‹ Traité de thermométrie médicaleChapitre 210 sur 312 · Stuicreu. Lococitato · texte numérisé non relu

Stuicreu. Lococitato

ÉLECTRISATION DES NERFS MIXTES Oio

D'après Heidenhain^ et Ostrumoff ^, l'électrisation du bout périphérique du sciatique récemment coupé, produit chez le chien, curarisé ou non, un rétrécissement vasculaire que l'on peut maintenir très longtemps, de une heure (Heidenhain) à quinze ou vingt minutes fOstrumoff), ce n'est guère qu'à partir du troisième jour après la section que surviennent des effets dilatateurs.

D'après Cossy ^ l'électrisation prati.ïuée sur un nerf sciatique coupé la veille, s'accompagne d'un abaissement ou tout au moins d'un état slationnaire de la température, en même temps qu'il se produit une diminution évidente de Thémorrhagie au niveau des plaies pratiquées sur les orteils de la patte correspondante.

La cause de ces phénomènes de dilatation avec élévation de température survenant à la suite de l'électrisation du bout périphérique du nerf sciatique coupé depuis quelques jours, doit être recherchée dans l'action des courants dérivés et la paralysie des centres vaso-constricteurs de la moelle.

M. Lépine\ en présence de ces résultats contradictoires, a institué quelques expériences dans le but de rechercher de quel côté était la vérité.

M. Lépine démontre qu'une excitation périphérique du bout périphérique du sciatique produit dans la patte correspondante des effets IhermiqiLS différents suivant l'état dans lequel se trouve l'appareil nerveicx terminal. Ainsi s'expliqueraient les contradictions précédemment signalées.

Cette conclusion s'appuie sur les quelques résultats suivants :

Cet auteur a vu que deux excitations faradiques bien que de même intensité, ne sont pas suivies des mêmes effets ther-

1. Hridenhain. Ueôe)' cZie Innervation der Blutgefaesse der seusseren Haut. Deulche Zeitschrift. 1876.

2. OsTRUMOFF. Vcrsuchc utber die Hcmmimgsncrven der Ilaulgefaesse. PfUujcrs Archiv. 1876.

:j. Coss\ . AiwJysB du mémoire de Slricker. Untersuchungen ùbcr die Gefxssnerven Wurzein des Ischiadicus. In Journal de physiologie normale et patliologiquii. Tom. III. 1876, p 882.

4. n. LKvmK. De l'influence qu'exercent les excitations du bout périphérique du nerf sciatique sur la température du membre correspondant. Mémoire de la Société de biologie cl Gazette médicale. 1876, p 147.

516 LÉSIONS DU SYSTÈME ^'EKVE^JX PÉRIPHÉRIQUE

miques sur les deux pattes d'un animal si le nerf de l'une "Vient d'être sectionné, tandis que le nerf de l'autre a été coupé depuis plusieurs jours. Dans ce dernier cas, la patte étant plus froide, au moment de l'excitation, on peut observer d'emblé une élévation de la température, sans qu'il se produise nécessairement un abaissement préalable; tandis que, de l'autre côté, c'est un abaissement immédiat qu'on obtient, abaissement plus prononcé que l'élévation consécutive.

Chez le chien dont les pattes sont refroidies à la suite de la mise à nu des hémisphères et de la curarisation, le tiraillement du bout périphérique du nerf sciatique produit dans la patte une élévation au moins aussi considérable que l'excitation faradique.

Les deux pattes étant froides, divers excitants appliqués sur les bouts périphériques des deux sciatiques, récemment coupés n'ont tous déterminé qu'une élévation de la température correspondante variable d'ailleurs suivant la nature et l'intensité de l'excitation.

Chez un chien curarisé : 1° la patte étant à 30°, l'excitation a été sans effet ; 2" le membre ayant été artificiellement refroidi, la même excitation a été suivie d'une élévation énorme de la température ; 3° après réchauffement du même membre, la même excitation y a produit un abaissement de la température.

Le tiraillement des deux nerfs sciatiques récemment coupes, chez un chien modérément curarisé est suivi d'une éléviition légère de la température de la patte, tandis que l'électrisation ne produit pas le même résultat.

Après l'intoxication de l'animal par l'atropine, les pattes étant peu chaudes, le tiraillement et l'électrisation du nerf amènent une élévation de la température.

