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DE LA TEMPÉRATURE PERIPHERIQUE DES ARTICULATIONS

A l'État normal et pathologique.

I. — Température locale des articulations à Vétat normal. — Nous avons recherché, dans un grand nombre d'observations, la température locale de la peau qui recouvre les articulations.

Voici les conclusions auxquelles nous sommes arrivés :

1° A l'état normal., la température de la peau qui recouvre les articulations est variable. Suivant la température extérieure, suivant que le membre est protégé ou exposé à l'air libre, on note des variations de 4°, 5°, 6°.

2° A mesure que l'on s'éloigne du tronc, la température locale des articulations diminue.

La moyenne des chiffres obtenus pour les articulations principales, est (Recherche avec les appareils thermo-électriques) :

/ Face antérieure 33°.

Articulation du genou \ Face postérieure (creux po-

( plité) 3505.

/ Face antérieure 34o.

Articulation tibio-tarsienne.] Parties latérales SS^o.

' Face postérieure 33''5.

l Face antérieure 35°5.

Articulation du coude \ Face postérieure (au niveau

( des culs-de-sac) 33».

( Face antérieure 33<>.

Articulation du poignet.

* l Face postérieure SCo.

3o La température locale des articulations est plus élevée dans le sens de la flexion, et au voisinage des gros vaisseaux, que dans le sens de l'extension.

4" Les mouvements répétés (flexion et extension) pendant 5 à ^ 6 minutes, élèvent localement la température de l'articulation en travail (8/10 à 1°). La température du membre correspondant s'élève dans des points assez éloignés de l'articulation en mouvement, c'est ainsi que les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne élèvent la température du membre correspondant jusqu'à sa racine (2° à 4/10=).

II. — Température locale des articulations à l'état pathologique. — lo A l'étal pathologique, la thermométrie locale ne peut donner des renseignements précis et utiles que dans l'exploration des articulations superficielles.

Les articulations profondes (coxo-fémorale, scapulo-humerale), peuvent être violemment enflammées, alors que la température de la peau qui les recouvre est à peine élevée de 2 à 4 dixièmes de degré.

2o Dans l'entorse, la température locale de l'articulation malade s'élève quelques heures après l'accident, atteint son summxmi du deuxième au quatrième jour, et diminue ensuite.

Dans les cas d'entorse compliquée (épanchement sanguin, arthrite grave), la température reste élevée pendant toute la durée de l'aflïection.

Dans certains cas, la température reste élevée pendant longtemps , bien que le membre paraisse en apparence à l'état normal. L'élévation de la température est importante à constater ; elle indique la persistance de l'inflammation articulaire, accusée en outre dans quelques cas par de la gêne dans les mouvements, des douleurs.

La recherche de la température locale donnera donc dans les cas d'entorse chronique, des renseignements sur l'état de l'articulation et servira, par conséquent, de guide au traitement.

3» Dans la contusion articulaire, l'élévation de la température locale est en rapport avec la violence du traumatisme et le degré de l'inflammation articulaire.

4o Dans les épanchements sanguins articulaires, la température locale s'élève du troisième au quatrième jour pour rester plus ou moins élevée, suivant la nature de l'arthrite consécutive.

5" L'arthrite traumatique s'accompagne d'élévation de température au niveau et au voisinage de l'articulation atteinte (2o, 3o).

Dans les cas où l'articulation doit suppurer, l'élévation thermique est très notable et se rapproche de la température générale.

668 tempépature périphérique des articulations

Dans aucune do nos observations, la température locale ne s'est élevée au-dessus de la température générale.

6« Dans les arthrites avjuès, d'orirjinc rhimatismale, hlennorrharjique, 'puerpérale, l'élévation thermique locale est très notable.

70 La température, dans ces cas, ne s'élève pas seulement au niveau de l'articulation malade, mais encore dans son voisinage et même dans tout le membre correspondant. Le maximum de l'élévation existe au niveau du foyer inflammatoire.

Dans les cas de lièvre intense, la température locale de la peau s'élève et tend à se rapprocher de la température générale ; — c'est ainsi que, dans un cas d'arthrite rhumatismale violente, nous avons obtenu :

Température du genou malade , . 37»3

— du genou sain 36o2

— générale 38o

8° L'hydarthrose s'accompagne toujours d'une élévation de température (.5 dixièmes à 1"), variable suivant la nature de l'affection.

Bans l'hydarthrosc chronique, d'origine rhumatismale, l'élévation varie entre 5 dixièmes et 1°. — Dans Vhydarlhrose traumatiqiie, elle varie entre 1" et 2o au début de l'affection.

Dans les épanchements articulaires consécutifs à des fractures (hydarthrose consécutive à la fracture du fémur), la température de V articulation voisine de la fracture s' élève quelques heures après 1 apparition de l'épanchement, ce qui indique que, dans ces cas, il existe une contusion ou un ébranlement articulaire avec arthrite et non une simple infillration de liquide dans V articulation (voir conclusions 7° et 8°).

9" Les corps étrangers articulaires s'accompagnent souvent d'une élévation locale de la température, qui indique la coexistence d'une inflammation articulaire .

10° Dans les tumeurs blanches, la température locale donne des renseignements utiles.

Au niveau des fongosités superficielles, la température locale comparée à celle des parties voisines, est plus élevée de 3 à 5 dixièmes.

L'hydarthrose élève moins la température locale que l'arthrite fongueuse.

Au moment de la formation du pus, la température de l'articulation s'élève principalement au niveau des fongosités articulaires ou osseuses en voie de transformation purulente.

Autour des trajets flstuleux, la température de la peau, comparée à colle des parties voisines, présente un abaissement thermique.

A l'ktat pathologique 669

110 Dans V arthrite sèche, la température locale ne subit pas de variations notables, les élévations observées ne dépassent pas 3 à 4 dixièmes.

12o Dans les ankyloses anciennes, on trouve souvent des élévations de la température locale de b dixièmes à 1».

Ces élévations indiquent un certain degré de persistance d'inflammation ariiculaire. L'étude de la température locale -pourra fournir, dans ces cas, d'utiles indications pour le traitement.

Nous citerons, à l'appui de nos conclusions, quelques rares observations trouvées dans les auteurs et nos principales observations personnelles ^ recueillies dans le service de Verneuil.

Dans un cas de rhumatisme mono-articulaire du poignet, survenu chez une enfant délicate et scrofuleuse, avec peu de réaction fébrile, H. Roger- trouva la température axillaire de 38», au niveau du poignet malade 0°5 et dans une seconde expérience, de plus que la jointure saine.

Gassot signale dans les cas de goutte chez l'adulte^ la chaleur intense que les malades accusent au niveau des parties affectées ; il fait remarquer que l'élévation de température locale, constatée au thermomètre, n'est pas en rapport avec la sensation du malade.

Pendant un accès de goutte, Roger ^ a examiné comparativement la température de la face dorsale des deux pieds, il a trouvé :

Pour le pied sain 36°25

Pour le pied malade 37°25

Observation. — Mono-arthrite du poignet. — Températures locales. — Gassot

B... Augustine, âgée de 23 ans, domestique, entre le 3 février 1872, salle Sainte-Marthe à l'hôpital Beaujon, dans le service de M. Gubler.

La malade souffre du poignet droit.

Sans avoir reçu de coup, sans avoir fait d'effort, elle a ressenti tout d'un coup, la veille au soir, une douleur violente qui lui a fait suspendre son travail.

1. Voyez NicAiSE. Rapport. Bulletins de la Société de Chirurgie, 1882.

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