XI
Les causes de la différence de température de la peau obtenues dans les diverses expériences sont, d'après Hankel :
1° La température qu'avait déjà la peau;
2° La force de la contraction ;
3° La constitution du sujet en expérience.
Hankel conclut de ses recherches que : Pendant Les contractions cloniques et ioniques des muscles, la température de la peau qui les recouvre, diminue d'abord passagèrement, pour s'élever ensuite notablement.
La température de la peau d'un point éloigné., subit des changements analogues, dans les cas de contraction musculaire violente et prolongée.
On avait soin donc dans toutes ces expériences que la soudure appliquée sur la peau ne se déplaçât pas et fut toujours fixée sur le même point.
L'explication de ces résultats est assez difficile à donner.
On peut admettre avec Heidenhain et Helnioltz que le muscle en activité devient plus chaud et échaufFe la peau voisine.
On peut aussi penser avec Ludwig, qu'en raison des nombreuses communications vasculaires entre la peau et les muscles, pendant la contraction le sang reflue à la périphérie et élève la température.
On peut expliquer, d'après cette théorie, l'élévation plus considérable pendant les contractions clohiques que pendant les contractions toniques. Dans ce dernier cas en effet l'afflux du sang à la peau est très considérable.
La température d'un point éloigné d'un muscle en état de contraction violente et prolongée s'explique probablement par ce fait que les combustions à la suite d'efforts sont plus intenses, ce qui est indiqué par l'élévation générale de la température du corps (Davy, Speck, Obernier).
Quant à l'abaissement de température, nous ne connaissons aujourd'hui aucune explication satisfaisante du phénomène. Hankel pense qu'au début de la contraction le sang afflue du côté du muscle, et diminue à la périphérie, d'où le refroidissement observé.
Solger ^ a noté la diminution de température dans les muscles tétanisés de la grenouille.
Heidenhain n'a jamais observé cette' variation négative de la chaleur.
Pendant la contraction musculaire M. Colin a vu la température de la peau correspondante au muscle en action monter de 1» 1/2 dans l'espace d'une demie heure.
D'après cet auteur « toute la chaleur produite par la contraction des muscles superficiels ne passe pas à la peau correspondante. La conductibilité en disperse une partie dans les masses profondes et le reste se trouve emporté par les courants sanguins. » Les veines voisines du muscle en activité contiennent un sang dont la température s'élève pen-
i. Solger. Sludim des Physiologie. Instituts zu Breslau 2 Helft 125 p.
406 VARIATIONS A l'État physiologique
pendant tonte la durée de la contraction (1 à 5 dixièmés).
M. Grasset a étudié l'influence des contractions et des mouvements sur la température périphérique.
Chez des sujets sains, qui exerçaient des mouvements des doigts de la main, la température périphérique du membre supérieur s'élévait de 2 à 3 degrés. Ces résultats confirment les observations précédentes.
Dans une observation la température de l'avant-bras étant 33° 6, on commence les mouvements ; la température de minute en minute s'élève à 33°,7 ; 33°,8 ; 33°,9; 34"; 34°,1 ; 34°, 2; 34°,4 ; 34°,45 ; 34o,6 ; S4°,7 ; 34°,8. Elévation du thermomètre : 1^,2 en onze minutes de travail musculaire.
Chez un autre sujet, à l'état physiologique, le thermomètre placé sur l'avant-bras au repos monte et s'arrête à 34°. On commence alors les mouvements et on obtient : après 5 minutes : 34°,2 , 25 minutes 34°, 5 ; 30 minutes : 34°,8 ; 40 minutes: 35,°2. Elévation de température : 1°,2 en 40 minutes de travail musculaire.
Chez un troisième sujet, toujours à l'état physiologique, le thermomètre placé sur l'avant-bras au repos marque 33°, 2. Les mouvements commencent et on obtient après 10 minutes : 33°,6, 20 minutes; 33°, 8; 30 minutes : 34°,4 ; 40 minutes : 34°,8 ; 50 minutes : 35° ; 60 minutes : 35°,3. Elévation de la température : 2°,1 en une heure de travail musculaire. " Chez un quatrième sujet la température de l'avant-bras étant de 32° 8, on voit par les contractions musculaires le thermomètre s'élever én 17 minutés à 35°, 4. On interrompt alors toute contraction et le thermomètre montô encore à 33°, 6 en 5 minutes.
1. Grasset et Atodinario. Note sur l'état de- la lempéraUuv périphérique dans un cas de paralysie agitante et sur Vinfluence des contractions musculaires sur là température i)ériphériquc. Progrès médical 18/8.