Dans une expérience chez un chien non curarisé, M. Le-

pine obtient les résultats suivants :

P Le 30 mars, la patte gauche étant assez froide, malgré la section du sciatique, l'électrisation du bout périphérique a été suivie immédiatement et sans abaissemeiU préalable, d une élévation considérable de la température. Ce résultat dit M Lépine, mérite d'être noté attendu qu'on n'en obtient généralement un pareil que le lendemain, ou le surlendemain

de la section du sciatique, alors que la température de la patte s'est abaissée ; . i„

20 Le 6 avril, la patte droite étant notablement plus chaude après la section du sciatique correspondant que ne l'avait été la patte gauche, le 30 mars, l'électrisation du sciatique droit est suivie d'un abaissement de la température , tandis que le 30 mars, l'électrisation du sciatique gauche avait produit une élévation de celle-ci. Cette différence, d'après l'auteur, met bien en lumière l'importance de l'état dans lequel se trouvent les vaisseaux au moment de l'excitation du nerf;

3° Les grandes oscillations spontanées de la température de la patte observées chez l'animal tiennent à ce qu'il n'était pas curarisé ;

4^ L'atropinisation forte a empêché l'excitation du nerf de produire une élévation de la température do la patte, alors même qu'elle' était froide.

« L'expérience X nous montre, ainsi que l'expérience IV, dit M. Lépine, que, de deux excitations semblables du nerf sciatique, l'une produit, au lieu d'une élévation, un abaissement de la température de la patte, si celle-ci, a été immergée préalablement dans de l'eau chaude; mais elle nous fait pénétrer plus avant dans la cause du phénomène. En effet, postérieurement à la sortie de l'eau chaude, cette patte s'est beaucoup refroidie (à cause de la curarisation); sa température est tombée à 28 degrés. Et cependant, à ce moment, où elle est relativement froide, l'excitation du nerf amène un abaissement de la température; tandis que, au début de l'expérience, cette patte, relativement chaude (quoique absolument elle le fût peu), répondait à l'excitation du nerf par une élévation. Ce résultat paradoxal, puisqu'il est en opposition apparente avec ceux de toutes les expériences précédentes, nous montre de la manière la plus claire que ce n'est pas, à proprement parler, le degré thermique de la patte qui influe tant sur le résultat de l'excitation du nerf; c'est l'état de l'appareil nerveux terminal qui tient le calibre vasculaire sous sa dépendance. »

D'après M. Lépine, voici comment on peut concevoir le mécanisme interne des phénomènes relatés dans les précédentes expériences :

L'appareil nerveux terminal ganglionnaire des vaisseaux est constricteur. Il tend sans cesse à en diminuer le calibre. Si un agent tel que le froid excite à son maximum sa tonicité, il est clair que l'excitation des fibres vaso-constrictives contenues dans le sciatique ne pourra rien produire de plus. Au contraire, l'excitation des fibres vaso-dilatatrices qui y sont également contenues sera suivie d'effet, puisqu'elle agira (par interférence) dans les conditions les plus favorables. Inversement, quand un agent tel que la chaleur (ou certains médicaments) a détendu le ressort, l'excitation des vaso-dilatateurs aura un, résultat nul et ce seront seulement les vaso-constricteurs qui seront dans les conditions propres à produire un effet utile. Dans l'expérience précédente, Timmersion dans l'eau chaude avait abaissé au minimum la tonicité de l'appareil terminal constricteur, et celle-ci n'avait .pas été récupérée, même après le refroidissement, de l'animal : de là vient qu'avec une. température assez basse les vaisseaux de la patte se sont comportés comme si celle-ci avait été encore chaude.

La tonicité du ressorl, ainsi que celle des nerfs antagonistes qui agissent sur lui en sens inverse les uns des autres, est sans nul doute différente non seulement chez deux animaux, mais chez le même animal à deux moments différents; de là viennent ces dissemblances d'action considérables que l'on remarque chez un même sujet à la suite de l'application du même agent (de l'eau froide, par exemple) à la même température et pendant le même temps. L'agent physique est identiquement le même et cependant la réaction est différente. C'est ce que l'on observe dans la pratique de l'hydrothérapie.

II. Èlectrisalion des nerfs chez l'homme. — Nous ne possédons que quelques recherches sur l'influence de l'électrisation des nerfs sur la température des membres.

M. Hayem plaçant un pôle au niveau de l'échancrure sciatique et l'autre au niveau de la plante du pied, a vu que le courant descendant produisait un abaissement de 0°!. Les autres courants donnaient un résultat négatif.

L'électrisation du bout périphérique des nerfs lésés, à l'aide de courants continus, un pôle sur la cicatrice princi-

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