FLUCTUATIONS MORBIDES AU-DESSOUS DU NIVEAU NORMAL
Quant aux abaissements de température, il importe de n'examiner que les températures qui sont prises dans les cavités naturelles bien abritées, la cavité rectale par exemple.
Il y a en outre des distinctions à faire suivant que l'on observe chez un adulte, un vieillard ou un enfant.
Dans les maladies qui sont caractérisées par un abaissement de température, nous pourrons voir des abaissements de température relativement très considérables suivies de guérison ; cbez l'enfant, ces faits sont fréquents.
Chez l'adulte, au contraire, la température ne peut s'abaisser de 2° et même de 1°, sans que des troubles graves surviennent et amènent rapidement la mort.
Ce que la physiologie expérimentale nous permet d'observer se trouve réalisé dans l'état pathologique. Si l'on refroidit en effet graduellement des animaux en leur permettant, au moyen d'une gradation insensible, de s'accoutumer à leur nouvelle manière d'être, la vie peut se maintenir fort longtemps, mais si Von agit brusquement, il suffira d'un abaissement de 2° à peine, pour que la mort arrive.
De même, si vous prenez un individu en parfaite santé et si, sous l'influence d'une force thermo-dépressive quelconque, vous abaissez rapidement et brusquement sa température, cet individu ne tardera pas à succomber, et cela, bien que sa température se soit seulement abaissée de 1° à 2". Si, au contraire, la dépression se fait lentement, dans le cours d'une maladie chronique, etc., la vie peut se continuer.
Dans les plaies par armes à feu, où la température est rarement très abaissée, le pronostic est néanmoins toujours très grave, car, dans la plupart des cas, l'abaissement de température est brusque.
Nous nous étendrons du reste longuement plus loin sur les données précieuses au point de vue du pronostic, que peut donner l'étude de la température et sur les lois que l'on peut lormuler en présence d'un nombre imposant de chiffres
algides graves, la température descend jusqu'à 35° et34«5
3 cWrés rt'''"'/' température ne s'abaisse guère que dé 6 degrés, 4 degrés tout au plus.
Les températures de 33° et même de 32» sont tout à fait
exceptionnelles ; dans quelques cas très rares on a noté 28°, 26° et même 24°.
Lowenhardt ^ chez des aliénés, a trouvé des températures extraordinairement basses.
Dans quatre cas de manie, il a observé des températures de 25° 5, 23° 75 et 28° c.
Nous croyons qu'il y a peu d'observations où l'on ait signalé des températures aussi basses.
MM. Magnan et Duguet ^, Bourneville ^, Nicolaysen \ etc. (voir pages"29 et 30), ont noté des abaissements de température de 27°, 24» chez des individus en état d'ivresse et exposés au froid. La guérison a été observée dans quelques-uns de ces cas.
L'expérimentation a permis de vérifier ce fait, que les fluctuations au-dessous de la normale ne peuvent être très considérables; au-dessous d'un certain chiffre la vie s'éteint.
Si chez certains malades , au-dessous de 35° la mort arrive fréquemment, chez les animaux on a pu établir une limite au-dessous de laquelle la vie n'est plus possible.
Ainsi donc, la température au-dessous de la normale, qui, au premier abord, paraît pouvoir osciller dans des limites assez étendues, ne possède pas en réalité cette faculté et ce n'est que dans quelques cas exceptionnels, à la suite de reroidissements extérieurs surtout, que l'on a pu voir la température considérablement abaissée ne pas être suivie de mort.
Les variations au-dessus du chiffre normal chez l'adulte ne peuvent dépasser 4°.
Au-dessous du niveau normal, les variations ne peuvent aussi dépasser le même chiffre.
Que la température s'élève ou s'abaisse le danger est le même. Nous serions même porté à penser que, dans quelques cas, il est beaucoup plus grand avec des abaissements thermiques.
Chez les enfants, chez les nouveau-nés, qui ressemblent sous bien des rapports à des animaux à sang froid, la température peut cependant s'abaisser d'une façon extraordinaire.
1. Lowenhardt. Allg. Zeitschr. fûr Psych., l. XXV p 685, 1868.