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CHAPITRE II

TECHNIQUE DE LA. THERMOMÉTRIE LOCALE. — THERMOMÈTRES. — APPAREILS THERMO-ÉLECTRIQUES.

On ne peut admettre aujourd'hui avec Chomel, « que pour l'appréciation de la chaleur morbide, le meilleur, le seul instrument même que le médecin puisse employer, est la main, et que le thermomètre ne donne qu'une idée imparfaite de rélévation de la chaleur. »

D'après Bouillaud ^ lorsque la main est parvenue à son plus haut degré de perfectionnement par son éducation et lorsqu'elle est appliquée attentivement sur la peau, on peut évaluer à un degré et même à un demi-degré près, la température que donne exactement ensuite l'application du thermomètre.

Bien que l'appréciation de la température locale avec la main rende de grands services, on doit reconnaître avec la maiorité des auteurs que cette évaluation est lom d'être mathématique, qu'il est utile de se servir d'instruments qui donnent une précision absolue. , ^

« Proposez, dit Lorain \ à tous les assistants de percevoir avec la main la température d'un malade et notez le chiflre de chacun, vous verrez quelles grossières erreurs sont commises. L'un dira 40°, l'autre 38°, l'autre 37°, un autre 39 . Seul, le thermomètre aura raison. » , ,

Les méthodes et les procédés employés pour la recherche des températures locales sont multiples.

L'étude de la technique de la Ihermométrie locale nouspa-

i. CuoMEL. Eléments de pathologie générale, p. 307, 18o6.

9 BouiLL\CD. Clinique médicale, 1837. ,

a! LoIkv^. Etudes de médecine clinique : Température du co^'S hu

main, 1877.

raît avoir une importance capitale et il est nécessaire d'établir nettement les procédés d'exploration qui mettent à l'abri de toute erreur.

Le choix d'un instrument parfait est nécessaire, si l'on veut obtenir des résultats exacts et sûrs. Nous pensons que c'est pour s'être servi d'instruments défectueux que quelques auteurs sont arrivés à des conclusions incertaines ou fausses,

Si dans les recherches de thermométrie générale on peut généralement s'abstenir de l'emploi d'une méthode minutieusement exacte, il n^en est pas de même dans les recherches de thermométrie locale, la précision absolue est nécessaire, car certaines conclusions sont basées sur des différences de 2, 4 dixièmes entre deux régions. Les méthodes précises des laboratoires de physiologie doivent être appliquées dans ce cas à la clinique, et cela nous paraît d'autant plus utile que la thermométrie locale étant [encore à l'état d'enfance, il faut établir d'abord rigoureusement et scientifiquement les lois générales. Ce n'est que plus tard, lorsque ces lois seront bien connues, que la pratique médicale pourra se servir de procédés moins rigoureux et plus simples.

Après avoir signalé les instruments très nombreux proposés dans ces dernières années, nous établirons quels sont ceux qui nous paraissent les meilleurs, nous signalerons les causes d'erreur, les moyens propres à les éviter, les précautions techniques souvent minutieuses mais nécessaires à recommander dans l'application de certains instruments.

I. Thermomètres.— Les premiers auteurs qui se sont servis de thermomètres pour les recherches de thermométrie locale employaient des instruments imparfaits à réservoir sphériqueet volumineux qui exposaient à des erreurs.

De Haen employait un thermomètre fabriqué par le mathématicien Marci, selon les modèles de Fahrenheit, Prins et Réaumur. « J'ai moi-même vérifié l'exactitude des thermomètres Fahrenheit, dit de Haen, d'après le grand thermomètre universel, fabriqué avec un soin extrême par Prins. »

En 1805, James Currie décrivit un thermomètre à mercure dont la tige était coudée, disposition adoptée plusrécemmen par Robert de Latour.

Redabd,

Ilaller, Hunter se servaient cFun petit thermomètre à mercure.

Martine, Edwards, Davy, Earle avaient aussi des thermomètres à petit réservoir à tige mince, gradués suivant l'usage.

Avant 1840, Piorry dans le but d'apprécier la température périphérique avait employait un thermomètre spécial.

Gavarret, dès 1839, Roger, dès 1844, employèrent le thermomètre ordinaire. Gavarret s'est servi dans ses recherches ultérieures des appareils thermo-électriques.

Monneret* en 1846, indique les précautions pour obtenir exactement la température des membres atteints d'érysipèle, d'oedème,dephlegmon, avec le thermomètre médical ordinaire.

« Les auteui^ se taisent, dit cet auteur, sur la manière d'agir en pareil cas et n'indiquent pas les règles qu'il convient de suivre pour arriver à une détermination exacte de la température. Nous avons fait nous-mêrae un grand nombre de tentatives de ce genre et nous pensons que le moyen le plus sûr pour avoir le degré de chaleur, c'est de placer la boule du thermomètre à plat sur la partie dont on veut connaître la température, de l'environner de plusieurs compresses de linge ou d'un morceau de ouate, de coton, de faire une observation comparative sur la partie similaire en disposant l'expérience de la même façon enfin de laisser le thermomètre longtemps et jusqu'à ce qu'on soit sur qu'il y a équilibre de température entre le corps et les linges qui l'entourent. Disons encore que la détermination des températures partielles est hérissée de diffieultés et exige les plus grandes précautions.»

