles sont le plus souvent en proie les combattants.
N^est-ce pas là peut-être Texplication de ce fait qui avait tant frappé Dupuytren ; la fréquence beaucoup plus grande de la stupeur après les blessures chez les jeunes conscrits que chez les troupes aguerries ?
Nous pouvons dire enfin que pendant la dernière guerre civile, les accidents d'abaissement de température compliqués de stupeur nous ont paru beaucoup plus fréquents chez les soldats insurgés que chez les soldats de nos troupes régu-