Demarquay (de 1849 à 18Î8) se sert du thermomètre médical appliqué et maintenu sur les régions à explorer au moyen

B^^renspru^ se sert dans ses recherches d'un thermomètre ordinaire, dont la boule est appliquée sur la peau,

1 MoNNiinisT. Compcndium de médecine pratique, t. VIII, art. Température, pages 111, ti2, 113, 18^^^^^ UnforsMc/mnf/e» ùbè; cto TSÏcrat»ri;.vAci/mi«x> des XLcisehcn inu.csundcn und huniken Zustande.

mais qu'il recouvre d'une cloche afîn d'éviter le refroidissement par l'air extérieur.

Haubold ' applique sur la partie dont il veut obtenir la température un tube de métal rempli d'eau dans lequel plonge un thermomètre.

Wunderlich n'indique pas, dans son Traité, des modifications spéciales du thermomètre appliqué à la recherche des températures locales.

Alvarenga dit que le réservoir aplati est plus commode pour prendre la température des superficies, il se sert cependant en général d'un réservoir cylindrique. « Foiif déterminer la température locale d'Une partie, dit Alvarenga, on applique de champ sur la région Je réservoir du thermomètre ; on conseille de couvrir la partie libre du réservoir avec du coton ou des compresses d'étoffe pour éviter ou diminuer l'irradiation calorifique. Nous avons employé l'iifî et l'autre procédé. »

Thermomètres de Walferdin, de Colin, de Cl. Befnafd. — M. CoHn^, dans un rapport très important, itisiste sUr la difficulté de la détermination des températures extérieures et des surfaces. « D'où vient, dit ce physiologiste, que l'es physiciens, aujourd'hui si féconds en découvertes et en applications merveilleuses, ne nous donnent pas les instruments propres à obtenir rapidemetit et stirement toutes l'es indications thermométriques dont la physiologie et là clinique peuvent avoir besoin à chaque instant?

Si au moins ils nous donnaient des thermomètres sensibles et d'un emploi commode pour déterminer avec précision les températures de surface. Mais la plupart des thermomètres sont mal construits, leur zéro est remonté de cinq, de huit dixièmes de degré, d'un degré et pins. Et comme ce zéro Manque d'ans le plus grand nombre, la vérification de l'échelle est impossible sans un étalon, et d'ailleurs la" vérification étant faite, il faut encore corriger par le calcul toutes les indications obtenues. En outre, le plus souvent le réservoir de ces

L llAuiiOLD . 7Je cabre morrftice, Leipzig, 1860.

CoLi>; (d'Alfort). Sur la détermination de la tewàéraiure des wirties supeitciellcs du corps, mielin de l^Acad. de méd.^!^Se. 18800

292 TECHNIQUE DE LA THERMOMÉtRIE LOCALE

thermomètres est si volumineux qu'ils mettent quatre, cinq minutes et plus, à donner la température cherchée, fie sorte que si l'on est pressé ou impatient, on lit trop tôt une indication fautive. Enfin, et c'est là leur défaut capital, ils ne se prêtent pas bien à la détermination des températures de surface. »

Cl. Bernard, Colin, se sont servis dans leurs recherches des thermomètres de Walferdin d'une sensibilité très grande, « objets d'art, réservés à un petit nombre d'expérimentateurs et dont les modèles ne sont pas à la portée des constructeurs ordinaires. »

Les thermomètres de WalferdinS ont un réservoir très petit et un tube capillaire. Les thermomètres à tubes capillaires ayant une course, limitée à quelques degrés ne peuvent servir qu'entre des températures limites très voisines, suivant la quantité de mercure qu'on mettra dans sa tige.

M. Walferdin a imaginé de mettre ou d'enlever du mercure à volonté, ce qui rend l'instrument propre à marquer 5 degrés à partir d'une température que l'on fait varier à volonté. Pour cela, il laisse au sommet une petite chambre vide destinée à retenir un excès de mercure. Qu'on échauffe, par exemple, l'appareil jusqu'à 40 degrés, qu'on le retourne et qu'on lui donne une légère secousse, on fera tomber 1 excès de mercure dans la chambre, et ce qui reste dans la tige se séparera de cet excès pour reculer vers le réservoir pendant le refroidissement. Alors l'instrument se trouvera dispose pour indiquer les températures depuis 35 jusqu'à 40 degrés.

On peut obtenir, avec cette disposition 10 centimètres de variations par degré, ce qui permet d'évaluer le millième : au point de vue scientifique, ce résultat est d'une rigueur précieuse, car le verre se dilate par saccades, et l'observabon du millième est fictive; au point de vue médical, le thermomètre Wtilferdin est très sensible. w

On peut, en adoptant le principe et les modèles de alferdin, obtenir des instruments qui donnent le 1/20 de degré, ce

i Walferdin. - Thermomàlremélasiatique à échelle mi, Bullclin de la Société degéologie, l. H, p- 83, \ 8oJ.)

qui est très suffisant pour les recherches de thermométrie médicale.

Le réservoir très petit des thermomètres de Walferdin peut être placé sous la peau.

On l'abrite par un petit cornet ou une sorte de capuchon de drap mince, tantôt par un simple disque de même nature pincé de façon à prendre la forme d'une coquille et à ne pas toucher le réservoir.

M. Béclard, dans ses expériences de thermométrie musculaire, se sert de thermomètres ordinaires appliqués sur la peau, dont le réservoir est maintenu par une bande de laine enroulée. Ces thermomètres ont une échelle comprise entre 31*^ et 37°. Chaque degré présente 50 divisions.

Un grand nombre de cliniciens se sont servis dans ces derniers temps du thermomètre médical ordinaire avec petit réservoir maintenu au moyen de bandes sur la région explorée. (Peter, Lereboullet, etc.)

Weir Mitchell se sert dans ses recherches d'un petit thermomètre dont la boule est recouverte dans une moitié de sa surface par une pièce de liège qui la déborde d'un demi pouce, qui empêche la déperdition et abrège la durée des observations. Il laisse le thermomètre en place pendant une demi-heure.

^ Weir Mitchell préfère à ce thermomètre les disques thermoélectriques de Becquerel.

M. Lereboullet (1880) prend les températures locales en appliquant directement sur la peau le réservoir du thermomètre et en maintenant celui-ci à l'aide d'un tampon d'ouate retenu et fixé par le doigt du médecin qui recueille la température.

Les thermomètres gradués par comparaison avec un thermomètre étalon, sont munis d'index, mentionnant les corrections à exécuter.

TECriNIQUK DK 1,.V TIIRRMOMKTrUE LOCALE

Thermomètre à surface de E. Ser/nin. — En 1807, Seguin* a proposé un thermomètre destiné à prendre les températures locales. Ce thermomètre est constitué par un petit réservoir aplati en verre assez épais. (Voir fig. 30). L'échelle a une étendue assez grande. Cette disposition, d'après l'auteur, permet une application facile de l'instrument et lui donne une grande sensibilité.

Seguin se sert pour apprécier la température de deux régions de deux thermomètres comparables.

Il recommande d'appliquer l'instrument perpendiculairement et de n'exercer de pression que dans les cas de tumeurs pulsatiles; il le laisse en place de trois minutes à cinq minutes.

Thermomclre de Kuchenmeister.— EnlSlO, Kuchenraeister ^ propose un thermomètre dont le réservoir est aplati d'un côté de façon à pouvoir s'appliquer facilement sur les surfaces dont on veut connaître la température, La cuvette est recouverte de plusieurs feuilles d'or qui sont destinées à éviter tout rayonnement.

La forme de ce thermomètre est exactement la ^même que celle du thermomètre de Seguin. Thermomètre de Lahorde\ - C'est un thermomètre de dimension exactement appropriée à l'échelle de température qui doit être parcourue; il est renfermé dans un tube d'argent, sa cuvette ayant une forme allongée faite pour pénétrer aussi loin que possible dans l'extrémité inférieure effilée du tube.

1 SnrnrN JVm York Mcdiail Record. January 1 867 et Tlurrmo- J^^S- et Zathcmatiçucs, leurs applications a lamédcctnc et a l.

f ^1?'iSn£;S;.:"^^<;.c.. d f reniât n:^:n:^c^Sc an vcrschicdcn Jvorper/|acJm ««rf KorpcrUu.lcn.

20 juillcl 1870. Gar.ctle hebd., 48/1, p. GOo-bOb.

Le tubo lui-même est ouvei-t en avant dans une hauteur suffisanle pour laisser voir réchclk thnmométrique : il est effilé en pointe à son extrémité inférieure, à laquelle vient se visser une aiguille d'acier poli d'environ deux centimètres de loQg, terminé supérieurement en pas de vis.

Le tube, joue le rôle de conducteur de la chaleur, il suffit d'enfoncer dans les tissus de quelques millimètres l'extrémité effilée du tube, pour qu'il prenne et communique immédiatement au thermomètre la température de ces tissus.

Thermomètre de Dupré. — En 1872, Dupré ' expérimenta à Westminster Hospital un thermomètre dont le réservoir enroule en spirale était contenu dans une coupe métallique et qui, d'après l'auteur, permettait d'obtenir la température exacte d'une surface en cinq minutes.

Ce thermomètre était à maxima. La tige était rectillgne.

Le principe de cet instrument est le même que celui qu'a employé Mortimer Granville, six ans plus tard.

Thermomètre de Mortimer Granville. — Ce thermomètre est destiné à prendre des températures de surface, en se mettant à l'abri de l'action de l'air.

II se compose d'une coupe en maillechort fixée dans une boîte d'ivoire ; un tube roulé en spirale plate forme le réservoir. Ce tube occupe une grande portion de l'orifice de la coupe. Du centre du réservoir s'élève un tube qui passe à travers une ouverture de la coupe en maillechort maintenu par une rondelle de caoutchouc et qui s'enroule en spirale à l'extrémité supérieure de la boîte en ivoire pour former une échelle divisée en 1/5 ou 3/10. Un couvercle en caoutchouc durci placé sur la boîte en ivoire protège le tube horizontal. Une rainure permet d'apercevoir les degrés de l'échelle.

D'après Mortimer Granville, la disposition de ce thermomètre permet d'apprécier très exactement la température d'une surface, la coupe en maillechort faisant l'office d'un ré-

p Voo^ctïl's"" ^ ^'^'^^^'^^ Insulated surface Thermometcr. Lancct, 1872, 2. MoTrmiKu-r.nANviLLE. — A pncM Surface Thermometcr. f.anccL,

servoir de chaleur, et empêchant l'action de l'air dans lequel on observe le malade. ,

Mortimer recommande aussi cet instrument pour prendre la température de l'haleine des malades atteints d'affections thoraciques.

Tliermomèire de contact de Lépine. — Dans le but d'apprécier la température des surfaces, Lépine a proposé, vers 1875, un instrument, se rapprochant par plusieurs points du thermomètre de contact de Pourier', qui sert, en physique, à déterminer la température d'une surface et la conductibilité des corps. Ce dernier instrument se compose d'un thermomètre dont le réservoir est engagé dans un entonnoir renversé. Cet entonnoir est rempli de mercure et fermé par une peau de chamois. Lorsqu'on veut connaître la température d'une surface, il suffit de la mettre en rapport avec une plaque métallique qui est contigue à la peau de chamois. La plaque se met au bout d'un certain temps en équilibre de température et le thermomètre indique la température de la suface.

Le thermomètre de contact de Lépine se compose d'une plaque métallique, non flexible fixée à un réservoir en verre contenant du mercure. Ce réservoir se continue avec un tube capillaire, gradué comme dans les thermomètres ordinaires.

Une enveloppe en verre contenant du coton protège le réservoir et empêche toute déperdition de calorique.

Lorsqu'on veut connaître la température d'une surface, il suffit d'appliquer la plaque métallique sur la partie explorée; cette plaque se met en équilibre de température et échauffe le mercure qui monte dans le tube capillaire. Lorsque la colonne mercurielle est stationnaire, on lit sur l'échelle du thermomètre et on a ainsi la température recherchée.

Thermomèlres de MM. Lépine, Peler, Burq, etc. — M. Lepme et M. Brébion - se servent d'un thermomètre, composé d'une

1. FooRiEu. - Voyez Salleron. CalaloQue des inslrumcnls de phy-

''^''BiuS.^C'o^î/^riiui/on à Vétude de la lempératurc de la paroi thoraeîque chez les phthùiques. Revue mensuelle de Médecne et de Chtrmgie, N» 7, 10 juillcl, 1880.

cuvette en spirale («), (flg. 31), pouvant reposer sur un plan, d'un tube à parois minces, d'un calibre de 2 millimètres environ et rempli de mercure. Du centre de la sphère s'élève la tige graduée.

Avant de l'appliquer, on recouvre la cuvette d'un disque d'étofle percé à son centre, de façon à laisser passer la tige graduée. Puis, après avoir eu soin d'élever la colonne de mercure jusqu'à 36°, on la place sur la peau.

Quelques instants suffisent, disent les auteurs, pour que la colonne de mercure se mette en équilibre.

M. Peter se sert, dans ses recherches, d'un instrument à peu près semblable.

Dans ses études de thermométrie comparée, P. Philipp ^ s'est servi d'un thermomètre construit d'après les indications de Kronecker, le réservoir est, de même que dans les thermomètres de Peter, constitué par un tube contourné en spirale d'une longueur de 15 centimètres.

Le thermomètre, présenté par M. Burq^, est formé d'un long tube en spirale faisant suite à une large cuvette plate fixée sur une plaque de métal blanc de 7 centimètres de diamètre où se lisent facilement les dixièmes de degré. Les dimensions et la forme de ce thermomètre, dit M. Burq -, le rendent aussi portatif que commode pour pouvoir s'appliquer directement par sa cuvette même sur toute surface.

La cuvette est recouverte d'un petit manchon capitonne formant couvercle sur la petite cupule qui l'enserre, afin de prévenir l'irradiation.

Thermomètres de Mills et Leffmcmn, de Mattson. — Dans le but d'éviter les inconvénients du thermomètre de Seguin, dont la surface du réservoir, formée d'un diaphragme de verre mince et élastique et cédant à la pression, peut faire commettre des erreurs, MM. Mills et LefTraann ont proposé un thermomètre construit de la façon suivante :

rn' f"'"'!"'- ^'^^f '^^^'^'^differenzen dcr Brusthalflen bci einscitigen Erkranhunrjen der Brustorgam. Diss. Berlin 1878

.oL"^?^- ™''fcci?ie, 27 janvier 1880, France médical,'

1880 et Gazette des hôpitaux, 1880. mcaicaïc,

13^'lS' '"'^^''''™''" "^''''''''^"'^^^^^^^ P- March.

fao

Dans un tube à essai ordinaire, se trouvent doux bouchons, un au milieu, l'autre au niveau d'une des ouvertures. A travers ces bouchons passent la tige duthermomètre et le réservoir maintenu au niveau de la surface externe du bouchon inférieur.

Pe cette manière, disent les autours, on évite les effets des courants dair, du contact des doigts et de la pression.

Le thermomètre de Mattson ^ consiste en un tube spirale d'environ 1 millimètre de diamètre et 5 centimètres de long, faisant presque trois tours. La longueur de la tige varie entre 13 et 15 centimètres, La colonne de mercure à 1/3 de millimètre. L'échelle va de 90" F. à 110" F. Le réservoir et le 1/5 inférieur de la tige sont protégés par une enveloppe cylindrique de caoutchouc durci ouverte en bas. La tige passe à travers un diaphragme de caoutchouc.

Cet instrument, dit Mattson, n'est pas influencé par la pression, grâce à la forme spirale du réservoir qui présente une surface étendue et résis- - H H tante.

ThermomHre de sitrfacc de B. V. Anrep. — B. V. Ânrep^ s'est servi, dans ses recherches de thermométrie locale, d'un instrument (voir fig. 32) qui ne diffère des thermomètres ordinaires que par la forme du réservoir à mercure a, qui est entièrement plat et entouré d'une cloche en verre b destiné à le soustraire à l'influence de l'air ambiant.

J Anrep recommande de ne pas appuyer trop fortement le thermomètre contre la partie explorée, car « le réservoir est si mince qu'on peut, sans cette précaution, faire monter la colonne mercurielle. »

\. Mattson. PhUadelphia Médical Times, pages 308. Mardi, 13,

^^2° Von \mv.v. Uebcr pcripherc Tempera! urmci^suwjev hci l'^''"; kranhen. Verhandlunçjen dcr Physiknl.-Medirin. GcsrlbrJnift v> \\uihurq. XIV. Hand I, und2. Hoa. 1880.

Thmnomhirc. (VAuo. Fowùi (fig. 33). — Cet instrument diffère du thermomètre médical ordinaire par sa cuvette qui est de très petite capacité et qui a un diamètre de 1 millimètre 3 dixièmes environ. La quantité du mercure qu'elle contient est évaluée à 3 millimètres cubes au maximum. Son tube coudé en un point est extrêmement capillaire et la ténuité de la colonne mercurielle nécessite l'emploi d'une loupe avec laquelle on lit le degré thermoraètrique.

ripf. 33. — Thermomètre Je Voisin.

Nous avons fait construire par M. Alvergniat ' une série de thermomètres dont les tubes sont de longueur et de direction variables, et d'une construction analogue à celle que nous venons d'indiquer.

Ces instruments sont destinés à l'exploration delapoitrine, membres du thorax, du péricrûne; le tube du thermomètre Voisin n'étant pas assez long et rendant difficile son applicaiion sur certains points.

1. Nous remercions M. Alvergniat des rcnscigncmcnls prôcioux qu II a hicn voulu nous fournir sur les appareils Ihernioméi riqucs.

En raison de la petite quantité de mercure contenue dans l'appareil, de la surface relativement grande de contact, cet instrument donne des indications rapides, surtout si l'on a eu soin, au début de l'observation, d'échauffer, pendant une demi-minute, le réservoir dans la pulpe des doigts.

Il faut cependant laisser le réservoir en contact avec la région explorée au moins 5 minutes. L'expérience nous a appris que ce temps était nécessaire.

Nous partageons l'avis de M. Biaise', lorsqu'il dit: « On trouve à peu près partout, dit M. Biaise, que le thermomètre Voisin permet d'obtenir au bout de deux minutes environ la température d'un point quelconque du tégument. C'est une erreur absolue ; et si l'on procède à la lecture après un temps d'application aussi court, on peut être certain que la colonne mercurielle n'est pas en équilibre définitif. Nous en avons maintes fois constaté la preuve; il serait plus convenable de dire qu'il faut environ sept à huit minutes, quelquefois même davantage, pour arriver à un résultat absolument correct. »

Nous pensons cependant qu'on peut réduire à 5 minutes le temps d'application (8 minutes pour M. Biaise), surtout si on a soin d'échauffer préalablement le mercure du réservoir.

Les indications de l'instrument nous ont paru assez précises. — Si l'on prend une série d'observations sur un même point, on obtient les mêmes chiffres. C'est là une expérience que nous avons souvent répétée et qui nous indique que nous devons avoir confiance dans les résultats obtenus au moyen de ce thermomètre.

Les inconvénients de cet instrument sont : de présenter un réservoir mince de telle sorte que la moindre pression fait monter la colonne mercurielle et expose à des erreurs. Le petit réservoir est difficile à maintenir en place, la main qui tient le tambour du thermomètre peut se déplacer, donner une pression trop forte au réservoir ou l'éloigner trop de la région. Les déplacements du réservoir donnent lieu à des frottements ou des pressions qui élèvent la température 1. BhMSK. ContribuUons à l'étude des températures périphériques, etc. Thèse de Montpellier, 1880.

(le la peau et nuisent à la précision des résultats. — La loupe à travers laquelle on lit les degrés thermomôtriques expose en outre à des erreurs de 1» et même 2°. Si l'on n'a pas soin de maintenir le tambour dans une rectitude parfaite, si la tête de l'observateur n'est pas convenablement dirigée, si la loupe est inclinée en haut ou en bas, il est impossible de lire exactement le point où s'arrête la colonne mercurielle. Il faut veiller à ce que le trait correspondant au ménisque et indiquant soit un degré, soit un demi-degré, soit exactement horizonlai.

Les erreurs tenant aux jeux de réfraction qui se passent dans la lentille à travers laquelle on lit les degrés thermométriques peuvent être considérables ainsi que nous l'avons constaté plusieurs fois, et il faut veiller attentivement afin de les éviter.

Il faut, en outre, avoir bien soin de ne pas échauffer avec la main la tige du thermomètre et le tambour qui la contient. Comme inconvénient de bien moindre importance, nous devons signaler la fragilité de l'instrument et son prix assez élevé.

Il n'est pas nécessaire, pour ce thermomètre, (de même que pour le thermomètre ordinaire), de recouvrir le réservoir avec de la ouate, du taffetas, etc. Cette pratique expose à des erreurs, et l'application d'un tampon de ouate plus ou moins pressé sur le réservoir du thermomètre crée une atmosphère d'air confiné qui élève la température et suffit pour faire monter la colonne mercurielle de 5 dixièmes à 1°. Les applications du thermomètre doivent donc se faire à découvert.

Les observations de M. Parizot ^ prouvent que cette pratique expose à des erreurs négligeables.

Nous nous sommes fort souvent servi des thermomètres que nous venons de décrire avec un réel avantage, et ave» des précautions et une attention soutenue, on arrive à des résultats suffisamment précis.

Thermomètre de M. Constantin Paul. - M. Constantin Paul

TECHNIQUE DE LA THERMOMÉtRIE LOCALE

Yient de présenter à l'Académie de médecine (1881) trois modèles de thermomètres destinés à la recherches des températures locales (voir fig. 34) : un vertical, un circulaire, et un horizontal.

Fio- 34. -Thermomètre de Constantin Paul [Bulklin de la Société de thérapeutique, 1884).

L'adhérence à la peau et l'isolément sont obtenus au moyen dè caoutchouc disposé en ventouse.

n n'estpasnécessaire d'insister pour démontrer les erreurs que doit faire commettre celle ventouse appliquée sur les le-

^Ts dans la recherche des ^'-^rf^'^;^^'^^^

niennes, - Voici comment Broca ' conseille de proce^ei pour lathermométrie crânienne :

1 BnocA Comptes-rendus de l'Associalion fnmaisc pour ravance^ Jnt dTskLes'-- Session duJIavrc. 30 avrd 1877.

Il faut, dit-il, pouvoir comparer entre elles, au même moment, les diverses régions du même hémisphère. On le fait à l'aide de la couronne thermométrique , qui permet d'appliquer à la fois six thermomètres autour du crâne. Elle est formée d'une série de sachets d'ouate semblables et égaux entre eux, qui sont reliés par une bande circulaire en tissu élastique, et sur la face interne desquels le thermomètre est introduit dans unegaîne à jour. Le thermomètre frontal s'applique sur le côté du front, derrière l'apophyse orbitaire externe, le temporal au-dessus de l'oreille, Voccipilal sur les côtés de l'occiput. Broca ajoute à la couronne deux autres thermomètres placés de chaque côté, entre le thermomètre frontal et le thermomètre temporal, au milieu de la distance qui les sépare. Ces thermomètres complémentaires sont appelés ptériques. Ils reposent sur la petite région nommée le piérion, qui correspond au sommet de la grande aile {ptcre) du sphénoïde ; ils donnent plus exactement que ne le fait le thermomètre temporal la température de la portion de la troisième circonvolution frontale qui est affectée au langage. La couronne de huit thermomètres a donc un réel avantage ; mais la couronne de six thermomètres est ordinairement suffisante.

E. Maragliano * dans ses recherches de thermométrie cérébrale se sert du procédé de Broca.

La durée d'application de vingt minutes, lui paraît insuffisante ; 11 laisse ses thermomètres en place pendant une heure.

Dans ses recherches de thermométrie cérébrale, M. Biaise se sert de la méthode de Broca. Mais au lieu d'utiliser 1 appareil en soie, doublé de ouate, de Broca, cet auteur se contente d'appuyer autour de la tête une bande de ouate d une largeur suffisante et présentant une épaisseur égale en tous points. La ouate est maintenue en place par une circulaire en toile puis on glisse jusqu'aux lieux d'élection la cuvette des thermomètres.

La durée de l'exploration pour M. Biaise est de quinze à "Vingt minutes.

« En résumé, dit-il, au bout de trois quarts d'heure environ nous connaissions les températures cérébrales du sujet en observation. Lorsque nous n'avions à notre disposition qu'une paire de thermomètres, nous les ghssions rapidement sous la ouate, du lieu d'élection frontal au lieu d'élection temporal, puis du temporal à l'occipital, nous procédions de même et presque aussi rapidement. »

Les thermomètres employés étaient des thermomètres centigrades ordinaires, à cuvette cylindrique peu volumineuse et à tubes capillaires gradués en dixième de degré avec des divisions assez larges pour qu'on pût, la plupart du temps, apprécier sans difficulté un demi-dixième.

Des IhermomèLres dans la recherche des tem'péralures thoraciques. — Ceinture thermométrique de Sabalier '. — Dans le but de remédier aux deux graves inconvénients, l'inégalité de pression et la difficulté de contention, M. Sabatier a fait construire rappareil suivant destiné principalement à la recherche des températures locales de la région thoracique. Cet appareil ■ peut servir à déterminer les températures locales de l'abdomen.

La figure 35 donne une vue d'ensemble de la ceinture appliquée au thorax d'une personne couchée.

La partie principale de l'appareil est constituée par l'articulation de deux lames en cuivre b mesurant un peu moins de 2 centimètres de largeur et 1 millimètre d'épaisseur environ. A 5 ou 6 centimètres de l'articulation, elles se recourbent à angle droit de façon à embrasser la paroi thoracique à laquelle elles deviennent parallèles. La portion recourbée est recouverte d'une peau fine immédiatement appliquée contre le métal par une couture longitudinale et destinée à empêcher le contact de ce dernier avec la peau. Elle est en outre percée de trous disposés symétriquement deux à deux, de chaque côté de l'articulation, mesurant lous cinq millimètres de diamètre et séparés par des intervalles un

1. Louis Smutu-m. Des tcmvcnaurcsj,éncralc^ cl locale dans l.s malades ducamr. Thèse de médecuie de Monlpclhei, 1881.

peu moindres ; ils sont destinés à recevoir des thermomètres d'une disposition spéciale. La portion non-recourbée est un peu plus épaisse. L'écarteraent des deux branches est réglé par un pas de vis fixé à une branche et mobile dans un écrou occupant l'épaisseur de l'autre branche ; un autre écrou, muni de deux ailes, est destiné à rapprocher plus ou moins

Fig. 35. — Ceinture thermométrique de Sabatier,

les deux lames. Leur distance est mesurée par des divisions inscrites sur un quart de cercle dont une des extrémités est fixée à une des branches.

Les thermomètres employés sont des thermomètres de Seguin à maxima, tous égaux entre eux et munis de ressorts à boudin. Ces ressorts sont en laiton et leur sommet est un peu évasé de façon à ce que leur diamètre à ce niveau, déborde de un millimètre environ les orifices des branches (Voir fig. 36). Ils reçoivent dans leur cavité la tige des thermomètres.

L'appareil se compose en outre d'un disque de caoutchouôj de même diamètre que la cuvette, et percé d'un trou central très fin, par lequel on engage la tige jusqu'à sofi origine.

La figure 36 représente le thermomètre muni de ses acces= soires.

M. Sabatier recommande surtout d'engager les tker*

RlîDAnD. „n

momètres dans des trous symétriques, car la pression exercée dans ce cas, peut être considérée comme rigoureusement égale des deux côtés. — Quand on répète les recherches sur le même sujet, on doit toujours se servir de l'instrument dans les mêmes conditions.

Il n'y a pas de règle fixe qui indique dans quel trou de l'allonge on doit engager les boutons, lors de la première exploration ; la condition essentielle est de donner à la ceinture une largeur suffisante pour que les thermo- - mètres puissent s'engager à travers les trous des brcincli6S.

« Les principaux avantages de notre ceinture, dit M. Sabatier, sont : la facilité d'explorer simultanément plusieurs points du thorax dans des conditions absolument identiques de pression. Quant à la contention destinée à maintenir les thermomètres en place, on voit que notre ceinture la réalise, sans modifier la température de la peau, par suite du défaut absolu de contact, sauf sur la paroi postérieure du thorax. En outre, grâce à la disposition de l'appareil, on peut recouvrir exactement toute la surface libre du réservoir, sans influencer la peau. » . ^, . • ,

Dans ses recherches, M. Sabatier maintient le reservou en contact avec la peau, pendant trois minutes et demie et note à ce moment la température, puis prolonge 1 examen pendant une minute encore. Dans les cas où la colonne merciTrieUe s'élève, il prolonge Vexamen pendant une nouvelle nlute et ainsi de suite, jusqu'àce qu'aucune variation nese

^'<< Nou's avons toujours appliqué, dit-il, le thermomètre en

ture dans cette dernière région nous av '^"^ " comparaison qui nous indiquait la part ^^J^^^^^^ ^ variations de la chaleur générahsees a toute 1 aenau

^irpoinl délicat à résoudre estladistance ^fla lig|-^^^dlane à^aquelle il faut appliquer les instruments. Dans cei

tains cas, nous avons choisi deux points également éloignés d'elle, de huit centimètres ordinairement. En laissant un intervalle moindre, on s'expose à prendre, à droite comme à gauche, la température de la région précordiale. Plus tard, nous avons cessé de prendre la température en deux points symétriques, parce qu'à l'état normal elle y présente fréquemment des inégalités et nous nous sommes uniquement préoccupés :

«De la prendre, à gauche, au niveau du maximum delà matité cardiaque et à droite dans un point éloigné de la ligne médiane. Le maximum de la matité cardiaque étant à égale distance du mamelon et de la ligne médiane chez les sujets que nous avons examinés, c'est dans ce point que nous avons appliqué l'instrument. A droite, nous avons choisi le mamelon comme point de repère et nous avons pris la température^ immédiatement en dedans de lui, à la même hauteur ; d'autres fois, un peu au-dessus ou au-dessous, suivant l'espace intercostal.

« Quant à l'espace intercostal, nous avons choisi celui où la matité atteignait le maximum, tantôt le troisième, tantôt le quatrième ; quand elle se percevait également dans plusieurs espaces, nous choisissions le troisième espace intercostal, à cause de ses rapports physiologiques avec le cœur. »

L'appareil de M. Sabatier nous paraît fournir des indications précises et nous en recommandons l'emploi.

Thermomètres oculaires. — Les thermomètres employés pour obtenir la température de l'œil (Galezowski, Gradenigo, Gillet de Grammont), présentent un réservoir aplati en lame recourbée dont une des faces peut s'appliquer exactement sur le globe oculaire (voir flg. 37).

M. Galezowski' s'est servi dans ses dernières recherches du thermomètre ordinaire.

L'instrument dont se sert M. le professeur Gradenigo ^ (de Padoue) dans ses recherches de thermométrie oculaire

1. Galiîzowski. Delà Thermométrie en opthalmologie . Recueil d'ovihalmologie, juillet 1877.

2. Gradenigo. Annoli di oftalmologia del prof. Quaaliano (anno VI, fascicolo 11"^), avril 1877. * < « » ^ >

se compose d'un réservoir très petit en orme de demi-lime, légèrement aplati aux deux extrémités, s'adaptant exactement au cul de sac conjonctival inférieur. Le tube qui présente une double courbure est libre et éloigné des téguments. Sur ce tube sont marqués les degrés et les dixièmes de degré de 35° à 40°. En raison de la petite quantité de mercure contenu dans l'instrument il suffit de quelques minutes pour que la colonne s'élève à sa hauteur maxima (cinq minutes en moyenne).

M. G-radenigo ^ recommande de laver le thermomètre avec de l'alcool rectifié, afin d'éviter toute contagion par l'instrument. *

Une fois le léservoir introduit on le maintient écarté du globe oculaire en appliquant l'extrémité de l'index sur le bout du tube du thermomètre.

Le malade peut ainsi remuer facilement le globe oculaire et les paupières, il se prête généralement très bien à l'ex ploration et n'accuse aucune douleur.

M. Gradenigo s'est servi de son thermomètre dans les maladies graves de la cornée, dans les traumatismes graves, et même après l'opération de la cataracte, il n'a jamais observé aucun accident qui put être attribué à remploi de l'instrument.

Thermomètres employés dans les recherches des températures de l'utérus. — Pour bien prendre la température utérine, dit Fehling\ il est très important d'introduire un thermomètre courbe" chauffé à 40" et de le laisser en place cinq minutes.

Schlesinger ^ se sert d'un thermomètre recourbé en forme de sonde à son extrémité, et pour éviter qu'il ne se brise, il

d. li'EHLiNG. Arch. f. Gynckoloqie, Band. VII, p. li. 1874. 2. ScuLESiiNGER. Wien, mcd. Wochenschnft, 187*, p.

l'entoure d'une enveloppe métaUique fenclrée ; h l'extrémité qui sert de poignée se trouve l'échelle divisée en dixièmes de degré.

M. Martineau se sert pour déterminer la température utérine d'un instrument à peu près semblable à celui de Schlesinger. Le thermo-hystéromètre de cet auteur se compose de deux parties : 1° une gaîne en maillechort ou en argent qui présente la forme générale et les dimensions de l'hystéromètre, ouverte du côté de l'observateur, formée dans sa partie effilée par une spirale fermée à son extrémité 2° un thermomètre qui, grâce à sa forme, peut être introduit à frottement dans la gaîne.

Le réservoir est destiné à pénétrer dans la partie de la gaîne en spirale, la partie sur laquelle sont inscrites des divisions vient dans la partie ouverte, et l'observateur peut ainsi lire facilement les degrés de l'échelle.

Thermomèlres métalliques. — En 1799, Magellan, membre de la Société royale de Londres, imaginait un métérographe perpétuel dans lequel la température était donnée par un thermomètre métallique.

Le thermomètre métallique dont se servait Hallé en 1815-21 était formé d'une boîte de montre dans laquelle se trouvait deux lames d'acier et de laiton courbées en V, soudées ensemble et dont Félévation de température augmentait la courbure : ces lames fixes d'un côté pressaient, en se courbant de l'autre qui était libre, un levier qui faisait manœuvrer une aiguille tournant autour d'un cadran,

Brégueten 1825 a proposé un thermomètre métallique qui peut servir à l'étude des températures locales. Cet instrument est composé de trois lames, or, argent, platine, unies ensemble et d'une épaisseur peu considérable : on en forme une hélice longue de deux ou trois pouces et portant à sa partie inférieure une aiguille qui se meut sur un cercle horizontal 011 l'on a tracé la division thermométrique. L'inégale dilatabilité de chacune des parties de cet assemblage métallique détermine les mouvements de l'index

Le thermomètre métallique de M. Houriel, de Genève, est eu forme de montre, deux lames courbes métalliq dessoudées ensemble et enfermées dans une boîte sont reliées au moyen d'un levier à une aiguille tournant autour d'un cadran : cette aiguille traduit au dehors les changements de température survenus entre les deux plaques.

« Les thermomètres métalliques, dit Marey*, presque tous fondés sur l'inégale dilatabilité de deux métaux, seraient à certains égards les meilleurs de tous. Larapidité avec laquelle ils s'équilibrent avec la température ambiante est une de leurs qualités ; d'autre part, la force considérable qu'ils développent par leur dilatation, les rend capables de tracer leurs courbes à l'aide d'un crayon sur un papier même assez rugueux. Le défaut de ces instruments consiste dans la difficulté de leur application, Presque toujours assez volumineux, ils ne sauraient, dans la physiologie humaine, s'introduire dans les cavités naturelles pour y chercher le degré de température, en outre, il n'est pas toujours aisé de transmettre à distance, jusqu'à l'appareil inscripteur ,1e mouvement de dilatation et de contraction qui signale un changement de

Un des meilleurs appareils thermometriques fondes sur la dilatabilité des métaux est celui de Redier^, recommande par M Ch. André, directeur de l'Observatoire de Lyon.

L'or^^ane thermométrique employé consiste en un tube d'acier à l'intérieur duquel se trouve un tube de zinc : Ces deux tubes, d'une longueur de 0 m. 70, sont soudes l'un à l'autre à une de leurs extrémités; c'est la différence de la dilatation du tube d^acier sur le tube de zinc qui indique es variations de la température. Le tube d'acier porte a 1 au t e extrémité une roue dentée sur laquelle se trouve monté un mécanisme multiplicateur très ingénieux que l'auteur appel e un Lin différentiel. - Ce thermomètre est très sensible puisque les déviations sont de 5 millièmes pour 1 degré, mai. il est difficilement applicable à la physiologie^

Il en est de même du thermographe du P. Secchi. Dans

1 m^^^, Méthode graphique, \). m.

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